‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 122 sur 216 · II · texte numérisé non relu

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qu'on attribue 4844 pieds à Areskuttan : mes observations baro-

métriques donnent 1484 mètres pour l'élévation d'Areskullan.

J. D. 17. Les agetUs érosifs qui ont strié Areskuttan sont parîU Jpoints notablement moins élevés. — ....Les agents sulcateurs qui

sont venus de l'ouest éroder la crête et la cime principale d' Areskuttan sont donc partis de points beaucoup plus élevés , et ils ont d'abord traversé des plateaux dont le niveau moyen est seulement de 500 à 600 mètres pour s'élever ensuite jusqu'à 1484 mètres.

Ces faits nous montrent combien on aurait tort de vouloir établir une assimilatioo complète entre les phénomènes erratiques de la Scandinavie et ceux des Alpes et des Pyi'^ nées ; les agents érosifs ont eu ici un mouvement ascensionnel au lieu de desceodre. suivant rinclinaison du terrain. L'hypothèse d'une lésion de neige ou de glace ne per. donc rendre raison du phénomène Scandinave, et quant à la théorie des glaciariste>,)i> ne vois pas comment des glaciers auraient pu se mouvoir en sens contraire de la {«^«a"teur, et remonter en des points beaucoup plus élevés que ceux dont ils seraient partis

J. D. 18. Caractère des érosions m Norwége. — Dans le massif occidental des montagnes de la Norwége, situé à l'ouest du méridien de Tronthjem , dans lequel se trouvent les sommités les pit i élevées du nord de notre continent , les sulcatures présentent une disposition divergente analogue à celle qui a eu lieu dans les Alpe.N mais malgré son élendue et sa grande élévation, elle n'a pastté le point de départ des actions érosives qui se sont étendues sur h Suède , car dans la partie sud-ouest de celle contrée toutes Icr^ stries courent du nord-nord-est au sud-sud-ouest ou du nord-est au sud-ouest.

J. D. 19. Le phénomène erratique est beaucoup moins dévelopj-dans la région des hautes montagnes que dans la partie basse d*: I ' Scandinavie. — J'ai exploré dans plusieurs sens les zones montagneuses les plus élevées : le Dovre, le Langfjeld, l'Iotungfjeld et le Pillefjeld ; j'ai été étonné de voir que le phénomène erratique y e^l beaucoup moins développé que dans la partie basse de la Scandinavie, située plus à l'est; cependant les caractères d'accidentali n sont beaucoup plus tranchés ; l'on y voit d'immenses déchirures, et quelques sommités culminantes s'élèvent du niveau de la mer jil<qu'à une altitude de près de 2500 mètres. On y trouve des valkrï

*D. A. Voy. nos Matériaux pour Vêtude des glacier» ^ chap. Glaciers en acIinU. — Des observations nombreuses , très-nombreuses et d'une rigoureuse exactitude nuthexstique , autorisent à imprimer en petits caractères ces coaclusioos en 1862.

profondes de 30 à 40 lieues de longueur, encaissées entre des parois abruptes qui s'élèvent souvent à un millier de mètres. — Je m'attendais à voir dans ces vallées le magnifique spectacle de sulcatures que j'avais admiré en 4840 dans plusieurs vallées des Alpes ainsi que dans celles de la Reuss, de l'Aar etc., mais presque partout les flancs de ces vallées sont décharnés et raboteux , et l'on n'y voit pas de surfaces polies ni striées ; c'est seulement dans le fond des vallées ou vers le pied de leurs flancs que l'on voit en divers endroits des rochers arrondis et présentant des stries. Néanmoins dans les parties de la Norwége formées de collines arrondies et mamelonnées qui vont en s'abaissant vers la mer, ainsi entre Tronthjem et Levanger^ aux environs de Christiania , entre cette ville et Christiansand , ce phénomène des érosions se montre aussi développé qu'en Suède; c'est seulement dans les vallées profondes formant des déchirures entre les hauts plateaux et à la surface de ces plateaux qu'elles sont peu développées. Ce fait incontestable peut être attribué à difl*érentes causes, d'abord à ce que les flancs de ces montagnes étant fortement inclinés , ont plus de tendance à s^ébranler, et les roches étant habituellement schisteuses sont plus sujettes à se désagréger que le granit sous les influences atmosphériques. Il est possible aussi que le phénomène des érosions ait été moins prononcé. dès l'origine, soit parce que la disposition abrupte jes flancs des rochers était moins favorable au développement des actions érosives , soit parce que le transport des matériaux meubles ]ui ont servi de burin s'est fait sur une échelle moindre, et que la ritesse des masses en mouvement était moins considérable.

