DE LYON A LA MER
R. B. 4. Après avoir étudié les terrains alluviens du bassin du ^^^
*■ emUqaetkChiniMry.
Léman , j'ai désiré suivre ces dépôts jusqu'à la mer.
La réunion de la Société géologique de France à Chnmbéry m'a décidé à passer par celte ville; j'ai visité l'un de ses dépôts alluviens, situé à une demi -lieue de la ville , à l'endroit où l'on prend le chemin qui monte au Désert; il a tous les caractères des dépôts que j'ai observés dans le canton de Vaud ; la rivière est à droite en montant , l'alluvion à gauche ; elle est en grande partie formée de débris alpins avec blocs erratiques rayés et polis; une marne rougeâtre, qui paraît provenir des montagnes voisines, constitue la partie supérieure du dépôt.
J'ai regretté de ne pouvoir visiter le dépôt de Sonnaz ; on exploite avec succès une couche de lignite située dans sa partie inférieure; n. l'abbé cnhamoiisset possède un cône de sapin fossile trouvé dans cette locaUté ; il a aussi recueilli quelques coquilles fossiles que M. le professeur Agassis a reconnu appartenir aux genres PlanorbiSy Yalvata^ Truncaiula^ Sticcinea et Lymnea*.
* D. A. Extrait de : Terrain erratique aUuvien du bamn du Léman et de la vallée du Rhâne de Lyon à la mer, par B. BUmehet, broch. in-So, 35 pages. Carte du glacier du Rhôae dans le bassin du Léman pendant la période alluvienne. Lausanne, Georges Bridel, éditew» 1844.
*!■• sceker a aussi trouvé, dans des dépôts de Genève, des Lymnées et des Pkh norbes avec des feuiUeê et faînes de hêtre; ces fossiles sont dans une marne grise. Études géologiques dans les Alpes, vol. 1, p. 488.
DépAU emtiqDe* entre Pont- Chéri et Jtnejriat.
DépôU erratiques k Lyon.
R. B. 2. Sur la route de Chambéry à Lyon , à quelques lieues de cette dernière ville, j'ai retrouvé, entre Ponl-Chéri et Janemai, des collines étagées d'alluvion avec des blocs erratiques angul^-ui d'un volume de plusieurs pieds cubes. Au Molard, ces dépôts étages reparaissent ; on exploite du sable à leur surface.
R. B. 3. A Lyon S M. le professeur Foumet a eu roblîgean
de m'accompagner dans les localités les plus caractéristiques d alluvions sur lesquelles est située la partie de la ville entre la Saùn^ et le Rhône. En quittant le fleuve au faubourg Saint-Clair, et en suivant la montée de la Boucle , on trouve à droite le conglomérai lacustre supérieur, soit terrain tertiaire de la Bresse , qui , dans \^ localités où H. Fournet a pu voir la superposition , repose sur !â molasse marine , tertiaire moyen. D'après les géologues français, ce terrain commence à Saint- Vallier (Drôme) et s'étend jusque près de Dijon ; sa plus grande puissance, aux environs de Lyon, est <it 40 à 50 mètres ; dans quelques localités, vers la Tour-du-Pio, i renferme une couche de lignite, entre deux couches d'argile; kfossiles que l'on y observe sont des Lymnées et des Planorbes. J'a. retrouvé ce conglomérat dans plusieurs localités inférieures à Sainl- Vallier, en particulier de Cadenet à Pertuis , le long de la Durance, où il n'a que quelques pieds de puissance et repose en stratiûcatioD discordante sur la molasse marine. J'ai été frappé de voir les dépôts de Pertuis inclinés du côté de la ville , en sens inverse du courant qui les a charriés. J'avais fait la même observation sur ri<^ alluvions du canton de Vaud, en particulier sur celles de Bou^-}. M. Fournet m'a appris que, d'après des nivellements faits à sa surface, le conglomérat bressan a une pente générale de Sain:- Vallier vers le nord , ce qui a fait supposer à n. Klie Ae
' D. A. En 1847 j'ai exploré, avec mon guide en chef des hautes régions, les emL*-* i.< de Lyon. Nous avons reconnu le terrain erratique provenant des Alpes: des biccs, *i^ galets polis, striés, rayés et des roches à angles vifs. VÊmamSmmm était dans une t*'^ grande joie de voir ces témoins erratiques et me dit : Ce quartz , blanc comme miçt . je l'empoche, il me servira de pierre à feu pour battre le briquet, et de retour kH:ringen je le ferai voir à mon ami Maïui ^mhrem et lui dirai : Nos glaciers ont dai* 1^ temps voyagé en France ; il sera étonné et ne voudra pas y croire, mais après itct \, cet autre galet poli, rayé, strié, que j'enveloppe soigneusement dans du papier p^'or:? mettre dans une petite boite, oh alors quand il verra celui-là il dira : Ma foi, coi r;s Sonner la) , le glacier a été à Lyon !
mont que ce dépôt avait été effectué dans un lac peu profond , par un cours d'eau dirigé du sud au nord dans le sens de Yinclinaison de la surface de son dépôt.
