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TROISIÈME PRÉSENT DE MATER-ADMIRARILIS

Xi'amour du Très-Saint Sacrement.

Ces grâces de méditation et d'oraison, écloses aux pieds du Lis d'Israël, ont enfin d'ordinaire une dernière floraison; elles produisent un fruit d'un prix rare et d'une saveur exquise: c'est un amour éclairé, tendre, ardent, familier de la très-sainte Eucharistie qu'on pourrait appeler la grâce du saint-sacrement. A beaucoup d'égards, l'Eucharistie est le don de Marie ; elle a plus faim de nous le communiquer que nous d'y participer. C'est de sa chair qu'est formée cette chair ; -c'est de son sang qu'est sorti ce sang; c'est son consentement libre qui d'abord a donné passage à cette incomparable effusion de l'amour infini.

En outre, là est la grande religion de Jésus-Christ, et partant de l'Église envers le Père ; là est l'adoration parfaite, l'action de grâce équivalente, la réparation consommée, la propitiation infaillible, la prière qui pénètre les cieux. Là est la manifestation suprême des perfections de Dieu, l'exercice plénier de ses droits, l'entière satisfaction de tous ses bons plaisirs; là est l'école de toute sagesse, le trésor de toute grâce.

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l'aliment de toute \ertii, le souverain bien des âmes, la substance de leur gloire et de leur béatitude. Tout ce qu'il y a en Marie de religion, de piété, de charité, de zèle, la presse donc de tourner du côté de l'Eucharistie lésâmes qui s'ouvrent à elle et suivent ses impulsions.

Marie adolescente elle-même, dans la contemplation où elle nous apparaît plongée, exprime, au suprême degré, cette attente indéfinissable qui s'empare du cœur à l'approche d'un bien pressenti, mais non encore recueilli; et l'âme unie à celle de la divine Enfant ressent un besoin inénarrable de ce qui fait l'objet des plus ardents désirs de la future Mère de Jésus... Bientôt cette âme arrive à se rendre compte que, tandis qu'elle s'unit à Marie adolescente, il lui manque à elle aussi la présence de Notre-Seigneur Jésus- Christ.

J)e son cùié, M a 1er- Admirabilis, dans sa modestie, paraît confuse de recevoir tant d'honneur et d'amour ; il lui tarde de substituer à son humble personne, la personne adorable de son divin Fils, se réservant de rester canal très-pur, moyen sûr et facile pour aller à Dieu; aurore de la vérité, signe d'espérance, gage do la vie et du salut.

C'est alors (jue, dans le silence et la paix des parvis du Temple, sans attendre que l'ange Gabriel la salue, à Nazareth, bénie entre toutes les femmes, Marie s'em- ])rcsso d'offrir généreusement, et par anticipation, à ses dis(i|»les de choix cEi.i i-i.A môme qui n'est encore on elle, au moment où on la contemple, que par la

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Foi, l'Espérance et la Charité. C'est ce don précieux que l'on peut appeler LE royal puésent de Mateh- AuMiKAiiiLis A SES PuiviLÉciiÉs. Et en donnant, pour ainsi dire, son divin Fils, elle le donne, par préterence, caché, mystérieux, silencieux, intérieur, tel enfin qu'on le trouve maintenant sous les espèces eucharistiques ; car, nous l'avons déjà dit, il est remarquahle que les dévots à Mater-Admirabilis de- Niennenl toujours très-épris de l'auguste Sacrement de l'Eucharistie.

Par quel enchaînement divin l'âme trouve-t-elle, au\ pieds de la Mère Admirable, l'amour du saint Tabernacle, comme fond dernier d'une dévotion qui l'a premièrement attirée vers une pure, modeste et laborieuse Vierge du Temple de Jérusalem? C'est que méditant les mystères, la vie, les états, les vertus de Marie adolescente, on est en face du Tabernacle vivant que Dieu s'est choisi lui-môme ici-bas. A force de le regarder, on est pénétré de la douce lumière qu'il rayonne; par cette lumière et dans cette lumière même, on arrive à découvrir lefoyer d'où elle émane, et ce foyer sacré, c'est Jésus, dont Marie est toute pleine, dont elle va s'emplissant chaque jour davantage, jusqu'au jour où, sous l'action suprême du Saint-Esprit, elle le concevra, l'enfantera selon la chair , devenant alors ce pour quoi elle-même a été conçue et enfantée, c'est-à-dire la Mèke Admirable.

