SUISSE
La pierre ollaire de Chiavenna ressemble beaucoup à celle de Kvikne , en Norwége. Elle sert également à faire des marmites ou des ustensiles de ménage , et il est assez bizarre qu’elle renferme aussi une proportion très-notable de carbonate. Elle a une couleur vert grisâtre. On l’a souvent regardé comme du talc compacte , mais l’essai qui suit montre quelle est surtout formée de chlorite dont elle contient de grandes lamelles ayant une couleur blanche, verdâtre ou vert-pré. Un triage exécuté avec le barreau aimanté m’a fait voir quelle est mélangée de 8 p. 100 de fer oxydulé et de 0,3 de pyrite de fer; cette pyrite est en cristaux cubo-octaèdres. Il y a aussi du carbonate de fer en grains disséminés qui , après calcination , sont facilement reconnaissables à leur couleur brune.
Elle renferme 36,63 de silice, et sa perte au feu est trèsconsidérable , car elle s’élève à 20,50 p. 100.
— On trouve encore à Chiavenna une roche talqueuse, mais elle n’est pas employée à faire des ustensiles de ménage. Elle est formée par un talc compacte , pénétré par des lamelles de chlorite et des aiguilles d’amphibole. Sa perte
80 ROCHES CHLORITIQEES ET'TALQUEUSES.
au feu est seulement de 6 p. 100. Lorsque cette roche est soumise à une forte calcination , elle se fritte , et elle peut même fondre , en donnant une scorie noire.
ÉTATS SARDES
Institut technique de Turin ( n° 2 ) . — On exploite des pierres ollaires chloriliques sur plusieurs points du Piémont. Elles sont de couleur verte , presque entièrement formées de lamelles de chlorite qui leur donnent une structure un peu schistoïde. Elles se travaillent très-facilement sur le tour , et on en fait des ustensiles de ménage. Ces pierres ollaires proviennent de Montescheno , commune d’Ossola ; des environs de Pigneroles : de Campei , commune de Ca- • mandona , près de Bielle ; de Balma délia Vessa, commune d’Ala, près de Turin.
— On fait également des ustensiles de ménage avec un talc ou avec une stêatite qui se trouve à Prales , près de Pigneroles. Cette stêatite est blanche et ressemble à celle de Briançon. Comme elle est d’ailleurs très-tendre , il est nécessaire de donner aux ustensiles qui en sont fabriqués des formes plus massives qu’à ceux qui sont en pierre ollaire proprement dite ou en chlorite compacte.
AUTRICHE
M. A. Heinrich (n° 45). — Au Freiheitsberg, près de Zoptau, en Moravie , on exploite un schiste talqueux qui est employé à différents usages dans les constructions. On en fait, en effet, des chambranles de portes , des auges , des briques réfractaires. Les dalles de ce schiste , taillées à une épaisseur de 0m,03 , se vendent dans la carrière au prix de 0f,77 le mètre carré.
Le schiste talqueux du Freiheitsberg est formé , pour la plus grande partie , de talc nacré , ayant une couleur gris verdâtre ou bleuâtre. Il contient aussi quelques lamelles de chlorite vert foncé, ainsi que du fer oxydulé. Il se laisse
ROCHES CHLORITIQUES ET TALOUEUSES. 87
tailler et scier avec facilité. Il forme une couche clans laquelle la structure schisteuse est bien prononcée.
COLONIES ANGLAISES. — CANADA
M. Mac-Mannis (n° 45) . — M. Mac-Mannis avait exposé un schiste chlorité de Potton , dans le bas Canada.
Cette roche a une couleur vert grisâtre très-clair. Elle est douce au toucher. On reconnaît , à la loupe, qu’elle est composée de petites lamelles de chlorité , qui sont orientées dans le même sens et qui lui donnent une structure schistoïde. Un essai a montré quelle contient :
Silice. . . 29,88. Magnésie, Alumine , Oxyde de fer. 57,85
Chaux.. . 0,77. Eau . 11,50
Elle n’est d’ailleurs pas mélangée de carbonates, comme la plupart des roches précédentes; c’est donc un schiste qui paraît entièrement formé de chlorité.
Le schiste chlorité de Potton se taille et se coupe avec une grande facilité. On peut très-bien le débiter en tranches ou en dalles, avec une simple scie à bois. On l’emploie à différents usages dans les constructions. Gomme il résiste bien au feu , il sert notamment à faire des fourneaux. On en fabrique aussi des cercueils.
