‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 116 sur 216 · STRIES. SILLONS · texte numérisé non relu

STRIES. SILLONS

vallée de Hasie , en amont des chalets de Im-Boden , sur la rive gauche de TAar. D'autres fois ce sont de larges sillons qu'on a désignés sous le nom de cylùidres creux. Ils sont tantôt rectilignes, tantôt légèrement courbés, mais jamais ramifiés, et leur surface est souvent couverte des mêmes fines stries rectilignes qui se retrouvent sur les surfaces environnantes. J'ai vu de fort beaux exemples de ces sillons sur les deux rives du fiord de Christiania^ où la roche est de gneiss , et le long de la route de Christiania à Krogleben , sur du porphyre. On en voit aussi aux environs de Stockholm , sur les lies du Maelar , ainsi qu'aux environs de Waxholm , dans la Baltique.

Ces sillons ou cylindres creux sont, à plusieurs égards , les analogues des sillons que W. Agaasis a décrits et figurés sous le nom de coups de gougCy et qui sont dus au frottement de gros galets. Lorsque ces galets se trouvent pris entre la glace et la roche, ils sont serrés avec une telle force contre les parois du rivage, qu'ils entament les rochers les plus durs. On pouvait voir , il y a quelques années, un exemple frappant de ce mode de formation des cylimlres creux sur la rive droite du glacier de Rosenlaui, où un galet de granit venait de creuser un large sillon dans la roche calcaire du rivage. Ces sillons ne sauraient donc être une objection à la théorie des glaces, comme on l'a prétendu, puisque nous voyons les glaciers en former tous les jours de pareils sous nos yeux. En revanche^ ils seront une difficulté insurmontable pour la théorie des courants et pour celle des vagues , aussi longtemps que Von n'aura pas prouvé que ces agents ont la faculté de tracer de fines raies dans l'intérieur des sillons.

E. D. 4. Il est à peine nécessaire de rappeler que ces sillons rec-^ Les liuom ereoséi tHignes. ou simplement arqués, n'ont rien de commun avec les **•''••*■""*""* ^"^

^ ' ^ 1 ' mai» de stries dans

canaux creusés par la vague , dont on voit de fort beaux exemples nmérieDr. sur la côte occidentale de la Suède, à l'entrée du fiord de Gothenbourgy ainsi que dans plusieurs iles du fiord de Christianias et qu'on retrouve avec les mêmes caractères sur les bords des lacs suisses. Ils sont , à la vérité , polis comme les sillons glaciaires ,

* E. D. La fig. 2, pi. U , représente une surface polie, à côté de la cascade de Huniievoss, en Norwége, sur laquelle les niions tortueux, creusés par l'eau, se voient à côté des Mont et des canneïures glaciaires.

polii et striés.

mais ils n'ont jamais de stries dans leur intérieur ; leur forme tortueuse et souvent anastomosée les trahit d'ailleurs au premier coup d'œil*.

Marmites de géants. £. D. 5. Jj^ marmOes cfe géatits y dont j'ai vu de forts beaui

exemples sur plusieurs iles du fiord de Christiania , en particuli'jr sur une petite ile schisteuse, à côté de celle de Malmô, à une demilieue de Christiania , sont tout aussi étrangères aux glaciers que les canaux tortueux. Elles sont produites par des remous chargés de pierres et mis en mouvement soit par la vague de la mer, soit par des torrents, comme ceux que H. Sclierer a décrits et figurés daiii son mémoire. Ces derniers sont en tous points semblables à ce j\ qu'on voit en Suisse, à côté du pont de l'Âar, en remontant de la Handeck à l'hospice du Grimsel. Leurs parois sont admirableme:.: polies ainsi que les galets qui servent à les creuser, mais onaV rencontre jamais la moindre trace de stries. coaioirs £. D. 6. Il cxistc cependant dans le Nord une espèce de sulcaiur-

