TORRENTS LES GLACIERS EN HIVER
Streckoisen et Watson montent sur le glacier et visitent l'Abschwung et le Pavillon de l’Aar, qu'ils trouvent en parfait état.
Au retour, le soir, l’ami Besor me dit : « Papa Bollfues, mon brave « ami (Alter Schwede) du Pavillon au glacier nous avons fait une glis- «sade sur neige (un Rutsch) fabuleuse, 100 mètres de hauteur sur a plan incliné de neige, parcourus en moins d’une minute. Tout est «blanc, à l'exception des roches extrêmes du Finster-Aarhorn, qui « sont toujours (aaber) découvertes, sans manteau de neige. Ce géant « de hautes régions n'a pas volé son nom de Finster (obscur, noir). »
Dès que notre installation dans une hutte était terminée, les guides ont ouvert, sous ma direction, une tranchée dans la neige tassée en aval de la route du glacier, et on est arrivé sans peine au sol. II était légèrement humide, et il y avait un faible suintement d’eau trèsclaire à travers les galets et le sable. Cette eau était très-probablement de l’eau de source. — La neige non ventée qui couvrait le sol uniformément, avait la même hauteur sur le glacier et sur le sol, comme à la perche au Grimsel, 1",60. — Dans diverses parties de la pente terminale nous avons fait des coupures dans la neige de surface à sol, et nulle part nous n'avons trouvé d’eau.
Jaun, guide-chef, qui a passé l’hiver 1846 au Grimsel, pour faire les observations météorologiques, se rendait deux fois par mois sur le glacier jusqu'à l’Abschwung pour observer la marche progressive à diverses stations. Sur l'écoulement des eaux il a fourni en été, dans la même année, au Pavillon de l’Aar, pendant que j'y étais en station, les renseignements suivants :
« Dans le mois d'octobre, le torrent qui sort par la voûte du glacier « de l’Aar diminue sensiblement de volume de décade en décade ; il « finit par arriver à faible ruisseau, et par suite de froids et de chutes « de neige, il tarit complètement ; il ne sort généralement plus un « atôme d’eau du glacier inférieur de l’Aar, ni de celui de l’Ober-Aar «en décembre. L'époque est variable, suivant les circonstances mé- « téorologiques, mais jamais je n'ai vu sortir de l’eau en décembre.
« Je n'ai pas vu sortir de l’eau en janvier, février et mars, c'est en « avril que commence l'écoulement de l’eau sur las urface et les parois « de roches qui l’encadrent. Cette eau ne pénètre pas dans le glacier: « elle coule à la surface jusqu'à pente terminale et tombe en ruisseaux « nombreux sur le talus terminal. Il a ajouté : J’ai vu sur le glacier, en « avril, de vrais torrents, et non des ruisseaux, couler sur la surface « du glacier, entraînant de la neige et des pierres. Quelques jours plus
« tard, suivant les circonstances atmosphériques, l’eau s’infiltre dans « le glacier, et elle sort dessous le glacier soit à l'emplacement de la « voûte de l’année antérieure, ou bien elle se fraie un nouveau pas- «sage. Sur la pente terminale on voit encore couler de l’eau pendant « quelques temps, puis tout devient classique , tel que vous voyez le « glacier en été. Quant à la neige qui le couvre, la disparition totale « par la fonte est très-variable depuis le Pavillon jusqu’à Abschwung «et dans la partie supérieure.i » |
A la nuit.tombante, l'expédition est rentrée au Grimsel, et le 13 après-midi nous nous sommes remis en marche pour rentrer dans la civilisation.
DA. 9. De Grindelwald au glacier supérieur de Grindelwald, en mars 1862.
Grindelwald, 9 mars 1862.
D’Interlacken à Grindelwald la route est partout dégarnie de neiges, et ce n’est qu’à la montée au village et environs que le sol est couvert de taches partielles. Le maître-d'hôtel et les guides de la localité nous disent que l’on ne se souvient pas-d’avoir vu.au mois de mars le sol dégarni de neiges comme cette annég ; qu'ordmairement à cette époque une couche uniforme de 1 mètre de hauteur et plus couvre le terrain.
DA. 10. Sol à diverses profondeurs.