Il se présente en couches considérables dans le terrain silurien inférieur, qui est immédiatement au-dessus du terrain laurentien. Il est quelquefois associé à la dolomie ou à la serpentine , et , comme cette dernière roche , il contient du fer chromé. Il est surtout associé au talc compacte ou à la stéatite qu’on trouve sur un grand nombre de points du Canada , notamment à Sutton , à Bolton , à Melbourne , à Potton, à Vaudreuil (Beauce), à Broughton, à Elzivir. Dans le Vermont, et à Boston, aux États-Unis, le même schiste chlorité est exploité sur une grande échelle ; il fait même l’objet d’un commerce important.
— Quant à la stéatite du Canada , elle sert de pierre réfractaire.
88 ROCHES CHLORITIQUES ET TALQUEUSES.
Celle de Stanstead et de Leeds est aussi réduite en poudre et employée dans la peinture \
INDE
Compagnie des Indes. — L’Inde présentait plusieurs variétés de pierres ollaires .
— La pierre ollaire de Gya (Inde-Bengale , n° 6157) est vert noirâtre. Elle contient un très-grand nombre de lamelles de chlorite (ripidolithe) qui lui donnent sa couleur foncée. Sa perte au feu est de 7,7. Elle ressemble beaucoup à la pierre ollaire de Drontheim, en Norwége, et elle prend de même assez bien le poli. Elle se laisse d’ailleurs facilement tailler et sculpter ; en sorte qu’on en fait une foule d’objets destinés aux usages domestiques , tels que pipes , tasses, mortiers, assiettes.
— Une autre variété de pierre ollaire , d’une couleur gris d’ardoise, vient de Eutnagherry (n° 273). Elle a une structure un peu scliistoïde. Elle est en grande partie formée de lamelles de chlorite verdâtre qui ont plusieurs millimètres de largeur. Elle ne fait pas effervescence avec les acides. Par calcination elle prend une couleur gris clair : sa perte est alors de 8,5. Cette pierre ollaire se travaille à Madras ; on en fait des ustensiles de ménage de toute nature et de toutes dimensions. Elle peut remplacer complètement la poterie , même dans les maisons qui jouissent d’une certaine aisance; l’Exposition nous montrait, par exemple, le ménage d’un brahmine ayant un revenu de 75 roupies par mois , qui était entièrement en pierre ollaire.
— On fait encore des ustensiles de ménage beaucoup plus grossiers et plus épais que les précédents, avec une stèatite ou un talc compacte, blanc jaunâtre. Ce talc contient quelquefois des cristaux de disthène. Il est connu dans l’Inde sous le nom de balpum ; on le taille sous la forme de crayons , et alors il s’emploie aux mêmes usages que notre craie de Briançon.
1 St. Hunt : Esquisse Géologique du Canada.
ROCHES QUARTZEUSES
— Enfin une roche qui diffère complètement des précédentes , mais qui se travaille très-bien sur le tour , est celle d’Allahabad, dans Y Inde-Bengale (nos 2889, 2890). Sa couleur est blanche, jaunâtre avec marbrures verdâtres ou rougeâtres. Elle est dure comme une serpentine , compacte , translucide et d’un éclat corné. Elle ne contient pas de chlorite. On en fait des tasses , des soucoupes, etc. Elle se laisse tourner en objets beaucoup plus délicats que ceux qu’on fabrique avec les pierres ollaires proprement dites.
B. — ROCHES QUARTZEUSES
Les rociies quartzeuses sont des matériaux qui jouent un rôle important dans les constructions.
— Elles s’emploient d’abord pour la décoration, mais beaucoup moins que les roches feldspathiques, parce quelles sont plus difficiles à tailler, et parce que celles qui prennent bien le poli ne peuvent pas s’obtenir en blocs de grandes dimensions.
