‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 201 sur 216 · II · texte numérisé non relu

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Action de l>aa.

cavités, ces bourrelets, indices constants des remaniemeats , dcb déplacements et du transport exécutés par les eaux. Mais nulle part on ne voit une surface dressée , soit longitudinalement, soit transversalement, qui puisse, sur un seul point et même sur une échelle très-petite , offrir un exemple d'un comblement relier exécuté on terminé par un courant calme ou rapide.

Lorsqu'un cours d'eau, dans un bassin resserré, peut parcourir successivement toute une portion de la nappe , l'attaquer et ouvrir un certain nombre de canaux d'écoulement, la régularité du comblement est presque entièrement détruite sur une certaine étendue de terrain ; aux abords de quelques glaciers , par exemple , la moraine profonde , sillonnée et recouverte par les débris entraînés et dispersés de la moraine frontale , affecte quelqurfois l'aspect d'une déjection torrentielle; mais la moraine profonde se prolongeant sous le glacier, et se retrouvant ensuite à distance avec toute sa régularité, on s'aperçoit bien vite que la disposition dont je parle n'est qu'un fait accidentel qui s'explique d'ailleurs parfaitement

A l'amont du village de Hinter-Rhein, la nappe de comblement se prolonge sur plusieurs kilomètres , et elle se termine à l'entrée do dernier défilé séparant le premier bassin de la vallée du glacier actuel ; le Rhin se précipite entre des rochers étages et coule dans les crevasses profondes qui les divisent ; sur la droite un glacier, descendant du flanc occidental du Vogelberg, rejette dans son lit des blocs et des débris que les eaux déplacent et entraînent en partie et étalent sur la nappe, à l'origine même du bassin.

Ici , comme dans le voisinage de tous les glaciers , on comprenii immédiatement les causes en étudiant les effets (pi. 15 , fig. 3).

La nappe profonde , découpée par un certain nombre de canaux , est cependant réglée transversalement et longitudinalement; quelques blocs sont éparpillés à sa surface , unie d'ailleurs comme le serait celle d'un lac occupant le bassin.

Un amas de neige mêlée de débris de rochers et de végélaui couvre une partie du cours du Rhin, mais, du point où il s'échappe de la voûte glacée, on remarque un cône de déjection qu'il a formé et qu'il continue à prolonger sur la nappe.

Ce cône aujourd'hui n'a que quelques centaines de mètres de longueur; il donne ^ ainsi que les canaux creusés dans le comble-

NiiPPE DE COMBLEMENT. 675

ment y la mesure du travail que peut exécuter le cours d'eau actuel; un tondent plus puissant agrandirait ce cône et creuserait daus la nappe des fouilles plus profondes ; mais dans aucun cas , et quelle que soit la masse de ses eaux , il ne remplirait pas le bassin d'une nouvelle couche parallèle à la surface unie de la nappe , que le cône recouvre et sur laquelle il s'étale.

Ces relations y cette superposition ne sont-elles pas une preuve de la séparation naturelle des deux dépôts , aussi bien que de leur succession ; ne voit-on pas que le comblement ou la nappe établie en premier lieu dans le fond du bassin , ne résulte pas de l'action d'un courant qui lui aurait imprimé une autre forme en y introduisant des caractères qu'elle n'offre pas, une distribution par ordre de grosseur des matériaux; que l'action des eaux est marquée sur cette nappe dans laquelle le Rhin a tracé des sillons et opère encore d'incessantes érosions ; que les eaux n'ont commencé à agir seules sur la moraine abandonnée qu'après la retraite du glacier; que le dépôt alluvial ou de transport par le courant se réduit à un cône de déjection d'une minime importance; enfin que, depuis que le glacier est confiné dans la région supérieure du bassin, le Rhin, à aucune époque, n'a éprouvé de crues violentes, subites ou prolongées, puisqu'il n'existe à la surface de la nappe aucune trace de coupures ou de déjections révélant le passage d'un torrent plus puissant?

Les eaux tendent donc à détruire l'harmonie des moraines profondes , et chaque fois que les circonstances locales ont favorisé le déplacement des matériaux erratiques ou provenant de la destruction continuelle des masses minérales, et le transport de ces matières par des courants, les comblements ou les déjections alluviens sont toujours nettement séparés des dépôts que je considère comme les moraines profondes des anciens glaciers et leur sont constamment superposés.

La séparation des moraines profondes et des dépôts d'origine alluvienne incontestable est un fait constant et qu'on peut vérifier à chaque pas ; ces dépôts sont donc plus récents, et la production des uns et des autres dépend de deux causes différentes qui ont agi successivement, puisqu'il n'y a pas mélange, confusion, mais toujours séparation et superposition.

Si le comblement donl il est question était un dépôt âlluvien, il

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serait le résultat d'un travail plus ou moins prolongé du Rhin et de tous ses aiQuentSy qui auraient confondu leurs eaux et les matériaoi transportés dans le bassin principal. Les déjections, comme cela arrive toujours au confluent de deux courants , constitueraient des cônes distincts ou réunis par un de leurs côtés , disposition dont on voit un exemple frappant à Tamont du lac de Lungem {BjCy pi. 16) , mais non une nappe régulière , un plan incliné se prolongeant sans interruption et sans renflement dans les vallées latérales.

Comblement jj gg ^ j^ hautcur dc Sargans le comblement du Rhin se divise

de la Ttllée de la

LiDih. en deux branches, l'une suivant le cours de ce fleuve, jusque dans la basse vallée , l'autre se dirigeant vers Wallenstadt et débordant le lac jusqu'au delà de Schaenis.

La présence de matériaux du bassin du Rhin rejetés dans la vallée de la Linth a pu faire supposer que le Rhin avait autrefois coule en totalité ou en partie dans celte direction, et que ses eaux, à une certaine époque, s'étaient jetées dans le lac de Zurich, et qu'il ne faudrait pas une crue considérable pour les ramener de ce côté , la nappe entre Sargans et Vilters n'étant élevée que de quelques mètres au-dessus de son lit.

Cependant on ne remarque , sur cette branche du comblement, ni érosions ni coupures indiquant le passage d'un courant , tandis que les limites du lit du fleuve sont parfaitement marquées el font voir qu'il continue à suivre sa direction primitive, dont il n'aurait pu s'écarter d'ailleurs sans laisser des traces de son action accidentelle ou prolongée sur la nappe de sables et de galets.

Ces matériaux provenant de la vallée du Rhin , et transportés au delà du lac de Wallenstadt, sont cités comme une preuve d'une dérivation ancienne et momentanée du cours d'eau dans cette direction. Mais si l'on examine ce dépôt jeté latéralement en dehors de la direction de la masse à laquelle il se rattache, et à environ 38 kilomètres de Sargans, on n'y verra certainement pas une déjection diluvienne.

Les observations de m. Guyot, sur la distribution du terrain erratique de la Suisse , ont démontré que ces dépôts du Rhin et de la Linth viennent se toucher dans le voisinage de Schaenis, mais que loin de se confondre ils restent nettement séparés.

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