Dans la propriété du maitre-d’hôtel de l’Aigle (jardin au Sud, en regard du glacier), terrain cultivé en pommes de terre l’année passée : terre noire (schiste décomposé) légèrement en pente, couverte de 0,40 hauteur de neige tassée granue. Cette neige a été enlevée facilement sur une hauteur de 0",35; les 0®,08 du bas étaient du nevé imbibé d’eau gelée, compact et adhérent au sol : on l’a enlevé.
. Températures.
0,06 Profondeur, gelé b ee eh + + + + 'e « 0,2 .
0,10 ee NN NE MTENe DA —0,2 0,15 — Dr othes Le l0
0,20 — = sat Sasata) =
0,25 ‘ — ee Nr mana TO E 0,90 + dégelé.. . . ..., , ... #02 +.
0,50 UD De 0,4
1,00 — Se Jrad elle = 1,50 — A ac C2 2,00 gros matériaux . . . es 3,6
* Voy. les articles Ablalion, Neiges, Nevés, etc.
Grindelwald.
Glacier inlerieer de Grindelwald. |
Ea hiver il ne sort pas d’eau de glacierinforieur de Grindelwald.
Glacier supérieur de Grindelwald.
Observation faite à midi par ciel complétement clair. — Air calme. — Thermomètre tourné en fronde, à l'ombre 7°,1, au soleil 9°,1... Humidité relative 60. Mème localité et même terrain à 20" de distance ou la neige a disparu depuis plusieurs jours.
0=,03 Profondeur . . . . . . . . . . . .. 20,5 DD JET Css des ssh 5,0 |
DA. 11. Glacier inférieur de Grindelwald (1000 alt.).
Le glacier, dans sa partie inférieure, est généralement couvert d’une couche de neige grenue (nevé) de quelques décimètres d'épaisseur, dont une partie se fond dans la journée, et dont l’eau coule à la surface de la pente. En parcourant le glacier, on voit des parties de ce nevé imbibé d’eau gelée et adhérentes à la surface; on voit aussi des flaques de glace d’eau gelée et adhérentes au glacier. — Le glacier n'absorbe pas d’eau de surface, ses fissures capillaires ne sont pas ouvertes, et du liquide coloré versé dans un trou de sonde conserve son niveau et ne s’infiltre pas.
Un faible filet d’eau provenant de la surface coule en aval du glacier. La voûte du glacier est complètement fermée par de la glace d’eau. — En aval du glacier, nous voyons sur le sol de la glace d'eau et du nevé imbibé gelé, et sous ces couvertures le sol est gelé. — Les gens qui habitent les chalets à très-peu de distance du glacier, disent que pendant l'hiver il ne sortait pas d’eau du glacier.
DA. 12. Glacier supérieur de Grindelwald (1280" alt.).
Le 9 mars 1862 j'ai pris gîte au Chalet Bohren, à une distance trèsrapprochée de la pente terminale du glacier supérieur du Grindelwald.
Le glacier, dans sa partie inférieure (1280® alt.), est généralement couvert d’une couche de neige grenue (nevëé) de plusieurs décimètres d'épaisseur, dont une partie se fond dans la journée, et dont l’eau coule à la surface de la pente. — Les circonstances météorologiques étaient des plus favorables : zéuith complètement découvert, air calme, soleil splendide; — à 3 h. soir, température de l'air à l'ombre 7°,8: au soleil, thermomètre tourné en fronde 9°,5; humidité relative 47. — En parcourant le glacier, on voit des parties de nevés imbibées d'eau “elée et adhérente à la surface; on voit aussi des taches de glace d'eau et adhérentes au glacier. Le glacier n'absorbe pas d'eau de surfacr. ses fissures capillaires ne sont pas ouvertes, el du liquide coloré versé dans un frou de sonde conserve son niveau et ne s'infiltre pas.
* Vos. pour plus de détails T. V, f" partie, p. 270 et suiv.
Un faible filet d’eau provenant de la fonte de la surface coule en aval du glacier. — La voûte du glacier est complétement et totaleruent fermée par de la glace d’eau, et il n’en sort pas un atôme d’eau. En aval du glacier nous voyons sur le sol de la glace d'eau et du nevé imbibé gelé, et sous ces couvertures le sol est gelé.