Cependant le quartz hyalin, la calcédoine, l'agate , l’héliotrope et le jaspe sont extrêmement recherchés; ils servent fréquemment pour les mosaïques en pierres dures , ainsi que pour de petits objets d’ornement. Parmi les produits les plus remarquables en ce genre, on peut citer de belles coupes en quartz vert-héliotrope et en cristal de roche , qui avaient été exposées parM. Morel. La bijouterie , l’orfèvrerie et l’horlogerie de Paris présentaient aussi différents objets en cristal de roche ou en pierres dures. Mais c’est surtout à Oberstein, dans le duché d’Oldenbourg , que l’agate est travaillée sur la plus grande échelle et transformée en une multitude d’objets d’ornement. L’agate est également travaillée sur plusieurs points de l’Inde, notamment à Cambay , dans la présidence de Bombay et à Banda, dans l’arrondissement d’Allahabad , au Bengale ; sa taille et son poli atteignent le plus haut degré de perfection. Elle a même
ROCHES QUARTZEUSES
été employée clans les mosaïques florentines qui décorent les sépultures royales d’Agra et de Delhi \
A toutes les époques d’ailleurs, et chez tous les peuples , les roches quartzeuses ont servi aux mêmes usages. Dans les premiers âges, et avant la découverte du fer, elles ont été employées à faire des amulettes, des armes, des flèches , des haches ; maintenant encore les sauvages leur donnent la même destination. Ils les taillent souvent avec une grande habileté, comme le montraient différents objets en quartz vert, qui avaient été travaillés par les naturels de la Nouvelle-Zélande. Les collections du Canada et de plusieurs parties de l’Amérique nous présentaient aussi des haches , des lances et des flèches faites avec des roches quartzeuses taillées par les sauvages.
— Les roches quartzeuses sont très-souvent employées comme pierres à aiguiser et comme pierres meulières. L’Exposition nous montrait surtout une très-belle collection de meules faites en meulières , en grès , en granités ou en roches volcaniques. Les meules étant rangées dans la la ïre Classe , la XIVe Classe n’a pas dû s’occuper de leur examen ; nous observerons seulement que les meules en grès provenaient surtout du grès bigarré des Vosges, notamment de Birkemberg, d’Épinal, de Bains, de Celles et de Marcilly. Il y en avait aussi en grès bigarré et keupérien du Wurtemberg. Toutefois la plus grande partie des meules étaient en silex meulière , exploité à la Ferté-sous-Jouarre , à la Ferté-Bernard et à Épernon , pour la France ; aux enenvirons de Gharleroi et de Namur , pour la Belgique.
— Depuis un temps immémorial on emploie le diamant, le corindon, ainsi que l’émeri, à la taille et au perforage des pierres précieuses ; mais il n’est cependant pas à notre connaissance qu’on les ait utilisés jusqu’à présent pour tourner des roches quartzeuses ou feldspathiques de grandes dimensions.
1 D. ïVyatt: Reports on the Paris Exhibition, p. 327.
’ ROCHES QUARTZEUSES
M. Bigot-Dumaine, que nous ayons déjà mentionné précédemment (p. 17) , a essayé le premier de se servir du diamant noir pour tourner des meules en silex. Il a fait, dans ce but, une expérience sur le silex d’Épernon , qui est le plus compacte et le plus dur qu’on puisse trouver. Il a constaté qu’il se laisse tourner moins facilement que le granité , parce que de petites secousses sont produites par ses cavités ; mais, quoi qu’il en soit, les résultats obtenus ont été très-satisfaisants, car le silex est enlevé avec la plus grande facilité, et le diamant noir ne se brise pas. La meule tournée au diamant noir par M. Bigot-Dumaiqp se trouvait avec celles de M. Theill (n° 198, France) ; elle était beaucoup mieux travaillée et plus propre à la mouture du grain qu’aucune autre; elle revenait de plus à un prix moins élevé.
L’emploi du diamant noir permet donc de réaliser un progrès important dans la préparation des meules en silex.
— Si nous considérons maintenant les roches quartzeuses comme matériaux de construction proprement dits , nous les trouvons fréquemment employées , surtout lorsqu’elles sont à l’état de grès.
Les grès sont formés de grains de quartz plus ou moins agglutinés par un ciment ; ce ciment peut être calcaire ou siliceux. Quelquefois même , les grains de quartz sont directement soudés l’un à l’autre. De l’argile ou de l’argilite est assez souvent mélangée au grès ; elle le rend alors plus facile à tailler, mais en même temps plus friable.
Lorsque les grès sont à ciment siliceux , ils ont , sur les calcaires , l’avantage de mieux résister à l’action de l’atmosphère , et même leur durée est presque indéfinie; c’est ce qui a lieu , par exemple , pour le grès du Wurtemberg , duquel nous parlerons plus loin.
Les grès compactes et fortement cimentés ont beaucoup de cohésion : ils sont difficiles à tailler, et ils résistent trèsbien aux chocs ; aussi les emploie-t-on pour le pavage.
