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ÉLÉVATION DES TRACES DU PHÉNOMÈNE ERRATIQUE

l'Âar entre leGrimsel eilaHandeck; on remarque cette circonstance lorsque la vallée se resserre beaucoup ; alors les masses dont le frottement a strié les rochers ont dû suivre une ligne diagonale résultant de leur mouvement général le long de la vallée et du mouvement ascensionnel déterminé par le resserrement des parois. On a remarqué que dans les Alpes les érosions sont en général mieux marquées sur les cols et dans les parties voisines (les cols du Saint- Gothard , du Grimsel , du Saint-Bernard) , que dans les parties inférieures des vallées. Ce fait est peut-être indépendant de la cause qui a tracé les sillons et les stries ; en effet , du côlé de la Suisse , les contreforts des Alpes et les rochers qui forment l'embouchure des grandes vallées, sont composés de roches calcaires ou de roches lendres, telle que la molasse ; tandis que Taxe de la chaîne centrale est formé, en grande partie, de roches dures, granit, gneiss, serpentine et autres roches cristallines, qui résistent mieux aux actions atmosphériques, et j'ai remarqué dans plusieurs vallées, ainsi dans celle de la Reuss , que dès l'inslant où l'on entre dans la zone des roches cristallines , on voit apparaître les sillons et les stries fort bien marqués ; certaines vallées en offrent jusqu'à leur extrémité; ainsi dans celle d'Aoste on en voit jusqu'à l'entrée de la plaine du Piémont, près d'Ivrée. J'ajouterai que dans le fond de plusieurs vallées des Vosges, qui sont formées de granit, telles que celle de la Moselle et de plusieurs de ses affluents , les sulcalures m'ont paru être plus distinctes que sur les parties élevées. Dans les Pyrénées je n'en ai observé sur aucun coi élevé*, cela tient peut-

s'accroissent dans tous les sens, en longueur, en largeur, en hauteur, suivant leur masse générale et locale. Cet accroissement en hauteur fait des stries qui ne sauraient être parallèles à la surface (voy. nos Matériaux pour l'étude des glaciers : chap. Glaciers en activité ; Mmivement des glaciers prés des roches en place qui les encadrent et les supportent),

' D. A. Dans les Pyrénées le phénomène erratique de Tancienne extension des glaciers monstres et celui laissé en place par les glaciers actuels en activité est aussi caractéristique que dans les Alpes. — J'ai exploré les Pyrénées en 1847, l'Alpenstock à la main , chaussé de souliers ferrés , accompagné de mon guide des hautes régions des Alpes , WMmmm ^Mm, qui portait le bagage, et démon fils «nalave (dans les Pyrénées, guides et touristes font les courses à cheval ; on ne trouve pas de guide à pied , et si un individu consent à porter le bagage, tel léger qu'il soit, il ne le portera pas loin, et surtout pas aux cols, et ne se hasardera sur aucun glacier). — Nous avons visité le port de Veaasque , le port d'Oo et les lacs qui sont en aval , et partout nous avons vu des surfaces poUes et rayées superbes , des terrains erratiques anciens et nouveaux etc.

être à ce que la plupart de ces cols sont beaucoup plus élroiu que ceux des Alpes et se réduisent souvent à des arêtes aiguës. On voit , d'après cela , qu'il ne faut pas attacher une importance très-grande à ce fait que les sulcatures sont plus marquées dâlJ^ les hautes régions des Alpes, que dans les régions basses.

J. D. 62. Élévation maximum des traces du phéfiomène erraiiqnt dans les Alpes. — Néanmoins dans les Alpes, les traces d'usure et de polissage ne s'étendent pas jusqu'au sommet des montagnes; ainsi on ne peut s'empêcher de remarquer le contraste fraiipanl qu'offrent les rochers polis et moutonnés entourant l'hospice du Saint-Gothard , celui du Grimsel, ou le glacier de l'Aar, avec it> cimes injgueuses , hérissées d'aspérités , terminées par des arêtes tranchantes, qui vont à une élévation de 3000 à 4000 mètre:^. L'agent inconnu * qui a tracé CCS empreintes à la surface des rochei-s a eu son point de départ à une certaine élévation ; c'est à partir d-. la zone actuellement occupée par les névés (environ 2800 mètas au-dessus de la mer) qu'il a étendu son action sur toutes k< vallées*.

