CHINE
Les Chinois emploient souvent diverses substances minérales pour en faire des statuettes et de petits objets d’ornements; autant qu’on en peut juger par les produits que nous recevons en Europe, ils se servent de l’amphibole blanche et compacte qu’on désigne sous le nom de jade ; ils se servent aussi de la néphrite , de la pierre de lard , du schiste argileux , etc.
Parmi les objets exposés qui provenaient de la Chine , il n’y avait qu’un seul marbre ; il formait le dessus d’une table en bois de fer. Ce marbre , de couleur assez terne , était brun rougeâtre ou violacé , à structure bréchiforme. Il était traversé par des veines nombreuses et irrégulières de chaux carbonatée blanche. Le même marbre existe dans une collection de marbres de Chine qui se trouve au Muséum de Paris ; on y voit aussi un bleu turquin et un marbre blanc .
PIERRES CALCAIRES
Il n’existe pas de limite tranchée entre les marbres et les pierres calcaires, car leur composition minéralogique est la même, et, dans les pays où il est abondant, le marbre s’emploie pour la construction comme si c’était du calcaire
PIERRES CALCAIRES
ordinaire. De plus, un calcaire compacte prend toujours plus ou moins le poli ; or lorsqu’on le considère brut , c’est une pierre calcaire ; lorsque , au contraire , on le considère poli , c’est un marbre.
Les pierres calcaires sont les matériaux les plus habituels de construction. Quand elles se trouvent dans un pays, il est rare qu’on ait recours à d’autres matériaux. Lorsque cela a lieu , c’est seulement pour certaines parties des édifices ou pour des constructions spéciales destinées à une longue durée.
Le petit nombre de pierres calcaires envoyées à l’Exposition Universelle , ne donnait qu’une idée très-imparfaite du rôle extrêmement important qu’elles jouent dans les constructions. Si nous prenons Paris comme exemple , la pierre calcaire y est d’un usage presque constant ; l’emploi de la meulière et surtout celui du grès ou du granité, y est relativement très-limité. Les pierres calcaires qui servent aux constructions de Paris proviennent du département de la Seine et d’autres départements, dont quelques-uns sont assez éloignés. Autrefois le calcaire grossier était presque exclusivement employé, mais maintenant son exploitation est beaucoup moins active ; pour le département de la Seine , elle se fait surtout dans les communes de Bagneux, de Châtillon , de Clamart , de Vitry, d’Arcueil, de Villejuif, de Nanterre, de Gentilly.
Le perfectionnement des voies de communication, l’extension des canaux et des chemins de fer permettent maintenant de faire venir des pierres calcaires appartenant au terrain jurassique, qui sont de meilleure qualité et qui s’exploitent à une assez grande distance, comme celles de Châtillon-sur-Seine,deCommercy, de laFerté-Milon, de Clamecy. Beaucoup de pierres calcaires viennent aussi des départements de Seine-et-Marne et de Seine-et-Oise \ Comme point
1 Pour renseignements sur les matériaux de construction employés à Paris, voir le rapport de M. Belgrand sur le mémoire de M. Michelot (Annales des Ponts e* Chaussées, t. X, 4 855).
PIERRES CALCAIRES
de comparaison , nous donnons ici les prix moyens du mètre cube rendu sur le chantier, pour les principales pierres calcaires employées à Paris en 1855.
(Lambourde.
Banc royal.
Banc franc.
Roche. . . .
La Fertê-Milon et Mareuil-sur-Ourcq .
Valangoujard et St-Nom . .
Commercy et Clamecy .
Soissons et Crouy. . . . . . .
Laversine . . . . . .
Châtillon (Côte-d’or) .
28* à U 0f AÔ à 55
Nous allons maintenant passer rapidement en revue le petit nombre de pierres calcaires envoyées à l’Exposition.