dont on n'a pas encore^ que je sache, signalé des exemples dans le> Alpes". On trouve dans les petites îles des fiords de la Norwége 0»^ grands couloirs qui courent dans le sens des stries semblables à dt petites vallées parallèles. Ces couloirs, dont M. Sclaer^' a doanr des coupes et des dessins , et dont j'ai vu de beaux exemples sur h petite ile de Husperu, dans le fiord de Christiania, sont hors de toute proportion avec les sillons dont nous venons de parler , car ils oni quelquefois plusieurs centaines de pieds de longueur , une lar^e jr de 30 à 50 pieds et à peu près autant de profondeur. Leurs paroii sont souvent verticales et recouvertes de fines stries, comme les surfaces adjacentes. Ces dernières y sont même plus distinctes ; Toa y voit aussi des cannelures et même de grands sillons *, Cette circonstance a engagé quelques auteurs à attribuer le creusement i*: ces couloirs à la même cause qui a poli les montagnes et gravé iei

* £. D. On trouvera des détails circonstanciés sur les caractères propres des anzi creusés par les eaux et sur les différences qui les distin^ent des sillons gladair^ dizi les ouvrages de nui. Kener^ AipamilB et martfntf*

*D. A. Dans les Alpes, ces couloirs de grande dimension se voient dans la valide o^ Hasle ; de la Handeck au Grimsel la route passe dans ces couloirs.

* Poggendorffs Annalen, 1845, t. LIVI.

* E. D. n. Dcflor a mis sous les yeux de la Société un fragment d*un uHon ptrtL . détaché de la paroi de l'un de ces couloirs , dans Tile de Husperu.

SULCATURES. 391

Stries , et comme ces couloirs se trouvent de préférence sur les îles basses, tandis qu'ils manquent généralement sur les croupes des montagnes, M* Sclierer en conclut que Tagent qui les a creusés a dû agir avec beaucoup plus d'intensité au fond des vallées que sur les plateaux et les collines. Quant à la distribution inégale de ces couloirs, l'auteur en cherche l'origine dans la durée inégale de la roche , qui aurait été entamée plus profondément par l'agent erratique là où elle est plus désagrégeable. Mais si les courants mentionnés auxquels il attribue le phénomène erratique avaient réellement été assez forts pour creuser au milieu du fiord des couloirs pareils, on n'entrevoit pas pourquoi on ne leur attribuerait pas aussi la formation des grandes vallées et des fiords eux-mêmes ; et c'est, en efiet, l'opinion de n. Sclierer'. Mais alors l'effet n'est plus en proportion avec la cause. Du moment qu'on invoque l'inégale dureté de la roche pour expliquer la formation des couloirs, rien n'empêche de supposer qu'ils ont été creusés avant la période diluvienne , car il est probable que l'atmosphère exerçait alors la même action sur les rochers que de nos jours. Dans cette hypothèse, qui me semble très-naturelle , les couloirs seraient antérieurs au phénomène erratique , qui n'aurait fait que les polir , les rayer et peut-être les élargir.

E. D. 7. Enfin , il me reste à mentionner une dernière espèce de smoM, stne. enet sillon, dont l'explicaUon semble offrir plus de difficultés. J'ai vu sur p*n>«dicoi.ire. à i.

' ^ ^ direction générale des

la rive orientale du fiord de Christiania, près d'une maison de pê- wicatares. cheur, appelé LiUe Kneppe ^ à une demi-heure de la ville, un sillon d'une largeur variable de 30 à 60 centimètres et d'une profondeur à peu près égale , creusé dans la paroi du rivage en un endroit qui est très-escarpé et couvert de stries longitudinales. Ce sillon n'est pas anastomosé y mais il est très-bien poli y et l'on distingue dans son intérieur de fines stries dirigées dans le sens de la pente^ et par conséquent perpendiculaires à la direction générale des sulcatures. Je n'entrevois qu'une manière d'expliquer ces stries exceptionnelles, c'est de supposer qu'il existait en ce point un glacier latéral, s'avançant perpendiculairement à la grande vallée, semblable aux affluents latéraux des grands glaciers des Alpes , mais

• Poggendorff^ loc, ci<., p. Î81.

