‹ Matériaux de construction de l'exposition universelle de 1855Chapitre 29 sur 53 · CUBA · texte numérisé non relu

CUBA

Commission dé Cuba (n° 417). — L’île des Pins, près de Cuba , renferme de très-beaux marbres. Ces marbres , dont l’exploitation est faite par des condamnés, sont des calcaires saccharoïdes. Nous y ayons remarqué du marbre blanc qui est aussi pur que le marbre statuaire , des murbres blancs veinés , roses , jaune-brunâtres , ainsi que des marbres gris et noirs. Certaines variétés brun-noirâtres ne prennent pas bien le poli ; elles présentent alors de petites houppes blanches , soyeuses , étoilées , très-tendres , qui se dessinent en creux et qui paraissent être du talc.

Les marbres de Vile des Pins étaient déjà connus en France par la collection que possède le Muséum d’histoire naturelle ; cette collection est d’ailleurs semblable à celle qui a été envoyée à l’Exposition Universelle par la Commission de Cuba.

BELGIQUE

La Belgique possède de riches carrières de marbres qui depuis longtemps sont exploitées sur une très-grande échelle. Leur principal centre de consommation est Paris ; aussi leur exploitation est-elle faite en partie par des marbriers français.

Nous avons déjà eu Foccasion de parler des marbres de la Belgique. Ils appartiennent au calcaire carbonifère et au terrain devonien , comme la plupart des marbres du nord de la France. Ils ont des couleurs un peu sombres ; mais il y en a cependant qui sont très-remarquables et tout à fait propres à la décoration des monuments ; de ce nombre est le rouge royal de Franchimont. Le marbre de Franchimont est d’ailleurs devonien, ainsi que les marbres de Glageon et de Sainte-Anne.

La brèche brune de Yaussort produit un assez bel effet ; elle est calcaire , à ciment ferrugineux et violacé , à fragments noirs, blancs ou grisâtres. D’après M. d’Omalius d’Halloy, elle appartiendrait à la partie supérieure du cal-

MARBRES

caire carbonifère de la Belgique (système condrusien). Le marbre noir de Dinan et celui des Écaussines, près de Mons, sont aussi du calcaire carbonifère. Ce marbre des Écaussines est connu sous le nom de petit granité; il est l’objet d’une exploitation très-considérable, et la Belgique en exporte la plus grande partie en France.

Le tableau suivant donne , pour la ville de Bruxelles , le prix des principaux marbres de Belgique ;

Prix du mètre cube.

Marbre gris (Sainte-Anne), . , 150f à 180f

Id. rouge marron . 160 à 200

Id. noir . 240 à 388

Saint-Remy . 255 à 280

Brèche brune . 248 à 300

Ces marbres ont des prix très-inférieurs à ceux de nos marbres français ; il n’est donc pas étonnant qu’on en consomme une grande quantité à Paris.

M. Leclercq (n° 342), — M. Leclercq a créé à Bruxelles un établissement de marbrerie dans lequel les marbres sont travaillés et sculptés d’une manière remarquable. Son usine occupe 50 ouvriers qui reçoivent de 3 à 6 fr. Le mouvement est donné par une machine à vapeur de 3 chevaux.

Les produits envoyés à l’Exposition étaient des cheminées très-élégantes-, l’une en marbre noir de Golzines, l’autre en brèche brune, une troisième en marbre blanc de Carrare , une quatrième en marbre jaune de Sienne.

M, Geill (G. -F.) (n° 339). — M, Geill dirige à Gand un grand atelier pour le sciage et la scuplture du marbre. Il avait exposé une belle cheminée en marbre blanc. Son usine occupe plus de 80 ouvriers. Une machine à vapeur et une roue hydraulique d’une force de 16 chevaux donnent le mouvement à 120 lames qui opèrent le sciage, ainsi qu’à des machines pour tourner et recouper le marbre. M. Geil livre annuellement au commerce pour 350,000 fr. de produits. il en exporte une assez grande quantité en Prusse. 11

a obtenu des médailles de vermeil aux Expositions Belges de 1847 et de 1849; c’est l’un des principaux marbriers de la Belgique.

M. D. Marchal (n° 44). — M. Marchai a exposé 1 e marbre provenant de ses carrières de Saint-Hubert , à Rochefort (duché de Luxembourg) . Ce marbre est une variété de celui qu’on nomme rouge royal; il est comme lui rouge, blanc et grisâtre. Ses parties blanches ont une structure concrétionnée et elles résultent d’infiltrations de chaux carbonatée. Il peut s’exploiter en blocs de très-grandes dimensions. Un bénitier sculpté fait avec ce marbre avait été exposé dans le Palais. Une table , dans le style Louis XIY, était en outre exposée dans l’Annexe ; cette table , qui est fort belle et qui a 3 mètres de longueur, a été achetée par S. A. I. le prince Napoléon.

M. le Vte Desmanet de Biesme (n° 7338.) — M. le vicomte Desmanet de Biesme exploite et travaille les marbres noirs de Golzines et des environs de Namur. Il avait exposé deux cheminées en marbre noir provenant de ses carrières et travaillées dans son usine de Golzines. Le nombre des ouvriers qu’il emploie est de 35. Une mention honorable lui avait déjà été donnée à l’Exposition Universelle de Londres.