Ils se trouvent dans tous les terrains géologiques ; mais
HOCHES QUARTZEUSES
c’est, dans les terrains secondaires qu’ils sont le plus abondants. Leur emploi dans les constructions est vulgaire ; il n’est donc pas étonnant qu’ils ne soient représentés à l’Exposition Universelle que par un petit nombre d’échantillons. Ceux qui y ont été envoyés se distinguent généralement par des qualités exceptionnelles , ou bien encore , ils proviennent de carrières récemment découvertes.
Nous allons maintenant décrire avec détail les matériaux de construction qui appartiennent aux roeïies quartzeuges.
# FRANCE
Palais de l’Industrie.— -Le Palais de l’Industrie présentait lui-même un exemple assez remarquable de l’emploi du grès , car son soubassement est construit avec du grès bigarré des environs de Phalsbourg.
D’après les renseignements que nous a transmis M. Yiel , architecte du Palais , la taille de ce grès demande quelque soin ; elle avait été exécutée par des ouvriers du pays qui le livraient au prix de 68 fr. le mètre cube équarri sur dimensions données.
M. F. Béraud (n° 4255). — M. Béraud, marbrier au Puy, avait envoyé des grès de la Haute-Loire qui fournissent de bons matériaux de construction.
Le grès psammite de Blavozy a beaucoup de cohésion : son poids spécifique est de 2,30 , et il est employé pour la sculpture ; son prix à la carrière est de 50 fr. le mètre cube. Une variété du même grès , qui ne pèse que 2,20, est aussi employée pour pierre de taille ; son prix est seulement de 20 fr.
Il y avait encore un grès de Langeac , ainsi qu’une autre variété du grès de Blavozy, pesant 2, A3 ; ces grès servent à faire des meules pour moudre le blé.
M. Porte (n° A 332) . — M. Porte avait présenté des plaques minces de grès bigarré des Voivres (Vosges). On les connaît dans le pays sous le nom de laves , et elles sont exploitées
ROCHES QUARTZEUSES. 95
pour toitures ; elles ont l’inconvénient d’être lourdes et de se briser facilement ; cependant les plus belles variétés peuvent être réduites à l'épaisseur d’une forte ardoise.
Dans la Haute-Saône, on donne aussi le nom de lave à un calcaire schistoïde et très-fissile de l’oolite jurassique qui s’exploite dans les environs de Vesoul , et qui sert également à couvrir les maisons. Le même calcaire se retrouve dans le département du Lot.
Département du Calvados (n° A 274). — Le Département du Calvados avait exposé une collection des matériaux qu’il emploie pour les chaussées empierrées. Ceux de ces matériaux qui appartenaient aux roches quartzeuses étaient :
(hmrfz'blanc des carrières du Café chantant.
Id. gris des carrières de Faux-Frileux.
Id. noir des carrières du Château-à-la-Dame.
Grès gris des carrières du Champ-Bidard , près Condé.
Id. rougeâtre des carrières des Augels, près Caen.
Id. rouge violacé des carrières de May et de Feuguerolles.
Id. gris des carrières de May et de Feuguerolles.
Id. gris, avec taches rouges violacées, de Sousmont.
Id. gris avec taches rouges violacées, des carrières de Poligny.
Id. gris violâtre des carrières de Jurques et Montboscq.
Id. gris clair des carrières de la Liberté, près Falaise.
Id. gris des carrières d’Urville.
Id. rougeâtre des carrières de la Landelle et les Roches pendantes.
Silex des carrières de la Manerbe.
Id. des carrières de Croisilles.
Id. des carrières de Janville et Bessières.
Cailloux roulés , formés de grès , des carrières de Tournières.
Id. formés de grès, des carrières de Cussy.
Id. formés de grès , des carrières de Bernières-Bocage.
Il y avait aussi des pavés en grès silurien de May, dont
le prix était de 70 fr. le mille, et des pavés en grès de Feuguerolles , dont le prix était seulement de AO fr.
M. Deriencourt. — M. Deriencourt exploite, depuis 18A2, des grès quartzeux qui donnent de bons pavés. Le mille de ces pavés , pris sous vergues à Cherbourg , est livré aux prix suivants :
94 ROCHES QüARTZETJSES.
Pavés lre classe de 0m,46 sur 0m,20 . 260 fr.