La nature des roches, la grosseur des matériaux^ leur mode d'à- luaviom emtiques. grégation , la nature du ciment, la position du dépôt, son inclinaison , tout m'a rappelé Talluvion ancienne de nos contrées, et quant à moi , je ne puis voir dans le conglomérat lacustre que l'étage inférieur des alluvions erratiques.
L'alluvion supérieure qui recouvre le conglomérat repose sur lui en stratification concordante. Sa puissance varie de 1 à 20 mètres ; elle se compose d'un grand nombre de couches de gravier, sable et limon, dont les supérieures ne sont pas toujours horizontales; on les dirait formées, dans quelques endroits, par un ensemble de petits torrents qui auraient changé fréquemment de lit. Dans le chemin qui conduit du faubourg Saint-Clair au fort Montessui , ces stratifications sont disposées en voûte ; c'est un ensemble de dépôts concentriques de quelques centimètres d'épaisseur, sur un diamètre de 10 mètres approximativement. H. Foumet m'a fait remarquer que souvent le diluvium est plaqué en forme de manteau contre les escarpements, les inégalités du sol, qu'il tapisse ainsi les hauteurs des environs de Lyon, depuis le niveau de la Saône à 162 , jusqu'à 450 mètres au-dessus de la mer ; les alluvions du bassin du Léman atteignent 514 et 585 mètres. En général , je crois avoir observé que la stratification est d'autant moins régulière que l'on s'approche de la surface du sol. m. Weeker a donné , dans ses Études géologiques des Alpes y plusieurs coupes des dépôts alluviens des environs de Genève.
Le conglomérat lacustre est formé de cailloux alpins, dont les bioc* plus gros atteignent le volume de la tête d'un enfant et y sont rares ; "«"**'^*.'^p*"* •' mais je n'ai vu de blocs anguleux que dans l'alluvion supérieure : ils sont fréquents dans toute son épaisseur ; ils atteignent souvent une grosseur de plusieurs mètres cubes et offrent ordinairement des traces de poli et des stries ; ils sont placés dans un ensemble de couches de limon, sable et gravier, et rappelleraient la disposition des moraines si les dépôts voisins n'étaient pas stratifiés. Cette disposition est inexplicable d'après la théorie des courants, qui d'un côté auraient opéré un véritable triage et formé des couches , et de
Tautre auraient intercalé de gros blocs, contre les lois de ce même triage ^ En admettant que le glacier, dans une de ses périodes , a fait barrage contre les torrents , que ce glacier continuait de se mouvoir et de charrier des blocs , on peut se rendre compte de la disposition dont nous venons de parler et de la présence, sur ces blocs, de poli et de stries , phénomène que nous retrouvons dans le voisinage des glaciers actuels et qui n'a jamais été observé dans aucun courant d'eau*.
* Un petit nombre des géologues, qui adoptent les courants , ont essayé de détemniier la vitesse capable de transporter les blocs erratiques, mais ils n'ont pas indiqué eo même temps les effets qui en sont le résultat, sous le rapport de la distribution des matériaux, de la stratification. Pour le transport des gros blocs, on admet une force en dehors <!<• tout ce que nous connaissons ; pour les menus débris et la stratification , on admet aD<* force analogue à nos torrents. Mais comme ces dépôts ont été formés par une sente dé bâcle , d'après la théorie des courants on ne peut comprendre la combinaison de r«« deux forces dans un seul instant, m. Saeher tmi der linUi, père, suppose cette ritesse de 175 pieds par seconde. Les eaux provenaient de lacs qu'il suppose avoir existé dm? toutes les vallées alpines. H. I«. de itaeh avait d'abord indiqué le chiffre de 19,460 {Heiis par seconde; il le réduisit plus tard à 354 pieds. « Le courant, dit-il, tant par son a- « tréme rapidité que par le mélange de la grande quantité de matières terreuses qu'à « tenait en suspension , était capable de vaincre sufiisamment l'action de la gravité sor «les blocs, pour les empêcher de tomber ailleurs que sur Us digues que ce courant & « rencontrées dans son cours. >
* Lorsque le lac Léman est bien agité, la vague entraîne dans certains points des eaâloux qui atteignent la grosseur d'une tète de chat ; ces cailloux sont lancés contre les murs et les rochers qui bordent le lac ; ces rochers et ces murs ne portent aucune trotf de stries ; ils sont simplement arrondis sans être polis ; cependant rien ne devrait pjai ressembler aux courants diluviens que les vagues sur les bords du lac , surtout si on sf rappelle que, le 18 juillet 1841, ces vagues ont enlevé des masses énormes; eo particulier, elles ont arraché et jeté à sept mètres de distance un bloc de marbre du poiis de 50 quintaux, placé pour soutenir un glacis au bord du lac à Vevey, près delà mais*'? de mon ami Bérengier.
