STRIES SUR LES ROCHES
ginaires des environs de Philippstadt, au nord du lac Wenern, contrée fort éloignée des glacies actuels. De son côté , H. Duroclier ' a fait remarquer que les matériaux déposés dans les parties méridionales de la Suède cproviennent des collines basses et mamelonnées de la Suède et de la Finlande , plutôt que des hautes régions.)^ Or , dans l'hypothèse de l'immersion de la Scandinavie pendant toute répoque glaciaire , ces pays auraient été immergés à une grande profondeur, et ni les glaciers, ni les glaces flottantes, ni la glace de mer n'auraient pu en arracher des blocs gigantesques pour les transporter à de grandes distances. — L'origine des blocs erratiques nous prouve donc qu'ils n'ont pas été charriés par des glaces flottantes détachées des glaciers actuels.
C. M. 5. Si la Scandinavie avait été immergée au commencement stries de l'époque glaciaire jusqu'au niveau des glaciers actuels, comment ■"' *" "**^"' pourrait-on expliquer alors les stries que nous voyons au bord de la mer, et même au-dessous de la mer" ? Quel est l'agent qui aurait pu graver des stries au fond de la mer, à 600 mètres de profondeur? Je n'en conçois aucun. On est donc insensiblement amené , pour se rendre compte des stries sous-marines , à supposer que la Norwége était à peu près à son niveau actuel. Mais alors les glaciers ne plongeaient pas dans la mer , tout le pays était émergé , et l'on est obligé de renoncer à expliquer le transport des blocs erratiques par des glaces flottantes détachées des glaciers actuels. La plupart des géologues qui ont étudié le phénomène erratique en Scandinavie ont compris cette difliculté ; aussi M. nureliUiom, qui a le plus insisté sur le rôle des glaces flottantes dans ce phénomène, a-t-il admis l'ancienne extension des glaciers du nord de la Scandinavie et de la Laponie, jusqu'au bord de la mer qui baignait les côtes de la presqu'île après l'époque pliocène*. Mais cette hypothèse est évidemment insuffisante pour expliquer le transport des blocs originaires du midi de la Suède. Du reste, le désaccord entre ce savant
*Bullet. de la Société géolog, de France ^ 2* série, t. U, p. 63, % novembre 1846.
* Dans les environs de Garlscrona on les a poursuivies jusqu'à 6 mètres au-dessous de la surface de la Baltique (Nyt Magoiin for Naturvidetukabeme , t. IV, p. 318, 1845).
> The geology of Ruisia etc., t. W, p. 598 et 554; et Compte» rendu» de VAcad. de» sciences, t. XXIV, p. 838, 10 mai 1847.
et les partisans de rancienne extension des glaciers ne porte plui que sur l'étendue de cette extension.
Mais si H. ]IIiirclii«oii esta peu près d'accord sur ce point av-. les glacialistes, il se sépare d'eux en attribuant à des cailloux chdiries par l'eau les stries et le poli des roches Scandinaves. Or c>:> stries étant identiques au-dessous de la mer du Nord, sur les cûlr5 de la Norwége , et à 1780 mètres au-dessus * il serait forcé d'admettre, pour être conséquent avec sa doctrine, que la Suède, a lépoque de la dispersion des blocs, était immergée jusqu'à 17nj mètres , hauteur jusqu'à laquelle H. (Illjestrcem a vu des stries Il en résulterait aussi qu'on ne doit trouver à l'état erratique qur des blocs provenant de points élevés à plus de 1780 mètres, assertion démentie par tous les faits observés et par tous les voyageurs. On voit donc que l'hypothèse de H. HurcliiMm suppose une immersion qui dépasse de plus de 1000 mètres le niveau inférieur des glaciers actuels , et de 1580 mètres le niveau supérieur de l'argile coquillière. — Dira-t-on que la Scandinavie s'est soulevée brusquement de façon à déterminer une vague immense , et à émerger rapidement tous les points situés depuis le bord de la mer actuelk jusqu'à 1780 mètres au-dessus, soulèvement qui expliquerait les surfaces arrondies et striées par les cailloux (drifi) que charriait ce flot gigantesque*? Mais tout nous prouve que ce soulèvement a ék lent et insensible, comme il l'est encore aujourd'hui. Les intervalles de repos complet sont marqués par des terrasses , ou lignes d'anciens rivages que la mer a longtemps battus, comme le prouve l'aspect des rochers creusés et érodés par l'eau. C'est même un»des conséquences du travail de H. Bravais sur les lignes d'ancien niveau de la mer dans le Finmark , que H. de Beanmant a (ai: ressortir dans son rapport sur ce mémoire '. — Mais supposons ul instant qu'il soit démontré que ce soulèvement a été brusque, et qu'il a produit la vague immense à laquelle on attribue le phénomène erratique en Scandinavie , il resterait encore à prouver que l'eau charriant des cailloux et des blocs peut tracer à la surface <le^
* wnieÊêrnsm , Voyages en Scandinavie , géographie phytique , t. I*', p. SIS.
