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PRIÈRE

0 Jésus! vivant en Marie, venez et vivez en nous : dans votre esprit de sainteté, dans la plénitude de votre puissance, dans la perfection de vos voies, dans la vérité de vos vertus, dans la communion de vos divins mystères. Dominez en nous sur toutes les puissances ennemies, dans la vertu de votre esprit et pour la gloire de votre Père. Ainsi soit-il!

Le Pèlerinage de la Mère Admirable à Brouzet et à Bouquet.

Une page liien iniiiortunte pour la ploirc de }[nler-Atimiral>ilis vient (11! s'ajouirr U ses ardiivos; nous soinincs lieuroux de la reproduire ici ii'\tucllenicnl.

Un ecclésiasli(iue liaii(;;iis anivail à Home, en 185;v, cl

était conduit par un heureux hasard aux pieds de la Mère Admirable, quehiues heures seulement après son enli'ée dans la Ville Éternelle. Il se consacrait d'instinct à la trèssainte Vierge et prenait la résolution de venir visiter souvent le sanctuaire, où il avait trouvé pour la première fois, à Rome, l'image de sa Mère. Celte promesse, qu'il tint avec fidélité, lui fournit l'occasion d'obtenir par l'intercession de Mater-AdmirablUs des grâces nombreuses; et lorsque, cinq ans après, il quittait Rome, il promettait à Marie adolescente de faire tout ce qu'il pourrait pour répandre son culte en France.

Or, comme on causait un jour, dans une famille chrétienne, des moyens à prendre pour convertir les pauvres protestants d'un vaste pays, le jeune prêtre romain pensa que son Admirable Mère était celle qui pouvait seule triompher de l'erreur. Elle l'a fait si souvent, au dire de l'Kglise! Il propose avec hardiesse l'érection d'une statue sur un des pics les plus élevés du diocèse de Nîmes, lo pic de Bouquet. « Marie, dit-il, fera comme son Fils; lors- « qu'elle sera élevée de terre, elle attirera tout à Elle. » On rit d'abord de son audace, ce qui l'obligea depuis à donner à son projet, toutes les fois qu'il avait occasion d'en parler, un caractère de témérité qui le faisait néanmoins peu ;i peu accepter des plus prévenus de ses auditeurs.

Boufiuet est une haute montagne, isolée au milieu d'une vaste plaine, et au-dessus de laquelle se trouve une petite lour carrée, communément appelée le Guidon, élevée jadis pour des études géographiques. Du sommet de Bouquet les regards se perdent, au nord, dans les montagnes du Vivarais, trempées des sueurs de saint François Régis, (it, grâce au zèle de cet apôtre, fécondées par la rosée céleslc des bénédictions divines. C'est le côté le plus riant

du tableau. A l'ouest, on aperçoit les rudes cimes des Cévennes , d'où l'on croit voir descendre comme un tourbillon les hordes armées des Camisards, que les bataillons du grand roi ont eu tant de peine à contenir. Dans la plaine se trouve le pont sur lequel le maréchal de Villars fut obligé de conclui-e avec leur chef une paix chèrement achetée. Si l'on décrit un cercle en prenant le Guidon comme centre et ce pont célèbre comme limite, on rencontre le boulevard de l'hérésie. Le protestantisme est là comme en un tombeau, dévoré lentement par les germes de mort qu'il porte en lui-même, mais conservant encore assez de force pour faire sentir les étreintes de la 1 lus vive oppression aux débris de la foi catholique sauvés du naufrage général. D'où Marie adolescente pourrait-elle rayonner avec plus d'utilité pour de pauvres âmes, marquées du sang de Jésus-Christ?

Le 12 juillet 18C3, fut pour le village de Brouzet, .situé au pied de la montagne de Bou([uet, un jour de grande fôte. La population catholique, longtemps malheureuse et opprimée, venait de secouer un joug porté avec une patience et des sacrifices héroïques. Elle célébrait la fête de l'érection d'une succursale, qui devait assurer la présence d'nn prêtre au milieu d'elle et lîxor, d'une manière permanente, rétablissement religieux dont elle avait été privée depuis soixante ans.

L'étudiant des universités romaines profita de ce moment pour proposer à la population de j^rendrc la Mère Admirable pour gardienne et protectrice de la communauté naissante. Moins préoccupé des diflicultés à vaincre ([ue du bien des Ames et de la gloire (|ui eu reviendrait à Marie, il émit le vœu de voir bientôt une chapelle et une statue de Mntcr-A(lmirabili>i élevées au sommet de la montagne de Boucjuel. En descendant de chaire, il

tendit la main pour la Mère Admirable de Bouquet, et les fidèles répondirent à son appel avec une générosité ([ui tenait du prodige.