FRANCE
Desaugës (n° A370). — • M. Desauges exploite les importantes carrières de pierre de Tonnerre , dans le département de l’Yonne1. Ces carrières, ouvertes en 182 A, lors des travaux du canal de Bourgogne, se trouvent à 10 kilomètres de Tonnerre, près des communes de Pacy et de Lezinnes. Sept usines hydrauliques pour le sciage de la pierre de Tonnerre ont été établies sur l’Armançon , et à proximité des carrières : elles sont à Lezinnes, Pacy, Àncy-le-Libre , Angentenay, Argenteuil , Charrey et Fulvy : elles font mouvoir 2 A châssis ayant chacun 2 A lames. On scie également les pierres dures dans ces usines ; ainsi celles qui appartiennent à M. Desauges opèrent en ce moment le sciage du granité d’Algaïola (Corse) destiné au dallage du nouveau Louvre. Dans le département de l’Yonne, le 'prix du sciage du mètre superficiel est seulement de 75 francs pour le granité, et il s’élevait à environ 100 francs pour le grès
1 Explication de la carte géologique de France, t. II, p. 527.
PIERRES CALCAIRES
rouge de Finlande qui a été employé au tombeau de l’Empereur.
Les carrières de Tonnerre occupent 200 ouvriers et un assez grand nombre de chevaux pour les transports ; les usines occupent à peu près le même nombre d’ouvriers que les carrières. On exploite annuellement 3,500 mètres cubes de pierre dont les quatre cinquièmes sont débités par les scieries.
La pierre de Tonnerre appartient au 3e étage jurassique ; c’est un calcaire très-compacte, homogène, de couleur blanche jaunâtre ou grisâtre. Elle se laisse scier facilement et elle s’emploie surtout pour carreaux ou pour dalles. Le liais des environs de Paris sert bien aux mêmes usages , mais il est exploité et scié d’une manière moins économique; de plus les carrières desquelles on l’extrait sont pour la plus grande partie épuisées. Dans le carrelage, on associe souvent la pierre de Tonnerre au marbre noir de Belgique , de manière à produire des mosaïques à formes géométriques, de couleurs blanche et noire. Ün carrelage en mosaïque, fait par M. Desauges sous l’un des vestibules du Palais de L Industrie, a bien résisté aux nombreux visiteurs qui Pont foulé; l’usure était cependant plus grande pour la pierre de Tonnerre que pour le marbre noir, qui est resté un peu en saillie. Le prix du mètre superficiel carrelé varie avec les dimensions des carreaux ; à Paris il est compris entre 8 fr. 50 et 12 fr. 50 c.
La pierre de Tonnerre s’emploie beaucoup pour marches d’escalier et le prix du mètre courant varie de 9 à 15 francs.
Indépendamment des usages qui viennent d’être mentionnés, elle sert à faire les filtres les plus habituellement employés à Paris, à étamer les glaces, à imposer dans l’imprimerie, à corroyer dans la tannerie.
Depuis quatre années , elle sert même à faire des mangeoires pour les chevaux. Cette innovation a donné de bons résultats , et dès à présent M. le maréchal Vaillant, Ministre
PIERRES CALCAIRES
de la Guerre l’a introduite dans plusieurs casernes de Paris et des environs.
Enfin , la pierre de Tonnerre est encore très-propre à l’architecture et surtout à la sculpture , car elle se laisse facilement découper en ornements très-délicats.
On en fait un grand usage à Paris , mais elle s’expédie aussi dans toute la France , notamment à Lyon , à Bordeaux, à Nantes, au Havre. Elle s’exporte même en Angleterre , en Belgique et aux États-Unis d’Amérique.
M. Gates (n° 4288). — Il existe aux environs de Caen une pierre à bâtir connue sous le nom de pierre de Caen , dont la réputation est séculaire et que l’on emploie beaucoup, soit en France , soit en Angleterre. Elle appartient à la grande oolite jurassique, de même que la pierre de Bath, en Wiltshire. Elle résiste bien à l’altération de l’air; de plus sa couleur est uniforme , son grain est très-fm , et elle se prête admirablement à la sculpture la plus délicate. Aussi F a-t-on recherchée pour la construction des églises gothiques en Angleterre et dans la Normandie. On commence même à l’exporter aux États-Unis , et l’église Saint-Georges à New-York a été construite en pierre d’Allemagne.
