POUR
PHËNOHÊNES ERRimOES.
Pliéii0BièiiM erratliiues dans 1m Alpes.
C. 79'. La personne que j'ai entendue pour la première fois tnntport émettre l'opinion que les débris erratiques ont été transportés par ***' ^*^^ mùqw
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des glaciers y est un bon et intelligent montagnard, nommé J. P. Perraudln , passionné chasseur de chamois , encore vivant au hameau de Lourtier^ dans la vallée de Bagnes.
Revenant en 1815 des beaux glaciers du fond de celte vallée et J- p- Pe"»»*"» <8*sdésirant me rendre le lendemain par la montagne de Mille au grand Saint-Bernard, je passai la nuit dans sa chaumière. La conversation durant la soirée roula sur les particularités de sa contrée et principalement sur les glaciers qu'il avait beaucoup parcourus et qu'il connaissait fort bien, s, P. Pem^udin me dit : c Les glaciers de € nos montagnes ont eu jadis une bien plus grande extension qu'au- ^jourd'hui. Toute notre vallée Jusqu'à une grande hauteur au-dessus tdela Drance {torrent de la vallée) , a été occupée par un vaste glacier
< D. A. Les paragraphes G (de Charpentier) sont extraits de V Essai tur les glaciers et sur le terrain erratique du bassin du Rhône , par Semm de Cluirpeiitler, directeur des mines du canton de Vaud. Lausanne, Marc Ducloux, éditeur, 1841, 1 vol. in-S», avec des vignettes, des planches et une carte du terrain erratique du bassin du Rhdne. PI. I^**, pierre des Marmettes; pi. H, pierre à Dzo; pi. HI, pierre du Four; pi. IV, pierre des Mourguets; pi. V, pierre à Milan; pi. VI, pierre de la poudrière de Sion du côté de Test ; pi. VI! , pierre de la poudrière du côté du sud ; pi. VIII , glacier du Rhône.
Les paragraphes C portent les mêmes chiffres que ceux de l'ouvrage de M. de Charpentier.
« qui se prolongeait jusqu'à Martigny^ comme le prouvent les blocs « de roches qu'on trouve dans les environs de cette ville et qui sont f trop gros pour que l'eau ait pu les y amener. i^
Quoique le brave Perraudin ne fit aller son glacier que jusqu'à Mariigny, probablement parce que lui-même n'avait peut-être guère été plus loin, et quoique je fusse bien de son avis relativement à l'impossibilité du transport des blocs erratiques par le moyen de l'eau , je trouvai néanmoins son hypothèse si extraordinaire , si extravagante même, que je ne jugeai pas qu'elle valût la peine d'être méditée et prise en considération ^ Yeneu 1819. J'avais prcsquc oublié cette conversation , lorsqu'au printemps de i829, H. Tcnets vint me dire aussi que ses observations le portent à croire que non-seulement la vallée d'Entremonls , mais que tout le Valais avait été jadis occupé par un glacier qui s'était étendu jusqu'au Jura^ et qui avait été la cause du transport des débris erratiques.
' G. J'ai rencontré encore dans d'autres parties de la Suisse des montagnards qui croient également à une plus grande extension des glaciers dans les temps anciens et qui leur attribuent aussi le transport des blocs erratiques. Lorsqu'en 1834 je passai par la vallée du Hasli et par celle de Lungem , pour assister à Lucerne à la réunion de la Société helvétique des sciences naturelles , je joignis sur la route du Brunig un bûcheron de Meiringen. Je liai conversation avec lui, et nous fîmes un bout de chemin ensemble. Me voyant examiner un gros bloc de granit du Grimsel qui gisait au bord du sentier, il me dit : « // y a beaucoup de ces pierres par ici, mais elles viennent de loin; elles « viennent toutes du Grimsel, car c'est du CieUberser (nom du granit en allemand «suisse), et les montagnes des environs n'en sont pas.* Sur ma question comment il croyait que ces pierres avaient pu arriver jusqu'ici, il me répondit sans hésiter : nLe
• glacier du Grimsel les a amenées et déposées des deux côtés de la vallée; car ce
• glacier s'est étendu jadis jusqu'à la ville de Berne; en effet, continua-t-il, l'eau
• n'aurait pu les déposer à une aussi grande hauteur au-dessus du sol de la vaUée sans
• combler les lacs » (ceux de Brienz et de Thun). Ce brave homme ne se doutait certes guère que je portais dans ma poche un mémoire en faveur de son hypothèse , destiné à être lu à la Société helvétique des sciences naturelles. Et grand fut son étonnemcnt lorsqu'il vit le plaisir que me causait son explication géologique et lorsqu'il reçut de quoi boire au souvenir de l'ancfen glacier du Grimsel et à la conservation des blocs du Brunig. J'ai trouvé également dans la vallée de Ferret, et m.' de ciiilaip«, dans les environs d'Yverdun , des paysans qui attribuent le transport des blocs erratiques à des glaciers. Enfln, M. Bmrd rapporte {Dictionnaire des sciences naturelles, t. XIX, p. 16) que le nommé Marie DevUle , de la vallée de Chamounix , attribuait également aux glaciers le transport des blocs de protogine que l'on trouve sur quelques éminences de cette vallée , et les sillons parallèles qu'on y observe sur des roches schisteuses.