VALLÉE DU RHIN POSTÉRIEUR
plus OU moins bombée ayant sur l'arête supérieure, c'est-à-dire suivant la ligne de la plus grande pente ou de la direction du courant , les blocs les plus volumineux, diminuant de grosseur à partir de la sortie de la gorge ; les blocs les plus petits , les galets et les sables vers les extrémités inférieures ou latérales du dépôt ; dispositions qu'affectent toujours les déjections produites par les cours d'eau agissant dans les conditions où le Rhin se serait trouvé évidemment à la hauteur du Tusis.
A la sortie du défilé de la Rofla, à Andeer, et des passages res- ^''^^' serrés de Hinter-Rhein et du Splûgen, on devrait retrouver de sem- * spioge" blables dépôts. Et cependant, comme celle de Tusis, les nappes situées à divers étages dans les élargissements successifs de la vallée, sont toujours parfaitement dressées ainsi que je l'ai dit. Les matériaux dont elles sont formées constituent une masse , dans l'intérieur de laquelle on ne remarque aucun arrangement particulier, ni triage ni distribution par ordre de grosseur, indiquant diverses périodes et des variations dans la masse et la vitesse des courants.
On trouve dans toutes les parties indistinctement des blocs, des sables et des galets, enveloppés de lehm ou de boue glaciaire, confusément entassés, mais jamais distribués par lits parallèles au plan de la surface ou affectant diverses ondulations ; on y chercherait inutilement ces galets imbriqués les uns sur les autres , marquant un travail incontestable des eaux et tels que nous les observons dans les bancs formés journellement dans le lit du Rhin ; l'absence d'une traînée médiane de blocs plus volumineux ne permet pas d'admettre une veine fluide , un courant médian : les eaux auraient donc eu , dans toute l'étendue de ces bassins et sur toute leur largeur , la même force, la même vitesse; c'est là une hypothèse inadmissible et à laquelle l'observation du régime des rivières démontre qu'on ne saurait s'arrêter.
H. 58. Le lit du Rhin, creusé dans la nappe de comblement, est lu d» Miio. une coupure plus ou moins profonde, dans les limites de laquelle on observe tous les effets de l'action des eaux : des bancs de sables et de graviers, des couches limoneuses laissées sur des terrains accidentellement et momentanément inondés sur les deux rives , et tendant à combler les plis, les inégalités des graviers remaniés (pi. i8, fig. 3, 4, 5); sur les surfaces sableuses, ces zones, ces