La pierre de Caen s’exploite à Caen, à Allemagne, à la Maladrerie et à Quilly. La variété vendue comme pierre d’Aubigny provient de Villers-Canivet , d’Aubigny et de Cauyicourt : c’est la plus estimée. Les carrières d’Amblie, de Fontaine-Henri, de Ranville et de Fontenay-le-Pesnel, donnent des pierres qui s’emploient beaucoup dans le pays, surtout pour les constructions hydrauliques; mais elles ne sont pas exportées1.
On a fait en Angleterre de nombreuses expériences sur
1 Dufrènoy et E. de Beaumont, Explication de la carte de France, t. II, p. 183. • — Gourlier , Rapport sur les matériaux de construction fait à la commission française du Jury international de l’Exposition de Londres, p. 59 . — Ansted, Report, p. 665.
Notes de M. /. Morière 4
PÏËRRÈS CALCAIRES.
2âl
la pierre de Caen, et le professeur R. Philipps a déterminé sa composition chimique , qui est la suivante :
Carbonate de chaux.
Argile et sable.
Aubigny .
La Maladrerie .
Banc de quatre pieds .
Gros banc .
Franc banc .
ierre d’Aubigny, qui est la plus estimée, est aussi celle qui est la plus pure ; elle renferme moins de 2 pour 100 de sable et d’argile, tandis que le Franc banc en renferme près du cinquième de son poids.
M. Smith a constaté que cette pierre d’Aubigny absorbe à peu près trois fois moins d’eau que le Franc banc, et M. Georges Godwin a reconnu de plus que sa résistance à l’écrasement est quintuple.
— M. Gates était le seul exposant qui représentât la pierre de Caen. Son exploitation occupe 30 ouvriers, qui reçoivent de 2 fr. 50 à 3 fr. 50 par jour.
Les variétés de pierre de Caen qu’il avait exposées provenaient des carrières d’Aubigny, d’Allemagne, de Cauvicourt, d’Aucrais, de Fontenay et de Ranville. Voici quels sont les prix de ces pierres rendues à Caen :
Aubigny . 60f à 70f
Cauvicourt et Aucrais . AO à 50
Fontenay-le-Pesnel . . 20 à 25
Ranville, Allemagne . 18 à 23
La pierre d’Aubigny et la pierre d’Allemagne se laissent surtout scier et sculpter très-facilement.
La. pierre de Ranville revient à un prix très-peu élevé et elle est spécialement recherchée pour les constructions qui sont exposées à l’humidité.
M. Poggi (n° 189). — M. Poggi (Fr.) avait envoyé un calcaire très-compacte, qui est même une véritable pierre lithographique appartenant au terrain jurassique supé-
PIERRES CALCAIRES
rieu|\ Ce calcaire s’exploite à Mur champ , département de l’Ain, et il est très-propre à la fabrication des carreaux pour le dallage.
M. Eugène (n° 4300) . — Des carreaux formés également par un calcaire compacte grisâtre ont aussi été exposés par M. Eugène (Jean) : ce calcaire provient du terrain jurassique de Sainte-Soulle , près la Rochelle (Charente- Inférieure) .
M. Noël (n° 4437). — M. Noël avait exposé une collection nombreuse de filtres en pierre calcaire. Ces filtres sont formés par un calcaire grossier, arénacé et très-poreux, appartenant au calcaire à milliolithes qui s’exploite à Saint- Leu et qui est connu sous le nom de vergelè. Lorsqu’une eau bourbeuse est jetée dans un vase de ce calcaire, elle filtre à travers ses pores et elle en sort immédiatement limpide. M. Noël propose d’employer ce vergelè à la confection de filtres portatifs : pour cela , il l’évide sur le tour de manière à lui donner la forme d’une bouteille ; il suffit alors de plonger la partie inférieure de cette bouteille dans une eau bourbeuse pour quelle se remplisse rapidement d’eau claire,
M. Ghamponnois (n® 4463). - — M. Ghamponnois, architecte à Beaune, a inventé une machine très-ingénieuse pour forer des tuyaux en pierre calcaire.