M. le Cte de Louvencourt (C.) (n° 39). — M. le comte de Louvencourt exploite les marbres d’ Angre et de Roisin dans le Hainaut. 11 occupe 25 ouvriers qui reçoivent de 1 fr. 25 cent, à 2 fr. 50 cent. Ses marbres ont une belle couleur noire , et sur leur fond se détachent quelquefois des gasterpodes turriculés changés en chaux carbonatée cristalline et parfaitement blanche ; cette dernière variété est connue dans la marbrerie sous le nom de drap mortuaire.

PRUSSE

La Prusse possède quelques carrières de marbres dans la Silésie , dans la Saxe ainsi que dans la Westphalie et dans la Prusse Rhénane. Jusqu’à présent, c’est surtout le marbre de Silésie qui a été employé à Berlin , car les carrières des

autres provinces sont encore récentes ; cependant dans ces derniers temps , leur exploitation a commencé à prendre quelque développement. Le marbre de Silésie peut s’obtenir en gros blocs ; mais il a une couleur blanc grisâtre un peu foncée. Son prix, rendu à Berlin, est seulement de 378 fr. le mètre cube. La tranche se vend de 22 à 26 fr. le mètre carré b

Dans les constructions de luxe , on se sert surtout des beaux marbres d’Italie, de France et de Belgique. Toutefois pour économiser ces marbres , on les scie le plus souvent en feuilles très-minces qui sont collées sur de la pierre calcaire , de manière à faire une sorte de placage. Ce placage s’opère surtout dans l’usine de M. Geill qui se trouve à Gand , et de laquelle nous venons de parler à l’occasion des marbres de la Belgique. Le prix du marbre plaqué varie de 26 à 30 fr. par mètre carré poli.

Il n’est pas inutile d’ajouter ici que la consommation du marbre plaqué augmente considérablement à Berlin , et que les beaux marbres français y trouveraient un débouché facile. Ils sont soumis à un droit de 3 fr. 75 cent, par quintal métrique , et ils devraient être introduits en feuilles minces dont le placage se ferait à Berlin.

— Les principaux marbriers de la Prusse avaient envoyé à l’Exposition divers produits que nous allons énumérer rapidement.

M. Bonzel (F. -J.) (n° 526). — M. Bonzel exploite depuis 1851 de belles carrières de marbre situées à Mecklinghausen, près d’Olpe, en Westphalie. Des chemins terminés récemment permettent d’extraire facilement ce marbre des carrières , et une usine avec moteur hydraulique a été construite.

Le marbre de Mecklinghamen est un calcaire compacte traversé par des veines de schiste qui lui donnent quelquefois une structure glanduleuse. Sa couleur est brun , brun rougeâtre ou rouge marron. De même que la plupart des

1 Renseignements donnés par M. Lohn , architecte de S. A. R, le Prince de Frusse.

MARBRES

marbres remarquables exploités en France et en Belgique , il appartient au terrain dévonien , et c’est une variété du calcaire de l’Eifel (Eifelkalkstein) . La belle carte géognostique de la Westphalie , exécutée sous la direction de M. de Dechen, montre qu’il forme des lentilles enclavées dans le schiste de la Lenne (LenneschiefTer).

Le monument élevé dans la nef du palais de l’Industrie au roi de Prusse , Frédéric-Guillaume III , présentait deux belles colonnes de marbre brun de Mecklinghausen. Plusieurs cheminées du palais du roi à Berlin ont également été exécutées avec du marbre provenant de ces mêmes carrières , et leur exploitation paraît devoir prendre quelque développement.

M. Barheine (R.) (n° 10A0). — M. Barheine, marbrier à Berlin, avait exposé une table en marbre exécutée par M. Aider, qui était remarquable par ses grandes dimensions et par le fini du travail. Elle était formée par un marbre blanc-grisâtre, à grandes lamelles, très-cristallin et coloré en noir par du graphite ; ce marbre s’exploite à Kunzendorf , près de Neisse, dans la haute Silésie.

— D’après des renseignements qui nous ont été transmis par M. de Yiehbahn , il existe aussi à Schmiedeberg , dans la basse Silésie, des carrières de marbre qui sont exploitées par M. Spin, de Berlin, et qui paraissent devoir prendre de l’importance. On espère qu’il sera possible de livrer ce marbre au prix très-réduit de 22 fr. le mètre carré.

Compagnie des Marbres du Neanderthal (n° 538). — La Compagnie des marbres du Neanderthal exploite des carrières qui sont situées près du chemin de fer de Dusseldorf à Elberfeld. Ces marbres sont noirs et blancs , assez semblables à ceux du terrain carbonifère de Belgique. Leur exploitation ne date que du 1er janvier 185 A , et elle a été commencée sur une grande échelle ; il y a en effet 50 ou vriers à l’intérieur et 107 à l’extérieur. On construit en ce moment une usine dans laquelle le mouvement sera donné par deux chutes d’eau, l’une de 50, l’autre de 25 chevaux.

MARBRES

M. le comte Stolberg Wernigerode (n° 682) . — M. le comte Stolberg Wernigerode exploite à Buschenberg, près de Wernigerode, dans le Hartz, des marbres noirs qui sont surtout employés pour des monuments funèbres. Il y avait à la Prusse, dans la salle des armes, plusieurs objets de décoration, exécutés en associant ces marbres à du marbre blanc. Jusqu’à présent , le commerce de ces marbres a été très-peu im * portant et limité aux environs de Wernigerode.

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