Ces observations nous sont confirmées par le fils Bohren, qui habite pendant l’été un chalet à proximité du glacier, et se rend souvent à la pente terminale en hiver; il nous dit qu’en automne, fin octobre, le volume d’eau qui sort du glacier diminue sensiblement; que, par suite des froids et des chutes de neige en novembre, il ne sort plus qu’un petit ruisseau, qui va en diminuant et finit par tarir complètement en décembre. Cette absence d’eau d'écoulement a lieu toutes les années à des époques variant suivant les circonstances atmosphériques. Pendant l'hiver (décembre, janvier, février) il ne sort pas une goutte d'eau du glacier proprement dit, et c'est ordinairement au mois d’avril que l'eau sort du glacier en faible quantité, dont le volume augmente peu à peu, et il ajoute : Par suite d’un vent chaud (le Fœhn, SE) ou de pluie chaude, la neige se fond partiellement, même en hiver, et alors il y a écoulement d’eau; mais elle ne sort pas par la voûte du glacier; elle coule sur le glacier et sur la pente terminale, mais dès que le froid se fait sentir tout écoulement cesse.
Cette observation de Bohren est aujourd'hui en mars, qui est encore l'hiver pour cette localité, parfaitement confirmée. Le glacier est couvert de neige, changée en assez gros grains (nevé), généralement de 0",40 à 0®,50 hauteur. Sur la pente terminale, nous voyons couler des filets d’eau de fonte dans la journée. Le lendemain matin tout écoulement avait cessé par suite du froid, et surtout par rayonnement nocturne, calme plat et zénith d’une grande clarté.
J'ai dit que l’eau de fusion de neiges coule à la surface du glacier, parce que les fissures capillaires sont fermées. — Il était important de vérifier le fait.
Le 10 mars, avant le lever du soleil, j’ai fait enlever le nevé qui couvre le glacier à un emplacement où il n'avait que 0",10 d'épaisseur. La veille ce nevé était mouillé; ce matin, par suite du froid et du rayonnement nocturne, il était compacte, aggloméré, gelé. La boule du thermomètre à 30 de profondeur dans ce nevé disait —1°,5. On a détaché de la surface du glacier un bloc de glace qu'on a transporté au chalet. Dans un grand baquet en bois rempli d'eau que l'on à refroidie à 0, on a ajouté du carmin d’indigo en pâte. Dans
Températures dn so!
» diverses profondeurs eu aval du glacier supérieur de Griadelmald.
cette eau on a immergé le bloc de glace, que l'on a retiré au bout de dix minutes. Avec de l'eau claire et limpide à 0°, on a lavé le bloc et il avait alors la même apparence comme avant l'immersion: puis il a été placé à l'ombre sous un hangar, et au bout de quelque temps il était complétement dégelé et humide, mouillé aux parois et légèrement disloqué extérieurement. — On l'a immergé de nouveau dan: le baquet d'eau bleue que l’on avait refroidie à zéro; on l’a tourne dans tous les sens; retiré un quart d'heure plus tard et lavé à l'eau claire, il était comme marbré dans l’intérieur; l’eau bleue avait pénétré dans les fissures capillaires ouvertes. Ce bloc a alors été placé sur une planchette en bois en plein soleil. Peu à peu ils'est désagrégé. disloqué et séparé en une multitude de fragments polyèdres, tel que le fait toujours la glace de glaciers à l’air chaud exposée aux rayons solaire.
Une autre preuve que les pores et fissures du glacier étaient fermés à une assez grande profondeur depuis la surface, est l'expérience suivante : On a foré avec le perçoir de glace un trou de 0®,50 de profondeur et 0®,10 de diamètre dans la glace du glacier au-dessus de la galerie ouverte que Bohren avait faite l'été passé. Ce trou a été rempli d’eau colorée par une décoction de bois de campêche à laquelle on a ajouté du chromate de potasse. Ce liquide noir ne s’est nullement infiltré dans le glacier; son niveau est resté fixe et le lendemain matin une pellicule de glace le couvrait. — Ces deux observations citées sont une preuve non douteuse qu’en mars le glacier, dans la partie supérieure, n’absorbe pas d’eau, et que l'eau de fusion coule sur la surface et ne s'infiltrait pas dans le glacier.
