‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 111 sur 216 · DÉPÔTS DE LYON A AVIGNON · texte numérisé non relu

DÉPÔTS DE LYON A AVIGNON

Celles de la Drôme se trouvent sur la rive gauche de la rivière , dans le voisinage de Z/ono2; je n'ai pas bien pu observer si leur disposition est aussi élagée.

On trouve des alluvions sur les deux rives , à l'embouchure de l'Ardèche.

Les alluvions de la Durance m'ont paru plus étendues que celles des rivières voisines, m. nequlcn a observé aussi trois étages : l'un aux environs d'Avignon y à une hauteur de 15 mètres au-dessus du Rhône; le second à Gadane^ à 50 mètres; et le troisième à Châteauneuf'dU'Pape, à 80 mètres de hauteur.

C'est sur le flanc septentrional de la chaîne de montagnes qui sépare Aix de Marseille et qui est couronnée par Notre-Dame-des- AngeSy que se trouvent les derniers fragments de blocs erratiques; les glaciers auraient envahi toute la plaine de la Crau , et le fleuve qui s'écoulait du glacier aura probablement charrié les sables jusque près de Nîmes et de Montpellier.

De Lyon à Avignon y toutes les montagnes qui bordent le Rhône sont arrondies , leurs arêtes ont disparu , on ne voit pas de dents sortir des déchirures de leur relèvement. H, Agassis a donné aux sommités ainsi modifiées le nom de roches moutonnées; il signale cette apparence comme caractéristique des montagnes qui ont été recouvertes par les glaciers, et peu de localités moutonnées des Alpes m'ont paru aussi pelées, râpées, que les montagnes pnmitives et secondaires qui encaissent le Rhône. On ne voit que deux mamelons basaltiques qui font saillie près de Rochemaure{XTdèché)y et une petite dent sur la montagne de Viviers (Ardèche). Toutes les roches détachées ont été balayées.

J'ai été visiter la vallée d'Auriol , au levant de Marseille. Là les montagnes ont conservé leurs arêtes; les déchirures de relèvement se distinguent facilement; près de ces déchirures on voit une quantité de blocs détachés ; je n'y ai rencontré ni blocs ni alluvions erratiques.

D'Avignon à Valence, presque tous les torrents, l'Œgues, le Louson , la Berle , la Rialle , la Drôme , arrivés dans la plaine, coulent dans un lit plus élevé que la plaine elle-même; des digues probablement artificielles empêchent ces toirents de se répandre sur les terres. Ce sont ces digues qui maintiennent une certaine

Loriol.

Embonchore de rArdtehe.

ÂTignon.

Gadane.

ChItetnoenf-da-Pape.

Nlmei et Montpellier.

De Lyon k ÂTignon

tontei les roches sont

arrondies

(moatonnées).

Vallée d'Aariol.

▲f^on k Valence.

force d'impulsion au cours d'eau et lui permettent d'entraîner ses débris dans le Rhône ; sans cela le cône de décombres de chaque torrent continuerait à s'élever.

L'opinion est assez répandue dans ces contrées que le lit du

Rhône s'élève ; on dit qu'il s'est élevé d'un mètre en 1840, mais on

n'a pu me donner aucune preuve de cet exhaussement*.

Le lit da RbAne M. FouTiiet croit quc Ic Ut du Rhône n'a pas changé de hau-

n a p.. chiiDgé de hau- ^^^^ ^ Lvou , il sc foudc sur les faits suivants: une ancienne prise

leur a Lyon. J ' *

d'eau, construite par les Romains, pourrait encore servir aujourd'hui au même usage ; la base des vieux ponts , tel que celui de la Guillotière , n'est pas encombrée.

En nous résumant, nous trouvons que, pour maintenir l'hypothèse des courants, on est obligé d'admettre une espèce de merveilleiuc , des forces extraordinaires, surnaturelles et ne suivant pas les mêmes lois que nous observons aujourd'hui pour des phénomènes analogues ; ainsi les courants diluviens arrivés dans la plaine creusaient leur lit dans les alluvions au Ueu de l'élever comme les courants actuels, ou bien ces courants transportaient à la fois de la boue, du gravier et de gros blocs, avec une vitesse extraordinaire, et n'en déposaient pas moins des couches distinctes et régulières de limon, gravier et sable. Les courants ne déposaient pas de cônes de décombres. Les blocs entraînés conservaient une partie de leurs arêtes et cependant leurs faces portaient des traces de poli et des stries.

L'hypothèse des glaciers ne change rien aux lois et forces admises et n'a besoin , pour sa réalisation , que la supposition d'un abaissement de température de quelques degrés.

Quant à la cause de cet abaissement, H. de Ctaurpcntlcr a émis son «opinion sur ce sujet: ce sont, dit-il, les eaux pluviales, fluviales , lacustres ou marines qui ont pénétré par la multitude de crevasses formées par le dernier soulèvement alpin; ces eaux, en contact avec la masse ignée, se sont réduites en vapeurs *, qui,

* Nous rappeUerons Fopinion que nous avons émise dans noire premier mémoire , *u sujet du cours du Rhône, de Saint- Maurice au lac Léman , oii le lit paraît naturelleoient s'exhausser ; il serait possible qu'aux environs d'Avignon il en fût de même : c'est une question à étudier. Voyez l'opinion de de MiiiMiare, g 1572, Alluvion de la Duramf

*Nous rappeUerons la note qui se trouve à la p. 317 de V Essai sur Us glanen. M. Pcepplc , en parlant des vapeurs qui s'échappent du volcan d'Antuco , nous dit

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