‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 178 sur 216 · DANS LA VALLEE DU RHIN · texte numérisé non relu

DANS LA VALLEE DU RHIN

IL 22. Les galets du comblement du Rhin offrent toutes les G.ieu formes qu'affectent les galets glaciaires constituant les moraines pro- combiimenidu Riun. fondes actuelles : ils sont mélangés, comme dans ces moraines, à des débris à angles à peine émoussés, à surfaces imparfaitement polies ; et leur identité est aussi complète, incontestable que celle des diverses nappes erratiques des diverses sections du bassin inférieur et des hautes vallées , dans lesquelles Tœil le plus exercé ne parviendra jamais à trouver des différences indiquant et prouvant des origines différentes.

L'arrangement des matériaux* est le même sousjes glaciers et dans la plaine d'Alsace ; les galets ne sont ni stratifiés ni imbriqués ; ils sont distribués sans ordre et comme noyés dans la masse des sables et des menus graviers. Nulle part, on n'aperçoit ces couches successives de cailloux rangés à la manière des tuiles d'un toit , marquant les accroissements des bancs , si bien décrits paru. Bau-

Ces matériaux ne sont pas lavés ^ mais ils sont enveloppés d'un limon jaunâtre de lehm , de cette boue du glacier qui s'est produite pendant toute la période du comblement^ comme pour en marquer l'époque, et s'est accumulée ensuite sur différents points à sa surface , et qu'aujourd'hui les cours d'eau sortant des glaciers continuent à charrier; en un mot, le comblement de la plaine d'Alsace,

* Extrait des Recherches sur les formations erratiques^ par H. Howard, in-8<>, 233 pages. Atlas et illustrations nombreuses. Paris 1858 (paragraphes H. Hogard).

Ce mémoire fait suite aux Phénomènes erratiques entre Baie et Coblence (voy. p. 307 à 33«.

* D. A. Matériaux non remaniés par les eaux.

moraine profonde ancienne , est aux moraines profondes actuelles ce que la moraine frontale d'Obergesteln est aux moraines fronlak-s actuelles du glacier du Rhône.

Ces divers dépôts offrant les mêmes caractères et se tronrant dans les mêmes conditions ^ n'était-il pas naturel de les rapprocher, de les réunir dans un même groupe ? et surtout de les séparer de^ accumulations alluviennes dont ils n'offrent ni les dispositions, ni les caractères essentiels.

Le Rhin y dans les déplacements , dans les remaniements incessants des matériaux encombrant son lit, et tous les cours d*eaa. agissant sous nos yeux, ont-ils jamais exécuté une nappe de comblement, même sur une petite échelle, comparable aux dépôts réguliers qui remplissent le fond de vallées? Les observations d^ WL. naMibrée sur les caractères des îles ou bancs de sables et de graviers créés par le Rhin permettront-elles encore de le supposer ?

Ces galets roulés du comblement du Rhin, dont la présence a pu donner un moment l'idée d'un transport exécuté par un coumiL diffèrent-ils de ceux qui sont jetés sur les flancs des montagnes, sur des plateaux élevés ou qui constituent même les moraines frontales de nos vallées? Non, assurément, et si les eaux seules avaient la propriété de les façonner ainsi , il faudrait attribuer à leur action ces diverses accumulations, ou reconnaître que les cailloux arrondis et polis appartenant à des dépôts erratiques ' incontestables , leur présence ne peut plus désormais suffire pour prouver l'action exclusive des courants dans la formation des terrains dont il s'agit. Le Rhin n'entraîne j^g Rhin saus doutc, usc , corrodc et polit les matériaux qu'il dê-

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brisdci baotei Aipei. P'^tcc ct Toule daus soH ht, mais il les a trouves sur place tout transportés et tout façonnés ; il n'entraîne aujourd'hui aucun débris dt- > Uautes-Âlpes ; jusque dans le bassin inférieur, les lacs qu'il traverse , ainsi que ses divers affluents, offrant des obstacles infranchissables.

Si l'on suppose , pour un moment , ces cavités fermées , ou nou encore creusées , et l'action diluvienne alpine agissant en toute liberté pour combler la plaine d'Alsace, on doit admettre aux confluents de toutes les vallées latérales un mélange des matières transportées aussi bien que des eaux : et ce mélange pourtant n'existe nulle part.

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