ÉVÊQUE DE BELLEY
Monseigneur ,
C'est à \oiis cl au choi\ bienveillanl que Voire Grandeur a daigné faire d'un de ses missionnaires pour l'accompagner dans son pèlerinage nd Hmina, que je dois d'avoir connu Mater-Admirabilis.
Je vois encore dans la lumière de tant de beaux souvenirs, rapportés de la Ville Éternelle, le jour où , prosterné à Vos côtés , je vénérais la douce et sainte image.
Vous veniez d'offrir l'adorable sacrifice à son autel, et il était aisé de voir, à la ferveur de Votre prière, tout ce que ce nom seul de Mère Admirable
disait à Votre cœur ; ce qu'il y remuait d'affectueuses pensées, d'émotions tendres et filiales. On sentait que le ciel et la terre, Rome et la France, la Madone de la Trinité et celte autre mère admirable, que Vous aviez laissée loin de Vous et qui Vous apparaissait à travers son nom et son image, s'y rencontraient pour le charmer et l'attendrir.
Depuis notre visite à Mater-Admirahilis, son culte n'a fait que s'étendre ; sa gloire est allée « de la mer jusqu'à la mer, et du fleuve jusqu'aux extrémités de la terre. »
N'cst-il pas permis de croire que celle renommée grandissante , ces miracles et ces faveurs singulières, obtenues devant la fresque de la Trinité-du- Mont , viennent de ce que cette chaste et suave composition a ouvert, dans le monde, la veine d'or des grâces , vertus et mérites , enfouis et cachés dans le secret des premières années de la trèssaiute Vierge: grâces, vertus et mérites qui débordent aujourd'hui avec d'autant plus d'impétuosité, que le flot en a été comme contenu en Elle, depuis que le Verbe seul en a joui en descendant, il y a dix-neuf siècles, dans son sein pur et fécond ?
Marie veut déborder de grâce virginale , de mœurs pudicpios, de vie forte et laborieuse, sur la jeunesse chrétienne et sur les noviciats religieux,
qui sont une jeunesse réelle; et cela à une époque où toute adolescence est amollie par les perfides complaisances d'une éducation sensuelle, les énervantes douceurs de la vie commode, l'attrait victorieux de la frivolité, les extravagances du luxe et la fascination des richesses.
Telle est. Monseigneur, la pensée fondamentale du livre que je Vous dédie.
Permettez-moi, en plaçant ce nouveau travail, sous Vos auspices vénérés, de demander à Votre bénédiction le gage du bien qu'il est destiné à faire.
Je suis avec un profond respect,
Monseigneur,
De Votre Grandeur,
Le très-humble et très-dévoué fils en N.-S. et en son Admirable Mère,
Alfred Monnin.
Pont-d'Ain, ce 2 février 18C-1, fêle de la Purification de la sainte Vierge et de la Présentation de N.-S. au Temple.