XXII PRÉFACE
L'humble Fileiise semble vouloir répandre aussi ses faveurs hors de la sainte clôture qui l'a vue naître. Le modeste village de Brouzet (Gard) possède une bonne copie de Mater-Admirahilis , et le culte que les populations catholiques environnantes rendent à la sainte image fait augurer, que Marie se rendra voie immaculée pour faire rentrer dans l'unité de l'Église les nombreux protestants qui vivent séparés de leurs frères, dans un pays encore désolé par l'hérésie.
Ainsi que nous l'avons dit, le décret de Sa Sainteté Pie IX, ayant fixé au 20 octobre la solennité de Mater- Ad mirabilis, n'est-il pas naturel que partout où cette dévotion est établie, ce même jour soit celui de la grande fête? Ne serait-il pas à désirer encore que, dans les pèlerinages érigés en l'honneur de la très-sainte Vierge, on fît également mémoire du 20 Octobre? Marie, dans tous ces sanctuaires privilégiés, ne se monlre-t-elle pas Mère Admirable?...
Un mot maintenant surla composition de ce livre et sur son origine.
Il est d'usage, au couvent de la Trinité, de se préparer par un mois de |)rières à la fêle de Mater- Adinirabilis. Pendaul le uiois d'Octobre 18ijl, les élèves du pensionnai eurent la pensée de déposer,
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aux pieds de l'image vénérée, quelques pages écrites à l'honneur de la jeune Vierge du Temple.
Ces humbles fleurs avaient un parfum spécial ; on les recueillit, on essaya de leur donner une vie moins éphémère. Ce sont ces notes, déjà soumises à une élaboration intelligente et sérieuse, qui m'ont été confiées. Je les ai lues avec un véritable enchantement; j'y ai trouvé une lumière pour mon esprit et un charme pour mon cœur. En les joignant à quelques récits authentiquemeut consignés dans les archives mêmes de Mater- AdmirabUis, je voyais sortir de là un livre tout fait, (pie je n'avais plus qu'à mettre au jour pour la plus grande gloire de Celle qui l'a inspiré.
Je suis d'autant plus heureux d'offrir à mon Admirable Mère ce tribut de mon amour et de ma reconnaissance filiale, que je me sens pour la Madone de la Trinité-du-Mont une dévotion particulière, que j'ai puisée à ses pieds.
Au commencement de l'Avent de 1859, j'avais la joie d'accompagner à Rome le vénérable Évoque de mon diocèse. Le premier des évoques français, Mgr de Langalerie, dans son noble cœur, si tendrement dévoué au Saint-Siège, avait conçu la touchante inspiration d'organiser une de ces caravanes qui, depuis quatre ans, se succèdent aux