‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 142 sur 216 · CREVASSES · texte numérisé non relu

CREVASSES

ritable glace. Peut-être est-ce à cette forme même que Ton doit allribuer l'imparfaite conversion de la neige en glace. L'eau des pluies et de la neige fondue, coulant sur cette surface bombée :onime sur un toit, n'a jamais pu pénétrer cette masse compacte de neige tassée par son propre poids.

Lorsque les pentes sur lesquelles reposent les glaciers du nord LcgiadendoSpiu.

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sont Irès-megales, ils se moulent sur elles comme ceux des Alpes , ,^, ^^^^ ^^0» dei ainsi que Scoreabr l'a constaté sur le glacier de Vile Jan Mayen, ^'p"qui ressemblait, dit-il, à une immense cataracte gelée, de laquelle sortaient çà et là des pointes de rochers qui complétaient l'illusion *. Les glaciers du Spitzberg fondent un peu à leur surface supérieure, lorsque le temps est doux et l'air humide : c'est néanmoins surtout à la fonte des neiges accumulées sur eux qu'on doit attribuer l'origine des ruisseaux qui les parcourent quelquefois. Il n'est pas rare »»«•'•"

° . T r ^ ^ '^ sur la rarface de» gla-

de voir de petites cascades s'échapper de leur partie supérieure. A cie» dn spiuberg. Magdalena-Bay , il y en eut une qui , pendant quelques jours, tombait des flancs du glacier de la Pointe aux tombeaux. Celui de Bell- Sound était sillonné par de petits filets d'eau. PUppa, dans une des vues qui ornent son ouvrage , a représenté un des glaciers de Smeerenberg. Du tiers inférieur de sa hauteur verticale s'échappe une cascade qui tombe dans la mer. Scoresb^, liatto ont vu les Sept glaciers parcourus par de petits ruisseaux , dont quelques-uns coulaient dans les crevasses et ne se trahissaient que par le murmure de leurs eaux. La surface du glacier terminal de Magdalena- Bay était tout à fait sèche; il n'y avait pas d'eau, même au fond Jes crevasses. G. M. 14. En général, ces glaciers sont couverts de neige pen- cr««"*»

® ' ® ^^ '^ de» gUciers du Spili-

pant toute 1 année. Keilhau' Ta vériGé pour ceux du sud , et la berg. leige ne fond pas davantage sur ceux du nord. Cependant à Bell- 3ound , le grand glacier était parsemé au moment de notre départ ' d'un grand nombre de petites flaques d'eau. Cette couche de [leige dérobe à l'observateur la vue des crevasses qu'elle recouvre tant qu'elles ne sont pas trés-larges. A Magdalena-Bay je montais sur le grand glacier du fond afln de les mieux étudier. Comme

« Edinb. philos, Joum., t. I^^ p. 121, 1819. *Loc. cit., p. 135.

> 4 août 1838.

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celles des glaciers alpins, elles étaient toutes transvenales ^ par conséquent parallèles à la mer, et d'autant plus béantes qu^elles ^i étaient plus rapprochées. A la surface du glacier elles atteignait:!: quelquefois une largeur de 5 à 10 mètres; leur profondeur tu:. de 15 à 20 mètres. Les deux faces se trouvaient presque en cltact dans le fond, qui était jonché de fragments énormes de glate : de neige durcie. De longues stalactites pendaient aux parois de crevasses. Tantôt elles simulaient un grand jeu d'orgue, tantôt ti étaient isolées et rappelaient les clefs pendantes des cathédrales p.thiques.

Jamais je n'ai pu voir, au fond d'une crevasse , la roche sur I^ quelle repose le glacier. Dans son ascension au Mont-Blanc, ër Saïusiire n'a pas été plus heureux ^ Il est toutefois probah que ces fentes traversent souvent le glacier dans toute son épai>seur, au Spitzberg aussi bien qu'en Suisse*. L'aventure de Yaul giste de Grindelwald j qui tomba dans une crevasse et ressortit ^ les bords du glacier en remontant le cours d'un ruisseau qui h frayait un chemin sous la glace, est un fait connu de tous les to.jgeurs qui ont parcouru l'Oberland'. On peut se rendre raison •:-. formation des crevasses par les contractions et les dilatations ali^rrnatives de ces masses qui, pendant les longs hivers du Spitzkr^. sont exposées à un froid de — 40® C, suivant toutes les probalîlités, et qui, pendant l'été, se trouvent environnées d'une aUnc5phère dont la température est presque toujours supérieure à itp.. Alors la surface se réchauffe plus que les parties sous-jacentes, ! ^ places couvertes de neige moins que celles qui en sont dépourvues : de là les dilatations inégales suivies de solutions de continuité J^' la masse. — Hugi a vu plusieurs fois ces crevasses se former sc'»: ses yeux.

Fonntuon de cre- H donuc sur uu de SCS faits les détails suivants : c Je me proc?- «"^kdrdeTuL'i!^ ^ ï^^'s un jour, dit-il, sur le glacier de l'Unteraar, vers trois beur?< ^•••- € de l'après-midi. La chaleur était très-forte; tout à coup j'enlendi^

€ un bruit particulier. J'avais à peine couru trente ou quarante paf c( dans la direction du son , lorsque je sentis le glacier tremlit:

* Loc. cit., g 1973.

* Voy. Ha«l, loc. cit., p. 358 et 331.

* BUel , Manuel du voyageur en Suiue, t. H , p. 580.

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