ANCIENS GLACIERS ET PÉRIODE HUMAINE
tbat I am prepared to expect tbat Ihis also will bc proved ; and I cannot resist tbe conciusion tbat, webn glaciers fiUed tbe valleys of Wales it was at tbat very time (tbe Newer Pliocène epocb) tbat tbe glaciers of Switzerland attained tbeier greal original extension *.
Furtber, in spite of tbe modem fact tbat far soutb of tbe equalor tho cold is greater tban in équivalent nortbern latitudes, it is diflicuit not to speculate on tbe probable existence of a climate perbaps somewbat colder for nearly tbe wbole world, durîng wbat is often called tbe glacial period ; a period wben not only tbe Alps , but ail
Scandinavia, Were full of great rivers of ice descending tho the sea"; wbcn
Ibe Wbite Mountains of Norlb America also bad ibeir glaciers', and wben tbe great glaciers of tbe Himalaya, as described by Hr. JTtMiepli Hoolier , descended 5000 feet (1525 mètres) below tbeir présent levels, tbe older moraines being in ono instance only 9000 feet (2745 mètres) above ibe sea , wbereas tbe présent end of tbe glacier lies at a beight of 14000 feet (4267 mètres ait.).
R. 17. What retation hâve thèse exlinct glaciers to the human Anciem period? Tbis is a subject on wbicb we still are in tbe dark, but cousidering tbat in Newer Pliocène bone-caves flint knives bave been found, — tbere is reason to believe coeval witb elepbants, rbinoceroses, and olber Mammalia partly extinct; — and tbat in France, at Abbeville and Amiens , well formed flint batcbets of an old type occur in fresb-water and marine strata of so-called Upper Tertiary rlate' ; and also, tbat a buman skuU was dug out of tbe so-called Pliocène volcanic tuffas of Auvergne under circumstances at tbe least suspicious, it is possible, and perbaps even probable, tbat, long afler tbe Drift was raised above tbe sea, tbe eyes of men may hâve looked upon tbe glaciers of Wales, wben, in tbeir latter days, the ice bad sbrunk far up into tbebighest recesses of tbe mountains.
A. G. Ramsay.
* D. A. Les altitudes où cessent les roches moutonnées, polies et striées. — Les localités où on trouve les matériaux erratiques sur le sol , sont la preuve que les glaciers occupaient ces emplacements, mais ce ne sont pas les limites de leur plus grande extension (voy. nos Matériaux : Glaciers en activité, t. V).
*' D. A. Remplis de glaciers.
' So 1 was informed in 1857, in conversation with A^tuuiiM.
* Confirmed by Prestwich.
glacien et période huinain<>.
T. 1. Pendant les sept derniers étés j'ai eu l'occasion de visiter introduction. les Alpes, et je me suis trouvé sur plusieurs positions qui permettaient d'avoir une vue d'ensemble. Pendant que je me trouvais dans ces positions exceptionnelles, j'ai souvent réfléchi sur les agents qui avaient donné à cette portion de la surface de la terre une forme aussi remarquable. Gomment les collines ont-elles durci? Comment les vallées se sont-elles ouvertes? Je pense que la simple inspection des montagnes vues d'un point de vue élevé suffit à démontrer que les montagnes n'ont pas surgi par Faction de forces individuelles agissant au-dessous de chacune de leurs bases, et que les vallées ne proviennent pas simplement de ce qu'une portion des parties soulevées n'a pu se maintenir en l'air. Probablement personne n'est assez arriéré pour concevoir une pareille théorie. — Évidemment il y a eu des élévations et des abaissements , mais il serait impossible de supposer que ces grands mouvements aient eu lieu d'une manière fragmentaire. On doit supposer qu'il y a eu une élévation générale de la terre produisant une espèce de protubérance, et la question qui se présente se réduit à déterminer comment la terre ainsi élevée a été taiUadée de manière à revêtir sa forme actuelle.
T. 2. On peut se dire que, dans le soulèvement de la terre, des ^ p-t* dou pnn. craquements et des fissures se sont probablement produits, et que ^^^**"*"J."J^^ les vallées peuvent être considérées comme les traces de ces cra- uciem giacien. quements et de ces fissures agrandies par un travail de dénudation
* D. A. Extrait de la Presse scienttfique des deux mondes, 1863, t. II. {Sur la configuration des Alpes, par m. SéÊsm Tyntell, V. B. S.)
ultérieure ; mais la direction des vallées n'est point celle suiTaot laquelle les craquements et les fissures auraient eu lieu.
