‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 2)Chapitre 154 sur 261 · ABLATION · texte numérisé non relu

ABLATION

Diarne.

ÉTAT DU CIEL

0®,0000 | Couvert.

0,1050 | Serein tout le jour.

0,0825 | Parfaitement serein.

0,0750 | Parfaitement serein.

0,0675 | Parfaitement serein.

0,0550 | Serein, couvert après midi.

0,0525 | Couvert.

0,0675 | Partiellement couvert.

0,065 | Pluie partielle.

0,0675 | Pluie.

0,0750 | Pluie abondante la nuit.

0,0900 | Serein tout le jour.

Total. ..... 0,8050 | Circonstances atmosphériques très- Moyenne . . .. 0,0700 favorables pour de fortes abla- Maxima . ... 0,1050 tions.

Minima. . . .. 0,0525

Différence . . . | 0,0525 |

' M. Charles Martins nous dit dans la citation de la dernière experience du juillet au 1° août, qu’il a mesuré la profondeur:au-slessous de la surface où se trouvait la pierre, elle était de 0",20, et avec la perche placée verticalement sur La pierre, on marquait la hauteur entre les deux points fixes. Cette hauteur correspendait à 0.20 de

La moyenne diurne est exactement 0®,070, par conséquent le double de ce qu'elle avait été pendant l'été dernier. Ce résultat n'a rien d'étonnant, quand on considère l'état du ciel pendant cette période. Les premiers jours ont joui d’un ciel parfaitement serein, et quand plus tard est survenu la pluie, la température n’en est pas moins resté à plusieurs degrés au-dessus de zéro ; si bien qu'il a plu et non pas neigé pendant la nuit, ce qui, comme nous verrons plus bas, constitue une différence tonsidérable.

M. Bravais (Nouvelles observations sur Le glacier du Faulhorn, par Charles Martins, Bull. Soc. géol. France, 2° série, T. II, 1845) a trouvé au glacier du Fauflhorn penñdant le mois d'août de la mêmé année (du 11 au 17 août) une ablation moyenne de 0,067, par conséquent à peu près identique avec celle que donne le tableau ci-dessus, et double également de ce qu’elle avait été en 1841. Mais aussi, le chiffre de la température de l'air ambiant, que l’auteur a soin de placer en revard, est bien supérieur : il est de 7°,0 en moyenne, tandis qu'il n'était que de 4°,6 en 1841. — En 1844, au mois de septembre, il y a eu au ‘même glacier du Faulhorr une ablation moyenne de 0",034. chiffre qui coïncide encore de la manière la plus frappante avec la moyenne des observations faites au glacier de l’Aar pendant cette année. M. Forbes à prétendu que le Drocédé employé par M. Escher et par moi devait nécessairement donner lieu à des résultats inexacts, par la raison que l’eau échanffée à ‘la surface étant plus. dense que l’eau à 0°, descend ax fond dir'trou ‘et! y'fond læ glace. En principe, cela paraît assez rationnel !, ét je Conviens que des pieux enfoncés

LD

profondeur au-dessus de surface. ‘la mème que la mesure directe. Le 1°* avût la mème marque de niveau il a fallu l’élever de 0,02 de plus que dams la première expérience. Le niveau absolu de la pierre’ n'était probablement baissé que de 0,02 par la suite de son affaissement dans low! {1 17 "7 "x ! «

Je répondrai à cette remarque, à cause des, 0®,02, que certes la pierre a baissé. non au fond du trou. mais, lorsqu’ elle, ‘s'est gpprochée de la surface. puisqu'une partie était à découvert. Les rayons solaires Pont réchauffé , et la partie sous-jacente s'est fondue. Sans ces circonstances le résultat eût été tout autre ‘et inverse : il eût fallu abaisser le voyant d’une petite quantité ‘sans ‘doute. , mais très- -appréciable. Le petit gacier se trouvant sur un terrain plat ou à très- faible pente, gagne en hauteur par suite de l'élaboration de l’eau en sa propre matière, tel que le font tous les glaciers.

DA: LES: rayon: olaïrts ‘et 'ha'téhaleur- dé l’uir ambiant same pluie chaude mème. peuvent wléver 14 tümphrétuné de. .perebe qui déphsss lentrou! Ge sonde. mais: comme l'espace ‘qui sépare le ''bois de ia rgligce restarés-prtit l'eau qui se tient entre deux. en eontact'avel M glace. st eNe'nééhuwffait- dans :1n particsupérnioure. come:scrhit que par

seulement de quelques décimètres peuvent être sujets à des chances d'erreurs; mais mes pieux étant forés à 3°, n'avaient rien à craiudre de ce côté-là, d'autant plus que la plupart étaient immobiles dans le trou, sans doute par l'effet de la pression résultant du mouvement.

