DISPOSITION DES STRIES
crétacé des environs d'Ussat et de Tarascon ; mais je n'en ai point observé sur les roches friables du terrain tertiaire. Dans la plus grande partie de la chaîne des Alpes occidentales , les érosions sont peu développées, et même moins que dans les Pyrénées, à cause de la grande destructibilité des roches et de l'altérabilité de leurs surfaces. Dans la partie méridionale des Vosges, que j'ai visitée en 1840, j'ai vu aussi des surfaces striées , principalement sur du granit ; leur état de développement ou de conservation est à peu près le même ou un peu moindre que dans les Pyrénées. Je n'en ai point observé dans les parties de l'Auvergne et des Cévennes que j'ai eu l'occasion de parcourir. J'ajouterai que dans les Pyrénées et dans les Vosges, là où les surfaces ont conservé leur poli et leurs cannelures^ je n'ai point observé de sillons aussi profonds que dans les Alpes et dans le nord de l'Europe ; je suis donc porté à croire que les forces érosives y ont agi avec moins de puissance , et ont en^ tamé moins profondément la surface des rochers, d'autant plus que le caractère des roches moutonnées y est aussi beaucoup moins développé. Toutefois les roches polies et striées se montrent partout en connexion avec les dépôts erratiques : ces deux ordres de faits se présentent toujours ensemble, et attestent le développement d'un phénomène général ; dans les Pyrénées et dans les Vosges, de même que dans les Alpes, ils se rattachent aux mêmes causes K
J. D. 66. Disposition divergente des stries dans les AlpeSy les Pyré" nées et les Vosges. — Sous le rapport de la forme on ne remarque pas de différences véritablement essentielles entre les érosions du nord de l'Europe et celles des Alpes , si ce n'est que dans les Alpes je n'ai point vu de sulcatures présentant les caractères de ces canaux ou profondes ornières que j'ai observés en Suède et en Norwége*. Mais, sous le rapport de la direction des stries, de leur relation avec les accidents de la surface du sol , il y a des différences fondamentales entre les phénomènes du nord et ceux du centre de l'Europe. Dans les Alpes et les Pyrénées, les sillons et les stries sont assujettis invariablement à suivre la direction des différentes
* D. À. A la cause des glaciers monstres.
*Bullet. de la Société géolog., séance du !•' décembre 1845. —D. A. Ces canaux ou profondes ornières observées en Suède et en Norwége se voient en Suisse. Dans la vallée de Hasle , de Guttanen au Grimsel, elles Sont fréquentes.
vallées : il en est de même des stries que j'ai vues dans les Vosges. Les forces érosives ont eu leur centre d'action sur l'axe même Je ces chaînes de montagnes ; elles ont rayonné dans tous les sens, en suivant les vallées ou les issues qui leur étaient o£fertes, soit vers le nord y soit vers le midi.
J. D. 67. Différences dans la disposition des stries à l'intérieur d*:^ vallées profondes et sur les plateaux ou régions à coUines. — Dans le massif occidental des montagnes de la Norwége, les stries présentent dans leurs directions des caractères analogues à ceux que l'on observe dans les Alpes ; elles suivent les longues et profondes déchirures qui découpent les flancs de ces montagnes , et elles divei^tci à partir de leurs crêtes ; mais ces érosions embrassent un cbamji très-limité y et ne s'étendent pas beaucoup audelà de cette régiju montagneuse. Ce n'est point là qu'est l'origine des actions développées à la surface de la Suède et de la Finlande ; elles se rattachent, comme nous l'avons vu, à différents systèmes descendus de platesformes situées audelà du 63^ degré de latitude, dont Félévation moyenne est inférieure à iOOO mètres , et dont les parties les plus élevées dépassent rarement 13 à 1400 mètres. Les actions érosiTes se sont étendues en rayonnant sur la partie méridionale de la Suède. Ce qui caractérise les stries d'un même système, c'est qu'elles suivent une direction générale à peu près constante, qui n'est point en rapport avec la disposition des plateaux ondulés , mamelonnés , et des dépressions qui les séparent; ces plateaux présentent une série de toits à pentes opposées , tantôt ascendantes et tantôt descendantes , dont les arêtes ont été franchies tantôt obliquement , tantôt perpendiculairement, et l'inclinaison moyenne de la surface passant par toutes ces arêtes est seulement de quelques minutes pour la Suède , et pour la Finlande elle est nulle.
J. D. 68. Différences entre les phénomènes erratiques de la Scamiinavie et ceux des Alpes ou des Pyrénées. — Ainsi cette allure générale des stries les distingue complètement de celles qui ont èir tracées sur les roches alpines; d'ailleurs un autre caractère fort important consiste dans le croisement de plusieurs systèmes sulcaleurs sous des angles plus ou moins grands, et quelquefois voisins de *X»
degl'és. Dans les Alpes on voit souvent des stries se croiser sous des angles de 15 i
25 degrés, mais pas plus; tandis que uous avous cité de nombreux exem-