Généralement les vallées suivent les lignes de plus gi^ande pente, tandis qu'avec la théorie précédente elles devraient suivre celles de plus grande tension. Par conséquent , les conditions niécaQique> du problème nous conduiraient à donner aux déchirures unediier-
tion perpendiculaire à celle des vallées Un éminent géologue.
avec lequel j'eus le plaisir de converser il y a huit ou quinze jours, appelait les vallées alpines AuswaschunglMler , c'est-à-dire vallées creusées par l'action de l'eau. Mais, depuis quelques années, une opinion contraire s'est graduellement fait jour dans mon esprit; et, cette année, j'ai complété une chaîne de raisonnements qui me montre qu'un excavateur plus puissant que l'eau a été employé à tailler le relief des Alpes , et que le pays «ioU Sa eolillgiirfliioli aefuelle à Tactioii de ses eiera**
11 faut un temps assez long pour travailler sur l'échelle surprenante des résultats que la glace a obtenus. Si les traces de cette action étaient moins indubitables , le jugement hésiterait avant dVcepter une conclusion proclamant la nécessité d'opérations si vasUs qu'elles doivent sembler fabuleuses.
Voilée de Htsie. T. 3. Cclte auuéc j'ai traversé pour la cinquième fois la vallée de Hasle (Oberland bernois), observant l'action des anciens glaciers sur les montagnes qui la limitent. Un million d'hivers ont passé sur ces rocs cannelés et tailladés*, et cependant ces cannelures et ces cicatrices sont aussi fraîches que si elles avaient été coupées la veille. Nous pouvons les suivre jusqu'aux bords de l'Aary rivièn: qui a coulé pendant des âges dans la même vallée , et le peu d'iin-
* D. A. L'acquisition d'une nouvelle vérité crée pour l'homme un nouveau sens dcii il s'enrichit et par lequel il devient alors capable d'apercevoir et de recoonaitre ci nombre indéfini de problèmes qui , pour lui et pour les autres, demeuraient auparat^i invisiblement cachés (oriutiui iJeMs).
.... Les systèmes ne doivent jamais être que les résultats et les conséquences de« faits (de SaiuMure).
.... Rien n'est beau que le vrai (Ar«0o).
.... Je fais gprand cas d'un oser et je sais tout ce qu'il vaut (CMrdlaal de BlAkclleB^
' D. A. Roches polies, striées et rayées par les glaciers (GletscberscUiSè.)
Verunt
portance de changemenls opérés par son intermédiaire nous montre combien Faction de Teau est relativement insignifiante. — Un glacier puissant occupait la vallée du Rhône. Je l'ai suivi tout le long de la vallée de Martigny , à une distance de plus de 80 kilomètres du terme du glacier actuel. Là, renforcé par les glaces descendant du Mont- Blanc , il s'est ouvert une route dans la direction du lac de Genève. Les roches moutonnées s'élèvent amoncelées les unes sur les autres auprès d'une station appelée Évionnaz, et là, comme dans la vallée de Ilasle , la partie polie descend jusqu'au niveau actuel du Rhône, ce qui montre eontliieit raetton de 1» riirlère » été faible » eompamtlTemeiit m eee grantUi effets, depuis 1» disparition des glaeiem Jusqu'à nos Jours* T. 4. La même pensée s'empare du voyageur sur le versant mé- , ... . , „
^ "^ '' ^ méridional des Alpot.
ridional des Alpes , où les traces des anciens glaciers sont beaucoup plus étonnantes encore que sur le côté septentrional.
Il y a deux ans, j'ai eu l'occasion d'inspecter le val de Tournanche, de Breuil à Châtillon. Cette année, j'ai traversé les cimes blanches de Breuil , erré sur les anciens sillons de ce massif, pénétré dans les plus hautes ramifications duVal-d'Ayas, et partout j'ai trouvé la structure des anciennes glaces. — En traversant le col Betta-Furka, et en regardant du côté duVal-du-Lys, on reconnaît immédiatement les traces d'un ancien glacier qui descendait des pentes du Lys-Kam. J'ai suivi l'aôtion de cette noble vallée jusqu'à Grenonay-Saint-Jean ; partout sur les flancs des vallées la même vérité était proclamée. Ce que l'air et l'eau ont accompli depuis cette époque n'est que d'avoir imprimé la trace de la dent du temps, résultat insignifiant en présence des immenses sillons qui avaient déjà éié creusés.