J. D. 63. Élévation maximum des traces du phénomène erraliqiu en Scandinavie. — Il est remarquable que les traces les plus élevées du phénomène erratique de l'Europe se trouvent aussi tout prèd de la hmile des neiges perpétueUes; ainsi les érosions que j'ai vues accompagnées de blocs erratiques de granit, sur la cime culmi-

nante d'Àreskultan , sont à une altitude de 1484 mètres. Ce sont les plus élevées qui aient encore été observées ; or sous cette latitude (63 degrés et demi) la limite des neiges perpétuelles sérail à 1500 mètres ou même un peu au-dessous ; on ne l'a pas délerminie sous ce parallèle, vu qu'il n'y a pas de cime assez élevée, mais cHj

ne doit dépasser que fort peu le sommet d'Areskultan. NéanmoiiK^ on regardera comme fort singulier que ces érosions observées tout près de la zone des neiges permanentes, résultent d'actions qui ue-

' D. A. Cet agent inconnu, c'est Tex-glacier monstre.

*D. A. Au-dessus de 2800 mètres, dans le bassin des glaciers de rAar, plus de riches polies , striées, burinées. — Pourquoi? Parce que au-dessus de 2800 mètres, linii-* des neiges temporaires , les glaciers sont adhérents au sol et ne peuvent ni raboter, c: polir, ni strier, ni buriner les surfaces qui les encaissent. — Assigner la hauteur nui> mum des anciens glaciers monstres à la limite des roches polies et burinées est um n-reur très-grande ; en 1862 mes observations m'autorisent à le dire.

talent pas propres à cette montagne, mais qui dérivaient des cimes situées à un niveau plus bas d'au moins 200 mètres '. D'ailleurs on trouve assez fréquemment en Norwége des stries et des blocs erratiques sur des montagnes élevées de 12 à 1300 mètres. Ainsi c'est un caractère commun au phénomène erratique du nord et à celui des AlpeSy que leur limite supérieure se trouve près de la limite inférieure des neiges ou de la zone sous laquelle a lieu le passage des glaciers proprement dits aux névés*. Cependant il faut noter que dans le nord ces sulcatures si élevées sont rares et appartiennent à des systèmes d'érosions qui ne sont pas très-développés ; les systèmes principaux et les plus importants , ceux qui ont érodé la partie sud-est et sud-ouest de la Suède et la Finlande, et certaines parties de la Norwége, sont partis de plates-formes dont le niveau moven est inférieur au moins de 6 à 700 mètres à la limite des neiges perpétuelles et dont les sommités les plus élevées se trouvent encore à 2 ou 300 mètres au-dessous. D'ailleurs on n'observe aucune relation entre ces grands systèmes de sulcatures et les groupes des plus hautes cimes.

J. D. 61 . Élévation de la limite supétHeure de la zone en^atique dans les Pyrénées. — Dans les Vosges il n'y a pas de sommité qui atteigne la zone des neiges perpétuelles ; dans les Pyrénées, beaucoup de cimes s'élèvent jusqu'à cette zone; mais on ne voit pas, comme dans les Alpes , les érosions se prolonger à une aussi grande élévation, et même partout où je les ai observées elles deviennent plus rares et moins bien marquées sur les hauteurs que dans le fond des vallées. A la vérité, cela ne tient peut-être pas à la nature des forces érosives, mais à une plus grande altération de la surface des rochers sous l'influence des agents atmosphériques. D'ailleurs les blocs er-

* D. A. Pas étonnant du tout.

* D. A. Nous sommes parfaitement d'accord que les polis et les stries glaciaires ne peuvent se faire qu'au-dessous de la limite des neiges que l'on appelait autrefois éternelles t que HI. poroetaer nomme persistantes, et qui pour nous sont temporaires. Ajoutons encore que la neige qui tombe sur les glaciers se change en névé ou neige grenue , et que ces névés ne s'ajoutent jamais à la surface du glacier : ils les couvrent temporairement. A la fin de l'été 1861 (nous l'avons déjà dit et on ne saurait assez le répéter) , les glaciers du bassin de l'Aar étaient à découvert {aaber, comme disent les montagnards de l'Oberland) , et le passage par la Strahleck de Grindelwald au Grimsel se faisait en cheminant sur la glace de glacier et la roche.

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