Quelques instants après, la très-sainte Vierge voulut elle-même lui donner raison et juslilier ses espérances. Au moment où la foule conpacte se pressait devant l'église, afin de recevoir les autorités de l'arrondissement, convo- ((uées pour le grand jour, le canon, qui portait depuis la veille aux quatre vents du ciel l'annonce joyeuse d'un triomphe, allait devenir un instrument de tristesse. Le l)ron/,e éclate par l'imprudence ou plutôt par l'enthousiasme nuil contenu de l'artilleur qui servait la pièce; mais la main de la Mère Admirable dirige les fragments terribles: ils traversent un groupe de '200 à 300 personnes, sans faire aucun mal, et vont porter au loin la dévastation, qui n'est pas pour les enfants de Marie. Tout le monde alor.»; crut au projet annoncé le matin, h la messe solennelle, et l'on se mit h l'œuvre pour le réaliser. Ce que veut la foi des peuples, ce que Marie approuve visiblement, ne saurait man(iuer de réussir.

Six mois après cet événement, une brochure fait connaître la Mère Admirable et parle du projet de glorification <lont elle doit être l'objet. Les aumônes arrivent avec autant d'abondance qu'il le fallait pour permettre la consécration d'une chapelle de l'église paroissale à Marie adolescente. Le 5 mai 1864, la population assiste avec bonheur à la bénédiction d'un tableau peint par l'auteur même de la fresque miraculeuse de la Trinité-du-Mont. Enfin, le 10 juillet suivant, cinq l'i six mille personnes font l'ascension de la montagne, qui va devenir un Calvaire, où Notre-Seigneur sera immolé pour la première fois depuis le commencement du monde, et au sommet duqunl on verra aussi Marie debout, assistant au sacrifice

de son Fils. C'est une statue provisoire que Ton a élevée; les ressources n'ont pas encore permis de songer k quelque chose de définitif.

On accourt de toutes parts à une fête qui, dans la pensée première des ordonnateurs, ne devait avoir ni un tel retentissement ni une pareille splendeur. Pendant toute la journée les hymnes liturgiques et les chants pieux remplissent les airs. Vers le soir, chaque pèlerin s'en retourne emportant une médaille de la Mère Admirable, les chefs de famille une image et une notice destinée à répandre le culte de Marie Adolescente. On ne se sépare qu'avec l'espérance de se retrouver dans un an sur la montagne; et tandis que les plus faibles pourront se reposer, h Rrouzet, dans la chapelle consacrée k Mater-Admirabilis, les plus forts graviront les hauteurs pour protester avec unanimité d'une union que Marie a formée, et (ju'elle conservera pour la plus grande gloire de son divin Fils Jésus-Christ.

Le pèlerinage est fondé. La Mère Admirable est après .lésus l'objet de l'amour des populations des arrondissements d'Alais et dlJzès. Brouzel et Bou([uet renaissent et acquièrent une gloire, reflet de Mater-Admirabilis. Enlin Le Guidon cesse d'être un point géographique pour devenir un centre religieux, un foyer d'éditication et de prière, le trône de la Mère Admirable, îi (\\n honneur et gloire soient rendus maintenant et dans les siècles des .siècles !

ADIEUX A MATER-AOMIRABILIS

Depuis un mois, notre esprit et notre cœur se sont \oués au souvenir de Mater-Admirabilis, de Marie Adolescente dans le Temple. Dans cette contemplation simple, facile, habituelle du grand mystère de la vie cachée de la future Mère de Dieu, nous avons souvent répété dans le silence et dans l'isolement du créé : « Plus de monde!... plus de préoccupations du temps!. .. « Marie pour voie... Marie pour modèle... Marie pour (( aller à Jésus! » Si nous avons dit cela, nous avons atteint le but des méditations sur les premières années de la très-sainte Vierge; car Mater-Admirabilis ne se présente à nous en réalité que pour nous offrir un type sensible d'un certain état intérieur qui nous place dans une région spirituelle, que l'on peut appeler la région supérieure du mint oubli des choses terrestres.

Dans cette sphère d'isolement et d'indifférence volontaires, nous nous trouvons, par la grâce propre de Mater-Admirahilis , merveilleusement aptes à nous approcher de Celui qui désire ardemment nous couvrir, nous pénétrer des dons de sa divine bonté. La dévotion à Mater-Admirabilis est bien réellement une dévotion de recueillement, de détachement du dehors, de fuite vers le dedans, d'aspiration à l'invisible, d'ascension par-dessus le monde des sens, et par suite, une dévotion qu'on peut nommer immaculée; car elle tend directement et efficacement à réaliser dans l'ame qui s'y livre cette parole de l'Époux à l'Épouse : « Tu es toute belle, 6 ma bien-aimée ! il n'y a pas de tache en toi. » Cette séparation et cette pureté immaculée s'expliquent l'une l'autre : pour être immaculé, il faut être séparé, et quand on est séparé, par le fait même on est immaculé, puisqu'on ne, touche plus qu'à Dieu, dont la pureté et la sainteté se communiquent à l'âme, ainsi que la lumière pénètre la transparence de certains corps matériels.