‘DA. Par des circonstances atmosphériques de grands froids suivis de neige, ou de journées ciel couvert et brouillards, l’eau qui sépare le pieu de la glace gèle jusqu'au fond , et le pieu reste tixe dans la profondeur. Les pieux qu'on place dans un trou de sonde ,peu importe la profondeur, sur moraine médiane, et dont la surface de glace est de nouveau couverte de matériaux, restent fixes et gelés dans le glacier. Cette fixité par congélation se fait dans toutes les saisons. Le lendemain du placement de nombreux pieux dans diverses années, les pieux sur moraine médiane à l'altitude du Bloc n° 2 “Hôtel des Neuchâtelois - étaient toujours tous fixés par la gelée. Plus en aval, à des altitüdes plus basses, les pieux sur moraïne ne sont plus gelès en aval de la ligne transversale du Pavillon.

Quant à MM. Bravais et Martins, ils avaient eu soin, comme nous l’avons dit dans la note ci-dessus, de mesurer la distance vertivale de leur pierre à une ligne visuelle invariable.

M. Forbes récuse aussi cette méthode sous le prétexte qu'elle donne un résultat complexe composé tout à la fois de l’ablation et de l'affaissement. S'il s'agissait d’un glacier qui progresse avee une certaine vitesse sur un plan incliné, il est évident que, pour étre rigoureux, il faudrait déduire des chiffres obtenus par cette méthode la valeur de l'inclinaison du sol sur le trajet parcouru par le glacier dans l'intervalle d’une observation à l'autre. (DA. Ii faudrait surtout tenir compte du gonflement, de la progression du glacier en hauteur. Les glaciers progressent en longueur, en largeur, en hauteur, suivant leur masse.) Mais M. Forbes oublie qu'il s'agit ici d'un glacier dont la progression est inappréciable, tant elle est lente , en sorte que la part de l’inclinaison se réduit à zéro. ‘Le terrain qui sert de base au glacier du Faulhorn , dans la partie où les observations ont été faites est à peu de choses près horizontal.) Il en est de même de l'affaissement. En effet, M. Martins ayant mesuré la distance de la ligne a b à la pierre (PI IX, fig. 6) au moment où celle-ci apparaissait à la surface du glacier, et avant qu’elle n’eût le temps de s’enfoncer par l'effet de son échauffement, trouva cette distance la même qu'au commencement de l'expérience, preuve qu'il n’était survenu aucun affaissement dans l'intervalle.

suite de l'agrandissement du trou. et cet echauffement de 0°,1 au 0°.2 au maxmum. n'agirait que sur les bords. et à une profondeur de quelques centimetres elle serait à 0°.0 et le fond du trou de sonde ne subirait aucun changement. C’est tout ce qu'il \ a de plus rationnel

En conséquence, les chitfres obtenus par les expériences de MM. :

Bravais et Martins sont, dans le cas particulier, l'expression pure et

simple de l'ablation, et comme ils concordent en tous points avec

ceux que j'ai obtenus par l'observation directe, c'est à mes yeux une

preuve que ni les uns, ni les autres ne sont entachés des erreurs qu’on

leur a reprochées. Il paraît, au demeurant, que M. Forbes n’envi-

sage pas ses objections comme bien sérieuses, puisque, pour mesurer

laffaissement du glacier, il a employé depuis, comme repère fixe,

un pieu enfoncé dans la glace. (Bibl. unir. 1846, T. II, p. 108.) | LA. 4. Ablation aux différentes stations des glaciers de l’Aar. iblstion du glacier Mes recherches ne devaient pas se borner aux observations ci-des- de lAar à diverses sta -

sus. Il m'importait de connaître aussi la somme de l’ablation sur 2" "7e"

plusieurs points du glacier à la fois, afin de pouvoir apprécier l’in-

fluence des stations, et d'arriver, si possible, à une évaluation de la

quantité d’eau qui est fournie au magasin intérieur par l'ablation.

Des expériences détaillées ont été faites dans les dernères années, et

en particulier pendant la campagne de 1845. (DA. Recherches auxquelles j'ai

pris une large part.) En plantant des pieux destinés à l'observation du

mouvement, j'avais eu soin de les munir de marques à fleur de glace,

en particulier ceux des stations de l'Hôtel (Bloc n° 2), de Brandlamme

et de Bærenritz. Chacune de ces lignes fut relevée plusieurs fois pén-

dant la durée de la campagne, et il en est même une, celle de l’Hôtel,

où les expériences ont été répétées six fois sur une ligne de 22 pieux.

Les tableaux suivants présentent d’une manière synoptique l’ensemble

de toutes les observations.

LA. 5. Ablation à La station Bærenritz.

Ligne transversale en amont de celle du Pavillon.

qe 2

Page 1