Cette machine est d’une découverte récente, car elle n’a été installée que vers le mois de septembre 1854. Ne pouvant en donner une description complète sans une figure, nous dirons seulement que la pierre calcaire qu’il s’agit de forer reçoit , au moyen d’engrenages , un mouvement de rotation au-dessus d’un ciseau triangulaire fixe , sur la pointe duquel elle porte. A mesure que la pierre s’évide à l’intérieur, elle descend sur le ciseau, et le forage continue de lui-même. Il a lieu à la fois dans cinq tuyaux et il se fait avec beaucoup de netteté et de facilité. Le mouvement peut être donné à bras d’hommes ou mieux par un cheval , par une roue hydraulique , par une machine à va-
PIERRES CALCAIRES
peur. Le calcaire à entroques , qui est bien cristallin et bien résistant , est très-propre à la fabrication de ces tuyaux en pierre. Ils peuvent servir à faire des conduites d’eau et de gaz.
Leur prix de revient est beaucoup moins élevé que celui des tuyaux en fonte , comme on peut le voir par ce tableau ;
Diamètre intérieur du tuyau.
Prix du mètre courant en
pierre calcaire. .....
Prix du mètre courant en
fonte .
Pour un diamètre intérieur de O^IO à 0m,16 ,1e prix du tuyau en pierre n’est que moitié de celui du tuyau en fonte.
Les tuyaux en pierre s’emboîtent l’un dans l’autre , et on les réunit en garnissant leurs joints avec du ciment hydraulique. Ils présentent quelques avantages; car, indépendamment de ce que leur prix est moins élevé que celui des tuyaux de fonte , ils résistent à une pression presque égale , et de plus ils ne s’engorgent pas par des incrustations de carbonate de chaux. Comme ils ont une section quadrangulaire , ite sont d’ailleurs plus faciles à poser que les tuyaux ronds en fonte ou en terre cuite.
Toutefois, jusqu’à présent, les tuyaux en pierre ont été peu employés ; ils ont un poids considérable , et , par suite, ils sont difficiles à transporter et à manœuvrer. Il est donc nécessaire d’attendre des expériences faites en grand et pendant un temps suffisamment long pour se prononcer sur la valeur réelle des avantages qu’ils présentent1.
BELGIQUE
La pierre de Soîgnies en Belgique, est exploitée sur la plus
1 Voir, pour le dessin de ia machine, Annales des Mines , 5e série, t, VIII, pl« II.
PIERRES CALCAIRES
grande échelle et avec toutes les ressources de l’industrie moderne. C’est un calcaire qui appartient au calcaire carbonifère et qui se trouve immédiatement au-dessous du terrain houiller proprement dit. Il a une couleur gris bleuâtre ou noire qu’il doit à une matière charbonneuse. Il est cristallin et presque entièrement formé de débris de crinoïdes ; aussi sa cohésion est-elle très-grande. D’un autre côté, il n’est pas argileux , en sorte qu’il ne s’altère pas lorsqu’il est exposé aux intempéries de l’air ou lorsqu’il est plongé dans l’eau ; il est même recherché spécialement dans toute la Hollande pour les constructions hydrauliques. Ajoutons qu’il se taille facilement, qu’il se prête à la sculpture et que les dimensions des blocs qu’on peut trouver dans les carrières n’ont d’autres limites que les moyens même d’extraction.
Wincqz (n° 336). — M. Wincqz, le principal exploitant des carrières de Soignies , occupe de âOO à 500 ouvriers. La plupart de ces ouvriers sont logés aux carrières, moyennant un loyer mensuel de 5 francs. Leur salaire varie de 1 à 3 francs. Ces carrières, ouvertes en 17A0, sont très-heureusement situées ; car elles se trouvent à proximité des houillères, et, de plus, un embranchement qui prend naissance dans les carrières mêmes , les met en communication avec le réseau des chemins de fer belges.