dont les vestiges auraient été plus tard effacés par le glacier principal, à l'exception de ceux qui se trouvaient au fond des couloirs trop étroits pour que la glace ait pu s'y mouler *. Les laicttares sont E. D. 8. A part CCS cxcepUons, les différentes espèces de sulcaeo général pardiëiei ^^^^^ ^^^^ ^^ fféuéral parallèlcs sur un point donné. 11 n'y a gruère

•or UD point donné. or r j o

Les stries Anes se eroi quc Ics strlcs fiues qul sc croiscut quelquefois sous des angles codsent qaeiqaefoi. «<>" jjérables , dc 40 à 60 dcgrés el davantage, comme cela se voit

des angles de 40 à 60 ' ^^ .

degrés et plus, comme d'ailIcurs SOUS Ics ghcicrs et sur les parois des vallées qui les end.n. les Alpes. caisscntV

La mer n'est pas une limite pour les sulcatures, car on les voil plonger sous les eaux sur une foule de points du littoral, aussi loin que l'œil peut pénétrer. Il a été en outre fait la remarque que les polis et les sulcatures sont plus nets le long des côtes et sur les rives des fiords , qu'au sommet des collines ou sur les plateaux, et l'on a voulu voir dans ce fait une preuve en faveur de la théorie qui attribue les polis à l'action de la vague. Il existe en effet une zone Je quelques mètres de largeur immédiatement au-dessus de la mer , où l'éclat des polis est beaucoup plus vif et le burinage plus parfait qu'ailleurs. Mais cette circonstance, loin de prouver en faveur de l'action de la mer , lui est plutôt contraire. Si les polis el les stries sont plus distincts et mieux conservés dans la zone en question, ce n'est pas parce que la vague les renouvelle (ce qui est impossible du moins à l'égard des stries), mais parce qu'elle empêche les lichens de prendre pied aussi loin et aussi haut qu'elle peut atteindre. Or on sait que rien n'altère plus la surface des rochers que la végétation des lichens, côtéd'.mont. côté E. D. 9. On a beaucoup insisté, dans ces derniers temps, sur la choqué (j/oiii«fe).côté différeucc qui existe sous le rapport des polis entre les différenles (Letseue). " f^^cs dcs îlcs ct dcs rochcrs saillants qui ont subi l'action erratique.

Nous savons que la face tournée du côté d'amont (Slossseite) est toujours arrondie, polie et striée, tandis que la face opposée (Leeseitei

* D. A. Ces stries fines dans les siUons , et qui sont dirigées dans le sens de la p^':te et perpendiculaires à la direction générale des sulcatures , se voient dans les Alpes, «or les roches dont sont encadrés les glaciers en activité (voy. nos Matériaux pour l'eluiù des glaciers : Glaciers en activité).

* E. D. M. Dnroeher se trompe lorsqu'il affirme que les angles sous lesquels les strie se croisent dans les Alpes ne dépassent pas 15 à 25 degrés. Bl. Aga— 1« eo a décri: et figuré qui sont à angles droits (voy. nos Études sur les glaciers ^ pi. XVIH).

SULCATURES. 393

est souvent anguleuse et dépourvue de stries et de cannelures. Cette disposition est tellement frappante le long des côtes et dans Tintérieur des vallées de la Scandinavie , qu'elle y a été remarquée depuis longtemps par le peuple des campagnes, qui désigne les collines ainsi coupées d'un côté sous le nom de skaaret flesk (lard entamé) parce qu'elles ont, en effet, l'air d'être entamées sur leur face préservée. Or comme cette face anguleuse est généralement en aval , il en résulte que si le polissage et le façonnement des rochers était l'œuvre de la vague, ce côté, loin d'être préservé, devrait au con. traire être le mieux arrondi , puisqu'il est frappé directement par le battement des flots. Au reste , cette disposition des rochers n'est pas exclusivement propre à la Scandinavie. On retrouve le même phénomène, bien que moins développé, dans les Alpes. 11 y a au* devant du glacier inférieur de l'Aar trois collines granitiques allon* gces dans le sens de la vallée. Ces collines sont toutes trois parfaitement arrondies du côté qui fait face au glacier; le côté opposé , par contre, est bien moins façonné et l'on n'y reconnaît aucune trace d'usure. Je connais aussi plusieurs localités où cette disposition se retrouve dans l'intérieur des glaciers. Le glacier de Rosenlaui est divisé à son extrémité en deux branches. Le promontoire qui occasionne cette bifurcation est parfaitement poli et usé en amont et sur les côtés , partout où le glacier se trouve en contact avec lui. Il est au contraire anguleux et en forme d'escalier du côté d'aval, où il est à l'abri de tout frottement ^

