ÉROSIONS SUR LES HAUTS PLATEAUX
nant les Skagstôlstind , sur le Sogrefjeld et sur les plateaux dits Hôgbergstàtt , situés à Test du Gravefjeld ; elles se trouvent en général dans des dépressions que présentent la surface de ces plateaux et sont dirigées dans le sens de leur allongement. Quelquefois ces stries y que Ton voit à une grande élévation , se trouvent dans le voisinage des glaciers, et, dans certains cas, a est impossible
qu'elles aient été tracées par des glaciers qui auraient été autrefois plus étendus qu'ils ne le sont maintenant *,
J. D. 21 . Disposition des stries à rUitérieur îles vallées profondes.
J. D. 22. Directions observées entre Christiania et Arendal. — Le tableau des directions observées entre Christiania et Arendal le long du littoral^ sur les iles avoisinantes, aux environs de Congsberg et Modum, offre plusieurs groupes de direction...
J. D. 23. Intersections de stries sous des angles de 72 et de 90 degrés. — Les érosions dérivant de l'intérieur des terres sont transversales aux stries dirigées de l'est-nord-est à l'ouest-sud-ouest. l'ai observé plusieurs exemples de croisement sous de très-grands mgles; j'en citerai deux seulement : là où la route de Holmerstand \ Laurveg atteint le plateau , en quittant la gorge qu'elle traverse à a sortie de la ville, on voit des stries venant de l'intérieur, dirigées, m moyenne, au N. AO^ 0., couper sous un angle de 72 degrés l'autres stries qui courent de l'E. 22» N. à 0. 22© S. Le long du anal qui sépare l'ile Langoë de Koume, située plus à l'est , on voit n beaucoup d'endroits des sulcatures dirigées à l'E. 30® N.; on en oit d'autres, qui leur sont exactement perpendiculaires, descendre u N. 30* 0. au S. 30° E. de dessus les rochers qui bordent le vagc et près desquels on exploite des mines de fer*.
^ D. A. L'auteur de toutes les roches moutonnées, ballonnées, polies, rayées, striées, rinées, c'est le glacier.
* D. A. Aux glaciers de l'Aar nous avons pris sur le fait Tauteur des stries croisées à gle droit. — Dans le bassin du grand glacier, que nous appelons a/fluent du Finster' irhom (glacier du Finsteraar), nous voyons sur la rive gauche un petit glacier qui desid d'un cirque supérieur, mais qui n'est pas assez puissant pour se joindre au grand icier ; un espace de 100 màtres en sépare sa pente terminale. Des stries dans le sens igitudinal du grand glacier sont burinées très-profondément sur la roche polie. Le it glacier, lui aussi, frotte, use, polit et strie les roches à cette altitude de 2600 mètres la partie basse n'est pas adhérente au rocher; en passant sur les anciens stries, il ne efface pas complètement, et on voit à la fln d'un été chaud, comme en 4861 (ou sa ite terminale a été fondue) , des stries fraîches qui croisent les anciennes , même plus