Les détritus déposés au fond des profondes déchirures et à la mrface des plateaux très-élevés , ne forment pas en général des imas aussi considérables que sur les régions à collines de la Suède *t de la Noi'wége, et les blocs y sont aussi moins abondants. Néan- Tioins lorsque les vallées situées dans cette région montagneuse >iii une grande longueur, lorsque leurs flancs sont moins élevés et noins inclinés, lorsque, en un mot, elles se rapprochent des dé- )ressio^s ou des vallées plates qui séparent les collines ou les peites m^intagnes de la Suède , alors les dépôts de transport forment les entassements plus considérables et prennent les caractères des vsars suédois; c'est ce que montre la comparaison des vallées larges

et à flancs moyennement inclinés de Lessoë, du Guldbrandsdal , du Beina-Elf , de la Glommen etc., avec les vallées profondes du Justedal, du Lerdal, de la Driva etc.

J. D. 20. Érosions sur les hauts plateaux. — Sur les plateaux dont le niveau moyen dépasse 1400 mètres , il est rare de voir des stries *, mais on en trouve fréquemment à une altitude intermédiaire entre la limite des bouleaux et celle des neiges perpétuelles, c'est-à-dire entre iOOO et 1500 mètres. Elles sont ordinairement un peu irrégulières et ne paraissent pas toujours dériver des plus hautes sommités ; ainsi , sur le Dovre , à la montée qui est entre Jerkind et le point le plus élevé de la route de Trontbjem , au sudest duSnôhàttan, aune altitude d'environ 1200 mètres , j'ai remarqué deux systèmes d'érosions qui se coupent , dirigés l'un du S. 12o 0. au N. 12o E., l'autre S. 45° à 50« 0. au N. 45o à 50^0. au N. 45» à BO"* E.; ces deux systèmes ont rasé le côté orientai du massif du Snôhâttan , et au lieu de descendre , ils montent du sud et du sud-ouest vers le nord et le nord-est.

Comme l'a déjà fait remarquer M. sujestrœm, c'est seulement dans la vallée de Grundbrandsdal que les sulcatures s'abaissent vers le midi pour descendre le long de celte vallée. J'ai encore observé des stries sur le côté opposé du Snôbâttan, à l'ouest de Skeahôgy à une altitude de 1279 mètres; c'est ici sur des roches polies de serpentine ; elles courent au N. 35<> É. et ne dérivent pas non plus du Snôhâttan. J'en ai vu aussi sur le plateau du Langfjeld , qui s'étend entre la vallée du Romsdalen et celle de TOtte- Elv, dans une partie basse de ce plateau , à une altitude de 1340 mètres sur la rive orientale du lac Bredals; elles sont dirigées du N. 21o 0. au S. 21o E., à peu près dans le sens de la dépression où se trouve le lac. J'ai encore observé des érosions à des hauteurs comprises entre 1000 et 1400 mètres sur les plates-formes environ-

* D. A. Au-dessus des neiges temporairement plus ou moins persistantes (que l'on désignait autrefois par limite de neiges éternelles ou perpétuelles , ou champs de ndge ou névé) , dont la limite d'altitude varie suivant la latitude et le climat , les glacîen sont adhérents au sol , fixé , gelé , dans toutes les saisons ; par cette raison ils ne peuvent point raboter , polir, ni buriner les roches qui les encaissent. En Scandinavie, cette limite où le glacier est adhérent est à une altitude de 1500 métrés, dans les Alpes, eo moyenne, à 2700 mètres approximativement, suivant les localités (voy. nos Jfalénoiij pour l'étude des ghciers^ chap. Glaciers en activité).

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