DA. 13. 1846. Mars 10. Température du sol à l'Est du chalet Bohren (glacier supérieur de Grindelwald).
6 m. Température de l'air —1°,0. Les rayons solaires n'éclairent pas encore la localité. :
Minima de nuit abrité —2°,1.
Nevé sur planchette plein air —4°,1.
Nevé sous le hangar (abrité du rayonnement nocturne) —?,1.
Zénith totalement clair, air calme.
À l'Est du chalet Bohren, trou dans un terrain cultivé eu pommes de terre l’année passée, dégarni de neige depuis plusieurs jours.
Températures.
0",30 profond. Ce terrain est une moraine. . | Sol gelé 0,10 — Sable fin. Galets . . . . . . id.
0,20 — — nes nue id.
0,30 — Parcelles de roches . . . . id.
A 2°,25 1,580 — Gros matériaux . . . . . . . 2,00
A 6 h. matin, j'ai placé sur une table en plein air, au Sud du chalet, dans un verger, du sable de schiste noir et un verre à boire rempli d’eau ;
A 1 h. soir. Sable. . . . . . . . . . . .. 31°,5 — — Eau du verre. . . . . . . .. 19,5 Ad: Sables: si 21,0 — — Eau du verre. . . . . . . .. 15,8
Circonstances atmosphériques. — A 1 h. soir, totalement clair. Soleil. Air calme. Thermomètre tourné en fronde à l'ombre 9°,0, au soleil 10°,5. Point de rosée —6°,0. Humidité relative 31. 8 h. soir, totalement clair. Soleil. Air calme. A l’ombre 7°,0, au soleil 9°,5. Point de rosée —4°,0. Humidité relative 45.
Depuis le matin, temps magnifique, soleil splendide, aucun nuage, zénith outremer, calme plat. De midi à 3 heures, on voyait à l'œil nu, mais surtout avec la lunette acromatique, des parois de roches mouillées à une très-grande hauteur jusqu’à 2600" et plus. Cette eau provenait de fontes de matières gelées des parties supérieures, mais ne formait pas de filets d’eau assez développés pour atteindre les basses altitudes. Le lendemain matin ces parois mouillées étaient gelées (de glace d'eau).
Les guides, et surtout-les chasseurs de chamois appellent ces surfaces Eis-Schilder (parois gelées). Lorsqu'il tombe de la neige fraîche sur ces surfaces gelées, elle quitte quand on marche dessus et entraîne le chasseur dans les précipices. — De toutes les avalanches partielles ce sont les plus dangereuses; en hautes régions elles peuvent se produire dans toutes les saisons, non-seulement sur roche en place, mais souvent ces Eis-Schilder se forment sur le nevé tassé et sur le glacier.
Dans les hauteurs à l’Est une grande partie des roches est dégarnie de neige (ce sont des localités où elle est enlevée par le vent); un des guides, en dirigeant la lunette acromatique sur ces emplacements, a reconnu plusieurs chamois en pâturage, que chacun a pu contempler à tour de rôle. Peter Bohren, l’intrépide chasseur, dit: « Si je n'avais « promis et juré à ma femme que je renonce décidément à la chasse, « certes, demain je leur aurais fait une visite; » et il ajouta : « Le
« métier de guide d’ascension a ses dangers, sans aucun doute ; mais a il a tellement d'’attraits pour moi que je veux continuer jusqu'à ex- « tinction de forces et ne pas risquer ma vie pour une peau de cha- « MOIS. »
La voûte du glacier est, comme celle du glacier inférieur, fermée par de la glace d’eau entremélée de neige imbibée d'eau gelée. L'explication de cette fermeture est facile à donner, d'autant plus que nous avons été à même d'observer la nature sur le fait. Dans la journée, par suite de la température élevée de l’air et un soleil ardent, les neiges grenues (nevés) qui couvrent le glacier se fondant, l’eau de fusion coulant sur la surface du glacier (tel que nous l’avons mentionné), par la disposition locale arrivait à la pente termirale, principalement à l'emplacement de la voûte du glacier, non-seulement l'eau, mais des parcelles de neiges ; pendant la journée elle coulait à l’état liquide, mais le soir et la nuit l’eau et la neige imbibée d’eau restées en place se gelaïient fortement et augmentaient le volume de matières gelées qui, par les mêmes circonstances produites antérieurement, avaient bouché l'ouverture. — Sur le glacier, il y avait dan: certains emplacements, comme à la voûte, de la neïge imbibée d’eau gelée et de la glace d'eau, les deux adhérentes, solidement soudées à la surface du glacier. Mais cet ajoutage de matières gelées est partiel seulement, par flaques de peu d'’étendue et d'une faible épaisseur.
