QUI LES COUVRENT
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LA. |. Antroduetton. Plusieurs causes concourent à alimenter le magasin d'eau qui se trouve dans l'intérieur des glaciers. Ce sont l'ablation, les pluies et la condensation 2. —— La première de ces causes est à beaucoup près la plus efficace.
Quand on visite en automneun glacier (DA. dent le surfaec est débarrassée de neiges ou‘nevés) qu'on avait observé'au printemps, on le trouve toujours considérablement plus abaissé. Une couche de glace a dispäru par la fonte (DA. M. A... ajoute et par évapération. Cette évaporation est plus que contrebalancée par la condensation de l'humidité dé l'air). C’est cette disparition de la couche uen ne j'ai dan sous le rom d'ablation du glacier. -
Jusque dans ces dernières années on ne possédait que des données très-vagues sur l’ablation. On savait bien qu’une couche de glace était enlevée tous les étés de la surface des glaciers, mais on ignorait complétement quelle était son épaisseur. Les montagnards gue j'ai consultés autrefois sur cette question pensaient bien qu'une portion notable des glaciers devait être absorbée (mangée) par la chaleur.
* DA. Les paragraphes LA. sont extraits de : Nouvelles éludes sur les glaciers actuels, leur structure, leur progression et leur action physique sur le sol par x. Agassis. Avec atlas de 3 cartes et 9 planches. 1 vol in-8°, 598 pages. Victor Masson. a Paris, 1847. Les paragraphes DA. par Dotlfus-Ansset, ainsi que les annotations en petits caractères.
* DA. L’ablation des neiges et nevés qui les couvrent temporairement et la fonte du glacier découvert.
Introduction.
Premières observations d'ablation 1840.
Glaciers de l’Aar.
Affluent du Finster- Aer.
Ablation du glacier d’Aletsch 1840 , par M. Arnold Escher de 1a Linth.
mais ils ne comprenaient pas que, malgré cela, le glacier se trouvät toutes les années à la même hauteur (DA. Hauteur approximative).
LA. 2. Premières observations d’ablation.
Les premières observations exactes d’ablation de la surface des glaciers découverts remontent à l’année 1840. — En quittant le glacier de l’Aar, après un séjour de huit jours à l'Hôtel des Neuchätelois (DA. Abri sous un bloc monstre, sur moraine médiane), j'avais introduit des perches dans deux trous de sonde situés à côté de mon gîte, sur l’affluent de la Strahleck (glacier du Finster-Aar); l’une des perches avait 62,5, l’autre 3" de longueur, et toutes deux étaient à fleur de glace. En visitant le glacier l’année suivante, le 8 août 1841, je trouvai que mes perches avaient surgi l’une et l’autre de 2,42. La plus courte des deux vacillait dans son trou, qu’elle avait agrandi; l’autre, au contraire, était très-fixe, et pendant notre séjour, qui dura jusqu’au commencement de septembre, elle grandit encore de 1 mètre. C'était, par conséquent (en reportant les 0®,42 sur le mois de septembre), une ablation de 3 mètres, qui avait eu lieu pendant l’espace d’un an, et il se trouvait de plus que l’ablation d'un mois (du mois d'août) avait été égale à la moitié de l’ablation annuelle.!
Cette grande activité de l’ablation en été se trouve confirmée par une expérience que M. Arnolä Escher de la Linth tenta pendant la même année. Il s'était rendu, dans le courant du mois de juin, au glacier d’Aletsch (Valais), emportant une certaine quantité de pieux qu'il avait fait tailler en Valais. Il les avait alignés au travers du glacier et mis en rapport avec les points fixes des rives, de manière à en obtenir la somme du mouvement après un certain temps. Pour ètre bien sûr que ses pieux ne seraient pas renversés, il les avait fixés dans la glace à 1",30 de profondeur; cela n’empêcha pas que, lorsqu'il les visita de nouveau à la mi-août, il les trouva presque tous renversés. Lorsque, quinze jours plus tard, je montai ce même glacier eu me rendant à la Jungfrau (le 28 août), je n’en rencontrai plus qu'un seul debout. Il avait donc suffi de moins de deux mois pour
‘ DA. L’ablation dans cette localité est très-variable, et est en raison des circonstances atmosphériques. Pendant mes nombreux séjours au pavillon de l’Aar, de 1844 à 1861. dans certaines années la surface du glacier, fin août, était encore couverte de nevé pro venant de neiges tombées en hiver, qui protégeaicnt la surface contre toute ablation directe toute !l’année ; dans d’autres années, ces mêmes surfaces étaient à découvert de juillet à fin septembre, dans ces cas l’ablation atteignait jusqu’à 4,50 à 6°.
enlever de la surface du glacier une couche de glace de 1",30 d’épaisseur.