H. Sclierer a fait la remarque qu'en Norwége le contraste entre le côté choqué et le côté préservé est beaucoup plus frappant dans les vallées et sur le bord des fiords, que sur les plateaux^ qui sont cependant aussi polis et rayés , et il demande si une pareille disposition est compatible avec l'hypothèse des glaciers. La difficulté, à mes yeux, n'est pas bien grande; c'est la conséquence d'une action prolongée des glaciers. Si, comme tout semble l'indiquer, la fonte jes glaces s'est effectuée d'une manière lente et graduelle , il s'en-

* E. D. Le fait que les stries sont moins distinctes sur les côtés de ces rochers façonlés et qu'elles s'oblitèrent insensiblement dans le voisinage de la face préservée, ne aurait non plus être une difficulté pour la théorie glaciaire, comme le pense H* Har- ?hla<ii {Quarterly Journal , t. II, p. 367), attendu qu'on retrouve la même chose sur es rochers actuellement en contact avec le glacier.

La direction dei sal-

suit que les glaciers ont dû séjourner plus longtemps dans les vallées et les dépressions du sol , et partant leur action doit y avoir laissé des traces plus profondes et plus indélébiles. E. D. 10. La direction des sulcatures en crand est assujettie aui

catnre* eo gnnd eit ^ "

•uujetue aux mèmea mêmes lois quc daus les Alpes, jnun. KeiliiAu * et Scli^rcr * oot

lois que daDs les Aipei. démontré, chacun de son côté, que les stries, loin de suivre uno

direction unique^ comme on l'avait conclu d'observations trop peu nombreuses, courent au contraire dans toutes les directions, qu'elles sont subordonnées aux reliefs du sol et dépendantes des versant. Cela est surtout évident dans l'intérieur des montagnes de la Norwége, où les sulcatures suivent d'une manière absolue la direction des vallées. S'il arrive qu'une vallée dévie de sa direction première pour se fléchir soil à droite, soit à gauche, on voit les stries répéi^r les mêmes flexions. C'est en particulier ce que BE. gM|i.MU«.i a observé dans la vallée de Leirdal qui , après avoir couru au sudouest , se coude brusquement au nord-ouest pour aller aboutir au Sognefiord. Les stries de la partie supérieure se croisent à an^^l^ droit avec celles de la partie inférieure, absolument comme les stries de la vallée du Rhône , en amont et en aval de Martigny. En Suède, la direc- E. D. 11. Eu Suèdc la dircctiou des sulcatures est plus uni-

tjon des suicaturet e»t f^^^^ Qu'cu Norwégc ! c'cst uuc conséqucnce naturelle du relief dj

plus uniiuraie qu en ne ^

iTorwége. pays , qui est beaucoup moins accidenté que le sol de la Nonvege.

On sait que dans toute la partie méridionale de la presqu'île les sulcatures courent généralement du nord au sud, avec des déviations plus ou moins considérables tantôt à l'est, tantôt à l'ouest. C'est et* dont il est facile de s'assurer en longeant le Gôte-Canal , entre Gothenbourg et Stockholm. Après les avoir trouvées dans la première de ces villes , courant au sud-sud-ouest , je les ai vues abandonner insensiblement cette direction à mesure que j'avançais du côté de l'est , et à Stockholm je les ai trouvées orientées au sudsud-est, décrivant par conséquent un éventail qui égale à peu près un quart de cercle'. La déviation est encore bien plus marquée sur les polis calcaires récemment découverts par H* Fi

* Nyt Maganin fur Naturvidenskabeme, vol. III.

* Poggendorffs Annalen, vol. LXVI.

