POUR
le l'origine des eAllloum reniée et des firegmeiite de iÊà»m que l'en trente dtapfhreée dame lee valléee du lae de Qenève» sur lee mentognee edjeeentee et «llleure*
S. 303. Personne n'ignore que Ton nomme gaieté ou eaiiloux ce qa'oa •mend par «lée des pierres de forme arrondie ou dont au moins les angles "^""^ ""'*•* sont émoussés , qui se trouvent ordinairement dans le lit des rivières et dans les plaines voisines , surtout auprès des montagnes où ces rivières ont leur source. Le nom que Ton donne à ces cailloux vient sans doute de ce que l'on a présumé qu'ils avaient été roulés et arrondis par les eaux.
S. 1943. Si en décrivant les cailloux roulés qui se rencontrent But d« r«uide des dans tel ou tel canton de la surface de notre globe , on ne se pro- ***"®" "■**•• posait d'autre vue que d'avertir les amateurs qu'ils trouveront ici un tel fossile, là un tel autre , cette vue pourrait paraître bornée et peu digne de la place que ces descriptions occupent dans des ouvrages tels que celui-ci. Et il faudrait, en effet, se restreindre à cette vue, si l'on croyait encore que les cailloux roulés sont, comme les truffes , le produit de la terre qui les porte. Mais nous avons vu que dans les vallées étroites, situées entre de hautes montagnes, ces cailloux sont originaires de ces mêmes montagnes, et que dans les
*D. A. Les paragraphes S (de Saussure) sont extraits des Voyages dam les Aipe^, par H. a. die mmuamuwe* Neuchâtel, chez Louis Fauche-Borel , i vol. in-4, 1808. Les paragraphes portent les mêmes chiffres que ceux de Touvrage.
plaines, de même que dans les larges vallées qui avoisinent ces plaines , les cailloux que l'on y trouve^iennent souvent de contrées trés-éloignées , d'où ils ont été transportés par les grandes révolutions de la terre
C'est donc pour suivre les traces de ces révolutions qu'il peut être intéressant de connaître la nature des cailloux roulés , épars en différents pays. Cette connaissance , jointe à celle de la nature des montagnes adjacentes , est un des indices les plus certains de l'origine et de la direction des courants qui ont été produits par ces révolutions.
Mais pour atteindre ce but, il faut s'efforcer de trouver dans les cailloux de chaque canton quelque chose de caractéristique , en remarquant ou que tel fossile particulier appartient exclusivement à ce canton, ou qu'il s'y trouve dans une proportion beaucoup plus grande que tout autre, ou enfm qu'il y manque entièrement. C'est ainsi que les jades caractérisent les bords de notre lac et du Bhàne^ jusqu'au point où celui-ci cesse d'être renfermé entre les Alpes et le Jura; c'est encore ainsi que les cailloux de quartz grenu caractérisent par leur nombre la Vallée du Rhône, depuis qu'il a traversé le Jura jusqu'à son embouchure; ceux des variolites à pâte d'ophibase caractérisent les pays qui ont été arrosés par la Durance; les schistes de hornblende caractérisent l'Isère par leur nombre ; les varioUtes du Drac caractérisent cette partie du Dauphiné; etc. uniM S. 1961. Il y a donc, comme je le disais au commencement de ce
chapitre, des résultats bien intéressants à tirer de la considération des cailloux roulés. Ceux de VEmmCy par exemple, m'ont appris que la grande débâcle n'a charrié dans le bassin du lac de Genève aucun caillou des pays au nord du Jorat , ou de cette montagne qui barre le bassin au nord de Vevey et de Lausanne. En effet, on ne trouve dans ce bassin aucune, ou du moins très-rarement, des «rgilloUtes ou des TAriolttes que j'ai décrites dans ce chapitre et qui sont si fréquentes au nord de la ville de Berne.
Je soupçonnerais même que ces pierres ne sont descendues que jusqu'à la latitude de cette ville, du moins n'en ai-je vu qu'une seule plus au midi. Cependant, quoique j'aie souvent traversé ce pays, je ne l'ai pas observé avec assez de soin pour déterminer avec certitude les limites des fossiles qu'il renferme.
Ces mêmes considérations nous apprennent que , puisque ce n'est pas au nord du Jorat que nous devons chercher les sources des cailloux du bassin de notre lac, ces sources doivent toutes se trouver dans les Alpes du Valais eldela Savoie.
C'est ainsi qu'à force d'étude et en rassemblant des matériaux qui paraissent insignifiants au commun des hommes, on parviendra à construire l'édifice de la théorie de fiotre globe et à tracer la marche des grandes révolutions qu'il a subies.
Mais comme on en trouve aussi loin des rivières et même dans ^^utn des lieux où l'on n'imagine pas communément que les eaux aient •"*•"•"«*■•• jamais passé, on a quelquefois élevé des doutes sur l'origine de ces cailloux, tout comme on en a élevé sur celle des corps marins péti'ifiés. On a dit que la nature pouvait bien avoir formé des corps d'une figure déterminée, que par exemple elle pouvait produire les pierres aussi facilement rondes qu'anguleuses.
