‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 138 sur 216 · DE LA SCANDINAVIE ET DE L'AMÉRIQUE DU NORD · texte numérisé non relu

DE LA SCANDINAVIE ET DE L'AMÉRIQUE DU NORD

C. M. 1. Trois théories divisent les géologues au sujet du trans^ lotroauction. porl des blocs erratiques de la Scandinavie. Quelques savants croient encore qu'ils ont été charriés par l'eau; d'autres pensent qu'ils ont été déposés par d'anciens glaciers qui ont disparu depuis ; H. lliirehifloii enfin a émis l'opinion que ces masses ont été transportées par des glaces flottantes détachées des glaciers du nord de la péninsule'. Mon but 9 dans ce mémoire, est de montrer que les glaces flottantes chargées de blocs erratiques se sont détachées de glaciers plus étendus que les glaciers actuels , et que ce mode de dispersion, dii à l'immersion et à l'émersion de la presqu'île Scandinave, a'est qu'une conséquence de l'ancienne extension des glaciers.

C. M. 2. Supposons en effet un instant, qu'à l'époque de la dis- chàen persion des blocs , les glaciers de la Suède et de la Norwége n'aient "** •* ^"*^* *' *** '■ pas été plus étendus qu'ils le sont actuellement , et voyons quelles sont les conséquences de cette hypothèse.

C. M. 3. Si l'on pense que les blocs erratiques ont été transportés Tmuport sur des masses de glace détachées des glaciers actuels , il faudra **" "*''• er«tiqu«

^ ^ 'sur deg

aecessairement admettre que la Scandinavie était enfoncée sous les mâMes d« giace eaux de la mer, presque au niveau de ces glaciers ; or, sous le 61« d*tâciiéei.

* D. A. Extrait des Archives des sciences naturelles de Genève, août 1847. Du transport de certains blocs erratiques de la Scandinavie et de l'Amérique du nord par des places flottantes, considéré comme conséquence de Vancienne extension des glaciers de vei contrées t par eh. Martini.

* The geoloffij of Russia and the Ural mountains, t. !•% p. 528; et Quarterly Journal ofthe geoloqical Society ofLondon, t. Il , p. 349, !•' avril 1846.

degré de latitude , les glaciers du Justedal descendent^ jusqu'à iSô mètres au-dessus du niveau de la mer, ceux de Lodal el de Nygaard sont à 577 et 340 mètres au-dessus du même niveau*, ceux de Sala et d^Âlmjalas, qui descendent de Sulitaelma, s'arrêtent à 778 et 97i mètres au-dessus de la mer'; il aurait donc fallu que la Scandinaviv s'enfonçât à 600 mètres environ au-dessous du niveau actuel de la mer, pour atteindre le pied de ceux de ses glaciers qui descendent le plus bas. Or nous avons des preuves qu'elle ne s'est jamais enfoncée à plus de 240 mètres au-dessous du niveau actuel , car la couche coquillière appelée Skalenskigt, qui règne tout le long dî> côtes de la Norwége , et qui nous indique le niveau le plus éle\-^ que la mer ait atteint, ne dépasse pas 240 mètres^. Nous n'avouî donc point de preuves que la Norwége se soit jamais enfoncée audelà de cette hauteur, et que la mer ait atteint le pied des glaciers actuels. Si l'on objectait que cette immersion a eu lieu antérieureà l'époque glaciaire, je répondrais avec H. Daubrée' que l'absence en Norwége de tous les terrains de sédiment compris entre l'époqut de transition et les derniers dépôts tertiaires montre que ce pa\s était émergé pendant la période antérieure au commencement des dépôts les plus modernes.

Giaert floiuntci. C. M. 4. Si Ics glaccs flottautes provenaient des glaciers actuels

elles ne pourraient charrier que des blocs détachés des sororoeu qui les dominent encore aujourd'hui ; mais il est reconnu que les blocs erratiques Scandinaves proviennent de contrées où il n'esisie actuellement plus de glaciers. Il suffit, pour s'en convaincre, de jeter un coup d'œil sur la carte qui accompagne l'ouvrage d-: mi. Hureliisoii et de VerneiiU sur la Russie ; on y voit , par exemple, que les blocs erratiques de la Pologne sont en partie ori-

* II. Toa Bodi , Ueber die Grenun des ewigen Schnees im Norden {GWftrU Aw*len der Pkysik , t. XLI, p. 22, 1812).

* HfwwMmn , Einige Bemerkungen auf Aw/lugen in die norwegischen Seknetgef^i' (Leonhardi Taschenbuch, t. XVII, p. 167 et 186, 1823).

'^vakleBberVf Bericht iiber die Meuungen und Beobaehtungen vtr Betiunmt», der Hôhe und Temperatur der lapplanditchen Alpen unter dem €7^*^ Breitegndey ûbersetzt von Hausmann , §§ 17 et 29.

* Dcs«r, Notice sur le phénomène erratique du nord comparé à eeiui des Ai?^ {Bullet. de la Société géolog. de France, 2« série, t. IV, p. 199, 1846).

» BulUt, de la Société géolog. de France, t. XIV, p. 273, 1843.

Page 1