On compare quelquefois les courants à des torrents boueux. Nous avons eo occas^s de voir l'éboulement boueux de la dent du Midi en 1835. Les blocs étaient à do»d'&ne au centre du courant et la boue coulait des deux côtés. 11 est resté un groupe àe blocs à une petite distance de la route de Saint-Maurice. La surface des blocs est arrondie et émoussée , mais pas polie. Il y a bien quelques blocs dont une fkce est polk H striée ; l'un d'entre eux présente même une surface d'une vingtaine de pieds carrés, cioeverte de stries parallèles, mais cela nous a paru être le résultat de raction d'un giacur à l'époque où la roche était en place. Cet ancien poli n'est pas contemporain des aotre surfaces du bloc.
C'est un point qui mérite l'attention des géologues que de rechercher s*il eiiste noe autre cause que les glaciers, qui puisse polir et strier les cailloux et les roches. (D. A. Ot» autre cause existe très-exceptionnellement.)
La partie supérieure du dépôt est formée de terre rougeâtre » dans laquelle les coquilles suivantes ne sont pas rares : Hélix hispida^ H. arbustorum, Succinea oblongUy Cyclostoma elegans, Pupa. C'est m. Fournet qui m'a nommé ces espèces ^ On trouve fréquemment dans l'alluviou des fragments fossiles bien conservés de Rhinocéros, Éléphant, Cerf, Mastodonte. Ces débris ont-ils été remaniés ou appartiennent- ils à cette formation?
Les travaux que l'on vient de faire au fort Montessui , qui couronne toutes ces alluvions» ont mis à nu une quantité de blocs erratiques > des serpentines y des gneiss, des calcaires des Alpes. Plusieurs de ces blocs sont anguleux et portent des traces de poli et de stries; il y en a de plusieurs mètres cubes de volume. M. le professeur Fountet a obtenu des officiers du génie que , dans l'intérêt (le la science, on conserverait ces témoins du phénomène erratique. Du sommet de la colline l'on peut suivre toutes les modifications du sol qui apparaît sous formes d'étages peu distincts. Ces dépôts finissent brusquement le long du Rhône, comme ceux que nous avons observés sur les bords du lac Léman.
Nous croyons que ces dépôts se sont accumulés pendant une seule période de l'époque des glaciers, la période alluvienne, celle que nous avons figurée dans notre carte du bassin du Léman. Leur éten-
* H. Alex. Bmim, faisant des recherches dans le Icus, sorte de dépdt détritique arénacé, qui date des premiers temps de la période diluvienne, y a trouvé les mollusques suivants: HeHx arbustorum , H. hispida, H. montana, H. crystallinay H. pulchella^ H. fulva^ H. pygmaa^ Achatina lubrica, Pupa doliufnt P. marginata^ P. edentula, P. secale^ Vertigo pygmœa, Clausilia roscida, C. parvula, C. gracilis, Succinea amphibia^ S. oblonga. H. de Charpentier fait remarquer que toutes ces espèces vivent actuellement dans les endroits ombragés et frais des Alpes et du Jura ; il y en a même plusieurs qui aiment Thumidité. 11 a de plus reconnu parmi les échantillons de YHeUx arbustorum que H. Bram lui a envoyés , plusieurs individus qui appartiennent évi> demment à sa variété alpicola^ que l'on rencontre dans les Alpes jusqu'à une élévation de 7000 pieds.