J. D. 24. Les canaux sinueux et profonds ^ décrits précédemwoiî, appartiennent à différents systèmes d^ érosions.
J. D. 25. Stries observées aux environs de Yoerdalsoren et Levawjîr.
J. D. 26. Systèmes d'érosion observés etitre Levanger et Tronth'yin.
J. D. 27. Systèmes d'érosion de la contrée de Rœraas.
J. D. 28. Les stries observes en Scandinavie tendent généralement à se rapprocher de la direction nord'ouest-sud-est.
J. D. 29. Système d'érosion observé eti Finlande.
J. D. 30. Tableau résumant les directions observées en Suède, Scrwége et Finlande.
J. D. 31. Caractères du dépôt de transport dans le nord de f Europe.
J. D. 31. Caractères du dépôt de transport dans le nord de ffwrope. — Le dépôt de transport du nord de l'Europe consiiiu. une formation géologique non moins remarquable par ses canctëres que les formations plus anciennes ; son épaisseur , qui est très «variable , parait atteindre une centaine de mètres dans certaines parties du nord de l'Allemagne , de la Russie et du Danemark ; mais son développement principal est en surface ; il s*étec] en rayonnant autour du massif cristallin des contrées Scandinaves jusqu'aux iles Britanniques, d'une part; de l'autre, jusque versk 50<^ degré de longitude orientale , et du côté du midi jusqu'au pi. J des Carpathes, du Riesengebirge et de l'Erzgebirge. Un des caractèrt> particuliers à ce terrain consiste en ce qu'il n'a pas été déposé seulement dans des contrées basses, dans des bassins, mais il se montre avec des caractères analogues au niveau même de la mer et à une élévation de plus de 1000 mètres au-dessus, au sein même des régions montagneuses de la Scandinavie, sur les Qancs des rochers, de même que dans les plaines. Cette circonstance, jointe a Vahsf^v^ d'une stratification régulière, à la forme accidentée de la surface <Ju dépôt et à la présence habituelle de gros fragments roulés , monfr.' que les conditions générales de calme et de repos dans lesquel!:^ s'est effectuée la sédimentation peiidant les époques antérieures,
qu'à angle droit, puisque sa pente terminale se dirige en amoot de Tangle droit de Tju du grand glacier. Ce croisement de stries, je l'ai observé dans les Vosges» dans les Pyrénées , en aval du port de Venasque du côté de TEspagne , au port d*0o, et djns b grand nombre de localités en Suisse.
ont été remplacées, pendant la période anté-humaine, par des conditions particulières d'agitation et de mobilité.
J. D. 32. Passage entre le terrain diluvien et la formation tertiaire. — Néanmoins, dans la partie méridionale de la zone où s'est déposé le terrain de transport, au sud de la Baltique, c'est-à-dire à une assez grande distance des rochers d'où a élé détachée la plus grande partie des matériaux qui ont formé les éléments de la sédimentation , il y a, sous le rapport pétrographique , un passage entre le terrain diluvien et la formation tertiaire sous-jacente ; celle-ci se compose, en effet, de couches argileuses et arénacées, à l'intérieur desquelles il y a des blocs de granit provenant probablement des rochers de la Scandinavie ; mais elle est caractérisée par la présence de bancs de lignite et de coquilles tertiaires, appartenant à la période subapennine ou miocène , tandis que les coquilles contenues dans le terrain diluvien sont samblablas à celles qui vivent aujourd'hui dans la Baltique. Toutefois il est évident que le transport de matériaux très-volumineux a pu s'effectuer dans des mers tenant en suspension des détritus aussi ténus que les argiles , et dans lesquels vivaient des animaux marins : c'est pendant la période diluvienne que ce transport a eu lieu sur le plus grande échelle; mais il s'est fait aussi pendant la période tertiaire, et maintenant encore il a lieu dans des conditions analogues , c'est-à-dire à l'aide de glaces flottantes , sur les rives de la Baltique, sur les bords des fleuves et des lacs du nord de l'Europe.
J. D. 33. En divers points de V Europe, les dépôts tertiaires moyens attestent le développement d'actions diluviennes * . — Il est à remarquer qu'au midi des Alpes, le terrains tertiaire miocène que l'on voit affleurer sur la colline de Superga , près Turin , contient des blocs très-volumineux provenant des Alpes , de même que le terrain du
* D. A. Les glaces flottantes peuvent transporter des matériaux erratiques. Un glacier simple renferme dans son intérieur fort peu de matériaux, et ce n'est que sur les deux côtés que des parties de la moraine latérale peuvent y être engagées. Les glaciers composés de plusieurs affluents ont seuls sur leur dos de la moraine , qui accidentellement tombe dans des crevasses et se trouve solidement engagée dans le glacier. Dans les glaciers en Europe , la glace de glacier n*est jamais tout à fait pure, partout des matériaux à rétat très-divisé de sable et d'autres menus fragments y sont engagés , et dans les glaciers composés de plusieurs affluents, on rencontre des blocs et des roches d'une certaine dimension.
Danemark , formé à la même époque , renferme des blocs Scandinaves. J'ai aussi observé que les terrains terliaires miocènes dans Touest de la France sont des terrains de transport, argileux et arénacés , renfermant de gros fragments aiTachés aux roches paléozoïques, et l'on voit même souvent à leur surface de véritables blocs erratiques dont le volume est supérieur à i mètre cube.