* Voy. Hiirehlaoïi , On the Scandinavian drift (Journal of the geohgical 5ocvîj/ < ' Lofidon, t. n, p. 368).
^Comptes rendus de l'Acad, des sciences de Paris, t. XV, p. 847, 18iî.
ŒSARS. AS9
rochers des stries rectilignes et sensiblement parallèles. L'observation nous apprend que Teau n'a point ce pouvoir. Vainement on invoquerait les dimensions énormes qu'on prête aux courants diluviens. Il existe la même disproportion entre les glaciers actuels et les glaciers qui couvraient autrefois la Suisse et la Scandinavie. Cependant les glaciers actuels strient comme leurs aînés, et les débâcles, les torrents et les fleuves charriant des masses de cailloux doivent produire et produisent en petit les mêmes effets que les courants diluviens. Ils érodent les roches , ils les sillonnent de canaux sinueux, ramifiés, anastomosés^ ils y creusent des marmites de géant; mais ils ne les nivellent pas , et n'y tracent pas des stries rectilignes parallèles , qui au rétrécissement des vallées se relèvent d'amont en aval , et forment avec la pente du thalweg des angles de 45 à 50 degrés. En outre, les cailloux roulés par les torrents sont arrondis, lisses , et jamais striés; ceux qui sont entraînés par les glaciers sont wéSy frottés , striés el rayés,
La manière dont nous concevons, H. Detior et moi , le phénomène erratique en Scandinavie, me parait expliquer la plupart des faits d'une manière satisfaisante. Les rochers striés se prolongeant sous la mer, la péninsule devait être au commencement de l'époque glacière plus émergée qu'elle ne l'est maintenant. Les glaciers s'étendirent au delà du rivage actuel , et atteignirent même le Danemark^ comme le prouvent les belles roches polies des environs de Faxœ. Alors les rochers furent arrondis^ poliSy striés, et les cailloux frottés furent entraînés et déposés par les glaciers. Quelle était la limite de la nappe de glace à cette époque? C'est ce que personne ne saurait dire, puisque les traces qu'elle a laissées sont cachées en partie sous la mer. Pendant cette extension , la presqu'île s'est peu à peu enfoncée dans la mer; ce qui le prouve, c'est la couche argileuse à coquilles qui règne du cap nord jusque dans le sud de la Norwége, et recouvre partout les roches polies ; ce sont les serpules qu'on a trouvées à Sorgenfry, près de Christiania, Gxées sur des plaques striées à 60 mètres au-dessus de la mer.
