‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 186 sur 216 · ACTION GLACIAIRE · texte numérisé non relu

ACTION GLACIAIRE

blement si , pendanl quelques instants , elle se trouvait , non pas exposée à l'action d'un courant qui la détruirait immédiatement, mais seulement imbibée et pénétrée par le plus mince filet d'eau.

Ces deux amas sont pour moi deux dépôts erratiques ; ce dernier, une portion de moraine latérale, et celui de Villars un dépôt lacustre placé au confluent de deux glaciers dans un petit lac, analogue à celui qui existe au pied de l'Abschwung, à la jonction des g^laciers du Finster-Aar et du Lauter-Aar *.

Dans un petit lac , des déjections boueuses ont pu s'accumuler et se mêler aux galets rejetés latéralement et principalement par le glacier du Mouzon ; s'arrêter sur ce plateau sans déborder la ceinture de glace enveloppant le bassin ; des ossements abandonnés au pied de l'Abschwung, ou sur les rives des glaciers ont pu y tomber et se mêler au lehm et à des galets arrivant tout façonnés, tout roulés et frottés au même point, comme cela a lieu journellement dans les lacs glaciaires, où l'on retrouve, dans les mêmes conditions , des ossements de chamois , de marmottes , de chèvres et de moutons de l'époque actuelle.

A Rebeuville, la portion de moraine appliquée contre et dans les enfoncements des escarpements du calcaire jurassique, a pu rester en place après la disparition du glacier ; des matériaux plus volumineux ont pu être rejetés sur des sables de trituration ; et ce dépôt glaciaire, distribué dans un ordre inverse de celui que l'on observerait dans une déjection alluvienne , n'a pu se maintenir que parce qu'évidemment il n'a jamais été atteint par les eaux du Mouzon.

La présence de ces premières traces incontestables de Vaction glaciaire dans une des vallées aflluentes du bassin de la Meuse, ne pouvait manquer de me faire comprendre la nécessité de rechercher l'origine des comblements de la partie inférieure de cette grande vallée , et par quelle voie des matériaux évidemment vosgiens auraient été entraînés jusque dans la basse Meuse et rejetés sur diverses proéminences à partir du bassin de la Moselle , vers les Ardennes.

*D. A. Ce lac, cité par Tami H^yard, très-temporaire, n'existe plus depuis grand nombre d'années.

Terrain errauqne H. 34. « On sûit quc suF Ics bords de la Mcuse * le sol contient

"' *'iiieu«e" ' ' ^^^ grande quantité de cailloux roulés de toutes g^ssenrs ; tantôt

et (jei Ardennei. CCS cailloux soiit disséminés, tantôt ils sont réunis par on cimeot

peu consistant ; à cet état ils forment des massifs de rochers q^ji affluent dans plusieurs localités ; on rencontre ces brèches sur les hauteurs de Saint-Privas (près Verdun etc.) ; les mêmes terrains simontrent aussi dans Tarrondissement de Commercy.

<K En examinant attentivement la forme de ces fragments roulés ,

leur nature, on est porté à les reporter au système \osgien

et la parfaite ressemblance que la plupart ont avec les poudingoes vosgiens , ne permet pas de contester leur origine.

€ La présence de ces dépôts (décrits sous la dénomination d a//svions anciennes) sur les hauteurs qui bordent la Meuse près de Verdun peut, selon l'auteur, être expliquée par un volume d*eau plas considérable

Dans les Ârdennes*, des cailloux de la grosseur d'un œuf et au-

dessus , qui provierment des roches des Vosges , couvi'enl l'afiBeurement du calcaire ferrugineux , des marnes du lias et même le bor ! de Toolithe inférieur sur la rive gauche de la Meuse ^ à iOO et 1j<^ mètres au-dessus de son lit actuel. Ces produits diluviens se reo- Monion et Frenoii. contrcut surtout eutrc Mouzou ct Freuoîs ; ils forment aussi de petits coteaux subordonnés aux collines latérales et qui s'élèvent de o^J à 40 mètres au-dessus de la rivière On les retrouve encore sur

Plateaux j^g platcaux surbalssés de Létanne et de Beaumont , à 50 et 60 mèlres *" Bewr<l' * au-dessus de la vallée , et assez loin de celle-ci ; ils alternent par lits avec du sable et présentent les caractères d'un dépôt tranqmlU. Enfin on a cru remarquer les traces d'un courant qui, du bassin Je la Meuse , aurait jeté sur les plateaux de Saint-Geoi^es et dans la vallée de l'Aire des galets provenant du diluvium de la Meuse , en franchissant un col entre Cunel et Saint-Juvin.

DiiaYiflm Dans le département de la Meurthe, le diluvium des plateaux ^

**"éja^ill" t*dTi. *^ P^"^ caractère général ^ d'êlre composé d'une ai^ile jaune d'ocre,

Meurthe. jaspéc dc blauc , et de renfermer des cailloux arrondis, exdusfivt-

* M. CMivlard , Description géologique du département de la Meum. Verdun ièS$

* Statistique des Ardennes, par nvii. SAU¥«ce et BMiTlgvIer, 1842.

' Aperçu de la constitution géologique de la Meurthe , par M. l^wmMÊ^Êm. ÈÊêmcfr^ de la Société des sciences ^ lettres et arts de Nancy, 4850.

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