Id. 2e classe de 0 ,12 0 ,16 . 160
Id. 3e classe de 0 ,12 O ,12 . 120
Ces prix sont beaucoup plus élevés que ceux des pavés de porphyre de la Belgique qui ont cependant une durée et une résistance plus grandes.
ALGÉRIE
Dans les carrières du Vieux Tenès et aux îles Pizan , on exploite un grès quartzeux , à grain grossier, à ciment calcaire (nos B 4, 37). Ce grès est quelquefois micacé et devient bleuâtre. Il est très-compacte , et il fournit de bons pavés. On s’en sert aussi pour faire les petits moulins à bras qui sont employés par les Arabes pour écraser le blé.
WURTEMBERG
M. Wagner (n° 92) . — M. Wagner, à Stuttgart , dirige , dans le Wurtemberg , de grandes exploitations de matériaux de construction.
L’ensemble de ces matériaux était représenté dans l’annexe par une pyramide dans laquelle les différentes roches se succédaient dans l’ordre de leur formation. A la base les granités , puis les grès bigarrés , le keuper, le lias , les calcaires jurassiques , le grès de la molasse , et le tuf calcaire.
Nous avons déjà parlé des granités (p. 33) , nous allons maintenant faire connaître les roches quartzeuses qui sont toutes des grès.
Le tableau suivant résume leurs principales propriétés d’après d’après les renseignements qui nous ont été donnés par M. Wagner .*
ROCHES OUARTZEUSES.
Désignation des Grès.
Caractères.
il!
Densité.
Prix du pied cube
à la carrière K
Usages.
Grès bigarré de Hansen.
— deFriederichsthal.
— de Losburg .
— de Dietersweiler. .
Grain très-fin et belle couleur rouge.
Il se trouve en blocs erratiques ; il est très-réfractaire. i
Réfractaire. 1
Réfractaire.
Livres.
Constructions monumentales.
Chemise intérieure des hauts fourneaux.
Grès du keuper inférieur de Kornwestheim.
— du keuper moyen de 1
Stuttgart. 1
— rouge du keuper i moyen de Maulbronn 1
— rouge du keuper de
Muhlhausen. >
— du keuper supérieur !
de Schlaydorf et de Stuttgart.
Ils peitvent se débiter I f en blocs ou en lar- 1 > ges dalles. Leur, t grain est fin; ils se > \ taillent facil emen t. j
Gros grain ; couleur j gris blanchâtre, j
J 7476 | ! bt 28 ’ j 209b
Ei
Constructions. Ceux qui sont blancs l sont employés à la
f sculpture; on en
1 fait aussi des meu- | les à aiguiser.
Constructions monumentales ( Cathédrale de Cologne).
Grès du lias du Plei- ] ningen. !
— du lias de Rechber- 1
glxausen. J
— de l’oolite du Jura j brun d’Aalen.
• Réfractaire .
Constructions.
f Employé pour les
1 hauts fourneaux.
Grès de la molasse de] Baltringen . ]
[Pierre de construc- ' tion de qualité in- [ férieure.
( Constructions ordi- (, naires.
Les grès bigarrés du Wurtemberg s’exploitent dans la forêt Noire , et leur prix de revient est peu élevé. Leur densité est d’autant plus grande que leur grain est plus fin. Ils se taillent très-facilement , et on les débite , soit en blocs , soit en larges dalles. Leur résistance à l’écrasement est grande. Ils sont recherchés pour les constructions. 11 y en a qui sont réfractaires. Lorsqu’ils sont à gros grain, on les emploie comme pierres meulières pour moudre la farine. Quand ils sont tendres, on les emploie aussi comme meules à aiguiser. .
— Parmi ces grès de Wurtemberg , il en est un très-remarquable qui a fixé d’une manière toute particulière l’attention du jury, c’est le grès du Keuper supérieur.
1 1 pied cube du Wurtemberg égale 27/37 du pied français; I florin vaut 2 1/7 francs.
ROCHES QUARTZËUSES.
Il s’exploite dans les environs de Tubingen, de Nurtingen et de Stuttgart. La meilleure qualité vient de Schlaydorf et du Hollsteinbruch. En 185 A, on en a extrait 120,000 pieds cubes dans six carrières qui occupaient 120 ouvriers; la production annuelle est donc de 1,000 pieds cubes par ouvrier.
Le prix du pied cube brut, sur la carrière, varie de 12 k. à 2 A k. Lorsqu’il est taillé, son prix augmente de 6 k. par pied cube.