L’extraction de la pierre est faite par 2 machines à vapeur, l’une de 8, l’autre de 20 chevaux. Des chemins de fer sont établis sur des plans inclinés et vont jusqu’au fond des carrières; en sorte qu’en 20 minutes , des blocs de pierre de àO tonnes peuvent remonter les plans inclinés.
L’extraction des eaux se fait par 3 machines à vapeur, dont une est locomobile ; les deux premières machines ont chacune une force de 12 chevaux, la troisième a une force de 8 chevaux.
Une scierie, mue par des machines à vapeur de la force de 35 chevaux, débite annuellement 1,200 mètres cubes de pierres en tranches. Une nouvelle scierie vient encore d’être construite.
PIERRES CALCAIRES
Le prix de la pierre brute est , par mètre cube , de 50f 00° Pour la taille à la boucharde , par mètre carré, de 2 50
Pour la taille ordinaire au ciseau, idem . A 50
Pour la taille dite à la hollandaise, idem . 5 00
Pour la taille de moulures, idem . 18 00
Le prix des tranches varie d’après leur épaisseur, comme l’indique le tableau suivant :
Tranche de 0m,02 d’épaisseur par mètre carré . 5f
— de 0m,05 idem . 8
— de O^IO idem . 18
— de 0m, 15 idem . 18
Les déchets provenant du travail de la pierre de Soignies sont utilement employés pour l’empierrement des chaussées. En outre , elle donne une bonne chaux grasse , très-blanche, qui est recherchée pour les plafonds et qui est aussi trèsbonne pour amender les terres. Cette chaux se vend au prix très-réduit de 80 centimes l’hectolitre.
On emploie encore la pierre de Soignies dans les manufactures de glaces, notamment dans celle de Montluçon.
Tout le monde a pu admirer, à l’Exposition, une dalle sculptée gigantesque qui était dressée devant la façade principale du Palais. Elle provenait de Soignies et elle avait 8 mètres de hauteur, 2 mètres de largeur, 30 centimètres d’épaisseur. Il serait possible d’en avoir de plus grandes encore, mais jusqu’à présent les chemins de fer refusent de transporter des blocs de pierre dont le poids dépasse 20 tonnes.
La quantité de pierre extraite des carrières de M. Wincqz a atteint 15,000 mètres cubes , et elle pourrait même s’élever à 25,000. Les débouchés de ces carrières sont la Belgique, la Hollande, les Indes néerlandaises, le nord de la France , l’Allemagne , l’Angleterre et les États-Unis.
Société des cabrières Rombaux (n° 3Æ5). — Les carrières Rombaux sont également à Soignies ; elles occupent A00
PIERRES CALCAIRES
ouvriers. On y exploite des pierres de taille qui sont livrées tantôt brutes , tantôt sciées ; on y fabrique aussi de la chaux pour les plafonds ou pour les engrais.
Le prix de la pierre sur wagon , à la station de Soignies , est de 50 à 65 fr. le mètre cube. Ce prix s’élève cependant jusqu’à 80 fr. pour les pierres de grandes dimensions qui sont employées dans les travaux d’art , notamment dans la construction des ponts.
Les pierres destinées à des marches d’escalier, à des seuils de fenêtres , des chambranles de portes , reviennent même au prix de 80 à 100 fr. le mètre cube , y compris la taille unie.
