DIVAGATION DU RHIN
Strasbourg, n'est bien compréhensible que si le Rhin coulait alors prés de Strasbourg , probablement non loin des collines de Schilligheim , c'est-à-dire près de 4 kilomètres du thalweg actuel ; Tembouchure de TIU devait donc être fort rapprochée de Strasbourg, et probablement se trouvait en amont de cette ville. Le Rhin tortu {krumme Rhein) n'est autre chose qu'un des anciens bras du Rhin qui remonte à l'époque à laquelle le fleuve coulait sur l'emplacement actuel de la ville.
Une modification identique à celle que nous reconnaissons avoir ^^oseu lieu à la hauteur de Strasbourg , pour le Rhin et l'IU, à une époque vaguement connue, s'est faite dans ce siècle même à l'amont de Fort-Louis. Le thalweg du Rhin près de Dalhunden était, en 1808 , à 4000 mètres à l'ouest du thalweg actuel. La Moder se versait alors dans le fleuve à peu de distance de Dalhunden. Mais depuis que le Rhin a reculé son lit vers l'Est, la Moder suit, à partir de son embouchure de 1808, l'ancien lit du Rhin que ce fleuve lui a abandonné, et elle se jette plus bas dans le fleuve, après avoir parcouru , au delà du confluent du commencement de ce siècle, un trajet qui, en ligne droite, est de 9500 mètres, et qui, suivant les sinuosités du thalweg, a à peu près le double. Parmi les changements survenus dans le lit du Rhin pendant ce siècle, il n'y en a peut-être pas de plus considérable que celui qui vient d'être signalé.
Le couvent de Ilonau , situé à 9 kilomètres au nord de Kehl, dont l'emplacement est sur la droite et à 1400 mètres du thalweg actuel, avait tiré son nom de l'ile sur laquelle ce couvent fut établi au commencement du huitième siècle. Un village du même nom, qui vni« iiècie. s'était établi postérieurement dans cette île , fut enlevé par le Rhin au treizième siècle, et bientôt après, le couvent éprouva le même xra. «ède. sort.
L'emplacement où était située la ville romaine de Salelio, aujourd'hui Sellz, a été emporté par ce fleuve.
Au-dessous de Seltz et de Rastatt, le Rhin a divagué dans une olaine comprise entre deux terrasses parfaitement prononcées ; la largeur du bassin du Galgenbuckel , près Seltz et Rastatt, est de 7kiiom^3^ et un peu en amont de Lauterbourg ce même bassin atteint 9 kilomètres.
YI* et IX« liècle.
1652. Près de Daxlanden , non loin de Carlsruhe, le thalweg actuel e>i
à 3 kilomètres du thalweg de 1652.
Les variations que le Rhin a éprouvées entre Spire et Worms, d. sixième au neuvième siècle , ont été décrites avec beaucoup de détails dans un mémoire de m. iHoite^ Pendant une partie dec^^ laps de temps, le thalweg du fleuve était distant du thalweg actu.l de plus de 8 kilomètres vers la droite ; car au huitième siècle et a. commencement du neuvième, il n'était qu'à quelques centaines i^. mètres d'Oggersheim et de Frankenlhal. A une époque plus reculée. le Rhin parait même avoir baigné les collines des environs de Dacstatt, Schauernheim , Furgheim, Lambsheim et Niedesheim: L était alors éloigné d'environ 12 kilomètres de la position qu'il occupe aujourd'hui.
Enfin, d'après TuUa, le Rhin^ depuis l'époque romaine, aurûi: coulé devant Ettlingen , Bruchsal et Durlach , le long des moDta;:r.e5 de ce prolongement de la Forêt-Noire ; cependant je dois ajouter que les raisons données par cet ingénieur distingué à l'appui de sol opinion, dans les préliminaires de son important mémoire sur h rectification du Rhin", ne me paraissent pas concluantes; carrkn ne montre que les vestiges bien positifs de l'ancien lit du Rhin iviii il s'agit, ne soient pas antérieurs aux temps historiques.
Effectivement, des changements beaucoup plus nombreux encon que ceux dont les archives de l'histoire ont consente le souvenir, mais qui cependant ne remontent pas antérieurement à la périuic actuelle, sont indiqués dans la plaine par des sillons qui repr^ sentent d'anciens bras du fleuve. Le gravier qui constitue oettr plaine sur une largeur de 18 à 40 kilomètres, a été remanié, ïJt antérieurement, soit postérieurement aux temps historiques, I:r5 des divagations du fleuve qui ont précédé la concentration de s**^ eaux dans le lit qu'elles occupent aujourd'hui. C'est donc à ji^î^ titre que toute cette plaine a été coloriée comme alluvion moden>: sur la carte géologique de France de aiM. Dufk-énoy et ÉUe 4e Beaiinioiit.
*Badisches Archiv %ur Vaierlandskunde , t. I«r, 1826.
• Ueber die Rectificationen des Wieins, 1825, et un autre travail antérieur snr le ok^k sujet.