Ces dépôts attestent Texistence de grands courants qui ont couvert d'imoienses éist dues de terrain , et qui ont érodé les plateaux élevés de même que les plaines basses : ainsi , à la môme époque , pendant la période tertiaire moyenne , le sol de différeiii^ parties de l'Europe a été soumis à des actions diluviennes. U paraîtrait, d'après les observations de M. vorelMumer, que ragitation des eaux qui a déterminé le traii«^-r: des détritus de roches Scandinaves vers le midi , aurait même commencé dés U fin d< U période crétacée; car on trouve dans le Danemark ces détritus associés à des débn« >a coraux dans des couches situées à la partie supérieure de la série crétacée.
J. D. 34. Gratides accumulations de détritus granitiques. — h terrain de transport formé pendant la période diluvienne renferm*;, dans le Danemark et dans le nord de l'Allemagne , une zone argileuse assez épaisse 9 située au-dessous des couches arénacées qui constituent la partie supérieure du dépôt ; mais , au nord de la Baltique, il s'y trouve fort peu d'argile, et la masse principale est formée de détritus siliceux , ou plutôt granitiques. Des matériaux de diverses grosseurs, provenant des roches primitives de la Scandinavie, ont été transportés du nord vers le sud , et ont formé des accumalations très-épaisses sur les plaines et les plateaux de la Norwé^e, de la Suède et de la Finlande , au nord et au sud de la Baltique, et nécessairement aussi au fond de cette mer, qui parait avoir été h partie centrale et la plus profonde de l'immense bassin diluvien. J'ai décrit précédemment ^ les caractères généraux du terrain dt transport et des blocs erratiques en Finlande , en Russie , en Pologne, en Allemagne et dans le Danemark. Je me bornerai donc à indiquer les principaux faits que j'ai observés dernièrement eo Suède et en Norwége.
Les accumulations de détritus primitifs qui couvrent la majeure partie du sol de la Suède et de la Finlande présentent diverses dispositions et donnent lieu à des accidents de terrain de formes tivivariées : on désigne généralement, en Suède , ces accidents sous le nom de œs (au pluriel œsars) ; mais on appelle ainsi les é]é\*atiûus de
* Voyatjes en Scatidinavie eic, — Géologie , par #. l»«r«cker , et Bulletin de le SrciV/r oè*Uog.f séance du !•»• décembre 1845.
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terrain formées principalement de roc solide, et ne présentant que des lambeaux superficiels de dépôt de transport, aussi bien que les collines composées entièrement de terrain meuble , el l'on désigne même habituellement ces dernières sous le nom de safidœs ou collines de sable, car le dépôt qui les forme est, dans la plupart des cas, principalement sableux et graveleux.
J. D. 35. Dispositions principales du terrain de transport déposé sur les collines granitiques de la Suède. — Souvent le terrain de transport a nivelé les inégalités que présentaient les collines granitiques^ et a produit des plateaux et des plaines d'une horizontalité remarquable*; d'autres fois les détritus ont été répandus comme un manteau à la surface du roc solide, et alors ils ont conservé la forme arrondie , conchoide des mamelons de granit et de gneiss. Cependant le dépôt s'est fait de préférence sur le côté méridional , ou plus généralement sur le côté abrité des rochers , et quelquefois il se présente , comme au Kinnekulle, sous forme d'une longue traînée. Les entassements de débris que Ton voit sur le flanc ou au pied des collines ont souvent la forme de monticules mamelonnés , jonchés de quartiers de rochers déplus de 10 mètres de longueur. Ces blocs gigantesques sont couchés pêle-mêle , les uns reposant à la surface du dépôt de graviers et de cailloux , les autres enfoncés dedans. Quelquefois le dépôt de transport simule un amphithéâtre ou un cirque, comme on le voit aux environs de la fonderie de canous d'Aker ; il semble que ce soit l'effet d'un grand remous des eaux ; ailleurs on y remarque des cavités en forme de bassins , de fonds de chaudière. Beaucoup de lacs en Suède , et principalement en Finlande, paraissent occuper le fond de cavités situées au milieu du terrain sableux, et sont allongés parallèlement à la direction générale des stries dans la contrée environnante.