En visitant soigneusement la pente terminale sur toute la largeur du front qu’elle présente, nous n'avons reconnu que de simples filets d'eau qui coulaient sur les parois de la pente, et qui, réunis sur le sol en aval, formaient un ruisseau extrémement faible pendant la journée. Le matin tout était à sec partout : pas un atome d’eau à l’état liquide nulle part. — La galerie que Bohren avaït faite pendant l'été dans la pente terminale, comme curiosité pour les touristes, avait un faible longueur, et, att milieu le jour y péhétrait par suite d’ablation de la surface du glacier en atrière-saison. Aux parois de la galerie et sur je plancher de la glace d'eau gelée de peu d'épaisseur. Les parois étaient humides , rnaïs l'eau n’en découlait pàs.
Comme l’eau ne s'écoulait pas du glacier;"nous pouvions pénétrer facilement sous le glatier, méme'à plusieurs emplacements. — Nous sommes entrés dans une de ces groites que‘nous avéns exAminées fort à notre aise. Des parois dé glace Îl né tombait pas d'eau, ‘pas une seulé goutte, ‘et le sol était à sec partout." Cbtte 'éxcävatibn entre le glacier et le sol avait 20% de longueur, 10% de largeur et 2» de hau-
teur au maximum, d’une forme irrégulière. Dans cette grotte, à un emplacement où le glacier touchait roche en place, nous avons fait hier soir, 9 mars, une coupure avec la hache et reconnu une couche de 20"" d’épaissetr de sable fin (de boue de glacier), entre la glace et la roche. Ce sable était humide et nullement adhérent, ni au glacier, ni à la roche. Ces matières enlevées, nous avons vu la roche calcaire en contact fraîchement polie et striée; c'était prendre l’auteur du polissage sur le fait. — Profitant des circonstances favorables, nous avons fait une entaille dans la glace, nous y avons placé un bois horizontalement fixé sur une certainé longueur, et suspendu un fil à plomb dont la pointe correspondait verticalement à un trait buriné sur là roche. Cette disposition devait nous servir pour observer la marche (progression) du glacier à sa base. C'était le 9 mars, 5 heures du soir, que cette orgauisation a été faite.
Température dans la vote . . 1°.8.
Air au dehors à l'ombre . . . 5,2.
DA. 14. Progression du glacier supérieur de Grindelwald à sa base.
MILLIMET. | PAR HEURF.| DIURNE.
1862 mars organisé O== o== un 3,5 0,269 6,46 — — 3,0 0,272 6,52 — — 32,5 0,271 6,50
L'observation du 15 a été faite à notre retour du Faulhorn par le
Progression du glacier supérieur de Grin delwald.
guide-chef Blaiter. Je luï avais remis un compas et une mesure mar-
quée distinctement par millimètres, avec l'instruction de mesurer avec le compas la distance totale depuis la marque sur la roche (marque qui avait été faite Le 9 mars, à 5 heures soir) jusqu’à la verticale du fil à plomb, et de tracer cette ouverture du compas sur la mesure millimétrique. Cette distance était de 0,390" juste. — L'organisation primitive était intacte. Pas d'eau dans la caverne souterraine, on pouvait observer fort à l'aise.
La marche totale, depuis le 9 mars, 5 heures soir, jusqu'au 15, 5 beures soir, a été de 39 millimètres — 67,5 diurne — qui correspondent aux observations du 9 au 10. Si ce mouvement était uniforme toute l’année, la progression ne serait que de 2,372 dans cet emplacement, qui est rapproché de La rive gauche. — Si l'observa-