BLOCS ALPINS
prouve bien que le torrent de u débâcle avait beaucoup perdu de sa force en se dilatant dans les plaines , puisque non-seulement il ne chamait plus de grands blocs de roches primitives , dont on ne voit aucun dans tout ce pays , mais qu'il ne pouvait pas même soulever du gravier p^r-dessus des colline^ qui n'ont que 300 ou 400 pieds (100 à 130 mètres) de hauteur. Prés des Alpes , au contraire , on trouve jusqu'à 200 ou 300 toises (400 à 580 mètres) d'élévation , des blocs éfiormes charriés par cette déb&cie.
S. 1606. Le lardon roule des cailloux détachés des montagnes c«iiou> rouiéi des Céwennes, où il a sa source, des granits ^ des roches schisteuses ,„j„,e„ du crdon. etc. Le morceau le plus remarquable de ceux que j'y ramassai est une espèce de poudingue dont la surface extérieure, usée par lefrot^ tementf est d'un brun presque noir, un peu luisante, assez douce au toucher et assez froide. On y voit des fragments tous anguleux, les uns de quartz blanc ou jaunâtre, les autres d'un schiste composé de feuillets alternatifs de ce même quartz et de la pâte brune qui forme le fond du poudingue.
Celte pâte , dans sa cassure , parait d'abord homogène , d'un brun tirant sur le gris, à très-petites écailles, et d'un éclat scintillant; mais quand on l'observe avec une forte loupe , on voit qu'elle est composée d'un mélange de grains, les uns blancs, brillants, lamelleux, les autres d'un brun foncé et sans éclat. Lorsque la pierre a été chauffée , mais pourtant pas au point de couler , ces grains paraissent encore plus distincts ; ils sont alors tous fondus , mais séparément, luisants et arrondis; on reconnaît que les blancs sont du feldspath y et les bruns de la homble^ide terreuse. Un coup de feu plus vif confond tous ces grains, boursouffle la pierre, et la réduit en une scorie brune, attirable à l'aimant. Cette pierre est dure, donne beaucoup d'étincelles , et une pointe d'acier y laisse sa propre trace.
S. 1627. Je trouvai sur la route de Tain à irienne 9 près d'Au- Bioesaipini. boriTe» des excavations considérables que l'on avait faites pour en ****"*"
* *^ de Tain à Viemie.
tirer du gravier. J'entrai dans une de ces excavations : je vis là les caiUoux roulés reposer sur un fond de sable ; mais c'était du sable ordinaire qui n'était point le beau sable blanc à'Auberive. Et ce qui m'étonna beaucoup, ce fut de trouver entre le sable et les cailloux , UQ bloc énorme d'un rocher dont j'ai perdu les échantillons , et que je
Dernieri rocher*
désignais seulement sous le nom de roche primitive dure. On la brisait pour employer ses fragments à la construction d'un pont que l'on devait établir dans le voisinage.
C'est ainsi, comme je m'en plaignais ailleurs , que l'on détruit ces curieux vestiges des révolutions de notre globe. 11 çtait d'autant plus remarquable , que c'est le seul que j'aie vu de cette grandeur dans cette partie de la France. Mais, et celui-là, et ceux que j'avais vus au-dessus du sable blanc A'Auberive , prouvent qu*il a passé ]k vn courant considérable qui probablement descendait des Alpes du Danphiné.
S. 1642. En sortant de Vienne, on suit un très-beau quai sur le
entra Tienne et Lyon. ^ *
Rhône y dans une situation charmante.
La colline à droite, dont on voit la coupe, présente des caiUoxii roulés y mais ces cailloux reposent vraisemblablement sur le granit , du moins voit-on celui-ci reparaître au jour à dix minutes de Vienne. On monte ensuite une haute colline dont la plus grande partie est composée du même genre de roche primitive: mais vers le haut de cette colline, on retrouve \q% galets j et dès lors jusqu'à Lyon, on ne voit plus de rochers qui aient été formés sur la place qu'ils occupent.
Cailloux s. 4643. On voyage pendant quelque temps sur un plateau on-
•. franer. j^y^j^j ^yj cQuronnc la colline. Ce plateau est couvert de caiHoux roulés , presque tous quartze\ix.
suat-synphorien De cc platcdu l'on dcsccnd dans un vallon , puis on monte une
coUine de sable que l'on redescend pour venir à la poste de Saint- Symphorien d'Ozon. On passe ensuite une haute colline , dont la coupe, quoique profonde, ne montre que sable et gravier. On traverse encore deux collines semblables, et la dernière, par laquelle on descend dans la plaine de Lyon, présente dans sa coupe des am^s immenses de sable, de gravier et de cailloux y ici libres, là unis en forme de poudingues grossiers. En faisant cette descente, on a une charmante vue sur les environs de Lyon , sur les bords du Rhône, relevés par des collines en amphithéâtre , qui sont décorées par une foule de jolies maisons de campagne. La poste de Saint- Fond, la dernière avant d'arriver à Lyon, est située dans la plaine, qui continue sans interruption jusqu'à la ville. On fait ainsi en quatre ou cinq heures la route de Vienne à Lyon.
d'OiOD.
Sortie de Lyon , colline de aable.