J. D. 36. Formes diverses des œsars entièrement composés de terrain meuble. — Les fig. 2, 3, 4 et 5 représentent les formes principales qu'affectent les œsars, lorsqu'ils sont entièrement com-
* D. A. Ces plaines d'une horizontalité remarquable , ces détritus répandus comme un manteau à la surface du roc solide , les dépôts sous forme d'une longue traînée , ces tilocs gigantesques couchés pêle-mêle, les uns à la surface, les autres empâtés, ces amphithéâtres et ces cirques etc., l'auteur de tous ces accidents de terrain que nous appelons terrain erratique , c'est le glacier !
posés de terrain meuble : très-fréquemment, à la surface des plaines diluviennes très-unies, on voit des exhaussements en forme de dômes surbaissés ou de calottes sphériques (voir la fig. 3), ayant de 3 à 6 et 8 mètres de hauteur, et parsemés de gros blocs anxieux.
La fig. 3 indique des collines allongées en forme de chaussées aplaties, semblables à la Serra du Piémont, déposée à Verabouchure de la vallée d'Aoste dans la plaine ; cette forme est principalement développée dans la partie de la Suède que traverse le G(^ degré de latitude , et qui est la plus fréquentée ; aussi a*t-elle été particulièrement remarquée; mais elle n'est pas inhérente aux œsars d'une manière absolue. Ces chaussées sont souvent ébréchér'> (fig. &) ; elles ressemblent fréquemment à des prismes triangulaires , dont la section est représentée fig. 5. Elles se voient , eu général, dans les parties plates de la Suède, à la surface des plaine^ ou des plateaux; mais on en trouve aussi sur le bord et dans le FudJ même des vallées : dans ce dernier cas, elles ont presque toujours en coupe la forme triangulaire ; et il n'est pas rare de voir trois oi quatre de ces traînées de détritus disposées parallèlement etforiuaDi des sillons inégaux, comme c'est indiqué dans la fig. 6, dessinct entre Œfvre, Hogdal et Râtan (Jemlland). Quelquefois les CBsars, aplatis en forme de terrasses , sont parsemés de monticules et disposés en forme de dômes semblables à ceux que j'ai dessinés (fig. 7) entre la petite ville de Halmstad et la maison de poste de Kàrrby.
J. D. 37. Directions des (Bsars dans la plaine stid-est de la Siuili\ — Quant à la direction de ces collines allongées et de ces chaussées aplaties ou à section triangulaire, elle est en rapport évident avec le phénomène des érosions. Nous avons \n que les stries et les sillons ne sont pas dirigés du nord au sud dans toute retendue de la Scandinavie ; il en est de même de ces œsars , et les obsen> tions que j'ai faites dans les différentes régions où j'ai voyagé m*ont amené à conclure que les traînées de détritus sont généralemeni allongées dans le sens du système d'érosions qui prédomine dait> chaque zone, et, ce qui est encore plus remarquable, c'est que dans les régions où il y a plusieurs systèmes de stries, il y a souvent aussi plusieurs systèmes d'œsars ou de traînées de détritus. Ainsi, j'ai mesuré la direction de plusieurs groupes d'œsars au nord d'Upsal,
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et j'en ai vu qui sont dirigés au nord-nord-est et d'autres au nordnord-ouest. Ce fait se reconnaît même sur les grandes traînées de terrain meuble qui sont indiquées sur les cartes d'Hermelin et Forselle, et à la surface desquelles sont ordinairement établies les routes; cependant il faut noter que ces traînées, qui se prolongent à de très-grandes distances , ne forment pas en général des œsars tout à fait continus , mais des séries ou de petites chaînes d'œsars successifs. La ligne d'œsars la plus considérable de l'Upland , celle qui va d'Upsal à l'embouchure du Dal-Elf dans la mer, près de Gefle, présente certaines parties dirigées du nord au sud ; néanmoins elle affecte plus généralement la direction N. 15° 0.; mais à l'est de cette ligne il y a d'autres séries d'œsars qui courent entre le nordsud et le nord-nord-est sur de très-grandes étendues ; ainsi il en est
une qui s'étend à l'est de Sigtuna de Asby à Ashu^by du N. 13^ Ë. au S. 13<> 0. sur 8 kilomètres ; une autre, dirigée N. 15® E., s'étend sur 20 kilomètres de Làby à Tobo ; une autre, dirigée N. 30° E., se prolonge de Carlholm, au bord de la mer, jusqu'auprès d'Ulfors, sur 28 kilomètres.
