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bassin de nos montagnes aient été dans letat dun lac ou dune des «au. étendue tranquille y lorsque les torrents des Alpes transportaient si haut et si loin de grands débris de rochers ; mais il parait pourtant
probable que notre lac a été anciennement plus élevé qu'il ne Test aujourd'hui.
Diverses considérations , et surtout celle de l'issue par laquelle le Rhône sort du bassin de nos montagnes, concourent à prouver celte vérité.
Cette issue est une échancrure profonde et étroite creusée par la LepuiagedeiÉciiiM. nature entre la montagne du Youache et l'extrémité du Mont-Jura. Ce passage se nomme VÉcluse^ dénomination qui représente trèsbien une issue ouverte aux eaux, entre de hautes montagnes. L'extrémité du Jura ne laisse entre elle et le lit du Rhône qu'un chemin très-étroit: le fort de V Écluse^ est bâti sur ce défilé. €é«ar, dans ses Commentaires y a décrit ce passage avec sa précision ordinaire: lier angtistum et difficile inter montem Juram et flumen Rhodanum , vix qua sxfiguli carri dticerentur; mons autem aUissimus impendebatj ut facile perpauci prohibere possent (De bello GaUicOy lib. I, cap. VI).
Cette issue est la seule par laquelle le jRAon^ puisse sortir du sein de nos montagnes ; si elle se fermait, nos plus hautes collines seraient submergées et toute notre vallée ne formerait qu'un immense réservoir qui ne pourrait se décharger qu'en se versant par-dessus le Mont'de-Sion.
J'ai désiré de reconnaître l'origine de cette ouverture si intéres- ftechérdie» m iv sante pour nous; dans cette vue je l'ai .observée avec beaucoup |i[^*^^"* ^"'**'" d'attention. Mes observations, comme on le comprend bien, n'ont abouti qu'à des conjectures. Il parait cependant probable que ce passage était originairement fermé ou que du moins il s'en fallait
* D. Â. Fort-de-rÊduse DS»,? au-dessus du lit du Rhône, 28n,7 au-dessus du niveau du lac de Génère.
beaucoup qu'il fût creusé aussi profondément qu'il Test aujour* d'hui.
Le vouache j^ Hiontagne du Vouache parait être une continuation de la pre-
denBemeot Doit. Hiière ligHC du JuTa; cette première ligne, dont la direction générale est du nord-est au sud-ouest, change de position en approchant de Y Écluse; là elle marche vers le midi, et cette direction est aussi celle du Vouache. Les couches du Jura à cette extrémité sont presque perpendiculaires à Thorizon ; elles ne s'écartent, pour la plupart, que de 15 degrés de la ligne verticale, et cette pente est dirigée en descendant vers l'est. On voit cette situation des bancs du Jura, vers le haut de la montagne, au-dessus du Fort ;cnr plus basj vers le Fort même, on ne distingue pas si clairement leur forme. On reconnaît aussi cette position des couches dans la pente qui descend depuis le For/ jusqu'au bord du Rhône et plus distinctement encore derrière la petite chapelle que l'on rencontre à âOO ou 300 pas du Fort, du côté de Genève. Les couches du Vouache ont exactement la même situation, on les voit couper transversalement le cours du Rhône y un peu au-dessus du Fort-de-l' Écluse ; leurs plans sont comme ceux des couches du Jura , presque perpendiculaires à l'horizon, et elles s'écartent, comme celles du Jura, environ de 15 degrés de la ligne verticale , pour descendre aussi du côté du Levant.
La position de ces couches est si remarquable, elle est si singulièrement et si précisément déterminée , qu'elle prouve , à mon gi é, autant qu'une chose de ce genre puisse se prouver, que h Vouache et le Jura étaient anciennement unis , ne formaient qu'une seule et même montagne et ne laissaient par conséquent aucun passage aux eaux renfermées dans notre bassin.
LéroBon M^îg commcut cette ouverture s'est-elle formée ? Une secousse de
êtax les a 'aépués. trcmblcmcnt de terre est une explication commode', mais c'est
presque le Deu^ ex machina; il ne faut l'employer que lorsqu'on en voit des indices indubitables ou lorsqu'il ne reste aucune autre explication. Ici nous pouvons, je crois, nous en passer; il suffit que le haut de la montagne ait été un peu plus abaissé dans cet endroit, qu'elle ait formé là une espèce de gorge , les eaux auront pris cette route et auront peu à peu rongé etexcavé leur lit jusqu'au point où nous le voyons.