Avant de quitter le glacier de l’Aar, au commencement de septembre 1841, j'avais eu soin de faire des entailles à fleur de glace sur les pieux que j'avais alignés à travers le glacier, près du bloc n° 5. DA. Ce bloc n° 5 est un bloc monstre, protogine, que nous nommons Bloc Hugi. Il se trouvait en 1841 à 1514" en aval du point fixe n° 1, qui est sur roche en place à l’Abschwung.) Au commencement du mois de juillet de l’année suivante (11 juillet 1842) je trouvai l’ablation suivante :
Trois pieux près du trou aux cylindres entre le bloc n° 5 (Bloc Hugi) et l'Hôtel des Neuchâtelois (Bloc n° 2, Bloc Agassiz) avaient surgi de 1",22.
Les pieux de la ligne transversale s'étaient élevés dans les proportions suivantes :
Le premier du Finster-Aar, le plus rapproché de la moraine mé-
ae: de à: 5 dm ve ue D 2,20 Le second au milieu du Finster-Aar. . . . . . . . . . . 1,84 Le troisième plus près de la moraine latérale. . . . . . . 1,46
Le pieu du Lauter-Aar, près de la moraine médiane de. . 1,70
Les chiffres sont inférieurs à ceux de 1841, qui m'avaient donné 2,42; mais il ne faut pas oublier, qu'au moment où ils furent relevés (le 10 juillet), l'année n'était pas révolue; et en effet, un mois plus tard, ils avaient tous surgi de plus d’un mètre; en sorte que la moyenne de l'ablation aux environs de l’Hôtel des Neuchâtelois (Bloc n° 2) se trouvait étre de 3" à 3®,50 par an. Il m'était également démontré par des observations des deux ou trois mois d'été que l’ablation est beaucoup plus efficace que celle de tout le reste de l’année, puisque celle du seul mois d'août (DA. A cette station) était de 1", soit 0®,034 par jour.
Pour que le trou de 42" que j'avais fait forer à grands frais pendant l’été de 1842 (trou B de la carte de l’Atlas, PI ID ne fût pas perdu, je l’employai à l'expérience suivante. Je pris treize cylindres en bois de la longueur de 0",30 et d’un diamètre de 0",07, que je numérotai soigneusement. Je remplis ensuite le trou de gravier, d’espace en espace (tous les 3 mètres); j'y introduisis l’un des cylindres, de manière que le XIII se trouvait à 0,50 au-dessous de la surface du glacier le 5 septembre 1811. Au mois de juillet de l’année suivante, l'emplacement de mes cylindres se reconnaissait à une petite colline de décombres, semblable à une taupinière gigantesque, du milieu de laquelle s'élevait le n° XIIT, indiquant une ablation d’en-
Ablation du glacier de l'Aer. 1841 à 1842.
Station de l'hôtel des Neachatelois.
Bloc n° 2.
Ablation du glacier du Faalhorn, 1841; par Ch. Martins.
viron 1,50. Comme l'emplacement du trou est bien connu et facile à trouver, étant situé à une centaine de mètres de la moraine sur le bras du Finster-Aar, on pourra, au moyen de ce trou, s'assurer, après un certain nombre d'années, si l’ablation annuelle continue à marcher de la même manière. En supposant qu'il en soit ainsi. le cylindre n° Î devra arriver à la surface au bout de 14 ans (à raison de 3" par an). J'ai retiré en 1845 le n° X.
Pendant que je faisais ces observations au glacier de l’Aar, M. Char les Martins me devançait au petit glacier du Faulhorn dans l'observation détaillée de l’ablation. — Au moyen d’un appareil aussi simple qu'ingénieux , il détermina de la manière la plus rigoureuse la quantité de glace qui est enlevée au glacier par l’ablation dans un temps donné. Il démontra en outre qne les pierres ne remontent pas par l'effet de la dilatation, comme j'avais été porté à le croire en me fondant sur le fait de l’imbibition plus considérable de la glace le long des rochers.
Pendant une période de 28 jours (8 août au 5 septembre 1841).
l’ablation totale fut, au glacier du Faulhorn, de. . . . .. 0=,990 Par jour, en moyenne... . . . . . . . . . . . . . . . 0,0357 Moyenne diurne du 25 juillet au 4 septembre . . . . . . 0,037
Par une température moyenne de 4°,61 et une humidité relative de 76 p. 100. — Ce chiffre ne diffère pas sensiblement de celui du glacier de l’Aar. Or, il est à remarquer que les deux stations sont à peu près à la même altitude : Hôtel des Neuchâtelois 2486®, le glacier du Faulhorn 2800%. (DA. Glacier du Faulhorn 2630"; différence d’alt, 256=.\
Voici comment M. Charles Martins a rendu compte de ses expériences, qu'il accompagne de la description de son appareil, dont j'ai donné le dessin réduit dans la PI. IX, fig. 6.
