PLATEAU DE SAINT-LAURENT OU DU GRANDVAUX
signalaient des roches polies et des dépôts erratiques. Il suffît, en effet, de parcourir la campagne aulour de Saint-Laurent pour rencontrer à chaque pas des matériaux glaciaires. Les blocs erratiques y sont excessivement nombreux, dispersés sur le sol, ou réunis par groupes sur certaines pentes ou dans certaines dépressions. Des lambeaux de moraines couvrent cà et là le sol et forment des monticules ou des placages composés de matériaux de toute grosseur , depuis la bùue glaciaire et le grain de 5aWe jusqu'aux blocs métriques. Partout ces blocs et cailloux sont arrondis ou taillés en facettes , présentant un poli souvent parfait et des stries d'une grande finesse. Parfois les surfaces polies et finement striées offrent des raies blanches et larges y qui semblent dues au frottement de deux cailloux Tun contre l'autre sans interposition de boue glaciaire. Sur plusieurs points on rencontre la roche sous-jacenle nivelée^ polie et striée ^ les stries étant en général dirigées suivant la plus grande pente locale. L'arrangement et la dispersion des matériaux erratiques font supposer que la grande nappe de glace qui couvrait le plateau avait, en raison de l'inégalité du sol , des moraines sous-glaciaires * et glissait partiellement sur des pentes différentes ou opposées, tout en ayant un mouvement d'ensemble suivant la pente générale du plateau. Cette pente générale va au nord-ouest, c'est-à-dire vers la vallée de ÏAin, dans laquelle les eaux du plateau se déversent actuellement par une cluse étroite qui conduit a la Billaudc. Le glacier trouvait là une issue, qu'il a pu franchir peut-être, ce qui est cependant douteux, à l'époque de sa plus grande extension, mais en deçà de laquelle il est resté plus tard. Cependant, à deux lieues plus loin, à Champagnole, au pied du Mont-Rivefet en général tout le long de la vallée de Y Ain y on trouve d'immenses et de nombreux entassements de matériaux glaciaires y qui pourraient faire penser que les glaciers du Jura ont, dans un temps, poussé jusque-là leurs moraines frontales. Mais il est difficile d'admettre cette opinion si l'on considère que ces dépôts erratiques, rangés ainsi en dehors et au pied du massif jurassique, sont constamment remaniés et lavés par les eaux, plus ou moins stratifiés ou triés suivant les volumes, et souvent dispersés dans les plaines. Comme ces dépôts ne sont pas
^ D. A. Moraines profondes.
Coniidéintions fénénlei.
toujours rangés vis-à-vis l'embouchure des vallées et des cluses, il faudrait en outre supposer, ce que robservation contredit ' , que les glaciers avaient une puissance hors de proportion avec l'étendue de leurs bassins d'alimentation ; qu'ils franchissaient les chaînes de montagnes, ou bien, si on les fait rentrer dans les vallées et les cluses, qu'ils s'épanouissaient en larges éventails dans les plaines qui entourent le massif montagneux du Jura. La preuve que les glaciers étaient plus restreints et ne portaient pas un front presque continu hors du massif jurassique, c'est que sur la ligne de ces moraines supposées frontales y on trouve sur des roches en place des stries dirigées en sens inverse*. C'est ce qui se voit Irès-bien, par exemple, au bord de la route d'Orgelet à Saint-Claude, à l'endroit où elle va descendre dans la vallée de l'Ain, un peu au-dessus du Pont de la
Pile» Selon nous, le charriage par des radeaux de glace, le transport par des eam animées de vitesses variables et alternatives , des débâcles estivales etc. semblent rendre mieux compte de ce phénomène de dispersion (?) Quoi qu'il en SOit, nOS étudcs
dans les Alpes et dans le Jura nous portent à penser que la vallée de l'Atn, puis celles de Pontarlier et de Nozeroy, ont joué à l'égard des glaciers du Jura le même rôle que le Bassin suisse à l'égard des glaciers des Alpes , et que des deux côtés les phénomènes de transport et de dispersion sont les mêmes.
E. B. 7. CoiMildérAtioiui générales. Les exemples que nous venons de citer suffiront pour faire comprendre quelle a été l'allure des glaciers dans le Jura y et nous avons pu nous convaincre que le phénomène glaciaire est partout identique, dans les pli^ hautes chaînes y comme dans les chaînes moyennes.