Ce grès est poreux , gris blanchâtre ou même blanc. Son grain n’est pas constant. La variété qui est plus spécialement employée aux constructions est à gros grain. Suivant la grosseur de son grain , on emploie aussi ce grès comme meule à moudre ou à décortiquer le riz , ou bien comme meule à aiguiser.
Il est réfractaire et il peut servir à construire des fourneaux; on le désigne, même en Allemagne, sous le nom de stubensandstein. Sa résistance à l’écrasement est à peine moitié de celle des autres grès du keuper, mais cet inconvénient est bien compensé par son inaltérabilité, par sa grande légèreté , par la facilité avec laquelle il se laisse tailler et sculpter. Des églises gothiques, construites au xme siècle avec le grès supérieur du keuper, prouvent combien il est inaltérable. Il est surtout remarquable en ce qu’il ne se décompose aucunement à l’air, et ne se couvre pas de plantes parasites; aussi conserve-t-il sa couleur blanchâtre après plusieurs siècles. L’ensemble des propriétés du grès supérieur du keuper le place incontestablement au premier rang des matériaux de construction connus jusqu’à présent. C’est à ce titre qu’il a été signalé d’une manière toute spéciale par l’assemblée des architectes allemands, réunie à Cologne en 185A. On l’emploie d’ailleurs pour les travaux delà cathédrale de Cologne , et l’Exposition Prussienne nous montrait qu’il peut facilement se prêter à l’exécution des sculptures gothiques les plus délicates.
— Les divers matériaux de construction du Wurtemberg ,
ROCHES QUARTZEUSES
les grès , les pierres calcaires , les granités , sont exploités avec beaucoup cl’habileté et d’intelligence par M. Wagner, qui a fait de nombreuses recherches sur leurs principales propriétés. Ces matériaux , et surtout le grès du keuper supérieur, se répandent à une grande distance tout le long du cours du Neckar et du Rhin, à Cologne, à Amsterdam, à Ulm , ainsi que dans la Bavière et dans la Suisse.
TOSCANE
Institut technique (n° 2). — Les roches quartzeuses, forment les matériaux de construction les plus importants de la Toscane.
Voici sur ces roches, et notamment sur le macigno , quelques renseignements qui nous ont été transmis par M. le professeur Meneghini.
Macigno. — Le macigno , qui est plus spécialement recherché pour les constructions, appartient au terrain eocène. Tantôt son grain est très-fin , tantôt au contraire il est trèsgros, et alors la roche passe au poudingue. Lorsque son grain est de la grosseur d’un pois, on lui donne le nom de cicerchia. Il renferme souvent des débris de schiste argileux noir et aussi des matières charbonneuses. Il se désagrégé par la perte de son ciment calcaire et aussi par la suroxydation du protoxyde de fer qui s’y trouve contenu. On a remarqué qu’il se désagrégé surtout rapidement lorsqu’il est au bord de la mer.
C’est avec le macigno que sont dallées les rues de Florence et de Pise. Les carrières dans lesquelles on l’exploite pour cet usage sont à Mugarone, Signa, la Gonfolina, Vélano, etc. Les dalles elles-mêmes sont rectangulaires, et elles ont une surface constante de 0m carré,3A ; leur épaisseur varie de 0m,025 à 0m,035. Elles se vendent au prix de 1 fr. 35 c. à 1 fr. 60 c.
Le macigno de Livourne est de qualité médiocre. Il est pénétré par des veines de baryte sulfatée et il ne sert pas aux dallages, on l’emploie seulement dans les constructions.
ROCHES QUARTZEÜSES.
Le macigno du terrain miocène et celui du terrain pliocène sont également peu estimés ; cependant , dans les localités à proximité desquelles ils se trouvent , on les emploie pour les dallages et pour les constructions.
Pietra serena. — La pietra serena est un macigno éocène qui est au contraire d’une qualité supérieure. Elle se laisse tailler et sculpter de la manière la plus délicate ; on en fait des marches d’escalier, des colonnes, et on la recherche pour l’architecture monumentale.
Pietra morta. — La pietra morta est un macigno qui a perdu son ciment calcaire et qui résiste au feu, bien quelle ne puisse cependant être considérée comme pierre réfractaire.