C. M. 6. Les œsars se sont formés comme se forment les cordons *•■«• littoraux, les revler du Jutland ou plutôt les hauts fonds. Leur formation a été d'autant plus rapide, que les moraines abandonnées par les glaciers étaient des matériaux tout prêts , que la mer dépla-
çait et modelait 'i son gré. Les cailloux roulés ^ les coquilles marines ou littorales dont se composent les œsars, les débris de bateaux fort anciens qu'on y a découverts témoignent assez de leur origine sous-marine. Pendant cette période d'immersion et celle d'exhaussement qui l'a suivie , les glaces flottantes portant des blixs erratiques se détachèrent des glaciers qui descendaient jusqu à la mer, vinrent échouer sur les hauts fonds, et y laissèrent les blocs erratiques dont ils étaient chargés , comme M. Mur9ÊÊÊmmm la très-bien expliqué. La côte continuant à s'élever , les hauts fonJs littoraux ont été mis à secs ; ce sont les œsars actuels. On comprëD-i maintenant pourquoi nous voyons dans les mêmes contrées Ie5 traces d'un ancien glacier , les blocs apportés par lui , et ceux qui ont été déposés sur les œsars par des glaces flottantes. Ce qui s'otserve dans le sud de la péninsule , se voit dans le nord. Tout k long du fiord d'Alten, sous le 70» degré, on suit des traînées ii>r blocs disposées horizontalement le long des lignes d'ancien nivt^oi: de la mer; par exemple entre le comptoir de Bossekop et lamaisor. du gouverneur du Finmark (Vogedgaard). Toute la contrée, en outre, est couverte de roches striées et moutonnées , comme ceiks qui avoisinent les glaciers de la Suisse. Terrain emiiquo c. M. 7. Aux États-Unis , près dc Boston, où la côte prés^r.î^ . ^^* ^\. s ^ussi des traces incontestables de changements de niveau , M. Wt-
•or vient de retrouver les mêmes apparences. Des surfaces poJ^W s'observent sur toutes les espèces de roches , le granit , la syénitt . les schistes chlorités, des calcaires de transition et même des poudingues , comme le nagdflue des environs de Vevey en Suisse. Un trouve aussi des demi-cylindres en relief si caractéristiques de l'action du glacier, signalés déjà dans la vallée de Chamoonix et ei Scandinavie ^ Les cailloux frottés et striés sont extrêmement communs , mais ce sont plutôt de petits blocs que des cailloux comme en Suisse et dans les Vosges. Il existe aussi des assors parfaitemeit caractérisés, à Millon, près de Boston. Ils sont connus deshabitatti sous le nom de ridges, et ont la même forme, le même sommet {<ia:, les mêmes pentes , et la même composition que les œsars suêd>\i. Comme en Suède, les routes toujours praticables occupent leor
* Bulletin de la Société géologique de France^ 2« série, t. IH, p. 109, iS ééairs^
sommet, tandis que la plaine voisine est souvent inondée. A Milton, une coupe perpendiculaire au rivage présente successivement la la mer , une plaine diluvienne , Tœsar et une colline plus élevée de graniipoli et strié ^ dont le sommet est entouré d'une ceinture de blocs erratiques j qui ne viennent pas de fort loin et paraissent avoir été déposés sur la colline par un radeau de glaces flottantes , à un niveau supérieur à celui de la plate-forme de Tœsar. Dans l'État du Maine , on trouve aussi des œsars que les habitants du pays désignent sous le nom de horsebak (dos de cheval) ; et H. liyell, en décrivant les ridges du lac Ontario , a parfaitement reconnu leur analogie avec les œsars suédoise
C. M. 8. L'on n'a pas encore tenté d'expliquer le transport des blocs erratiques de la Suisse par des glaces flottantes. Si on l'essayait, on serait arrêté dès l'abord par de grandes difficultés, et conduit inévitablement à combiner ce transport avec la théorie de Tancienne extension des glaciers. Imaginons, en efl'et, qu'on voulût se rendre compte par des glaces flottantes du transport des blocs erratiques originaires du Valais , qui couvrent la plaine suisse et les flancs du Jura , depuis Genève jusqu'à Arau ; on serait amené peu à peu à reconstituer le glacier du Rhône tel que l'admettent JHII. Cluuppeiitlepy AgaMds, Guyot etc. En efi'et, les euphotites de Saas et les serpentines de Zermatt, si répandues à l'état erratique entre les Alpes et le Jura, prouvent que le glacier descendait jadis* au moins jusqu'au point où ces deux vallées débouchent dans le Valais. Les blocs d'arkesine de Steinhof, près de Berne, roche que m. Gujot a retrouvée en place dans la vallée d'Erin , montrent qu'il atteignait Sion. Les blocs de protogine du Mont- Blanc et les poudingues de Vallorsine témoignent qu'il dépassait Martigny. Le calcaire de la Dent de Mordes et les gypses de Bex prouvent qu'il a débouché dans la vallée du Léman ; à partir de ce point, le glacier recouvrait toutes les basses montagnes de la Suisse; aussi les roches erratiques des formations de la plaine suisse sontelles infiniment plus rares que celles des hautes montagnes.