' E. D. M. Dwroeber, dans un mémoire spécial sur la direction des sulcatures, limet plusieurs centres d*érosion , auxquels il rapporte toutes les déviations locales.

», près de Faxoë. Les stries suivent ici deux directions qui se croisent sous un angle de 40 degrés. J'ai mesuré la direction prépondérante, et l'ai trouvée courant au sud-est (143 degrés de la boussole); la seconde direction est à Test-sud-est (102 degrés de la boussole).

Nous possédons bien moins de documents sur la partie septentrionale de la Scandinavie. Cependant M. Siljestraem a trouvé les stries dirigées au nord sur les bords du fiord d'Alten , dans le Finmark , et nous savons qu'en Finlande m. Bcetlillngk les a vues courant vers la mer Blanche*. En combinant ces directions avec celles qui s'observent dans les régions méridionales de la presqu'île, on trouve que les stries de la Scandinavie, comme celles des Alpes , forment un système unique qui rayonne dans toutes les directions, tout en présentant des déviations locales considérables.

E. D. 12. Enfin une dernière analogie entre la Scandinavie et les ed seindinaYie, Alpes suisses, qui n'avait pas encore été signalée jusqu'ici, c'est '^"^"^Jj^.J^^^ l'existence d'une limite supérieure des polis. J'ai montré ailleurs * deuas des rochen que dans les Alpes celte limite ne dépasse guère 3000 mètres. On "<»"»*'»"*■• ^^* **

1 • » 1 • •» 1 11 1 T in. Strié», «ont dentelées.

la voit s abaisser d une manière graduelle le long des flancs des vallées , à mesure que l'on s'éloigne des grandes cimes qui entourent les origines des glaciers ; mais son inclinaison est plus faible que celle des vallées, et à bien plus forte raison que celle de la surface des glaciers actuels. Elle se trahit facilement à l'œil exercé par les contrastes de forme auxquels elle donne lieu. Toutes les cimes qui s'élèvent au-dessus de cette limite sont profondément disloquées et dentelées, tandis que leurs flancs, au-dessous de cette même limite sont arrondis et polis. Il est une foule d'endroits dans les Alpes où le contraste est si frappant que des géologues, d'ailleurs fort habiles, l'ont attribué à une diflcrence dans la nature de la roche. Des contrastes pareils entre les sommets dentelés et les bases arrondies ont été observées par m. SUjeatrœm sur les flancs du Suletinden , dans le DoverQeld. M. KeUliau, de son côté, m'a assuré avoir remarqué le même phénomène aux Jotun-Fjeldene et dans les Nord-

« BulUt, de VAead. de Saini'PéUnbourg , t. VII.

' Compte* rendus de VAead. des sciences ^ t. XIV, p. 413.

landen (Norwége)*. Les sulcatures ne sont pas, en général, très-bien consei*vées dans ces régions supérieures ; cependant H. KciOuw a vu des stries jusqu'à 4800 mètres de hauteur, sur le plateau Halingdalen et Hardanger , et l'on sait que M. tiiljesfa ti en a observé sur les flancs du Snôhâttan à l'altitude de 1234 mètres. L'agent qui a ar- g j) 43 jj gg^ probable quc ccttc limite coïncide , comme en

rondi. moutODDè.bal- . . » • i j »i • *• .1»

jonnéir.œoiiugiie., Suisse, avcc Ic uivcau supérieur des débris erratiques, et Ion ne est le Dième que celui (joit pas s'attcudrc à trouvcr des blocs étrangers au sol au delà de ryéM'n!i"nnéê!" ^cttc limite". Cependant nous ne possédons pas encore des observations précises sur ce point important. Ce qui paraît hors de doute, c'est que l'agent qui a arrondi le flanc des montagnes est le même qui a tracé les sillons. De même qu'en Suisse, ces formes ballonnées ne sont donc pas l'effet pur et simple de la structure des granits, car autrement on ne concevrait pas pourquoi les sommets seraient dentelés passé une certaine limite de hauteur , qui est évidemment une limite climatologique'.