Si maintenant on cherche A limiter l'espace occupé par les anciens glaciers du Jura, on voit qu'ils ont envahi toutes les grandes chaînes, depuis le Rhin jusqu'au Rhône. A ces extrémités ils étaient en relation prochaine avec ceux des Vosges et de la Forêt-Noire d'une part, et en connexion intime avec ceux des Alpes d'autre part. La limite de cet espace est facile à dessiner du côté de la Suisse: elle suit le pied des grandes chaînes depuis le Fort-V Écluse y ou plutôt depuis l'extrémité méridionale du Grand-Colombier, jusque
* D. A. « Ce que l'observation contredit* (?) Voy. les observations glaciaires : Exiauion dei glaciers anciens.
* D. A. Ces stries qui se croisent prouvent les différentes périodes glaciaires.
près de la fin des chaînes jurassiques dans le canton d'Argovie. Du côlé de la France, cette limite est difficile à tracer rigoureusement, parce qu'elle passe dans la région des chaînes moyennes; elle parait Faire des sinuosités souvent très-prononcées pour enceindre certains massifs isolément élevés en dehors de la ligne générale ; celle-ci passe y depuis l'extrémité méridionale du Grand-Colombier ou les localités voisines, à peu près par Naniua, OyonnaXy Dortan, les chaînes de la rive droile de VAin ']usqu' dm-dessous de Clairvaux, Champagnoley Nozeroy^ Bonnevaux, Pontarlier j la Brévine, le LodCy le Noirmonty Saint-Brais, Porrentruy, Asuely et continue vers l'est pour entourer l'extrémité orientale du massif jurassique. On conçoit qu'en dehors de cette limite générale il se trouve des limites de petits glaciers isolés, permanents ou temporaires. C'est en effet ce que nous avons remarqué sur plusieurs points : l'étude de ces glaciers restreints , dont la vie n'a été souvent qu'une continuelle agonie, nous explique l'origine et l'arrangement de certains atterrissements disséminés, de certains détritus placardés aux flancs des montagnes plus ou moins éloignées de la région glaciaire bien caractérisée. Par opposition , certains espaces dépourvus d'indices glaciaires se remarquent en dedans de celte même ligne générale. On pourrait pousser la limite encore plus au sud que le Grand-Colombier y c'est-à-dire jusque dans les environs de Saint-Genis, puis sur les flancs du Molard-de-Dom et ceux du Mont-du-Chat. m. Iiory a, en effet, signalé dans celte région le mélange de roches jurassiques parmi les débris erratiques alpins qui couvrent le bas plateau situé au nord du déparlement de Y Isère y entre le cours du Rhône et celui de la Bourbe; mais ici la région est autant alpine que jurassique y et la connexion des glaciers est évidente. Quant à l'exislence des glaciers dans le Jura oriental, elle est grandement manifestée par les dépôts considérables qui encombrent les vais de Mouiiery de Gânsbrunnen, de BaUstaUy par les revêtements eiratiquss des crêtes de la partie orientale du Weissensteiyt etc.
Nous avons tout à l'heure fait passer par Porrentruy la limite occidentale de l'espace occupé par les glaciers. Cette allégation a besoin d'être démontrée. D'abord, on concevra la possibilité de l'existence d'un aricien glacier à Porrentruy, en considérant que le niveau est ici de 450 mètres au-dessus de la mer, et qu'en face, au
pied des Vosges, la moraifie frontale ^ si bien caractérisée, sur laquelle le village de Giromagny esl bâti, n'est qu'à 434 mètres. Uavenue de l'ancien château de Porrentmy s'étend sur une moraine latérale gauche; plus loin, de l'autre côté de la Halle, la colline est flanquée d'une moraine latérale droite. Le bassin glaciaire occupail tout le versant du Mont-Terrible depuis Bressancourt à ChamxoUk, débouchait partiellement par la vallée de lu Halle, mais avait probablement son principal écoulement par la large vallée molassique de Miécourt et de Cœuve. C'était un glacier de plateau; il a laissé sur difiërents points des moraines sous-glaciaires * , dont on retrouve des lambeaux dans toutes les dépressions de la petite chaîne du Banné. Le bassin de Porrentruy ressemble beaucoup, quoique plus restreint, à celui de Saint- Laurent y quant à la position et au mode de Vaction glaciaire. Cette analogie, dont nous avons vu d'autre? exemples, nous porte à regarder comme d'origine glaciaire ces dépôts si nombreux auxquels on a donné le nom de nagelfluhs , de gompholithes. Mais ils ont un caractère glaciaire particulier, qui rend compte du classement équivoque qui en a été fait. Disons d'abor J que l'époque de la formation de ces dépôts est antérieure à celle de la plus grande extension des glaciers, et qu'il y a probablement eu interruption du phàwmène glaciaire, après cette première apparition. Des observations orographiques démontrent cette proposition. Vers la fin de Yépoque tertiaire, les glaciers envahirent plusieurs chaînes jurassiques nouvellement soulevées et émergées. Ces glacicfi^ étaient isolés et ont trouvé les roches encore dans un certain étal de mollesse. Aussi, le glacier du bassin de Porrentruy y qui date probablement de celte époque initiale, a-t-il laissé des malériam erratiques caractérisés par des stries pâteuses et par Yimprcssion , la pénétration réciproque des cailloux en place. Ces cailloux ainsi impressionnés et striés sont dispersés dans les terrains récents dfS environs de Montbéliard, Belle et Belfort; leur stratification et Imchevêtrement qu'ils présentent avec certaines assises mametiscs et grésiformeSy pourraient faire croire qu'ils sont en rapport de formation avec la molasse; mais nous pensons qu'une étude local'' les montrera indépendants et mêlés seulement à de la molasse et
* D. A. Moraines profondes.