Ces mollusques sont quelquefois accompagnés des mammifères suivants : Elephas primigenius, Equus caballus fossilis, Bos priscus, Cervus euryceras fossilis. Il n'est guère probable que l'éléphant ait pu prospérer dans un climat aussi frais que celui qui convient aux mollusques que je viens d'énumérer (Essai sur les glaciers, p. 836).
Il est bien remarquable de trouver les mêmes fossiles dans des alluvions analogues à Lyon , à la Sésille près de Nyon et sur les bords du Rhin , dans le grand-duché de Bade, et que les mêmes espèces de coquilles ne se retrouvent vivantes aiqourd'hui que dans les montagnes de la Suisse.
due considérable ne nous a pas étonné , quand nous avons vu TAubonne, petite rivière du canton de Vaud, parcourant 2 à 3 lieu'^^ de pays, former les énormes dépôts de Bougy sur une surface d- 2 lieues de largeur, avec une puissance de 450 pieds.
Tout comme il n'est pas facile de se rendre compte par des courants liquides de la distribution des blocs erratiques dans les vallt'r^ des Alpes , et qu'on l'explique plus facilement au moyen d'un agera solide, d'un glacier par exemple, il en est de même pour les alluvions. Les géologues qui expliquent le phénomène par des couraDts, sont obligés d'admettre qu'ils sont partis de l'extrémité de toutes!^ vallées alpines et ont rongé en passant les alluvions accumulées su: leur passage par les agents atmosphériques* ; ces courants, quoique très-rapides, arrivés dans une vallée à angle droit, ne se seraiêot pas jetés sur la rive opposée, où ils n'auraient déposé aucun débris: ils auraient pivoté à leur embouchure dans des courants plus cousidérables, sans enlever les dépôts accumulés au point de jonction, point où ces dépôts sont ordinairement le mieux conservés. Ils seraient arrivés dans les grandes vallées , où le courant le plus éloigné, augmenté dans sa course de tous les courants latéraux , aurai: balayé l'embouchure de tous les courants qu'il rencontrait, e? donné la forme actuelle des berges que présentent les divers Irrrents à leur embouchure dans le Rhône. Mais on chercherait en vain , à l'endroit où la force a dû cesser, l'énorme dépôt alluviro provenant des débris accumulés de tous les autres (voy. die «lire, Lithologie de la Crau^ § 1595). Il faut supposer des mas d'eau énormes. D'où pourrait provenir l'eau qui a jailli, pa: exemple, des environs du Saint-Gothard , et qui a été en rayonnant transporter l'énorme quantité de blocs et de débris alpins que Tcu rencontre dans toutes les vallées alpines et les plaines voisines <i' > Alpes , jusqu'à une distance de plus de 66 lieues' ? On ne comprei:: pas pourquoi le courant qui a charrié les roches du Valais n'a pâ5
* Ce n'est pas la même force qui aurait formé les dépôts et opéré plus tard rérosi-.-r Les alluvions de Jongny, Bougy, Nyon (canton de Vaud) ont été formées par des torrr- >qui coulaient dans une direction inverse à celle d'un courant venant des Alpes.
' C'est , selon l'estimation de H. de Charpeattcr, la distance qu'ont dû parcourir i^ blocs du Steinhof depuis la vallée de Binnen {Essai sur les glaciers^ p. 128 et I0i\
Çsf-s
dépassé le fort de l'Écluse % car cette ouverture existait déjà à cette époque , ainsi que le prouvent les alluvions que Ton observe sur les flancs de la crevasse. Pourquoi le courant n'a-t-il pas continué jusqu'à la mer ? Avec la grande vitesse qu'on est obligé d'accorder à ces courants pour le transport des gros blocs, comment expliquer cette distribution régulière du terrain erratique qui s'observe dans la plaine suisse, ces cantons si distincts du Rhône , de l'Arve, de l'Âar, de la Reuss, de la Limmat, que les belles recherches de M. Qurotnous ont fait connaître ? On n'est pas plus heureux, lorsqu'il faut se rendre compte de ces dépôts non stratifiés , soit moraines qui forment des barres à travers nos vallées alpines , de ces dépôts stratiCés d'alluvions alpines disposés en étages , de ces coquilles terrestres si bien conservées que l'on trouve dans quelques alluvions.
L'hypothèse des glaciers a du moins ceci de commode, c'est LbypoUièicdeigia. qu'elle rend compte de tous les détails. ^"' '*"' ''"'*^* '*
' toas les détails.