Je ne nie point que les glaces flottantes n'aient pu jouer un rôle dans le transport des blocs erratiques à l'époque de la fonte et du
* Travelê in North America ^ t. H, p. 102.
* D. A. A une certaine époque , qui n*est pas le maximum de leur ancienne extension.
Conolaiions.
reirait des glaciers. On voit aux environs de Reichenau , dans les Grisons , des œsars bien caractérisés sur lesquels se trouvent quelques blocs erratiques. On reconnaît dans la même vallée du Rhin et dans celle de Passeyr, en Tyrol , que des moraines ont été remaniées à leur partie supérieure par les eaux résultant de la fonte des grands glaciers ^ ; mais il est facile de prouver que ces moraines ont été déposées directement par le glacier , et qu'elles ne sont pas uniquement formées par des matériaux transportés par les
eaux ou par des glaces flottantes.
Charles Martins. — 18*7.
* Bullet. de h Société géolog. de France , t. XIII , p. 345, 2 mai 1842 ; ibid., «• s^c t. Il , p. 123, 15 décembre 1845.
C. M. 1. La côte occidentale du Spitzberg est découpée par un i"«'o<*"c^o». grand nombre de baies vastes et profondes^ telles que Horn-Sound, Ice-Sound , les baies de la Croix , de Hambourg et de la Madeleine. Nulle part le rivage n'offre de plage unie; partout des montagnes coniques surgissent bi*usquement de la mer et s'élèvent à une hauteur qui varie moyennement entre 500 et 1200 mètres. Ces montagnes sont séparées par des vallées étroites dont la plupart s'ouvrent vers la mer. Toutes , sans exception , sont comblées par des glaciers qui communiquent avec ceux de l'intérieur du pays.
Les récils des voyageurs qui ont visité ces parages, tels que WLmrtmMMM de HAmlioiirg , Pliipps', Scoresb^S ParryS liatteS KeilliauS sont d'accord sur ce point. Pendant les deux
* D. A. Extrait des Voyages en Scandinavie, en Laponie, au Spit%berg et aux Feroë, pendant les années 1838, 4859 et 4840, sur la corvette la Recherche, commandée par Hi« VabYre^ lieutenant de vaisseau; publiés par ordre du roi, sous la direction de 31. Paul ciAlmardf président de la Commission scientifique du Nord, par sm. Ch. Hartlmi, S. '¥alil, l<. I<. l<Kflt«dlii« , A. BraT«l«, S. Dnroèher, P. A. Ml- Jeatrœm , Ch. Bœek et S. Boberl ) t. !«', ire partie. Paris , Arthur Bertrand , rue Hautefeuille , 23. Ces observations ont déjà été publiées partiellement dans la Biblio- Uièque univ. de Genève, juillet 1840; dans les Annales des sciences géologiques, octobre 1842 , et dans le Bulletin de la Société géologique de France, t. XIV, p. 123. Glaciers du Spiliberg, par Ch, Rlartliui.
* Plan of Fairhaven toith the Island adjacent , dans son voyaice towards the north pôle, 1773.
* An account of the arctic régions, 1820, t. I«^ p. 94.
* An atlempt to reach the north pôle (voy. la carte de la partie septentrionale du Spitzberg).
