‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 2)Chapitre 146 sur 261 · DE GRINDELWALD AU FAULHORN · texte numérisé non relu

DE GRINDELWALD AU FAULHORN

tion eût été faite au milieu des deux rives où le mouvement est le plus accéléré, l'avancement eût été beaucoup plus grand.

Cette observation locale, je la cite comme renseignement. Les chiffres sont exacts : la marche a été régulière à la base en contact avec le sol, de jour, de nuit et pendant les six jours d'observations.

DA. 15. De Grindehvald au Faulhorn et glacier du Faulhorn (en mars 1862.1

Transcription sommaire des observations faites.

Lauvine-Alp, 1400" alt. approximativement. — Température du sol sous la neige à diverses profondeurs. — Température du sol gazonné dégarni de neige depuis plusieurs jours.

Bach-Aip, 1998® alt. Le sol est couvert uniformément de 1",20 hauteur de neige: — Température de la neige et du sol à diverses profondeurs. — En été le ruisseau qui passe dans la localité est assez volumineux; nous avons enlevé la neige qui couvre le lit, et tout est complétement sec.

Bach-See, 2276" alt.

Résumé des observations du lac.

Hauteur de la neige tassée 1%. — Directement au-dessous : conglomérat de neige imbibée, gelée, compacte, de 0",80 épaisseur. — Au-dessous, eau à l'état liquide (à 0°,0) de 0,05 de hauteur, surgit, s'élève à travers le trou de sonde et se répand sur la surface à plusieurs centimètres de hauteur. — Puis glace d'eau compacte de 0",45 épaisseur. — Profondeur de l’eau de surface de glace jusqu'au sol (soit profondeur du lac) 10",30.

Le Hit du ruisseau de sortie est complétement à sec.

Conjectures sur la formation de ces couches diverses qui couvrent Le lar.

Faulhorn. Installation.

DA. 16. Aspect du cône terminal du Fawhorn.

Glacier du Faulhorn.... C’est surtout par l'étude de ce petit glacier que je suis arrivé à être assez osé pour établir la théorie suivante :

Les neiges qui couvrent les glaciers sont temporaires, plus ou moins persistantes à loutes les altitudes sans aucune exception. Ces neiges, par de certaines circonstances météorologiques?, peuvent se changer partiellement ou en totalité suivant les altitudes en nevé (neige grenue), mais elles ne à changent pas en glace de glacier pour s'ajouter à la surface du glacier qui

DA. ! Voy. les détails, T. V, 1" partie, p. 550 et suiv. DA, : Circonstances expliquées dans un autre chapitre du T. V, Il® partie.

les supporte. Par leur fusion, l’eau de fonte est assimilée par le glacier qui leur sert de base, et cette assimilation de l'eau fait progresser les glaciers à toutes les altitudes.!

Observations.

Tableau des profondeurs, de l'aspect et des températures des matières gelées traversées par la tranchée dans la neige.

Depuis la surface de la neige jusqu’à surface du glacier, 5",45. — De surface de glace du glacier au sol, 1®,15. — Total, 6,60. (Épaisseur du glacier 1",15.)

Densité de la neige. À 4" profondeur, 0,450 ; l’eau — 1000.2

DA. 17. Eau sortant par la voûte du glacier inférieur de l’Aar (du 9 au 26 août 1844.)3 1

10 Août 1844. A cent pas en aval de la voûte du glacier inférieur de l’Aar (Unter-Aargletscher), le torrent est encaissé dans du gravier et coule avec impétuosité sur une largeur approximative de 12 mètres. La longueur de cet encaissement régulier est de 60 à 70 mètres. Ces circonstances sont très - favorables pour le jaugeage de la quantité d’eau qui s'écoule dans un temps déterminé. — La seule difficulté qui se présente , ce sont les sections de profondeur. — On sonde avec une forte perche, et on trouve l'eau au bord de {" de hauteur. — Les guides déclarent que le torrent est trop rapide et trop profond, et prétendent qu'un homme tel vigoureux qu'il soit, chargé même de 100 kilogrammes en poids, serait infailliblement entraîné par le courant. — Une forte pièce de bois, de 15 mètres de longueur, placée en travers du torrent et portant sur les deux rives, ferait l'affaire sans aucun doute; mais ce bois, où le prendre! — Spontanément, le guide-chef, Hans Jaun, dit : «Je sais ce qu'il faut faire pour « mesurer les sections. Aucun de nous ne peut passer le torrent; mais «un cheval chargé s'y promènera; il marchera là-dedans fort à son

DA. : Certes, à toute théorie on peut opposer des observations partielles qui ne la confirment pas. — Dans certaines localités on trouvera du nevé imbibé d’eau à la surface des glaciers , qui, par suite de froids, en arrière-saison surtout, sont convertis en conglomérat gelé ; on trouve même de l’eau à l’état de glace, et les deux conglomérats intimement liés adhérents, ajoutés à la surface. — Ce sont des cas exceptionnels et qui, dans l’ensemble de la masse, n’exercent aucune influence, exception dont on peut parfaitement ne pas tenir compte. C’est comme les taches de neiges partielles qui persistent sur le sol à de certaines altitudes en été et qui sont très-insignifiantes.

DA. : Voy. Densité de la neige au Grimsel, de surface à sol. 20 en 20 centimetres, T. V, I'< partie, p. 506. — Densité de 2,10 à 3°,60 invariahles 0,491 ‘mars 1855.

DA. » Vos. T. Ier, Ie" partie, p. 270 et suiv. en

Eau sortant de ls Toêle du glacier inférieur de l'Aar.

Section du Jit du torrent. |

Section du lit du torrent de l’Aarboden.

«aise, ets'arrêtera au commandement. Les Valaisans disent : Jamais « cheval n’a péri dans un torrent des Alpes.»

A quelques pas de nous se trouve en pâturage la jument alesane du maître-d’hôtel du Grimsel. « Que l’un de vous se mette sur le dos « de la bête el qu'elle passe le torrent.» — « Non pas, non pas, le tor- « rent l'entraîne si elle passe à vide; nous nous mettrons dessus à « deux, » dit un des domestiques du Grimsel.

Deux individus se mettent à cheval. Hü/ simple stimulant de voix et la bête aborde franchement la question. Le passage du torrent se fait parfaitement sans licol, ni fer dans la bouche. La main droite du premier cavalier, avancée du côté droit, touchant légèrement l'encolure, veut dire: direction à gauche. Ce geste est parfaitement compris; l'opposé est l'avertissement pour aller à droite. La manœuvre se fait avec la précaution essentielle de marcher contre le courant ; la direction opposée ferait immédiatement chavirer l’embarcation. — Le second cavalier est muni d'une perche marquée au centimètre qui permet de noter les différentes hauteurs de l’eau. Le 17 août, l’eau avait baissé de 0°,30. Un homme fort et de grande taille, chargé de 50 kilogrammes de pierres, pour ne pas être entraîné, a parcouru le torrent. Les mesures de section, comparées à celles faites à cheval. différaient fort peu.

DA. 18. Sections du lit du torrent dans l'Aarboden (17 août 1814).

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