à d'autres terrains remaniés. Quoi qu'il en soit, les cailloux impressionnés des environs de Montbéliard, qui présentent une collection de toutes les assises du terrain jurassique, sont pour nous d origine glaciaire , puisqu'on les retrouve presque au point de départ dans le bassin de Porrentruy, d'où ils ont cheminé par divers moyens de transport; car les uns, en raison de leur mollesse d'alors , ont pris facilement la forme ovoïde ou elliptique des cailloux roulés par les eaux, tandis que d'autres ont conservé les formes capricieusement anguleuses des cailloux glaciaires^ et montrent nlors un certain poli qui rappelle celui des matériaux des moraines en place. Mais c'est surtout dans les chaînes du Jura méridional f|ue ces cailloux impressionnés sur les lieux mêmes où on les voit actuellement sont curieux à étudier. Par exemple , on les trouve au pied de la faille qui passe derrière la citadelle de Besançon et suit les flancs de la montagne de Montfaucon. Ici ils semblent avoir la même origine que ceux de Montbéliard, car Besançon est très-loin de toute station glaciaire, ce qui n'exclut pas cependant la possibilité de leur trouver un autre point de départ que Porrentruy. Leur |)osilion élevée sur les flancs des montagnes qui avoisinent Be^a^iroîi, indique un mouvement orographique considérable après la première apparition des glaciers.
Ces mêmes cailloux impressionnés se remarquent en grande abondance dans les vallées et sur les flancs des chaînes des environs de Pontarlier,
Une autre station remarquable est la peiie du Rhône, où ces cailloux, [ouîonr s impressionnés , reposent immédiatement sans mélange sur les tranches de la molasse, surmontés qu'ils sont bientôt par les cailloux alpins , avec lesquels ils sont en relation si intime que Vorigine glaciaire de ceux-ci ne peut être refusée à ceux-là.
Ainsi, dans le Jura, des matériaux erratiques d'origine jurassique cl d'un caractère particulier ont été déposés avant l'arrivée des matériaux alpins, vosgiens et hercyniens. Dans le Jura suisse, M. Quiqiuerca a remarqué que les cailloux vosgiens de la vallée de Delémont sont arrivés après le dépôt des cailloux calcaires, qui comblaient déjà le fond de la vallée, et cette disposition se reproduit en efi'et partout.