Quelques géologues ont admis comme origine des courants , la fonte subite des glaciers par la roche primitive ignée , lors de son apparition dans les Alpes; elle serait venue en contact avec la glace, et de ce contact serait résultée la fusion instantanée de cette glace et les courants d'eau qui auraient transporté les blocs et débris erratiques. Nous doutons que ce contact eût produit beaucoup d'eau; il aurait plutôt donné lieu à des vapeurs. De plus, l'étude des lieux, la position du terrain erratique sur les roches primitives des Alpes nous prouvent que le phénomène erratique est beaucoup postérieur au relèvement de ces Alpes par la masse primitive. La quantité de moraines que l'on observe en descendant du glacier du Rhône, porterait aussi à croire que s'il a existé des glaciers sur les Alpes , c'est postérieurement à l'apparition de la roche primitive*. Alors
* Les eaux n'ont pas transporté des fragments de blocs alpins au delà du Credo (De SMMsnre, Voyage dans les Alpes , t. I, p. 159).
' Quant à la question de l'âge relatif de l'époque du soulèvement et de l'époque du dépdt, voici ropinion de H. de CluirpenUer. « Si la dispersion des débris erratiques « avait en quelque sorte accompagné le soulèvement des Alpes , ou l'avait suivi de très- «près, on devrait trouver ces débris généralement recouverts et ensevelis par le dilu- «viom, ce qui cependant n'a pas été observé par H. Moiuhmii dans la Suisse orien- • taie, ni par moi dans la Suisse occidentale » (Essai sur les glaciers, par #• de Char-
Dépôts de Lyon k Avignon.
Saiate-Colombe.
Tain.
Charmes.
Lavoulte.
commenl le granit se trouvait-il déjà dans le diluvium avant Tarrivée des courants qui ont fait érosion ?
Rien ne prouve qu'à l'époque du relèvement des Alpes par la masse primitive , une partie du pays fût recouverte par les glaciers : ce que nous connaissons de cette époque-là prouverait plutôt le contraire.
R. B. 4. Revenons aux alluvions du Rhône; en descendant ce fleuve de Lyon avec le bateau à vapeur, nous avons retrouvé daof le voisinage de la plupart des torrents d'un certain volume, des dépôts analogues à ceux que nous avons observés dans le bassin du Léman ; ils sont aussi proportionnels au volume d'eau qui les avoisine.
k Sainte-Colombe , vis-à-vis de Vienne (Isère), il existe un petii dépôt en dessous de la ville ; on en voit un autre au-dessus dr^ Roches ^ vis-à-vis de Condrieux^ Au-dessus de Taitiy dans le voisinage de La Roche ^ se trouvent les alluvions de l'Isère, sur une étendue de plusieurs lieues. J'ai cru y distinguer trois étages el n'ai observé de dépôts que sur la rive à droite de l'embouchure.
On voit un petit dépôt près de Charmes.
Les alluvions de l'Érieux sont entre LavotUte et la rivière.
Voici Tordre que le même géologue assigne aux phénomènes diluviens, depuis le dernier soulèvement des Alpes : « !« configuration du sol des vallées et de la plaine entrt les Alpes et le Jura ; 2» dépôt du terrain diluvien ; 3« dépôt du terrain erraticpie • Lstai sur les glaciers, p. 328).
En suivant avec attention les dépôts erratiques , les moraines , les blocs depuis li plaine jusqu'aux moraines frontales des glaciers actuels , on se convaincra que tous ce« dépôts appartiennent au même phénomène , qu'ils se lient intimement cotre eux. Si uc relèvement avait lieu depuis cette époque, cette liaison n'existerait plus. C'est à la suit', d'une course que je fis en 1836 à Auziendaz, avec HH. de Charpentier, A^MMli et mon beau-frère Vr. de Thlelnuuan, que je devins partisan de l'hypothèse des placiers, n. de Charpentier nous fit suivre tous les phénomènes de détail , les moralises, les roches polies et striées , depuis la plaine jusqu'au glacier de Panerossax ; nous a^ •%$ pu comparer ce qui se passe actuellement devant le glacier, avec ce qui s'était p^v^* sur le terrain que nous avions parcouru. J'ai retrouvé depuis le même ensemble de B«r s au glacier de rAar et dans les vallées alpines terminées par un glacier que j*ai pai^ courues.
Le phénomène est plus compliqué dans le dépôt de Bougy, et bien davantage encore dans les environs de Lyon , mais c'est une raison de plus de Tétudier.
* M. le professeur Voumet donne aux étages le nom de talus d'entndnement. D m a observé plusieurs auprès de Condrieux , et une foule le long des montagnes de TArdèche.