Cependant les naturalistes , sans contester le pouvoir de la nature , sont actuellement à peu près unanimes à reconnaître que les cailloux roulés proprement dits ont été charriés et arrondis par les eaux.
S. 204. Ce n'est pas qu'il n'existe des pierres de différents genres, «•"•■ ~tnreiie«eBt dont la forme est naturellement arrondie ; des silex, des géodes, des "^ ^'' concrétions calcaires bu séléniteuses.
Mais ces pierres se distinguent aisément des cailloux roulés par commeDt «iies mleur structure intérieure qui est presque toujours analogue à leur ^^j"| " **' °" forme extérieure. Ces corps ou sont composés de couches concentriques et parallèles à leur surface extérieure , ou renferment des cavités, ou contiennent des noyaux situés près de leur centre et d'une forme qui ressemble à celle de la pierre même.
Le8c«lltouxr«ulé«9 au contraire, ont une structure qui n'a aucune analogie avec leur surface extérieure; une pierre sphérique, par exemple , est ou continue et sans aucun indice de couches , ou composée de couches, ici planes, là courbées, mais qui ne suivent nullement la forme de la pierre.
D'ailleurs celles qui ont naturellement une forme arrondie, sont très-bien connues des naturalistes : on les trouve sous cette forme dans les matrices qui leur sont propres et dans lesquelles elles ont été produites, au lieu que le granit y le mM^bre^ le JiMpe» la
pierre ollaire 9 qui sont la matière de la plupart des cailloux roulés vus dans leur lieu natal, ne se présentent point sous une forme arrondie , mais sous celle de bancs^ de veines, de filons , qui n'ont rien de semblable à la figure que prennent ces cailloux lorsqu'ils ont été arrondis par les eaux.
On TDit ie« «aax S. 205. Le uaturalistc qui voyage sur les hautes montagnes où les trroDdir des piemt j.jyj^j.gg q^^ jg^p sourcc , voit dcs piorrcs naturellement anguleuse^
perdre leurs angles , presque sous ses yeux , s'arrondir et se changer en cailloux roulés.
A la Moree des lor- Mais c'est surtout à V extrémité des grands glaciers, d'où sortent rpnts qui sortant dei ^^^^ impéluosité dcs torrcuts violents dès leur naissance, que j'ai
glaciers et dans le lit ' %
des torrents jfcs pierres fait avcc uu graud plaisir cette belle observation; à la source de ont toutes des formes 1»^^^^ par cxcmplc, à ccllc du Rkôm , à celle de VArvèron etc. tiers et sur les rives. Commc CCS rivièrcs sortent des glaces à des hauteurs où il n'a pas lesroebes ont des an- passé d'autres courauts, toutes les pierres qui ne sont pas dans leur tranebantea. ' lit out la (oTmc angulairc qui leur est naturelle. Ainsi sur le glacier
duquel sort le torrent et sur les flancs des montagnes qui le bordent , on ne voit pas une seule pierre qui n'ait des angles Tifo et des arêtes traneliaiites. Mais dans le lit de la rivière , ces mêmes pierres ont toutes leurs angles émoiueés 9 des fermes arrea- Mmm% ce sont de vrais ealUoux roulée.
Au bord de la mer. Les vdgucs out aussi Ic pouvoir de donner aux pierres une forme
arrondie , et on en voit la démonstration quand on trouve aux bords des grands lacs, et mieux encore aux bords de la mer, des rochers dont les fragments sont naturellement angulaires^ on voit ceux de ces fragments qui ont été exposés aux roulis des flots, énteussés et arrondis 9 tandis que ceux qui sont demeurés hors de l'eau, ont conservé leurs angles naturels.
Les masses de laves C'cst aiusi que j'ai VU de grands bloes de la lave durs et asà arêtes mes exposées 1^^^ j^ T^/fia , parfaitement arrondis par le choc des vaques et
anx Tagnes de la mer, ' m i m. «/
sont arrondies dans réduits , mêmc cu pcu d'aunécs, à la moitié de leur volume. Le respace de deux an. p^^g^^^ ^^ Bissarls 9 qui méritc d'être connu et honoré partout,
comme il l'est en Sicile par la noblesse de son caractère, son hospitalité, son goût éclairé pour les antiquités, pour l'histoire naturelle et pour les arts , et par les ouvrages comparables à ceux des Romains qu'il a construits à ses dépens pour l'embellissement et pour l'utilité de Catane, sa patrie, a entrepris de reconquérir sur
les laves de Y Etna de beaux jardins à la porte de la ville ^ qui avaient élé engloutis par ces laves dans Téruption de 1696. Depuis cette éruption, cette même place, au lieu des orangers, des citronniei*s, des fleurs et des fruits dont elle était ornée, ne présentait plus que le hideux spectacle de rochers noirs et stériles, triste monument du ravage que fit cette éruption terrible. Le prince, avec une dépense royale , a commencé à mettre de niveau la surface raboteuse de ces monta ffnes de lave; il a couvert cette surface de terre v^étale et il y a fait des plantations de la plus grande espérance. On a jeté dans la mer qui baigne le pied de ces nouveaux jardins les masses de lave qu'il a fallu faire sauter. Quelques-unes de ces masses, lorsque je les vis en 1772, étaient depuis deux ans exposées à l'action des vagues et déjà elles étaient toutes arrondies , comme si on les eût taillées au ciseau.