A partir de Grenonay j'ai traversé le col du Val-d'Obbia pour me rendre à Alagna, et partout j'ai foulé aux pieds un terrain abandonné par la glace. Comme son voisin de la Lys , le Val-de-la-Sesia formait aussi le lit d'un puissant glacier. A partir d'Alagna j'ai traversé le Turloy. Les traces de la glace y sont magnifiques : sur les flancs du Val-Auzosca^ en face de l'endroit où le glacier du mont Turloy joint celui deMacugnana, les rochers sont admirablement rongés. Depuis la vallée de Macugnana jusqu'à la base du Monte- Rosa on voit paraître les mêmes grands phénomènes démontrant
l'existence d'un état de choses si extraordinaire qu*il serait impossible de s'en faire une idée si les preuves de son existence étaient moins nombreuses et moins convaincantes. J'ai plusieurs fois exploré les vallées de Saas et de Saint-Nicolas : toutes deux sont des canaux tracés par les glaciers ; on peut surtout voir une expansion de rochers magnifiquement arrondis sur les bords de la irallée de Saas , à l'endroit où le chemin tourne pour remonter vers la Vallée de-la-Fée. Ayant fini l'exploration de cette portion du pays, je sentis un désir très-violent d'explorer le Jura et d'observer par moknème les boidders (blocs erratiques) semés sur ses versants. J'allai à Neufchâtel, je visitai la célèbre Pierre-à-Bot, j'examinai le caractère général de la matière semée sur ses versants y laquelle semble provenir de moraines. Des boulders de granit se trouvaient ai abondance et dans beaucoup d'endroits ; on s'en servait pour tailla da pierres à bâtir. Comme on le sait, le Jura ne donne pas de granits; il est composé de pierre calcaire. D'où peuvent provenir ces blocs? La chaux carbonatée est une roche en partie soluble ; par conséquent, quand elle est restée longtemps exposée à l'air, elle negarJe plus la marque des stries qui permettent de déterminer la direction du mouvement, quoiqu'elle conserve encore la forme générale donnée par l'action destructive du glacier. J'ai donc cherché des plaques qu'on aurait récemment privées de la couche protectrice de terre végétale, et j'ai été assez heureux pour en découvrir quelquesunes sur lesquelles les traces du glacier étaient marquées d'une manière très-visible. J'ai déterminé leur direction à trois endroits différents , et j'ai trouvé que toutes trois étaient dirigées vers k Mont-Blanc, qui est l'endroit d'où les anciens glaciers avaient reça leurs charges. Ils les avaient charriées à travers le canton de Yaud et le lit du lac actuel de Neufchâlel , pour les déposer sur les versants actuels du Jura. Le chemin de fer entre Neufchâtel et Brienne a mis à nu plusieurs rocs taillés d'une manière très-nette ; la preuve de l'action des glaciers est aussi manifeste que dans les autres parties des Alpes. Le fait que la glace a pu traverser le pays, pour aller du Mont-Blanc jusqu'au Jura, fortifie l'idée que nous nous étions déjà faite de la grandeur du phénomène. Les riidm T. 5. Il est parfaitement certain que toute cette région monta- """^ "^dJiJe?. '*'**" gneuse fut occupée par des masses prodigieuses de glace consUus-
ment en mouvement. Mais je ne crois pas possible de douter que cet agent n'ait pas eu la force de creuser les vallées opines , tandis qu'on ne saurait attribuer la même force à l'action descendante de l'atmosphère, cai' elle n'a même pas pu , dans la plupart des cas, détruire les traces superficielles de l'action des glaciers. Je crois beaucoup plus probable que les glaciers ont été les excavateurs réels et que leur rôle ne s'est pas borné à remplir les vallées précédemment creuséeâ par l'action descendante de l'eau ; mais le choix n'est permis qu'entre deux suppositions.
Allons-nous prétendre que les glaciers ont rempli les vallées creusées par un agent démontré plus faible qu'eux, ou bien accorderons-nous qu'ils ont été les agents destructeurs qui ont fouillé les vallées qui coupent les montagnes ?
Je n'hésite point à adopter cette seconde manière de voir, qui va nous conduire à d'autres résultats, car, en suivant ce raisonnement, nous arrivons à reconnaître qu'un glacier se détruit lui-même ; en effet, plus il creuse, plus il se retire. Supposez que les vallées actuelles des Alpes soient remplies jusqu'au niveau des montagnes voisines qui les forment, alors de nouveaux glaciers surgiront. Mais chacune de ces vallées peut être considérée comme une espèce de fourneau qui envoie des courants d'air chaud vers les hauteurs et qui empêche la formation de la glace. — Il y a une semaine, je me trouvais sur le sommet du Grauhaupt, et je fus vivement surpris de la force avec laquelle des bouffées d'air chaud sortaient verticalement du Val-de-Lys. Les courants verticaux mis en évidence par la précipitation de vapeurs qui flottaient alors, étaient aussi énergiques que le tirage d'une cheminée d'usine. Ainsi, qu'on élève la terre, et nous avons une période glaciaire; que la glace creuse la terre, et chaque pied qu'elle creuse amène sa propre destruction. Le glacier disparaît à mesure que la vallée s'approfondit. Finalement nous arrivons à un état de chose où la glace est parvenue à ses limites , qui ne peuvent plus que servir de témoignage à la manière dont les phénomènes se sont passés dans un âge géologique qui est loin de nous. Pour rendre compte d'une époque glaciaire, nous n'avons donc pas besoin d'avoir recours à V hypothèse ^ très -difficile àadtneUre, d'un changement dans la quantité d'émissions solaires , ou un changement dans la température de l'espace traversé par notre
système. L^élévation du sol , phénomène qui accompagnerait naturellement le refroidissement graduel de la terre , suffit pour e\;>Iiquer la présence d'une pareille époque, et la glace elle-même, en Tabsence de tout autre agent naturel , suffirait très-bien pour détruire les conditions qui lui ont donné naissance.
Tyndall. F. R. S.