La faible inclinai- g. D. 14. La faiblc inclinalsou du sol, dans une grande partie de !olme u*nl ^tTo^Î! ^^ Suèdc ct dc la Finlande, comparée à la pente des glaciers actuels, jeciion à u théorie a été préscutéc comme une grave objection à la théorie glaciaire ^

glaciaire.

* E. D. II para!t qu'à mesure qu'on s'avance vers le nord cette ligne descend à nu niveau toujours plus bas. D'après les renseignements et les croquis que m'a Tournis ■• 4c iVellL , les formes arrondies et ballonnées , qui sont le trait dominant des montagne* dans la partie méridionale de la Norwége , sont bien moins fréquentes dans les Latitudes plus septentrionales. On cite des montagnes qui n'ont guère plus de 400 à bOf> mètres, et dont les sommets sont aussi dentelés que ceux des Alpes; telles sont, par exemple, les Sept-Sœurs au delà du 66* degré de latitude. U Atlas pittoresque de /< Norwége , par AiikjirY«rd , renferme plusieurs vues de pics dentelés , entre autiY» celle de Romsdalen et celle du fiord de Veblangsnaes. On voit des montagnes arrondît sur le devant , tandis que les montagnes du fond sont profondément déchirées , commr les aiguilles de la Dent^u-Midi , en Suisse.

* D. A. Pourquoi au-dessus de 3000 mètres d'altitude ne trouve-t-on plus de rxKhn en place moutonnées ni polies? (Voy. dans nos Matériaux pour Vétude des glatiers^ ch^p. Glacieri en activité.)

'£. D. Je ne prétends pas nier par là la forme cylindroïde des collines granitiques tn dehors du phénomène erratique ; j'en ai cité moi-même des exemples dans les Alpes H j'en aï vu de fort beaux en Scandinavie. 11 est probable qu'en une foule d'endroits l«^ glaciers n'ont fait que polir des surfaces déjà ballonnées ; mais ce n'est pas une raià^-^fi pour contester les polis et les cannelures , qui sont l'efTet d'une action subséquente.

* D. A. Depuis 1846 à 1862 tous les glaciers, les grands comme les petits, oou« (lisent que leur marche , leur mouvement , leur progression se fait dans tous tes sen> . en longueur, largeur et hauteur, et ils insistent et déclarent positivement que pour pr^r

cture.

par M. BœtUingfe^ d'abord , et plus tard par mu. Bronn ', Biiroclier ' etHup^Umm^. Bien que la pente que Ton revendique pour la progression des glaciers soit, en général, exagérée (puisque le glacier de TAar se meut sur un sol dont l'inclinaison moyenne excède à peine i degré) , Tobjeclion n'en serait pas moins d'un trèsgrand poids s'il s'agissait d'un continent parfaitement stable ; mais dans le cas particulier je ne saurais lui accorder une importance réelle, surtout après avoir montré par les stries, qui, sur le pourtour de la Suède et de la Norwége, plongent sous la mer, qu'à répoque du burinage le sol de la Scandinavie était plus exhaussé que maintenant.

E. D. 15. On a aussi beaucoup insisté sur cet autre fait, qu'en i-m «triei ne luinombre de points de la Scandinavie les stries ne suivent pas exac- pêriT^uTeTtldrprtteraent la pente du terrain , mais forment avec elle des angles plus ««i"» "•««*• o»»ou moins considérables. M. BœtUlngk cite spécialement le re.^"****"'***^*°"''«**vers de la montagne de Krogleben, dans le Ringe-Rige, près Christiania, où les rochers de Kongs-Outsigt sont usés de bas en haut , et il se demande comment il est possible qu'un glacier ait pu remonter ces rochers qui ont 1200 pieds de hauteur. J'ai visité cette localité et j'ai reconnu qu'en effet les sulcatures , au lieu de se fléchir à l'ouest dans la direction du fiord , remontent contre l'escarpement. J'ai observé des stries très-distinctes à la sortie de la gorge très-étroite, semblable à un ruz jurassique, par laquelle on descend de la station de Ki^ogleben à celle de Sundewall. Ce sont probablement les mêmes qu'a signalées JH. BœtUingk. Mais ce contraste entre la direction des sulcatures et les reliefs du sol, qui, au premier abord , semble si accablant pour la théorie (pour celle des courants encore plus que pour celle des glaciers), n'est pas un phénomène propre à la Scandinavie; on le retrouve tout aussi frappant dans les Alpes, où M. Agmisiz" en a cité un exemple, entre autres au col du Grimsel, entre le glacier du Rhône et la vallée de Hasle.

presser, ils n'ont pas besoin d'un sol en pente , ils progressent sur un sol horizontal et remontent des plans inclinés.