Plus à l'ouest, dans la Westmaniey aux environs de Westeraes, Kuping, Nora etc., les lignes d'œsars sont habituellement dirigées, non plus entre le nord-sud et le nord-nord-esl , mais entre le nordsud et le nord-nord- ouest ; il y en a un grand nombre que l'on peut suivre sur des distances fort considérables ; je citerai pour exemple celle qui s'étend sur 28 kilomètres de longueur du N. i8<> 0. au S. 18oE., depuis Fellingsbro (entre Linde et Arboga) jusqu'à l'ile Wino dans le Iljelmar ; elle se dessine même au milieu de ce lac sous forme de bancs de sable.
J. D. 38. Direction des œsars en Finlande. — En Finlande, où les sulcatures sont dirigées en moyenne du N. 35^ 0. au S. 35» E., les terrasses de dépôt de transport que j'ai eu l'occasion d'observer sont allongées dans le même sens; mais il faut, en général , avoir soin d'examiner si les œsars sont composés entièrement de terrain meuble ou si ce terrain forme simplement une couverture au-dessus des rochers granitiques, car alors leur direction peut être fort différente de celle des stries.
J. D. 39. Directions des césars dans Vest du Jemtland. — Entre le lac d'Œstersund et la frontière de Norwége, dans ia partie orientale
du Jemtland , où la plupart des sulcatures sont dirigées de rouesinord-ouest à Test-sud-est , les collines diluviennes sont allongées dans le même sens. Mais sur la côte sud-ouest de la Suède, on voit des terrasses, telles que celle représentée par la fig. 7 (entre Halmstad et Kàrrhy)j qui sont allongées du nord-est au sud-ouest, c'està-dire suivant la direction principale des stries dans cette contrée.
Nous avons vu que dans les vallées noi*\\'égiennes dont les flancs sont continus et un peu élevés, les stries suivent la direction du thalweg , il en est de même des traînées de graviers et de cailloui que Ton rencontre fréquemment dans les parties où ces vallées ont une largeur un peu grande.
J. D. 40. Dans les vallées de la Suède le dépôt de transport ne présente pas de terrasses en gradins comme dans les vallées des Alpex H des Pyrénées. — On ne remarque pas eu Suède le phénomène des terrasses diluviennes disposées en gradins , qui se montre si bien développé dans les grandes vallées des Alpes , des Pyrénées (vuir fig. 8) , des Vosges , et quelquefois aussi dans le nord de TAUemagnc , où les grands fleuves, tels que TElbe, l'Oder etc., coulent à un niveau de 30 mètres environ au-dessous de la surface du dê[MJi diluvien : ces terrasses en gradins sont dues à ce que les eaux ont creusé leur lit an milieu d'un terrain de transport d'une asseï grande épaisseur, et l'ont approfondi à plusieurs époques successives , entraînant avec elles les matériaux dont il est composé. Or les grands fleuves de la Suède, de Dal-Elf, leLjusne-Elf, leGôta-Elfetc, ne coulent point entre des parois rocheuses continues; ils sont simplement bordés de collines détachées et laissant entre elles des intervalles vides : on comprend alors que les courants diluviens de la Suède n'ont point été resserrés entre des barrières continues , mais se sont répandus uniformément sur toute la contrée. Par suite il y a eu difl*usion des matériaux transportés sur de très-vastes surfaces , et non agglomération au sein des vallées , d'autant plus que le mouvement des agents de transport a eu lieu , dans beaucoup de cas , obliquement par rapport à ces vallées. En outre , leur fonJ n'oiïi^e pas une pente graduelle et continue, mais une succession de parties plates, souvent occupées par des lacs, et de cascades formant comme des barrages naturels; des fleuves placés dans de semblables conditions ont peu de tendance à approfondir leur lit «
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el se rapprochent des rivières canalisées. Ces digues de granit et de gneiss maintiennent le niveau des eaux dans des conditions de fixité qui contrastent avec le changement perpétuel de niveau qu'éprouvent beaucoup de grandes rivières de l'Europe , lorsque leur régime n'a pas été réglé par des travaux d'art.