* On the glaciers of Spit%hergen (Edinb. new philos. Journal, n» V, p. 95, juin 1827). *Reise i Œst-og West-Finmarken , 1831, p. 135.
voyages de la Reclierche, en 1838 et 1839, j'ai pu éludier les i;ljciers de fiell-Sound , de Magdalena-Bay et les Sept-Glaciei^ {stir-n ice hills)j qui sont plus au nord que l'ile du Prince-Charles. Leur aspect m'a vivement rappelé ceux de la Suisse et de la Savoie qu i j'avais visités dans quatre voyages successifs. Il m'a semblé que la comparaison des glaciers situés dans des pays si diflerents et s^u:) les latitudes si éloignées ne serait pas sans intérêt pour les géologues et contribuerait à résoudre quelques-unes des questions que H. Élie de Beaumoiit nous avait proposées dans ses belles instructions ^ Glacier do la Pointe. A Bcll-Sound , daus là baie de la Recherche^ il y avait deux gb-
Beû-s^roT** D^'E^! ^*^^^ • ^'^^ ^ l'ouest , plus petit, que nous appellerons glacier rfe U trée. - De u Pointe- pomte aux Teifuirds ) l'autre au sud, que nous désignerons sons K •ux.Tombe.ux. - Du ^^^ jg olocieT prificipal ou grand glacier de Bdl-Sound. A Ma?-
fond de la baie. " ***/*/
dalena-Bay on remarque à droite en entrant , c'est-à-dire au suJ , deux glaciers , celui de V Entrée et celui de la Pointe aux tombcayr^ puis le glacier du fond de la haie^^ sur lequel la plupart des observations ont été faites. Il y en avait encore deux autres, l'un au norJ. l'autre au sud ; mais ils étaient fort petits et ne descendaient y^ jusqu'à la mer : il en sera rarement question. Étendue c. M. 2. Suivaut Seoreflbj' les deux plus grands glaciers tk
*' ' bo7g." *' * ^'^'^ s^"^ ^^1^* ^^ ^P ^^^ ^^ ^^ SiUive au nord de Hom-Sound, La
partie qui borde la côte a onze milles de long*. Viennent ensuite 1.:^ sept glaciers qui, en moyenne, peuvent avoir chacun deux millt>. puisqu'ils s'étendent, sur une ligne nord et sud, de 79^*13' à 79**-o de latitude* : de loin, leur forme est celle d'autant de triangles i^vcèles. En général leur longueur n'est pas proportionnée à leur largeur. D'après les mesures des officiers de la Recherche y le plus lun; de tous, le glacier principal de Bell-Sound, avait environ dix mille? de long sur trois milles et un tiers de large ; celui de la Pointe aux renards^ trois milles de long sur un mille et un quart de largo; le glacier du fond de Magdalena-Bay avait une longueur de l^it^
' Voyage en Islande et au Grœnland, histoire du voyage, t. I<r, p. 421.
* Voy. daos ratlas de physique le plan du glacier du fond de la baie de la Ha^ deleine.
' Zroc. ci7., t. I", p. 102.
* Gh. M. Un mille = 1852 mclres.
*ibid.y Aj^endice, p. 74.
mètres sur 1580 mètres de largeur au bord de la mer; celui de la Pointe axix tombeaux ^ 1800 mètres de large ; le glacier de l'Entrée, 1840 mètres de long sur 900 mètres de large; enfin le plus petit de tous, qui dominait le mouillage de la corvette^ 240 mètres de large sur une longueur de 680 mètres.
C. M. 3. Les grands glaciers de la Suisse ou de la Savoie sont au *'•"'*"•
des gliciers do la
contraire beaucoup plus longs que larges. Celui des Bois, dans la suisse, vallée de Chamounix , a près de 20 kilomètres sans aucune interruption, sur une largeur qui n'excèdejamais 4 kilomètres ^ Suivant les mesures trigonométriques faites par Hugi *, le grand glacier (ïAletsch a 28 kilomètres de long sur une largeur moyenne de 6 kilomètres, celui de YOber-Aary 19 kilomètres sur 4, celui de YVnter-Aar, 20 kilomètres sur 5. Cette différence entre les glaciers des deux pays s'explique facilement. Quoique ceux du Spitzberg descendent jusqu'à la mer, les montagnes auxquelles ils s'adossent sont proportionnellement très-basses. En Suisse les montagnes sont plus hautes et les vallées plus longues. Supposez que l'une ou l'autre de ces circonstances se réalisât au Spitzberg , vous auriez des glaciers ou mers de glace dont la longueur surpasserait de beaucoup celle des glaciers les plus étendus de la Suisse et de la Savoie, car ils descendraient jusqu'à la mer , tandis que les extrémités inférieures des glaciers les moins élevés de ces pays , ceux de Grindelwald^y des Bossons*, de la firenva* et d'Atetsch^, sont encore en moyenne à 1230 mètres au-dessus de son niveau.