La quantité de pierres extraites annuellement aux carrières s’est élevée à 6,000 mètres cubes. Ces pierres sont employées pour toutes sortes de constructions, ponts, écluses, monuments funéraires. Leurs débouchés sont la Belgique , la Hollande et ses colonies. Elles se répandent aussi en Allemagne et surtout en France , notamment à Valenciennes , Douai , Arras , Amiens , Lille , Dunkerque , Calais , Roubaix , Cambrai , Chauny, et même Paris. Elles ne peuvent d’ailleurs entrer en France qu’à l’état de pierres taillées et en supportant un droit de 15 p. 0/q ; car le droit sur les pierres brutes ou sciées dépasserait la valeur même de la pierre,
WURTEMBERG
M. Wagner (n° 72).- — M. Wagner a présenté une belle collection des pierres calcaires du Wurtemberg qui sont employées dans les constructions. Des expériences précises ont déterminé la densité de plusieurs de ces calcaires et leur résistance à l’écrasement : nous en réunissons les résultats dans le tableau suivant qui fait connaître aussi le prix du pied cube sur la carrière , ainsi que les principaux usages de ces matériaux de construction 1 :
1 Catalogue descriptif du royaume de Wurtemberg. 1 pied cube de Wurtemberg est 25/37 du pied français. 1 florin vaut à peu près 2 1/7 francs.
PIERRES CALCAIRES
Désignation des calcaires.
Muschelkalk de Friederiehs^
thaï .
Dolomie du nmschelkalk de
Roltweil .
Lias de Vahingen , près
Stuttgart .
Dolomie du Jura blanc d’Urspring près d’Ulm. .
Calcaire saccharoïde du Jura
blanc d’Arnegg .
Oolite jurassique de Schnaitheim, près Heidenheim Marbre jurassique rouge de Bottingen, près Kirchheim Marbre jaune de Bissingen, près de Kircliheim.. . . .
Marbre gris dOchsenwang, près de^Kirchbeim. .
Marbre jaune d’Ittenhausen, près de Zwiefalten. . .
Oolite jurassique deBaimerstetten, près d’Ulm. . .
Calcaire jurassique lithographique de Kolbingen.
Calcaire tertiaire lacustre de Dietingen , près d’Ulm Tuf calcaire de Geisslingen.
Tuf calcaire d’Unterturkheim .
8687 liv,
6663 liv,
600ài0001.
Densité.
Usages,
Moellons et payés, Constructions intérieures Payés f
Constructions,
Payés, constructions.
Constructions intérieures
[ Monuments , constructions de luxe et décorations.
Moellons, dallages.
Tables, dallages, plaques polies.
Moellons,
Diverses constructions.
Idem.
Les dalles de T oolite de Baimerstetten et de la pierre lithographique de Kolbingen ont 1 à 3 pouces d’épaisseur. Elles se vendent au prix de 9 fr. le pied carré lorsqu’elles sont brutes , et au prix de 42 fr. lorsqu’elles sont polies.
Le tuf calcaire du Wurtemberg est brunâtre , à structure cariée. Au moment où il sort de la carrière , il est trèstendre , et il se laisse même débiter facilement à la scie ordinaire ; mais il durcit par l’exposition à l’air. Il est trèsrecherché pour la construction des voûtes , des tunnels de chemins de fer, pour les clochers et pour les fortifications.
Il ressemble complètement au tuf de la Franche-Comté , et c’est comme lui un dépôt récent, formé par des eaux chargées de carbonate de chaux.
AUTRICHE
Société industrielle de Bergame (n° 120). — La Société
PIERRES CALCAIRES
industrielle a présenté une collection des pierres calcaires de Ber game qui sont employées dans les constructions :
Calcaire pénéen de Cene.
Dolomie triasique du val Camonica ; elle sert à faire de la chaux hydraulique et à peindre les maisons en blanc.
Dolomie jurassique du val Seriana, employée pour chaux hydraulique.
Lias d’Albino.
Calcaire jurassique de Gavarno.
Maiolica , calcaire blanc compacte du terrain jurassique supérieur, de Zandobbio. Il peut contenir des lits de silex.
Tuf d’Albino et de Villadadda , provenant de dépôts récents ; il est gris brunâtre caverneux , très-léger et semblable à celui qu’on trouve dans les terrains jurassiques de la Franche-Comté et du Wurtemberg.
Ceppo tuffacé de Lovere ; c’est un conglomérat de tuf formé par des alluvions. Il se laisse tailler facilement et il durcit à l’air.