Pour résumer la dévotion à Mater- Adniirabilis . nous dirons que cette très-pure Adolescente olfre aux regards l'image d'une créature qui est restée où l'a étal)lie l'acte divin qui l'a créée. Cette vue dispose mer\eilleusoment les Ames t\ s'élever, en se dégageant, elles aussi, du sensible. L'expérience de vingt années a prouvé que, par une grâce particulière que nous appellerons «race de mahie adolksoente, cert.iim< Ames, ut c'est le plus grand nombre, se sentent

-entrer dans le monde intérieur du Cœur de la trèssainte Vierge.

. Mais que voit l'âme une fois entrée dans ce monde immaculé? Qu'entend-elle dans ces régions où le bruit confus des rumeurs humaines n'arrive plus? C'est un univers intérieur où la beauté incréée se révèle sous des formes plus excellentes, plus nombreuses, plus variées que celles qu'on voit dans la nature. Aucune âme n'y voit tout; mais la moindre vision qu'on y a donne plus de lumière, d'amour et de joie, que n'en donnera jamais la connaissance la plus étendue et la plus parniite.

Nous avons essayé de faire connaître quelques traits des magnificences que Mater-Admirabilis aime à laisser entrevoir à ses privilégiés; mais nous n'avons fait qu'ouvrir une voie , afin d'engager les âmes à venir contempler, aux pieds de la très-sainte Pileuse du Temple, non-seulement les mystères de son adolescence, mais aussi ceux de sa vie tout entière. Car l'enfance de Marie est la porte qui donne entrée au virginal sanctuaire de son Cœur, où vont s'accomplir tous les mystères de la vie de Notre-Seigneur Jésus- Christ, depuis Bethléem jusqu'au Calvaire; et les contempler dans l'intérieur de son Admirable Mère, c'est les voir dans le miroir le plus limpide qui les ait iamais réfléchis; c'est les voir dans leur source.

Qu'on en fasse soi-même l'expérience, et l'on pourra s'assurer qu'une grâce singulière d'oraison est attachée à la simplicité et à l'immilité avec lesquelles on s'adresse d'abord aux mystères de l'enfance de la Mère

de Dieu : mystères qui, après nous avoir mis dans la séparation des choses de ce monde, nous font pénétrer dans tous les actes de la \ie de cette Vierge sainte pour nous introduire ensuite dans la \ie de Jésus, dans le désert sacré des communications célestes.

Entrer dans de plus grands détails serait superflu. Les âmes qui deviendront intimes de Mater - Admirabilis, après un quart d'heure d'oraison passé avec elle, dans les parvis du Temple de Jérusalem, connaîtront des choses mille fois plus belles que tout ce que nous pourrions écrire. Il suffit donc d'entrer dans la voie de marie, et bientôt on s'écriera avec Elisabeth : « D'où me vient ce bonheur que la Mère de mon Dieu daigne venir à moi * ? » Une fois que Marie descend vers une ame, tout est dit à cette âme en son temps et comme il conMent qu'elle l'entende.

Chercher à divulguer les communications intérieures qui se font alors entre la sainte Vierge et ses privilégiés, serait divulguer le secret de la Reine qu'il est bon de garder comme celui du Roi. C'est bien le même au fond; mais il ne se révèle pas dans la même langue... ou, si l'on veut que ce soit la même langue, les mots dans lesquels la Reine le confie, et surtout l'accent qu'elle y met, ne sont pas ceux du Roi. Le Roi est magnifiquement grand ; il parle comme par éclairs!... La Reine est inefiablenient douce; sa parole est comme la rosée qui tombel... Le Roi est Père, la Reine est Mère!... Le Roi dit le Verbe;

' s. Liir, I, 43.

la Reine dit Jésus!... Mais on ne peut guère parler ni de l'un ni de l'autre ; il faut goûter et voir ; et la vérité est que celui-là seul entend bien ces choses, qui en a fait personnellement l'expérience. Allons donc à Marie enfant, h Marie adolescente ; et le péché fuira loin de nous. Écoutons, et nous aurons la grâce de la voie et de la vie. « Elle donne des fleurs odorantes, et ces fleurs deviennent des fruits de gloire et d'abondance. Elle est la Mère du pur amour et de la crainte, de la science et de la sainte espérance'. » Elle est la Mère Admirable, MATER-ADMIRABILIS !

• Eccli., xxjv, 21.

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