Et quoique, dès qu'il est né humainement, son divin Enfant semble se détacher d'elle, cela n'est que pour les yeux : Marie reste plus unie à lui et intérieure-

ment plus remplie de lui qu'auparaviint, en sorte ([u'elle le contient et le garde toujours. Elle est pour sa part, et très-éminemment, ce que sont nos tabernacles et nos autels : un lieu principal de la vie, du sacrifice et de toute la religion do Jésus-Christ. Alors, quoi de plus naturel, et presque de plus obligé que de passer d'elle à nos temples? Aussi bien, nous voyons nos temples, et nous ne voyons plus Marie; et encore que d'une certaine manière nous trouvions Jésus dans sa Mère, ce n'est pas comme au Tabernacle où nous avons, où nous mangeons sa chair, son sang, son âme et sa divinité. Gomme plus on a Jésus, plus on désire l'avoir, le Jésus de Marie, trouvé dans l'oraison donne faim du Jésus de l'autel, adoré en présence et mangé dans la communion.

De plus, Jésus est le divin aboutissant de la vie de Marie; elle n'est que pour lui, elle ne va qu'à lui et ne mène qu'à lui. Et de même, pour ce qui est de nous, voyageurs sur la terre, l'Eucharistie est l'aboutissant de la vie de Jésus : il y résume tous ses états, il y consomme tous ses mystères, il y renferme toutes ses grâces, il \ fait tous ses dons. Bethléem, Nazareth, Jérusalem, le Calvaire, tout nous pousse à l'autel chrétien, à l'immolation mystique qui s'y fait, au séjour que Jésus daigne y iirendre, enfin à cette merveille incomparable, à ce trésor inépuisable, à ce don audessus de tout don, à ce culte parlait, à cette plénitude de la vie, à cette substance totale de l'amour, de la sainteté et de la joie qui se nomme l'EucnAUiSTiE !

(Vcst ce «lue nous pouvons dire de ces harmonies

secrètes qui lient si manifestement et si intimement la dévotion de Maler-Admirabilis avec le culte et l'amour du très-saint Sacrement. La lecture des Livres saints et l'oraison feront trouver bien d'autres choses

Marie, Jksus, I'Eiciiahistie sont trois noms et comme trois progrès d'une lumière divine ; comme l'aurore, le matin et le midi sont trois noms et trois progrès du môme jour...

On le voit maintenant : le présent le i»lus iuti kmiv que Mater-Admirabilis puisse faire à ses privilégiés, c'est bien l'amour de Jésus dans l'Eucharistie ; c'est le présent qui renferme tous les autres. L'attrait du saint Tabernacle est la dévotion royale avec laquelle une àme peut se soutenir au milieu de ses défaillances et de ses combats... Avec les joies du saint Tabernacle, elle peut se passer de toutes les jouissances terrestres... et, si ces joies lui sont refusées, avec la foi seule du saint Tabernacle, cette âme peut traverser la vie en se disant : « Là, près de moi, habite Ce- « lui qui ordonne tous les événements d'ici-bas, qui « domine tous ses ennemis par son silence et sa pa- « tience ; Celui qui faisait les délices de Bethléem et « de Nazareth... Celui qui est mort et ressuscité pour « l'amour de moi... Celui qui est le bonheur des « saints, la joie du ciel, la force des justes. Je puis « à toute heure m'agenouiller à ses pieds, lui ouvrir « mon âme, me reposer, me refaire près de lui... Je u puis le recevoir dans mon cœur, vivre à ses côtés, « mourir sous ses yeux pour le rejoindre enfin dans

« le séjour delà gloire... Vraiment, que me manque- « t-il sur la terre?.. Et quand ma foi cliaucelle, quand « la tentation m'incline vers les choses inférieures et « sensibles, je regarde mon Admirable Mère... Elle « me pacifie, me soulève, m'isole, jusqu'au moment « où, me voyant disposé de nouveau, et par elle, à re- « cevoir une grâce supérieure, elle présente son divin « Fils à ma contemplation, à mon respect, à mesado- « rations, à mon amour. »

C'est le dernier mot que Mater-Admirabilis nous dit ici-bas Au ciel, le reste!...

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