S. 206. Mais pour nous rapprocher de Genève , si Ton examine ^«^ ^« "« "^"
, 1 . . I 1 ^^* <>nt été cbarriéi et
avec attention la nature et la position des cailloux reulés et des .^^^ ^ ,^, ^^, fragments de rochers qui se rencontrent dans la vallée de notre lac et sur les montagnes voisines, on se persuadera bientôt qu'ils ont ^*''^'^été charriés et arrondis par les eaux^ et qu'il est hors de toute vraisemblance qu'ils aient pu être formés dans les lieux mêmes où on les trouve.
On verra que le plus grand nombre de ces cailloux et de ces ro- on trouve qn'iu chers est de gMnit, de roche fculUctécou d'autres pleives "^r' ^'^f^ \r'^
* ^ iol,arracbéBdesAlpee,
olpilics et prlmlilvcfly tandis que le fond sur lequel ils ont été leuriieanatai.paran déposés est de picivo cfUcoire ou de grès, et par conséquent ;|»^^^^'^^^^ d'une nature absolument différente. On observera que ces cailloux et entaMé* confaséet ces grands fragments ne se rencontrent jamais qu'à la surface des bancs de pierre eolcoire ou de grès , et que ces mêmes bancs n'en contiennent pas la moindre parcelle dans leur intérieur ; qu'au contraire , si l'on compare chacune de ces pierres avec celles dont il se trouve des montagnes dans les Alpes , on les reconnaît au point de pouvoir presque assigner le rocher dont elles ont été détachées. On remarquera qu'elles n'ont aucune adhérence avec le sol sur lequel elles sont jetées; aucune ressemblance avec la terre qui les entoure ; que le même sol en porte de qualités totalement différentes, et qu'enfin on n'en trouve point sur le revers du Jura^ mais seulement sur celles de ses faces qui regardent les Alpes. Après II. 5
ment.
avoir pesé ces considérations, on ne pourra pas s'empêcher de reconnaître que ces fragments n'ont point été formés dans notre vallée ni sur les montagnes qui la bordent , mais que ce sont des corps étrangers, adventifs, «rracliés des Alpes, leur lieu natal, liar uu agent pulseant qiui les a tranepartée , arrandUs et entassés eanfusément* Et qne ce tout its g gQ?. Quc l'cau soit cct agcnt, c'est ce dont on ne peut non plus
eaax qui les ont char» ., .
ri^.. douter en aucune manière, parce que ces cailloux, grands et petits,
se trouvent déposés par bancs horizontaux , mélangés de sable et de gravier, tels que les eaux les charrient ; car si l'on voit quelqu'un de ces fragments à nu sur un rocher, l'inspection seule du lieu démontre clairement que les eaux des pluies ou des neiges fondues ont entraîné les parties les plus légères qui entouraient autrefois ces grandes masses.
Le feu est le seul agent qui pût disputer à l'eau le transport de ces pierres ; mais a-t-on vu quelque exemple d'une explosion qui ait lancé à 13 ou 15 lieues des blocs du volume de plusieurs toises cubes, tels que nous en trouvons fréquemment dans nos environs? Si l'on voulait admettre cette hypothèse, il faudrait, pour expliquer de si grands effets , supposer des feux d'une étendue et d'une violence extrême ; or de tels feux auraient fondu ou calciné ces rochers, ou du moins auraient lancé avec eux des laves ou des matières vitrifiées ; mais on ne trouve ni sur ces blocs, ni dans les matières qui les entourent, aucune trace de l'action du feu ; et au contraire , le sable et le gravier qui les accompagnent sont des vestiges indubitables du passage des eaux.
Lei eaux en ont S. 208. Cc uc sout pas sculcment les bords du lac et le pied des
tfutporié jiuqae rar montagncs voislucs qui sont couvertes de ealllaux et de grandU
les mootagnei. 01 v
Cragments 41e raeltes prtmitlwesi on en trouve de semblables,
dispersés sur le Mont-Salève et sur les pentes du /ura qui regardent
les Alpes jusqu'à la hauteur de 300 ou 400 toises (585 à 780 mètres)
au-dessus du niveau du lac.
Il faut donc que les eaux se soient élevées jusqu'à cette hauteur.
QieMioa iiir rorigia» S. 209. Mais, dira-t-on, quelle fut l'origine de ces eaux ? Qu'est-
de cet ean. ^q ^^j ^env douua uuc impulsion si violente ? Comment ces masses
de rochers ont-elles pu être transportées sur des hauteurs que de
larges et profondes vallées séparent des Alpes primitives?