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VALLÉE DE LA LIN TH

sans négliger cependant les autres. Quant à la première, j'ai pu me convaincre que imi. Esclier von der Iiintlt et de Bucli avaient eu raison d'affirmer que Ton peut diviser la Suisse-Basse en plusieurs régions erratiques distinctes , dont chacune est caractérisée par la présence de certaines roches qui ne se trouvent point dans les au 1res 9 et dont les limites se touchent sans se confondre, si ce n*est sur une faible étendue. Dans l'espace compris entre les lacs de Zurich et de GeiièvCy qui embrasse jusqu'à ce moment le champ (le mes observations, les régions sont au nombre de quatre, et les roches répandues dans chacune d'elles semblent tirer leur origine des quatre grandes vallées alpines qui débouchent dans la plaine, celle de laLm/A, de la ReusSy de l'Aar et du Rhône. Ce sont ces quatre grandes bouches qui ont vomi sur la moitié du sol helvétique cette multitude innombrable de roches des hautes Alpes dont les débris couvrent les vallées et les collines dans tout le large espace qui sépare les Alpes du Jura, et montent bien haut encore sur les flancs de cette dernière chaîne. J'ai cherché à fixer d'une manière précise les limites de ces diverses régions, surtout de celle de la Linlhy du côté de l'Ouest, de hReussei de YAar, qui ne Tétaient pas même d'une manière approchée. Le lieu même où nous avons le plaisir de nous trouver rassemblés, m'engage à vous parler avec quelque détail de ces trois dernières.

A. G. 2. Vallée de to Iilnih. Le terrain erratique du bassin vdiéo de i. Limh. de la lÂnth est caractérisé essentiellement par la présence des con^ glomérats et schistes rouges du Semfthal. Sa limite occidentale, prise à sa sortie des Alpes, à l'entrée du lac de Zurich, suit les hauteurs de YElzely au sommet duquel on rencontre encore quelques blocs; passe à quelques minutes au-dessous d'Einsiedeln, puis longeant les flancs du Hohe-RhônCj elle s'avance en ligne droite dans la direction qui devait être celle de la force d'impulsion , au tiavers d'une échancrure large et assez profonde, creusée dans la chaîne molassique de YAlbiSf à son point de jonction avec la chaine alpine du Hahe-Rhône. Elle s'élève sur les pentes Nord de cette dernière montagne à une hauteur de près de 3000 pieds (975 mètres) , domine le plateau de Menzingeii , et rencontre au pied de la colline du Gubel, qui le termine à l'ouest , et non loin du lac de Zug, les roches descendues du Gothard. Elle coupe ici transver-

salement la vallée de la Lorze sans entrer dans la large ouverture que présente la vallée d'Égeri. A partir de ce point elle se trouve en contact avec la limite orientale de la région erratique du Goihari ou du bassin de la Reuss , tourne avec elle subitement au nord, faisant avec son ancienne direction un angle presque droit ; passe par Cappel, Riffei^swyl, Y Attgsterberg , à Touest du Tnrlerseey Birmensdorf, au pied occidental de YUetUberg; longe le Hasenberg, au-dessus et à Test de Mellmgen et Dœltwyl , puis aboutit au plateau de la BaUlegg^ près de Baden, sur le sommet duquel on rencontre quelques rares fragments appartenant à Tune et à Tautre de ces deux régions.

Toute la contrée comprise entre les bords du lac de Zurich i Wadetischwyl et k Richterswyl j et celui de Zug, et principaleroenl les plateaux de Schonenberg et de Mmzingm^ qui dominent i Test et à l'ouest les deux berges de la profonde vallée de la Sihl, sont moins remarquables par de grands blocs que par des amas considérables de galets et de fragments de toute grosseur, mêlés d'un limon détritique abondant. Ces amas se présentent tantôt sous la forme de surfaces nivelées , parsemées de gros blocs , comme la grande plaine diluvienne entre Menzingen et les hauteurs du Gubd; tantôt sous celle d'éminences coniques, irrégulièrement dispersées çà et là, comme les collines qui environnent Menzingen, Hinterburg eX Neuheim, et donnent presque à tout ce petit plateau l'aspect singulier d'une contrée volcanique ; tantôt enQn , comme dans les alentours de Hirzd et de Schœnenberg , entre la Sihl et le lac deZurichy les amas coniques, s'alignant et confondant leurs bases, prennent la forme de digues continues ^ plus ou moins cointréeSi et en dedans desquelles, c'est-à-dire à l'est ^ on trouve souvent un fond plat que les eaux captives ont transformé en tourbières ou en marécages. On dirait tous les accidents d'une vaste moraine déposée par Wi glacier en retrait.

Sur toute cette ligne , là limite du bassin de la Linih est celle du terrain erratique même. Plus loin, du Zugerberg à la Baldegg, elle est formée par la ligne de contact de cette région avec celle de la Reu^s. Le contact n'est marqué par aucune accumulation particulière de blocs ou de galets; il a lieu sur une zone d'ordinaire fort étroite, qui présente un mélange de leurs roches caractéristiques. Ce fait

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