Les stries que l'on remarque en beaucoup d'endroits disposées obliquement sur les rochers des cascades', el que n'a pu encore détruire l'eau qui coule sans cesse à leur surface^ montrent combien est faible l'action érosive de l'eau lorsqu'elle est pure; elles attestent aussi que ces barrages ou ces repères naturels sont encore aujourd'hui tels qu'ils étaient à la fin de la période diluvienne, et par suite lès eaux de ces fleuves ont été maintenues entre les mêmes limites depuis cette époque jusqu'à présent.
J. D. 41. Dam les vallées norwégiennes il y a des teirasses de dépôt de transport semblables à celles des Alpes et des Pyrénées. — Dans les régions montagneuses de la Norwége il y a des vallées bordées de flancs continus, comme dans les Alpes , les Pyrénées et les Vosges, et dans les parties où le dépôt de transport est un peu épais , on y remarque souvent de belles terrasses disposées en gradins , ayant jusqu'à 20 et 30 mètres de hauteur ; ainsi leur absence en Suède 3t en Finlande tient uniquement à une différence dans la structure iu terrain. La formation des magnifiques terrasses que l'on voit près le l'embouchure des larges vallées norwégiennes dans la mer, ainsi ians les anciens fiords de Tronthjemy de Vœrdalsôreriy dans le î'inmark etc., parait dépendre' de l'action des eaux marines, orsqu'elles s'élevaient plus haut qu'aujourd'hui ; mais il y a aussi les terrasses à une altitude de 5 à 600 mètres au-dessus de la mer, linsi dans les vallées de Foldal , de la Glommen, du Guldbrandslal etc.
J. D. 42. Nature des matériaux constituant le terrain de transport. — Les matériaux constituant le terrain de transport du nord de 'Europe sont des détritus sableux, argilo-sableux, des graviers, des
* D. A. Nous voyons dans les Alpes des surfaces de roches polies et striées en aval des lacîers en activité. Ces polis et striés se conservent parfaitement aussi longtemps u'eUes ne sont pas atteintes par le torrent, mais dès que cela a lieu, en fort peu de !inps les stries sont effacées, la surface change d'aspect.
* D. A. Ce phénomène dépend des mêmes causes que ceux des terrains erratiques que on trouve de 500 à 600 mètres au-dessus de la mer.
cailloux et fragments divers plus ou moins usés et arrondis pour la plupart: quant aux blocs erratiques, les plus gros et ceux qui uni les arêtes tout à fait vives et les angles aigus se voient à la surface du dépôt ; ceux que Ton trouve à riulérieur sont en général plus petits, ont les angles moins aigus, et beaucoup d'entre eux sont grossièrement arrondis. Quand le dépôt erratique forme des entassements irréguliers sur le flanc des collines, le mélange des matériaux est plus confus , les cailloux et les gros fragments y sont en général plus abondants ; sur les plaines ou les plateaux qui ont èié nivelés , et dont la surface se rapproche de rhorizontalité, de même que dans les œsars en forme de larges chaussées plates , ou dans les terrasses en gradins des vallées norw'égiennes , le dépôt de traospon est plus sableux et graveleux , les cailloux y sont moins voluniineui et mieux roulés ; les blocs d'un volume de plusieurs pieds cubes sc rencontrent plus habituellement à l'intérieur des dépôts qui renferment beaucoup de cailloux roulés , mais j'en ai aussi remarqué dans les parties formées de graviers ou de sable presque pur. D'ailleurs nous avons déjà dit que ces dépôts présentent quelquefois de^ indices de stratification , et offrent un commencement de triage des éléments d'après leur grosseur et leur nature.
i.D. iS. Les dépôts sont principalement sableux et graveleux arec mélange de fragments roulés. — Cependant l'un des caractères principaux des terrains de transport dans le nord de l'Europe consiste en ce que , excepté à la surface , les gros fragments y sont en faible proportion, comparativement aux menus détritus; ce sont principalement des dépôts sableux et graveleux, mélangés d'une quantité plus ou moins grande de cailloux roulés, et c'est ce qui leur a fait donner le nom de collines de sable j sandœmr. Entre ces collines et les moraines abandonnées par les glaciers , il y a des différences notables sous le rapport de la configuration extérieure , de la grosseur des matériaux , de leur état de conservation et de leur distribution : les moraines n'ont pas la forme de terrasses ou de laides chaussées aplaties en haut, et à section trapézoïdale; il s'y Irouvi en général plus de gros fragments, les matériaux y sont plus anguleux, mélangés confusément, et ne présentent pas cette répartiUvu par zones de sable et de cailloux que l'on remarque fréquemment dans le nord de l'Europe.
