FRAGMENTS DE ROC&ES ÉPARS
Il faudrait , pour répondre à ces grandes questions , entrer dans des discussions fort étendues, dont ce n'est point ici la placé. Cependant, pour ne pas laisser imparfaite cette partie de l'histoire naturelle des environs «de Genève y et pour satisfaire l'inipatience de la nombreuse classe de lecteurs qui aiment à connaître les résultats sans se soucier beaucoup des discussions , je dirai, en peu de mots, ce qui me parait être le plus vraisemblable.
S. 210. Les eaux de Y Océan ^ dans lequel nos raonJagnes ont été Hypothèse en réformées, couvraient encore une partie de ces montagnes , lorsqu'une ^"* *'*'"* ''""" violente secousse du globe ouvrit tout à coup de grandes cavités qui étaient vides auparavant, et causa la rupture d'un grand nombre de rochers.
Les eaux se portèrent vers ces abîmes avec une violence extrême, proportionnée à la hauteur qu'elles avaient alors , cremèreni de pro^ fondes vallées et entraînèrent des quantités immenses de terres, de sables et de fragments de toutes sortes de rochers. Ces amas à demi-r liquides, chassés par le poids des eaux, s'accumulèrent jusqu'à la hauteur où nous voyons encore plusieurs de ce$ fragments épars.
Ensuite les eaux qui continuèrent de couler, mais avec une vitesse qui diminuait graduellement, à proportion de la diminution de leur hauteur, entraînèrent peu à peu les parties les plus légères et purgèrent les vallées de ces amas de botte et de débris , en ne laissant en arrière que les masses les plus lourdes et celles que leur position ou une assiette plus solide dérobait à leur action.
S. 214. Une observation qui donne bien de la force à cette hypo- vnam thèse et qui prouve du moins que les fragments de rochers, parse- "** ""* bypothète. mes sur nos montagnes, y sont venus par les grandes vallées des Alpes , c'est que ces fragments ne se trouvent nulle part en plus grande abondance et à une plus grande hauteur que vis-à-vis de ces grandes vallées. Les parties du Jura qui en sont le plus char* gées, correspondent directement à la vallée du Rhône. J'en ai vu des amas prodigieux au-dessus de BonviUars, de Grandsony de la Sarra , qui sont au nord-ouest et au nord-nord-ouest de l'embouchure de cette vallée, dont la dernière direction, de Mariigny à YiUenenvey est exactement du sud-sud-est au nord-nord-ouest. Au contraire, les parties plus méridionales du Jt^*a, au-^dessus de Nyqtiy de Bonmonty de Thûiry, de CoUonge^ n'en présentent point
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à des hauteurs un peu considérables , parce que la lisière extérieure des Alpes, au-dessus de Saint-Gingouph ^ de UetUerie^ d'Évian, toujours élevée et non interrompue» n'a laissé aucun passage aux fragments qui auraient pu venir de Tintérieur de cette grande chaîne.
De même y la montagne de Salève , située en face de la vallée par laquelle YArve sort des Alpes et qui n'est séparée de cette vallée par aucune élévation , est parsemée de ces fragments, en très -grand nombre et à une très-grande hauteur, et c'est elle qui en a aussi retenu une partie et qui, en rompant l'effort du courant, a empê* ché que ces grands blocs ne fussent transportés sur les hauteurs correspondantes du Jura.
Ceux que l'on trouve sur le coteau de Montoux et sur le pied méridional des Voirons y sont venus par la vallée de Saint-Joirey située au nord-est du Môle. Mais la partie septentrionale des Voirons n'en présente aucun à une hauteur un peu considérable , parce que la lisière extérieure des Alpes n'est ouverte derrière cette partie de la montagne par aucune échancrure par laquelle ces fragments aient pu en sortir.
obMmtion qu «m- S. 212. Cc qui achèvc de confirmer cette exph'cation, c'est que rme cet premres. j,^^ ^^ trouvc poiut dc CCS grauds blocs dans les vallées du Jura situées derrière la haute lisière qui borde ceiU^ montagne du côté des Alpes , par exemple dans les vallées d^^ comté de Netichâlel et dans celles de la Franche^Comté. Mais dans toutes les brèches de cette lisière , partout où des gorges profondes ont ouvert une entrée aux courants qui venaient des Alpes y on en voit des amas considérables. Ainsi , quand on vient de Pontarlier à la Sarra , on voyage dans des vallées bordées à l'est par une haute chaîne du Jura , qui cache les Alpes au voyageur et dans lesquelles il ne voit aucun bloc de roche primitive. Mais quand on arrive à BalaigrCy le premier village du canton de Berne , on trouve d'abord des fragments et bientôt des hâmmm de granit et de roeltM feulUetéM 9 et en même temps on découvre au travers d'une vallée ouverte à l'est les hautes cimes neigées des Alpes, On voit ainsi la source de ces pierres au travers de l'ouverture par laquelle elles sont entrées.
De mêmCt en traversant le Jura sur la route de Baie à Soleure^ on ne rencontre des fragments de i^cMmi priMltiTMi qu'après