FORMATIONS AQUEUSES
ment nommé terrain erratique éparpillé. Si donc la station d'un glacier sur un même point ne se prolonge pas assez pour qu'il ait, pour ainsi dire, le temps d'édifier une moraine terminale, il laissera néanmoins toujours , comme preuve de son passage , du terrain éparpillé. Ce terrain forme une ceinture tout autour des anciennes moraines de Rivoli ; on y trouve les fragments plus ou moins anguleux, le sable, la bow du glacier {Lehm), et des blocs erratiques , dont quelques-uns , tels que ceux du village de Pianezaza , ont 25 mètres de long sur 14 de large. Le même terrain existe autour de la moraine d'Ivrée ; il couvre le pays ondulé, à collines coniques , qu'cHi nommé la Bessa , et qui occupe le bord septentrional de la Serra. Le terrain erratique éparpillé est et doit être au-dessous des moraines en forme de digues, mais il se confond nécessairement avec elles sous le point de vue de la composition physique. On ne trouve point de terrain erratique éparpillé entre les moraines d'Ivrée, celles de Rivoli d'un côté, et la colline de Turin de l'autre. Ce terrain reparait sous forme de cailloux erratiques, de boue glaciaire et de blocs énormes sur toute la colline de Turin et une partie de celle de Montferrat.
M. et G. 4. Formations aqueuses. — Les eaux qui s'échappent FormatioM aqueuei. d'un glacier en fusion entraînent toujours avec elles des fragments ^■^■"»***^empruntés aux moraines; elles les roulent, les arrondissent et les transportent à de grandes distances. Tout glacier est donc précédé, pour ainsi dire, par un diluvium local qui lui doit sa naissance. Les glaciers gigantesques, dont nous avons décrit les moraines> ont formé des nappes diluviennes dont la réunion constitue le plan in-^ cliné qui descend des Alpes vers le Pô. Ce terrain se compose de cailloux d'origine alpine, roulés, arrondis, non striés , d'autant plus gros qu'on les examine plus près de leur point de départ. Ces cailloux sont mêlés de sable, de graviers, confusément stratifiés et sans fossiles. La nappe se termine par une berge, qui s'arrête en générai sur la rive gauche du Pô, et sur laquelle est bâtie la Ville de Turin. Dans les coupes que le torrent de la Chiusella a faites dans la moraine d'Ivrée, celui du Sangone et la Dora Riparia, dans celle de Rivoli, on reconnaît très-bien la superposition dont nous avons parlé, savoir: moraines, terrain erratique éparpillé, diluvium glaciaire. Le tout reposant sur les sables pliocènes marins.
Couches M. et G. 5. Couches fluvio-lacustres. — ÂUuvions pliocènes, ou j
Aii^^n»^»Zct. ossements de pachydermes. On les a mises à découvert sur la ri\-j
droite du Pô : ce sont des masses de sable et de cailloux stratifiés. Lc^ cailloux sont quartzeux ou porphyrîques et ne dépassent pas la grosseur d'un œuf de poule. On a trouvé dans ces sables, près de Viilafranca d'Asti, un squelette de Mastodonte, une mâchoire de RhiD«>céros , des Hélix et des Paludines; à Ferrare, dans la même coucL-:. des dents d'Hippopotame et de Tapir, avec de nombreux restes à-^ Mastodonte. Les auteurs croient que ces alluvions sont inférieurv.^ au diluvium glaciaire, et ont été déposées au sein d'un lac ou d^uu cours d'eau situé au sud des collines de Turin et de MonLferi-at. ^^^j^j^^'^ M. et G. 6. Couches pliocènes mannes. —Elles sont horizontales d
forment tout le fond de la vallée du Pô. Sur sa rive gauche on les trouve au-dessous du diluvium glaciaire ; sur sa rive droite , audessous des alluvions à ossements. Elles se composent de saLl^ quartzeux , de marnes souvent argileuses contenant des fossiles . tels que Panopœa Faujasiiy Peclen jacobœus, Peden maximus. Murex saxatiliSy Arca Noce etc. Ces couches n'appartiennent pas à Ij catégorie des terrains de transport; elles ont été déposées surplace, et commencent la série des terrains tertiaires dont la colline de Turin présente la continuation.