C. M. 4. La hauteur des glaciers inférieurs au-dessus de la mer Awiude des giteien. dépend de deux causes principales : la position géographique et l'élévation des montagnes dont ils proviennent. En voici la preuve. Dans la Norwége» sous le 61' degré de la latitude, les glaciers du Justedal s'élèvent à 1850 mètres et descendent à 485 mètres '. Les
9 Voyages dans les Alpes, S. 522.
* Naturhistorische Alpenreisen, voy. la carte de cet ouvrage.
' Glacier inférieur, 1039 mètres ; glacier supérieur, 1299 mètres (Hugi). ^1115 mètres, mesure barométrique de l'auteur.
'1347 mètres. Baelier Toa der liliiili, dans A. De Cwftdplle : Hypsométrie des environs de Genève^ p. 81.
* 1349 mètres. II118I9 loc. cil.y t. III.
^ II* TOB Bnèhf Ueber die Gremen des ewigen Schnees im Norden [GilherU Anna-^ ien der Physik , t. XLI , p. 22 , 1812).
extrémités inférieures de ceux de Lodal et de Nugnard sont à 577 et à 340 mètres sur la mer S Dans le même pays, sous le 67« degré de latitude , les glaciers de Sala et d'Almjalos descendent dunt crête du Sulitdmay qui est élevée de 1494 mètres , et leur point k plus déclive est encore à 778 et 974 mètres au-dessus de la mer •). Nord*. On voit que la différence de 6 degrés en latitude est plus qu: compensée par la plus grande élévation des montagnes du JustuJa! comparée à celle du Sulitelma. Même sous le 70<^ degré parallèle, le glacier du JœktUsfiordj dans le Finmark, ne descend pas justp*^ la mer. En Islande ^ par 64 degrés de latitude, sous la double iofluence d'un climat plus rigoureux à latitude égale et de montagrit^ plus élevées , les glaciers atteignent le bord de l'Océan. Toutefv:< ils ne s'avancent pas sur lui , car il existe toujours une plage lilre qui permet de cheminer enire le glacier et les flots. Glaciers inféneort Q ]y| 5 fjQyg ^q saurious poursuivrc cc parallèle entre les jrîodeiasuiiie. ^'^^^ ^^ Spitzbcrg ct ccux de la Suisse sans faire d'abord une diftinclion importante. Au Spitzberg, ou du moins au nord de cet>: ile, la ligne des neiges persistantes est au bord de la mer ; par ci-:,séquent ses glaciers ne sont rigoureusement comparables qu^à cr'.> partie des glaciers^de la Suisse qui se trouve au-dessus de la limita des neiges persistantes. Ces glaciers supérieurs sont fort difTéreob de ceux qui descendent dans les vallées habitées : die Hww i cnhiM^pentier, mais surtout AgaMis les ont parfaitement i^crils et différenciés. Les Allemands les nomment Fime: nous lu appellerons ijlaciers supérieurs ou névés. Sous le nom de ghcicrinférieurs (Gletscher) nous comprendrons la partie la plus dédire des glaciers , à partir de la limite inférieure des mers de gb.t Enfin nous appellerons ^^ier^ , tout court , l'ensemble des né\^i (Fime) et des glaciers inférieurs (Gletscher) considérés coUeclivement. Les glaciers du Spilzberg n'étant que des mers de glâ*.i . comme nous le verrons plus loin, nous leur appliquerons indiil.^remment l'une ou l'autre de ces deux dénominations.
, Einige Bemerkunyen auf Ausfliigen in die noru*egischen Sdtmet:** -■ (Leonhard'8 Taschenbuch, t. XVH, p. 167 et 186, 18i3).
* iraUenbcrs, Bericht iiber Mtsmngen und Beobachtungen uir BesOmmu^^ .'* Hôhe und Temperatur der lapplàndischen Alpen unter dem 57**» BreiUgrod, ube«i^ von HauBsmann , 1812 , g§ 17 et 29.