‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 185 sur 216 · OSSEMENTS FOSSILES · texte numérisé non relu

OSSEMENTS FOSSILES

Si Ton attribue à ce dépôt une origine diluvienne y et si Ton veut expliquer le transport et le dépôt de l'amas argileux et des fossiles qu'il renferme par l'action des eaux, il faudra rechercher les causes d'une élévation extraordinaire du Mouzon et du ruisseau du Bany, non-seulement jusqu'à 20 , mais encore jusqu'à 30 mètres , puisque les débris transportés se retrouvent au-delà du point que franchit le chemin en remontant le plateau ; avec cette hauteur, le courant aurait eu de 5 à 6 mètres de vitesse par seconde et , pour une section de 1800 mètres seulement, aurait débité environ 9000 mètres cubes dans le même temps. Au confluent il aurait éprouvé latéralement un ralentissement qui aurait permis aux galets , aux ossements et surtout au lehm de s'arrêter sur l'éperon.

Mais les galets ne forment pas un étage distinct dans le dépôt : ils y sont intercalés en lits irréguliers et à différentes hauteurs ; ils auraient donc été transportés et abandonnés sur le plateau en même temps que le lehm et sous l'influence du même courant, animé d'une vitesse sufiis^nte pour opérer un charriage de galets et d'ossements lourds et volumineux , mais évidemment trop forts pour permettre au lehm de se déposer , les sédiments boueux ne se produisant que dans les bassins où les eaux sont stagnantes.

Les galets sont roulés, usés, frottés ei polis. Ce sont des calcaires compactes , des quartzites et des grès durs du lias.

Les ossements fossiles n'offrent aucune trace de frottement , et ce- o«emeDte touiUt

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pendant ils ne sont m a la surface , m dans une fente remplie pos- ^^ «hiuement. térieurement; mais ils sont à diverses hauteurs , et principalement vers la base du dépôt , mêlés et associés à des galets , souvent agglomérés sous forme de poudingue osseux par un ciment ferrugineux.

Les uns et les autres, ayant été transportés et remontés à 20 mètres au^-dessus du fond de la vallée , et s'étant arrêtés au sommet de l'éperon , sans tomber à ses pieds , devraient offrir les mêmes traces de chocs ou de frottements , mais il n'en est rien, et j'arrive tout naturellement à cette conclusion : que les galets et les ossements abandonnés sur le plateau de Villars n'ont pas été roulés jusqu'à ce gisement par des courants faibles ou violents ; la parfaite conservation des uns en offre une preuve évidente, et leur présence dans des amas de galets roulés et polis , de roches triturées et étran-

gères à la localité prouve en outre qu'au moment où le dépôt s*r*>t constitué , le mélange des matériaux dont il se compose s*est efiectué lentement et dans le calme le plus complet , sans aucun mouvement de translation , conditions absolument nécessaires pour assurer la consei*vation la plus complète des fossiles et permettre au\ galets de s'arrêter et au lehm de se déposer sur l'éperon.

On le voit donc, en admettant l'intervention d'un courant passant à 20 ou 30 mètres au-dessus du fond de la vallée , et ayant ass^z de force pour opérer le transport et le mélange des fossiles et d^ matériaux réunis sur ce point , il n'est pas possible d'expliquer le: faits observés, et l'on n'arriverait pas à une solution plus satisfaisante si l'on revenait à l'hypothèse d'une inondation générale de la contrée ; dans un lac aux eaux chargées de détritus , le lehm aurait pu certainement se déposer, et sur d'autres points où il n'eu existe pas de traces aussi bien que sur l'éperon de Villars , et eoTelopper des ossements d'animaux accidentellement amenés ou dttruits au confluent des deux vallées ; mais évidemment les galrb roulés n'auraient pu remonter jusqu'à la hauteur où ils se trouveat aujourd'hui.

A l'égard du dépôt de Rebeuville on aiTivera nécessairement aoi mêmes conclusions.

Les galets y sont usés et polis ; une surface du rocher offre de^ traces évidentes de frottements ; l'étage supérieur est formé de blocs anguleux ou imparfaitement arrondis , et d'un volume assez considérable ; des blocs d'un mètre cube, antérieurement frottés et pob. sont relevés à plus de 15 mètres au-dessus du niveau du Mouzon. et sous ce premier étage se trouvent des lits de sables très-fins.

Les eaux , d'abord assez calmes , auraient donc déposé sur ia rive gauche de la vallée , soit contre des escarpements , soit sur ui^ plan incliné à 45 degrés moyennement , des matériaux réduits i l'état sableux, des galets arrondis de faibles dimensions ; puii en s'élevant et en acquérant plus de force , elles auraient recouvert ces sables d'argiles mélangés de gros blocs , et sans détruire la base eitrémement meuble sur laquelle ces blocs reposent? Enfin , lors dt leur retraite, le dépôt, qui offre des traces évidentes d'une forte compression latérale , n'aurait pas été miné à sa partie inférieuir offrant si peu de consistance qu'elle glisserait et croulerait infailli*

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