< Bullet. de VAcad. de Saint-Pétersbourg , t. VIII , p. 162.

* M<e«ahArd et Bronn , Jahrbuch , 1842 , t. X, p. 56. ' BuUet. de la Société géolog, de France, 1846, 2« série, t. IV, p. 28 et suiv.

* Quarterly Journal, 1846, 1. H, p. 340. ' Études sur les glaciers, p. 264.

Ce col y quoique situé à 500 mètres au-dessus du glacier acluel du Rhône , est poli et strié jusqu'à son sommet, mais dans une direction oblique à la vallée actuelle de TAar et à celle du Rhône. Celle direction ne s'explique que d'une seule manière, en supposant qu'à l'époque des plus grandes glaces un bras du glacier de l'Aar passait par-dessus le col du Grimsel et se déversait dans la vallée du Rhône. Or, pour peu que les glaces du nord fussent en rapport avec celles des Alpes, on conçoit que les glaciers qui descendaient de l'intérieur de la Norwége devaient être assez puissants pour maintenir leur direction malgré une barrière de quelques cents mètres. MoraiDes . blocs er- £ jj |g ^^^ Mwrtiiui a lusisté réccmmcnt , avec beaucoup de

ntiques, diloTium proprement dit . cenrt. raison selon nous, sur la nécessité de distinguer entre ces différentes formes du terrain erratique du nord, comme les géologues suisses l'ont fait depuis longtemps pour les terrains de transport de ce pays *. Il est permis de croire, en effet, que si le terrain erratique du nord a présenté jusqu'ici de si grandes difficultés , c'est parce que l'on a voulu rapporter à une cause unique un phénomène trèscomplexe en lui-même. Rien , en effet, n'est plus différent que la forme et la disposition du terrain diluvien dans les diverses parties de la Scandinavie. Il s'y présente sous les trois formes principales qu'on a reconnues en Suisse :

4® Les moraines ; 2® Les blocs erratiques ;

3^ Le diluvium proprement dit, auquel il faut en ajouter une quatrième qui est propre à ce pays, les o^ars.

Mortinet. £. D. 17. Lcs moraities existent dans les vallées intérieures de la

Norwége. M. Jl¥» Pli. ScHlmper en a observé de très-caractéristiques dans la vallée de Guldbrandsdalen', où elles se présentent sous la forme de remparts composés de débris amassés, sans aucun triage, comme en Suisse. Mais il ne faut pas les chercher dans la plaine ni au-dessous d'un certain niveau, qui est indiqué par Ie< points les plus élevés où l'on trouve des coquilles diluviennes.

* E. D. Meeker, de flaiiMiiire, AssmIB) Eaelier ▼•n 4er Iitetk, BlaMikci et surtout Ciayot

* Comptes rendus de VAcadémie, 1846, t. XXII , p. 43 (voy. aussi BovMker, BuiitL de la Société géolog,, «• série, t. IV, p. 85).

E. D. 18. Les blocs erratiques embrassent un champ bien plus bims «miiquet. vaste que les moraines; ils ne sont pas limilés à la Scandinavie, mais on sait qu'ils sont répandus sur une très-grande partie du nord de l'Europe. Tantôt on les trouve associés au diluvium, tantôt ils sont épars à la surface du l^ol. Les uns sont arrondis et les autres plus ou moins anguleux. Il y en a qui ont leurs angles aussi intacts que les blocs de protogine sur les flancs du Jura. Ceux qui sont mêlés au diluvium sont ordinairement arrondis; un petit nombre seulement est anguleux. Lorsque les blocs sont très-abondants sur un point , ils appartiennent ordinairement à une seule espèce minéfalogique. J'ai vu des localités où les blocs de syénite sont tellement nombreux qu'ils empêchent la culture de la terre , par exemple sur les bords du lac Roxen , dans l'Ostgotbie.