Pietra forte. — Jusque dans ces derniers temps, on se servait, pour daller Florence, de la pietra forte, qui est un calcaire arénacé plutôt qu’un grès, et qui appartient au terrain crétacé moyen. Elle a l’avantage d’être à une très-petite distance de Florence, mais son prix est plus élevé que celui du macigno , car il atteint 2 fr. 45 c. par brasse carrée (0m- c-,34) . De plus, elle est très-dure et lorsqu’on l’emploie comme dalle , elle a l’inconvénient de faire glisser les chevaux.
Toutefois, la pietra forte est l’un des meilleurs matériaux de construction des environs de Florence; elle a servi notamment à construire le palais Pitti.
PRUSSE
M. Warken (n° 535). — Le grès bigarré, qui est trèsdéveloppé dans les environs de Trêves , fournit de bons matériaux de construction. Il est employé aussi comme pierre à aiguiser.
M. Warken avait exposé une collection de grès provenant de ses carrières. Il emploie 80 ouvriers qui reçoivent de 1 fr. 50 c. à 3 fr. 75 c. par jour. La valeur des produits exploités est environ de 100,000 francs. Les carrières desquelles ces grès proviennent sont à Beilinger, Lorig, Udelfang, Pfalzerwald, Waserliésch, Taweren. A Hiltengend , le
ROCHES QUARTZEUSES
grès donne de bonnes meules à repasser. A Waserliesch , il est très-réfractaire.
M. Koenig (n° 537). — M. Kœnig, architecte, avait également envoyé une collection de grès sculptés des environs de Trêves.
MM. Wener frères (Catalogue des Beaux-Arts, n° 2303). — Il y avait à l’Exposition des Beaux-Arts deux bustes en grès de Grevenmacher, exécutés par les frères Wener, sculpteurs à Luxembourg. L’un de ces bustes représentait le Prince royal de Hollande; l’autre, Sa Majesté Guillaume III.
Le grés employé pour ces œuvres d’art est quartzeux ; on y distingue des paillettes de mica blanc, ainsi que des parcelles argileuses disséminées. Son grain est très-fin , bien homogène ; sa couleur est grise , légèrement verdâtre. Il se laisse sculpter très-facilement. Il s’exploite dans une carrière près de la Moselle , à un quart de lieue de Grevenmacher, en Prusse. On peut estimer que, dans la carrière, le prix du mètre cube de ce grès est environ de 30 francs; lorsqu’il est rendu à Luxembourg, son prix est de 50 francs. La Moselle et le Rhin permettraient d’ailleurs de le transporter économiquement à de grandes distances.
M. Donkel (n° 10A2). — Parmi les grès remarquables, citons encore celui d’Herzogenrath, près d’Aix-la-Chapelle, qui a été exposé par M. Dunkel sous la forme d’un Moïse gigantesque.
Ce grès est blanc , presque entièrement composé de grains de quartz pur. Il se laisse facilement tailler et sculpter ; il peut être obtenu en blocs de toute grosseur; il ne s’égrène pas et il ne change pas de couleur par l’exposition à l’air. Lorsqu’il est désagrégé, il donne un sable quartzeux assez pur pour être employé dans les verreries.
Nous avons en France un grès qui, de même que ceux de Grevenmacher et d’Herzogenrath, peut être employé dans la sculpture et servir à faire des statues ; c’est le grès bigarré des Vosges, et notamment celui des environs de Phals-
ROCHES QUARTZEUSES
bourg. Ces grès ont sur la pierre calcaire l’avantage de résister beaucoup mieux à F altération de l’atmosphère.
AUTRICHE
La Société industrielle de Bergame (n° 120). — La Société industrielle de Bergame a présenté une collection des roches quartzeuses employées dans les constructions et dans l’industrie :
— Grès rouge de Gorzone , de P sogne et de Darfo ; il appartient au terrain permien ou au verucano.
— Poudingue de Sottomonte , du terrain permien.
— Poudingue de Gandosso , du terrain crétacé. Il donne de très-bonnes pierres meulières qu’on emploie dans l’Italie et même au dehors.
— Grès vert de Parnico , du terrain crétacé. On en fait de grandes meules à aiguiser.
— Grès vert de Mapello , du terrain crétacé. Il s’emploie beaucoup pour les constructions.
— Grès vert micacé d’Astino , du terrain tertiaire inférieur. On en fait des meules à aiguiser.
— Grès molasse de Bagnatica ; il appartient au terrain tertiaire moyen. Il résiste bien au feu et on l’emploie dans la construction des fourneaux.