D'aiJIeurs les blocs erratiques gigantesques, s'ils avaient été transportés par des glaciers , devraient se trouver exclusivement dans les accumulations de débris offrant les caractères des moraines, et l'on ne conçoit pas comment ils pourraient se trouver à la surface de dépôts qui présentent les caractères évidents de formations aqueuses. En outre, beaucoup de ces blocs proviennent de contrées basses qui ont été entièrement couvertes parles agents érosifs, et, par suite, ils ne peuvent résulter d'éboulements ayant eu lieu au-dessus des glaciers que l'on suppose avoir strié la surface de ces collines : ils auraient alors l'origine qui leur a été attribuée par M. de Ctaarpenller, à savoir qu'ils auraient été arrachés par les glaciers à leur fond , et se seraient élevés progressivement à leur surface *\ mais cette opinion me parait difficile à admettre, d'autant plus que les très-grands blocs qui gisent à la surface des dépôts de transport ne présentent pas de traces de frottement.
J. D. 44. Abondance des fragments erratiques d'une même espèce autour de leur gisement originaire, et ailleurs prédominance des fragments granitiques, — Comme l'ont fait remarquer HURE, de Vemeuil cl miiirciiison 9 il y a des régions où les blocs erratiques sont beaucoup plus abondants qu'ailleurs, et dans les lieux où ces blocs sont très-gros , très-rapprochés et tous de la même espèce , ils ont été amenés de petites distances' ou n'ont même élé que déplacés ; mais il n'en est pas ainsi dans d'autres régions, où il y a des blocs de natures très-diverses et aussi très-abondants et formant comme une mosaïque, ainsi que je l'ai remarqué près de Falun et en beaucoup d'endroits^ principalement sur les côtes de la Baltique. D'ailleurs l'abondance des fragments erratiques d'une même espèce autour de leur gisement originaire est un fait général , qui n'a pas lieu seulenncnt en Norwége, en Suède et en Finlande, mais aussi au midi de la Baltique; ainsi dans le voisinage des points où afOieurent des roches secondaires, du calcaire crétacé par exemple, les fragments arrachés à ce terrain prédominent, mais seulement dans un cercle circonscrit autour de ces affleurements; car à une certaine distance, là où le roc solide est recouvert par une grande épaisseur du dépôt de transport, ce sont les blocs et cailloux formés de granit, c'està-dire de la roche la plus répandue en Suède et en Finlande, qui redeviennent prédominants.
' D. A. M. de Ctaarpeiiiler et les glaciaristes ont dit et disent que des blocs engagés iccidentellement dans Tintérieur des glaciers peuvent se retrouver naturellement sur la >urface de la glace par la fusion et l'ablation du glacier.
* D. A. Les blocs monstre^ de Monthey (Valais) , qui sbnt de même espèce , viennent ie fort loin.
J. D. 45. Causes de la prédominance du granit dans les dépôts tTraliques du nord de l'Europe , des Alpes et des Pyrénées. — Lors de mes différenls voyages en Russie , en Allemagne, en Daneniark, en Suède, Norwége et Finlande , j'ai observé que les blocs de granit sont beaucoup plus abondants et plus gros que ceux du gneiss et de^ autres roches stratifiées , et que leur proportion est beaucoup plus glande qu'elle ne devrait être, même eu égard à la distribution relative du gi^anit et des roches schisteuses à la surface de la Scandinavie. Une observation analogue peut être faite pour le terrain erratique des Alpes et des Pyrénées ; ainsi l'on trouve , sur le versaut méridional du Jura , beaucoup plus de blocs de granit que de roches stratifiées ; et il en est de même dans les vallées pyrénéennes. Cela me parait provenir de la tendance du granit à se diviser suivant de^ surfaces conchoïdales , tendance déjà signalée par H. die athi en outre, sous l'influence des causes atmosphériques, les roches pyrogénes ou massives se divisent plus facilement en fragments vûlumineux que les roches schisteuses; et, en vertu de leur plus grande dureté, ces fragments se conservent mieux dans le tranîport.