Crespone de Pianico ; c’est un conglomérat argileux et tuffacé appartenant au terrain diluvien.
M. Grossleth (n° 5866). — M. Grossleth a exposé des tuyaux de conduite en pierre calcaire . Ces tuyaux sont semblables à ceux exécutés en France par M. Champonnois , et ils ont été faits par une machine dont l’invention est due à M. Kramer, de Prague. Aucun renseignement n’a pu nous être donné sur cette machine , qui a été brevetée en Autriche.
TOSCANE
M. Carpi (n° 15). - — Les pierres calcaires sont quelquefois employées comme pierres meulières. Ainsi, une petite meule en alberèse avait été exposée par M. Carpi. Cet alberèse provenait de la Ripa, à l’est du Monte Ferrato. Il était gris jaunâtre et très-compacte. Nous avons constaté par un essai que sa composition ne diffère pas de celle de F alberèse ordinaire ; car quand on le dissout dans un acide, il laisse un
PIERRES CALCAIRES
résidu argileux qui est seulement de 13 p. 0/q. Ce n’est donc pas un calcaire siliceux , comme on aurait pu le croire d’après son emploi pour pierre meulière.
Les roches des îles Pizan , qui servent aux Arabes de l’Algérie à faire de petits moulins à bras, sont des calcaires qui contiennent une grande quantité de grains quartzeux , et qui passent même au grès.
Institut technique (n° 2). — La panchina est un travertin déposé sous la mer, qui forme l’un des matériaux de construction les plus importants de la Toscane. Elle constitue le sous-sol de la plaine de Livourne. Elle se taille habituellement en moellons réguliers qu’on nomme leghe,e t qui ont 0m,39de hauteur, 0m,35 de largeur, 0m,30 d’épaisseur.
Le travertin , proprement dit , s’emploie beaucoup dans les environs de Sienne et de Yolterra.
ROYAUME-UNI
Institut philosophique de Bristol (n° 6). — L’Institut philosophique de Bristol a exposé une collection de pierres de construction des environs de Bristol. Cette collection, qui figurait déjà à l’Exposition de Londres, comprend différentes pierres calcaires appartenant au calcaire magnésien (terrain permien) , au lias , au terrain j urassique.
CANADA
Compagnie du Grand-Tronc (n° 229). — La Compagnie du Grand-Tronc (Grand-Trunk Company) a envoyé un calcaire exploité à Pointe-Claire , près de Montréal , au Canada. Ce calcaire est noir, bien compacte et bien résistant. Il prend un peu le poli et il donne un marbre de qualité inférieure. Il se trouve au-dessus du calcaire de Chasy, à Bird’s Eye. Il est employé en ce moment à la construction du pont-tube Victoria , qui n’aura pas moins de 2,700 mètres de long ; ce pont est exécuté par le Grand-Trunk Bailway Company, sous la direction de l’ingénieur Stephenson , et il est destiné à traverser le Saint-Laurent , près de Montréal.
PIERRES CALCAIRES
MMî Hutchison et Moiusoft (n° 23â). — MM. Hutchison et Morison avaient exposé un bloc de calcaire appartenant au calcaire de Trenton du silurien inférieur. Ce calcaire est noir et compacte; il peut recevoir le poli et s’employer comme marbre. On l’exploite dans un grand nombre de carrières près de la ville de Montréal ; qui eh est presque entièrement construite. Depuis sept années , les carrières de MM. Hutchison et Morison emploient de 100 à 150 ouvriers. Les bancs exploités ont 3 mètres d’épaisseur. Un bloc ayant 1 pied superficiel et 8 pouces d’épaisseur, se Vend 0f,à0 dans la carrière. Dans la ville de Montréal $ qui est à 3/Zi de mille , le pied cube taillé revient à 1 fr’; 50 ou à 2 fr. 50 pour les blocs ayant moins de 50 pieds; Les prix s’élèvent jusqu’à 5 fr. pour des blocs de 100 pieds cubes.