CAILLOUX
s. 1594. On trouve outre cela, parmi les cailloux roulés de la Autres euflonx. Cmu, des pierres calcaires ^ diverses espèces de silex, de pétrosilex ^ ie granit ordinaire, des schistes de hornblende semblables à ceux de rifl«re (S. 1586) , des serpentines , et enfin des varioliies de la Durance (S. 1539 A.). Mais ces dernières y sonl si rares, qu'en trois heures de marche je n'en rencontrai que deux. J'en avais vu une très-remarquable chez M. de liamanon) sa pâte était verte, et son grain d'un beau rouge ; c'était la seule que H. de liamanon eût trouvée de cette sorte, et ce fut en vain que j'en cherchai une semblable.
S. 1595. Maintenant si l'on compare l'énumération que je viens cwcwiionxne
viennent ni de la Du'
de faire des cailloux les plus remarquables de la Cmu avec celle nacenidaïuitoe. que j'ai faite dans le chap. XXVIII de ceux de la Duranee, on trouvera bien peu de rapports entre eux. Ce n'est pas que je ne croie ce qu'affirmait H. de liamanon, qu'à force de recherches il était parvenu à trouver dans la Crau des échantillons de tous les cailloux que l'on trouve dans la Durance. Mais cela ne suffit pas pour qu'on puisse affirmer que les cailloux de la Crau ont été accumulés par la Durance; il faudrait encore que les mêmes espèces se trouvassent dans les mêmes proportions. Or c'est ce qui est absolument contraire au fait. Car premièrement, ces quartz on grès durs, qui forment, comme je l'ai dit, la très-grande pluralité des cailloux de la Crau , ne dominent point sur les bords de la Dur rance; ensuîe les varioliies^ si communes sur les bords de la Durante, sont très-rares dans la Crau. Enfin , ces porphyres à cristaux de feldspath, dont j'ai trouvé tant de variétés dans le lit de la Durance, sont si rares à la Crau, que je n'y en ai pas aperçu un seul. El en revanche, j'ai trouvé dans la Crau des espèces que je n'ai point vues sur les bords de la Durance. En somme, je ne crois pas que les cailloux analogues à ceux de la Durance fassent la seizième partie de ceux de la Crau.
Ce n'est point là l'unique objection que j'aie contre cette opinion. Je dirai de plus qu'il me paraît impossible qu'un courant aussi peu considérable que celui de la Durance ait pu , non-seulement charrier, mais encore niveler ces cailloux sur toute la surface d'une plaine qui a vingt lieues carrées d'étendue. Les fleuves et les torrents peuvent, jusqu'à un certain point, niveler les terrains qu'ils
inondent, en y répandant du limon ou du sable, parce que ce lirnun et ce sable demeurent suspendus dans leurs eaux , mais les grosses pierres ne s'accumulent point avec cette uniformité, par l'impulsion d'un courant d'une aussi petite étendue.
J'ajouterai enfin que les cailloux de la Crau sont généralement plus gros que ceux de laDurance. La plupart de ceux que l'on voilà la surface de cette plaine, sont gros comme la tête d'un homme, et on en voit même de la grosseur d'une tête de cheval. M. die Immaiioii avait déposé dans son cabinet un caillou de quartz de cette taille et à peu près de cette forme, comme un exemple du volume que les cailloux de la Crau peuvent atteindre.
Les mêmes arguments, quoique bien moins forts, contre le Rhône que contre la Durance , m'empêchent aussi de regarder ce fleuve comme le véhicule des cailloux de la Crau. uoie plus probable. S. 1596. Ici douc cncorc je reviens à la débâcle qui se fil au moroeol
où les eaux de la mer abandonnèrent nos continents et se portèrent avec une extrême violence vers les lieux les plus bas où s'étaient ouverts les goufires qui les engloutirent. Ce courant resserré d'abord entre les montagnes du Vivarais d'un côté, et celles du Dauphiné et de la Provence de l'autre , se dilata aux approches de la Méditerranée , où ces montagnes s'abaissent et s'écartent; alors il déposa les cailloux qu'il entraînait, et ces cailloux furent nivelés, soit par le courant même qui les déposait, soit par la mer dans laquelle ce courant venait se dégorger. Et comme ce torrent descendait dans le même temps par les gorges de toutes les montagnes , il n'est pas étonnant de trouver dans les cailloux qu'il roulait un mélange de toutes les pierres doDl ces montagnes sont composées.
S. 1605. Sur la roule de Beauoaire au pont Saint-Esprit^ on voit tout près de la ville paraître au jour des rochers calcaires. On voyage ensuite entre des collines qui sont aussi calcaires. Mais on en sort pour se rapprocher du Rhône. La route^ tant qu^elle le côtoie, est charmante : son courant se divise , forme des iles souvent cultivées, au moins toujours boisées. On le quitte à regret pour serpenter entre des collines de la même nature que les précédentes.
C'est une chose bien remarquable, que tant qu'on voyage entre ces colUnes , on ne voit que des débris calcaires de ces mêmes collines , et point tle cailloux roulés qui leur soient étrangers. Cela
De fieaucaire •a pont du Gard.
Collines MB! cnilloiis rooléi.