‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 115 sur 216 · COMPARÉS A CEUX DES ALPES · texte numérisé non relu

COMPARÉS A CEUX DES ALPES

E. D. i. Entre les phénomènes erratiques du nord et ceux des i»trodacuon. Alpes l'analogie est si grande qu'on est naturellement porté à les attribuer à une cause commune. C'est ce qu'ont fait les partisans des deux grandes théories qui partagent aujourd'hui les géologues (la théorie glacière et celle des courants). Les uns et les autres reconnaissent l'identité des faits, mais en les interprétant d'une maaière différente". Par contre, cette identité est contestée par une partie des géologues Scandinaves, spécialement par ceux qui rapportent le phénomène tout entier à l'action des flots de la mer'.

La question se pose dès lors naturellement en ces termes : La iisposition du terrain de transport du Nord , le poli des rochers et la iirection des stilcatures sont-ils en tous points semblables à ceux des Alpes , ou bien la ressemblance n' est-elle qu' apparente ^ et dans ce cas juelles sont les particularités qui les distinguant ?

La question ainsi posée , ce n'est que par une étude comparative des phénomènes erratiques dans les deux pays que l'on peut 3spérer la résoudre. Jusqu'ici, il faut l'avouer, tout en étudiant

' D. A. Phénomène erratique du nord comparé à celui des Alpes ^ par iévwtsupû 9emmr» Extrait du Bulletin de la Société géologique de France ^ 2« série, t. IV, p. 182 tt suiv. (séance du 16 novembre 1846).

* E. D. C'est peut-être le seul point de la question sur lequel MM. de Bncli et ÉMÈm le ■eewioat soient d'accord avec nui. âga— !■ et de Ckarpentler.

* E. D. C'est la théorie que H* vereUyuBuner a développée dans son article de ^oggendorffs Annalen , vol. LVIII.

avec soin les phénomènes locaux, on les a en général envisagés sous un point de vue trop exclusif. Peut-être eût-il été à désirer que les auteurs qui ont écrit sur la Scandinavie eussent eu uneconnaissaDce plus complète des phénomènes alpins ; de même qu'il est à regretter que les observateurs des Alpes n'aient pas tous visité la Scandinavie.

Ayant eu l'avantage de prendre une part active aux recherches que m. Agassiz a faites , pendant huit années consécutives , dans les différentes régions des Alpes et particulièrement au glacier dt l'Aar, j'ai voulu étudier à mon tour le terrain erratique de la Scandinavie ^ et m'assurer jusqu'à quel point les objectios que l'on en â tirées contre l'application de la théorie glaciaire sont fondées.

Je n'ai pas la prétention de discuter, dans ce mémoire, tous les faits qui peuvent en être rattachés h cette grande question , ni d'apprécier toutes les conséquences géologiques qu'on en a tirées. Ma observations se borneront à deux points principaux , savoir : lo surfaces polies Uvec les sulcatures qui les accompagnent , et le terrain de transport^ considéré dans ses différentes formes. Surface! poiiei. E. D. 2. Les roches poUes existent sur une bien plus graule ^Vo*utonnéei. ** échclle cu Scaudinavic qu'en Suisse. A proprement parler , le sol

tout entier de la Scandinavie n'est qu^une vaste surface polie. S il

arrive que sur un point quelconque les polis échappent à l'obserTâ-

tion, il suffit d'enlever la couche du diluvium qui recouvre lesul

pour les retrouver avec leurs sillons et leurs stries caracléristiques.

S'ils sont complètement effacés d'une colline ou d'un ravin, Tueil

exercé n'en reconnaît pas moins , dans les formes ballonnées i^s

rochers , qui sont l'analogue des rocher moutonnées des Alpes , les

traces du gigantesque rabot qui a façonné tous les reliefs.

soicatares. E. D. 3. Les sxUcatures^ plus nombreuses et souvent mieux con-

'"""'st^iTi"'*"" servées qu'en Suisse, ont, en général, le même caractère. Elles se

stries wctiiignes. préscnlent soit sous la forme de fines stries rediligneSj dont on re-

canneiurei. counaît Ics traccs partout où les polis sont bien conservés, soitst>us

TrM*'c!e" o7^ " ^^ forme de cannelures quelquefois très-longues, rappelant celles qui

coops de gouge), sc voicut daus plusieurs vallées des Alpes, en particulier dans la

* E. D. J'emploie ce nom dans le sens général que semble y attacher !■• Sarwtar. en comprenant par là tous les sillons, sans égard à leurs dimensions, c'est-i-dire 1^ cannelures, les fines stries aussi bien que les grands sillons.

Page 1