‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 141 sur 216 · VÉGÉTATION · texte numérisé non relu

VÉGÉTATION

OU la réverbératioa du soleil sur les montagnes voisines avait dû favoriser la fonte des glaces. Cette particularité n'étonnera personne, si l'on réfléchit que ce glacier est situé à l'extrémité d'une baie profonde et bien abritée, dont le climat est assez doux, comparativement à celui des parties de la côte qui sont exposées à toute la violence des vents de la mer.

CM. 9. Pendant notre séjour à Bell-Sound, du 25 juillet au Tempér«iDwder«ir 4 août 1838, le thermomètre s'éleva à + 8'*,2 C, et ne descendit *^^^^.^^j^ jamais au-dessous de + 0%3; en moyenne il se tint à-f-3%8. A Magdalena-Bay y au contraire, où nous restâmes du i^^ au 12 août 1839, il ne monta qu'une fois à + 5% 7^ et descendit plusieurs fois à zéro. La moyenne générale fut + 2*,97. Si l'on m'objectait que ces deux étés peuvent avoir été tout à fait exceptionnels , je répondrais que la végétation est le meilleur indice de la différence de climat pour deux points rapprochés et situés , comme Bell-Sound et Magdalena-Bay, au bord de la même mer et sous le même méridien.

C. M. 10, A Bell-Sound j'ai trouvé 57 plantes phanérogames , à végéution Hagdalena-Bay, 23, et dans ce nombre une seulement qui n'existait pas à BeU'Sound: la différence des deux climats est donc un fait incontestable.

Voici la liste des plantes phanérogames que nous avons trouvées à Bell-Sound : les plMMtcMi «1 IteU^ne eslMtelent aiuwl à Wgdalemi-llay , Ranunculus su (furtuê (Sol); R. nivalis (L.)\ R. pygmcBus (Wahl.); Papaver nudicaule (L.); Draba algida (DC.) ; D. alpina (L)\ D. muriceUa (Wahl.) ; D. arctica (Vahl f.) ; D. oblongaia {R. B.); D. lapponica (DC.)\ D. fladnisensis iWulf.) ; Gochlearia offlcinalis (L) ; C. dor nica (L,) ; Cardamine hellidifolia {L.) ; G. pratensis [L.) ; Platypetalum purpurascens {R. B.) ; Eutrema Edwardsii (R. B.) ; SUene acaulis (L.) ; Lychnis apetala (L.) ; Spergula saginoides (L.) ; Stellaria Edwartii (R. B.) ; Ârenaria rubella {Hook.) ; A. scandinavica (Spr.) ; A. ciliata [Wahl.) ; Cerastium alpinum (L.) ; Dryas octopetala (L.) ; Potentilla pulchella [R. B.)\ P, emarginata (Punk); Saxifraga aisoides {L)\ S. flagellaris (Sternb.)\ S. eetpitoia (L.); S. hieradifolia (WUld.) ; S. stellaris > comosa (Hartm,); S. cemua {L.)\ S. hirculus (L,) ; S. oppositifolia (L.) ; 5. rivularis (L); S. nivaUt {L.)\ Chrysosplenium alteraifolium (L); Erigeron alpinus p uniflonis (Les$,)\ Pbytamocarpum taraxacoides {Vahl f.); Empetrum nigrum (L.); Pedicularis hirsute (L.) ; Oxyria reniformis (Hook.); Polygonum viviparum (L) ; Salix reticulata (L.) ; S. polarU (Wahl.); Juncus biglumis (L.) ; iMxuia arcuaia (Wahl.) ; Carex heleonastes (Ehrh.); Phippsia algida (R. B.) ; Alopecurus ovalus ^ muticus (Sommerf.); Festuca ovina (L) ; F. rubra P ârenaria (Wahl.) ; Poa alpina (L,) ; Dupontia Fischeri (R. B.) ; Trisetum subspicatum (Pal. Beauv.), A Magdalena-Bay, seulement : Poa laxa;

k Bell -Sound et à Magdalena-Baj.

Giâciertkpyramidr. c. M. 11. On trouvc, Hu Fcste, des glaciers à pyramides sous de: - Gi.cier.de saiiiei-j^^jjyjçg très-élevécs. Ed Norwégc, par 67 degrés latitude, les n/:-

ma. — Glacier bvina- . » *

feiu^ôkuu. - Glacier ceer^ du SuUtelma en sont hérissés dans tous les endroits dont b Hôiaar-jôkuii. penlc csl Tapidc *. En Islande, sous le 64© degré , le Svinafdls Jîr

kull* et le Hôlaar Jokull^ sont remarquables par leur beauté. C. M. 12. Les glaciers inférieurs de la Suisse sont convexes^ ces:- • rx- TTc à-dire plus élevés à leur partie médiane que sur les côtés: «:■-

inférieurs de la Sujisc. »^ r ^ '

disposition m'a paru à peu près constante. Elle tient à ce que la -.uface supérieure du glacier fond davantage sur les parties laléralc:. qui sont plus exposées à la réverbération de toutes les hauteur Glaciers avoisinautcs. Hugi* fait observer avec raison que cette comeiî

supérieurs delà Suisse. .. ., ^., .■,... , ,. «j*»-

constitue un caractère essentiel, qui distingue les glaciers infeneir: des glaciers supérieurs; ces derniers sont presque toujours terrainés par une surface plane comme les névés du col Saint-Théodule, fi même concave comme celle de Roththal, dont les bords élai::i élevés de 20 mètres au-dessus de la partie médiane *. Giaders du spiizberg. g. M. 13. Au Spitzbcrg il cu cst de même : la surface du glacier

est le plus souvent plane ou légèrement concave*. Les gladmi Bell'Sound étaient sensiblement plans ; ceux de Magdalena-Bay effraient les trois types. Le glacier de la Pointe aux tombeaux était u2 peu concat;^; celui du fond sensiblement jpîan, surtout dans sapariic supérieure. Enfin , il y en avait deux petits qui n'atteignaient pas le bord de la mer , parce que la côté était accore , et que les gla^ tombaient en se brisant, comme celles du glacier de GétroZy a Valais , à mesure qu'en s'avançant elles venaient à surplomber i e mur vertical. — Un de ces deux glaciers ' dominait la corvette, ei j j»-pu l'examiner à loisir. Large de 240 mètres seulement, ress^n^ entre deux rochers de couleur noire, il avait fondu sur ses côtcs. ce qui l'avait rendu très-convexe. Il se composait de couches suf* :rposées, qui paraissaient être plutôt de la neige durcie que de la \é-

< WaUenlieiV) loc, cit., § 18, pi. U et lY.

' Voyage en Islande et au Grœnland, atias historique.

' Ibid,, p. 84.

* Loc. cit., p. 177.

• Loc. cit., p. 69.

*Seoroiby, loc. et^, t. I«r, p. 403. Mellluin, loc. cit., p. 135. ^ Voy. le plan du grand glacier au fond de la baie de la Madeleine , a [•"'' physique).

Page 1