E. D. 19. Le dépôt qu'on désigne sous le nom de diluvium se mo^»». Câieu et

, 1 1 1. -.iii'rTioii f^ ^****- Limon oa

présente avec des caractères divers , suivant les localités. En buède .^e tré«.flii. s«bie et dans une grande partie de la Norwége, il est le plus souvent com- ^*^^posé d'un gravier mélangé da galets et de gros blocs. Souvent aussi c'est du limon qui passe même quelquefois à une argile très-fine, par exemple sur les bords du fiord de Tyrie. Dans d'autres contrées cette argile fait place à un sable très-fin , recouvrant de vastes étendues. La fertilité des pays du nord dépend, en général, de la nature du diluvium. Les plaines si fertiles de la Scanie et du Seeland sont composées d'un diluvium limoneux mêlé de calcaire. Les plaines du Hanovre et spécialement la Lûneburger Haide ne sont si stériles que parce qu'elles sont composées de sables siliceux.

Ces dépôts divers renferment tous des cailloux roulés et même des blocs d'un volume considérable. Les blocs qu'on en retire sont en général arrondis, ou du moins émoussés.Tous ne sont pas étrangers au sol ; il est des contrées où la majeure partie proviennent de la roche en place ou de gîtes peu éloignés. Ainsi le diluvium de Scanie contient beaucoup de silex pyromaques aux environs de Malmô^ et de nombreux fragments d'arkose aux environs de Lund. Le diluvium des environs de Copenhagen renferme en quantité des galets de calcaire danien (calcaire de Faxoë), et même des morceaux de grès vert. m. ForeUiaiiuiier * a montré que le diluvium de l'ile de

* Poggendorffs Annakn , vol. LVUl , p. 609.

Langeland contient de 35 à 40 p. 100 de roches de transition. Sur la rive occidentale du Limijord, les porphyres, les svénites et les grès de transition vont jusqu'à 40 p. 100 , et dans la partie occidentale du Jutland les roches de transition forment les deui tiers de la masse. Mais ceux-là ne sonf pas susceptibles d'être iraoîportés aussi loin que ceux de la surface , car , comme ils sont assujettis à des frottements continuels, ils finissent par être complètement usés et réduits en poudre, à moins qu'ils ne soient excessivement durs. Suivant l'opinion de plusieurs géologues , cette distribution des débris erratiques serait une difficulté insurmontâlk pour la théorie glaciaire. On objecte que si le terrain erratiqut avait réellement été transporté par des glaciers se rattachant a la chaîne des Alpes Scandinaves, on ne devrait rencontrer que des galets de ces montagnes dans le diluvium de la plaine. L«t glaciers ne tnns. £. D. 20. Lcs glacicrs uc trausportcut pas seulement les maîé-

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que ces pierres arrachées au fond, à moins d'être d'une trés-granJe dureté, ne peuvent pas faire un long trajet. C'est ce dont le glacier de l'Âar nous offre un exemple frappant. Quoique encaissé en majeure partie par des montagnes gneissiques, il ne rejette cepeudai/i qu'une quantité proportionnellement très-faible de cailloux do gneiss. Les pierres empâtées dans la glace, à l'extrémité du glacier, sont en général des galets granitiques provenant des massifs It:s plus voisins. Il n'y a dès lors rien d'extraordinaire à ce que les galets schisteux dominent en Suède, là où la roche en place est du schiste, tandis qu'en Scanie on trouve beaucoup de silex mêlés au diluvium.

Au reste, cette même distribution se retrouve aussi dans le diluvium de la Suisse. Il y a sur le revers méridional du Jura , entre Soleure et Bienne , une dépression en forme d'anse , au fond de laquelle sont situés les bains de Granges. Cette dépression est remplie d'une masse énorme de diluvium, dans lequel on remarque à côté des blocs de granit, de poudingue, de chlorite etc., tous t'riginaires des Alpes, une quantité assez considérable degrosbLcï

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