DIVAGATION DU RHIN
Les terrains tourbeux qui bordent la basse plaine du Rhin et quelques-unes des rivières voisines , ont commencé à se former depuis que les eaux occupent à peu près leur niveau actuel. Cependant dans les tourbières de Bischwiller, on a trouvé une tête d'aurochs y ce qui paraît annoncer que certains changements sont encore survenus depuis lors dans la population animale du pays.
Toutes les divagations dont il vient d'être question ont eu lieu sans que le niveau général du lit du Rhin ait sensiblement varié; car le terrain tertiaire près de Bâle et le schiste de transition près de Bingen, qui Tun et Tautre se montrent à nu au fond du Rhin, constituent deux repères qui annoncent que le fleuve n'a pas exhaussé son lit dans ces points extrêmes. D'un autre côté, si le lit du Rhin avait été creusé , c'est-à-dire si ce lit avait été seulement de 2 mètres plus élevé à ses eaux moyennes pendant la période romaine, les nombreuses villes de la plaine, telles que Seltz, n'auraient pas été habitables. Ainsi le Rhin, depuis qu'il a à peu près Qxé la forme de son lit dans le sens vertical, a continué à faire des divagations considérables suivant la projection horizontale , et aujourd'hui encore ses excursions seraient bien plus grandes si des travaux d'art n'y mettaient obstacle. Telle est d'ailleurs l'histoire générale des cours d'eau.
Non-seulement le gravier de la plaine pris loin du lit actuel du Rhin ne dépasse pas en grosseur celui que le fleuve roule dans le voisinage, mais il est même à remarquer que dans cet ancien gracier les gros cailloux ne sont ni aussi volumineux ni aussi communs que dans le Rhin ; cette différence tient sans doute à ce que e courant actuel , en raison même de son rétrécissement, est plus *apide que celui qui a présidé à la formation de la plus grande parie de la plaine , ce qui est d'accord avec l'observation faite plus laut sur les anciennes terrasses des environs de Bâle.
Dans toute la plaine dont il s'agit , le sous-sol est formé de gra- Limon ier ; ce gravier est recouvert , sur une épaisseur de l'n,40 à 1«>,50, ^" "«®"'" «*»*~" le limon sableux qui a été apporté par les crues , et qui , minéraogiquement, ressemble au lœss. C'est ce limon qui forme la base le la terre végétale ; de la grande inégalité de sa répartition résulte a principale différence que l'on observe dans les qualités des terres égétales de la basse plaine.
Or du Rhin. A. D. 7. L'oF, SOUS forme de petites paillettes, est dissérain')
dans tout le gravier de la plaine du Rhin, même en dehors du li; actuel; cet or provient sans doute des Alpes où il se trouvait di$s:miné dans des quartzites, et peut-être aussi dans des roches amphi boliques. Après les ilétails que j'ai donnés ailleurs à ce sujet, il u v a pas h'eu de s'en occuper ici*.
Disposition dei alla. Lgg tcrrasscs qui bordent le cours supérieur du Rhin ne soni j^s
▼ions anciennei qui . - . , „ i <, , ... . ,^ ,
bordent les affluenu parUcuhères au fleuve; la plupart des rivières qui y affluent m do Rhin. Jura, de la Forêt-Noire ou des Vosges sont aussi bordées en de-
hors des montagnes, comme dans le haut de leur cours, detdrasses qui se relient à celles du Rhin.
Le long de la Byrse , qui descend de la chaîne du Jura et qui 5^ jette dans le Rhin près de Bâle, les terrasses des environs de ceu dernière ville, au lieu de se composer de débris alpins, sont a j contraire presque entièrement composées de calcaire jurassii]'.ie. comme le gravier que cette rivière charrie encore dans le haut i son cours; un très-petit nombre de fragments de quartzile et i^ schiste amphibolique sont mélangés aux débris calcaires. Si d'ailleurs on remonte la Byrse dans l'intérieur de la chaîne du Jura, lu voit cette rivière bordée aussi de terrasses de calcaire jurassiqu'- A la gravière Saint-Jacques , on trouve vers le bas de gros caill' «i dont le diamètre est moyennement d'un décimètre , mais qui quelquefois atteint 3 décimètres. Au-dessus du gi*os gravier est une couche de 1",50 d'épaisseur, formée de cailloux moindres^ qui es: en moyenne la grosseur d'une noisette.
Superposition du gra. A 800 mètrcs au nord de la gravière précitée, et à 1800 mètre Tier Jurassique au gra- g^viron du Rhiu , OU voit, daus une seconde carrière, la superp>
Tier alpin près de Bèle. ... . . . . , . , . .,
sition du gravier jurassique au gravier alpin; ce dernier, entaji. sur une épaisseur de 4 mètres, renferme des quartzites, du schi^'c talqueux et très-peu de calcaire; certains cailloux atteignent jusqi/^ 3 décimètres de diamètre. Au-dessus repose une couche de caill us de calcaire jurassique jaunâtre , qui sont nettement séparés J^^ précédents; car il ne s'y rencontre qu'accidentelleraenl des galiLalpins.
* Mémoire sur la distribution de l'or dans la plaine du Rhin et sur l'extnciio» Jf -" métal. Annales des mines, 4* série, t. X, p. 3.