« Le 21 juillet 1841, à 1 heure, je creusai dans le glacier un puits de 0,15 de profondeur. Une pierre fut placée au fond, puis recouverte avec la glace concassée qui avait été retirée du trou. Le 25 juillet à 5 h. soir, ou 66 heures après, la pierre était à nu et à 0,03 seulement au-dessous de la surface du glacier. Cette première expérience ne prouvait absolument rien, sinon le fait de l'apparition assez prompte à la surface des glaciers d'un corps logé dans leur épaisseur.
Pour m'assurer si, en effet, la pierre semontait contre son propre poids, je choisis le 26 juillet, sur les roches voisines, deux points À et B fixes et bien, visibles d'un côté du glacier à l’autre. Cela fait,
dans la direction de la droite A B qui joignait ces deux points, je creusai un puits dans le glacier (a). Il avait 0",26 de profondeur. Une pierre fut logée au fond du trou. Le surface supérieure de cette pierre était à 0®,20 au-dessous de celle du glacier; puis une perche, surmontée d'un voyant et glissant sur un jalon, fut placée sur la pierre. Pendant que M. Bravais visait, j’abaissais ou j'élevais successivement le voyant, jusqu'à ce que son bord supérieur coïncidât avec la ligne A B, qui joignait les deux repères choisis sur les rives du glacier. Pendant l'opération je m’assurai de la verticale de la perche au moyen du fil à plomb. Le trou dans lequel il s'était amassé 0®,05 d'eau provenant de l’intérieur du glacier, fut rempli avec de la glace concassée qui en avait été extraite.
« Le 1* août suivant, la surface supérieure de la pierre (b) était à découvert et à 0,04 au-dessous de la surface du glacier. Mais pour que le bord supérieur du voyant coïncidât avec la ligne A B qui joignait les deux repères, il fallut l’élever au-dessus de la pierre de 0®,02 de plus que dans la première expérience. Ainsi donc, quoique la pierre se trouvât à 0",04 au lieu de 0®,20 au-dessous de la surface du glacier, son niveau absolu avait baissé; puisque, loin de raccourcir la perche pour abaisser le voyant de 0",16, il fallait l'allonger de 0,02. (Le niveau absolu de la pierre n'avait probablement baissé de 0®,02 que par suite de son affaissement dans le trou.) Ainsi donc, c'est le niveau absolu du glacier qui avait baissé de 0",18 en cinq jours (0°,036 diurne). ;
« Le 7 août, la pierre était à la surface du glacier (c), mais pour que le bord supérieur du voyant coïncidât de nouveau avec la ligne droite qui joignait les deux repères, il fallut l'élever de 0",255 plus que la première fois. Ainsi, depuis le 26 juillet, le niveau absolu avait baissé de 0,255 et la surface du glacier de 0",495, abaissement qui suppose une fusion moyenne de 0",0381 de glace par jour.»
L'expérience suivante est encore plus frappante, parce que sa durée embrasse un intervalle de temps plus considérable. — Le 8 août 1841 je creusai dans la glace un puits de 0",70 de profondeur. Il s'était rempli d’eau aux deux tiers par infiltration. La face supérieure de la pierre (d), placée au fond du trou, était à 0",66 au-dessous du voyant, dont le bord supérieur coïncidait avec la ligne A B qui joignait les deux repères. Ayant mesuré directement la hauteur du voyant au-dessus de la surface du glacier, je trouvai 3°,14 au-dessons du voyant, mesure qui s’accordait à 0",01 près avec les précédentes.
Ablation du glacier
de l'Asr à la Hôtel.
station
Le trou fut ensuite rempli de glace comme à l'ordinaire. Le 5 septembre au matin, savoir 28 jours après, la pierre était à la surface du glacier (c) et à 0",014 au-dessous du voyant; son niveau absolu avait donc baissé de 0®,99 ou en moyenne de 0",354 diurne. (4nnas des sciences géologiques, 1842.)'
L'année suivante, je m'appliquai à observer la marche journalière de l'ablation. J'enfonçai, non loin de l’Hôtel des Neuchâtelois, une pierre dans la glace, en ayant soin de la fixer aussi solidement que possible. Une marque taillée dans le pieu indiquait le point qui était à fleur de glace au commencement de l'expérience. Tous les soirs on mesurait la quantité dont cette marque s'était élevée au-dessus de là surface. Les observations furent ainsi continuées pendant neuf jours. Le tableau suivant en contient les cotes en fractions métriques, avec l'indication du ciel en regard. (DA. Les températures et l'état hygrométrique de l'air font défaut dans ce tableau.)
LA. 3. Ablation du glacier de l’Aar à La station Hôtel.
12 au 23 Août 1842. 11 1/, jours (diurne).