D'ailleurs, la démolition des roches qui a fourni une si énorine quantité de gros blocs livrés au transport, ne me paraît pas avoir eu lieu exclusivement pendant la période diluvienne, mais aussi bien des siècles auparavant, et avoir été activée par la rigueur du climat, qui est si favorable aux effets destructeurs de la congélation de Teau infiltrée dans les fissures des roches.
La présence des blocs gigantesques à la surface du dépôt de transport, de la Scandinavie montre que c'est vers la fin de la période où il se formait que se sont rencontrées les conditions les plus favorables au transport de ces grands quartiers de rochers; ils présentent souvent dans leur gisement des circonstances analogues â celles qui ont été remarquées en Suisse, comme le montre uq gros bloc de granit que l'on voit à 800 mètres environ à roucsi des mines de Falun ; il a 8 à 9 mètres de long sur 6 de large et ( de hauteur ; il est divisé en deux parties et parait s'être brisé en tombant ^
* D. A. En tombant du glacier sur le sol.
J. D. 46. Lé transport des blocs erratiques du iwrd a été effectué par des glaces flottantes, — J'ai démontré, dans un précédent mémoire \
que les blocs erratiques répandus dans le nord de TÂlIemagne et le Danemark, se trouvant associés à des dépôts coquilliers, n'ont pu être transportés par des courants violenls, qui auraient brisé les coquilles, mais par des glaces flottantes, et j'ai cité, à l'appui de cette manière de voir, leur disposition en amas, en couronnes ou demianneaux sur les flancs des collines , et en général , leur abondance beaucoup plus grande sur les élévations de terrain que dans les dépressions.
Gela résulte de ce que les radeaux de glace qui les transportaient ont été arrêtés sur les collines qui formaient alors des lies ou des bas-fonds , et en déposant leur chargement, elles y ont laissé une grande quantité de blocs, tandis qu'ailleurs ils sont disséminés isolément. Le même caractère général se manifeste en Suède : c'est à la surface des œsars , qui forment des exhaussements sur les plaines diluviennes, que les blocs erratiques forment des groupes ; ils sont habituellement plus nombreux et en amas plus considérables sur les élévations de terrain que dans les parties basses.
J. D. 47. Les glaces flottantes ne proviennent pas de glaciers situés sur les régions de l'ancietme me?* Scandinave. — uni. Murclilsoii et de iTenteuil regardent aussi le transport des blocs erratiques comme s'étant efi'ectué à l'aide de radeaux de glaces flottantes *, mais dans l'explication de ce phénomène ils ont attribué aux glaces une autre origine que celle indiquée dans mon précédent mémoire : ils supposent que des glaciers bordaient l'ancienne mer diluvienne , dont les rivages se trouvaient au pied de la chaîne de montagnes qui sépare la Suède de la Norwége et de la Laponie; des masses de glace, détachées de ces glaciers, auront emporté avec elles les blocs qui se trouvaient à leur surface, et auront déposé leur chargement à de très-grandes distances. Mais cette bande montagneuse, d'où auraient été délachés les blocs, est composée principalement de roches schisteuses , et le granit y est en petite quantité , tandis que la plus grande partie des blocs transportés vers le
' Voyage en Scandinavie. — Géologie, par Jf. Domeher.
*D. A. Au grand glacier d'Aletsch, dans les Alpes, nous voyons sur le lac Marjelen des glaces flottantes d'un volume assez considérable détachées du glacier. En aval du glacier de l'Aar inférieur, dans l'Aarboden , j'ai vu des morceaux de glace qui se sont détachés de la voûte du glacier et , entraînés par le torrent , ils ont été déposés en grand nombre et en amas à 500 mètres en aval du glacier. — Les glaces flottantes sur mer peuvent certes arriver à des dimensions de vraies îles flottantes d'une très -grande étendue.