Tous ces faits indiquent plusieurs périodes encore peu déterminées pendant Y époque glaciaire, et tout porte à croire que leur élude apportera quelques modifications dans le classement des terrains les plus récents. Tandis que les glaciers du Jura restaient dans Tintérieur des chaînes, luttant isolément contre Tinfluence de l'agent atmosphérique, ceux des Alpes, plus grandement alimentés , vomissaient par cent bouches d'énormes masses de roches brotféeSy qui, bientôt dispersées au loin suivant un mode de transport particulier à Yépoque glaciaire, ont formé ces vastes dépôts qui comblent actuellement les vallées du Rhône et de la Saôm et remontent par les vallées de YŒgnon, du Douhs et de la Loire, jusque dans les environs de Besançon. Ainsi, par exemple, nous pouvons dire que ce qu'on appelle le tenmn de la Bresse est d'origine glaciaire, et en grande partie du moins contemporain des glaciers, car les matériaux qui le constituent peuvent être suivis depuis les points éloignés des plaines jusqu'aux moraines en place dans les Alpes, Ces idées n'ont rien de surprenant quand on envisage l'ensemble et la corrélation du phénomène glaciaire dans les Alpes, le Jura, les Vosges et la Forêt-Noire; quand on considère les anciens glaam dans leur activité d'abord isolée et indépendante, leur connexion à l'époque de la plus grande extension, puis leur retour à l'isolement régionnaire; quand on examine encore la similitude d'atlérissement dans la grande vallée de la Suisse et dans les vallées de Pantarlier. Noter oy et tout le cours de l'Ain,
De l'existence d'anciens glaciers dans le Jura, on peut tirer îles considérations d'un autre ordre. Par exemple, la dispersion des pla7ites alpines et vosgiennes s'expliquera tout aussi bien que la dispersion des roches gi^anitiques , surtout si l'on tient compte de Tancien niveau des eaux dans les grandes vallées.
Avant de terminer cette courte notice, ajoutons notre hypothès»^ à celles qui ont déjà été faites sur la cause des glaciers. Il est un fait physique bien connu qui, selon nous, mérite quelque considéintion. Si l'on expose vers le ciel, par une nuit claire d'été, un thermomètre reposant sur des matières très-mauvaises conductrices de la chaleur, par exemple, sur un lit épais de duvet, cet instrument perd bientôt sa chaleur propre, par suite du rayonnement de son calorique vers les espaces célestes; et comme il ne peut en re-
prendre à cause de son isolement , on le voit descendre au-dessous de zéro , c'est-à-dire marquer une température de plus de dix degrés plus basse que celle de Tatmosphère ambiante.
Ainsi le rayonnement est une grande cause de froid. Deux thermomètres placés, Tun au milieu d'une marnière, l'autre dans l'herbe du pré voisin, s'abaissent bien différemment pendant une nuit claire, l'herbe ou le feuillage d'un arbre faisant écran pour le dernier et empêchant le rayonnement. Chacun sait qu'il ne gèle pas sous les sapins de nos montagnes. Or c'est surtout à la fin de Vépoque tertiaire que les plus grandes surfaces continentales ont été émergées. On peut donc admettre que ces surfaces nues et imprégnées d'eau ont dû s'abaisser assez de température, tant par le rayonnement que par Tévaporation, pour déterminer sur tout le globe un froid suffisant à l'existence des glaciers sur les montagnes qui en sont privées actnellement. On a calculé qu'une élévation de température de quelques degrés seulement suffirait pour fondre les glaces polaires, m. Cit. Hartliis a dit qu'un abaissement de 4 degrés dans la température moyenne de Genève suffirait pour amener dans le bassin suisse les glaciers actuels des Alpes. La cause des glaciers n'est donc pas si extraordinaire et peut s'expliquer par les simples faits des phénomènes actuels. Les reboisements, la dessiccation des terrains, des mouvements orographiques nouveaux auraient ensuite servi de transition au régime actuel.
E. B. 8. Addition. J'ai pensé qu'il ne serait pas inutile de vous Addition. faire connaître, mieux que ne le fait le procès-verbal de la sectipn de géologie, les observations qui ont été émises après la lecture de mon petit mémoire sur les glaciers du Jura.
D'abord, aucune objection ne s'est élevée sur Vextension que j'ai donnée aux glaciers dam tout le Jura, ni sur les conséquences que j'ai tirées de la vaste dispersion des matériaux glaciaires, alpins et jurassiques, pour expliquer la formation de certains terrains récents, celui de la Bresse, par exemple.
A propos des nagel/luhs ou gompholithes que j'ai cités, m. nertan a dit: c Ainsi l'on attribue aux glaciers, outre le triage des roches et le transport des blocs et autres matériaux erratiques, une nouvelle fonction, celle d'impressio7iner les cailloux. > — J'ai répondu que :
€ Cette impression, cette pénétration réciproque de certains W'«.< et cailloux erratiques du Jura n'est pas due à une fonction de^ (jhicicrSy mais qu'elle a eu lieu après la dispersion ou le transport; qu'elle s'est faite en place et qu'elle est due à l'étal de mollesse de la roche, ainsi que cela est expliqué dans le mémoire. >
m. nertom a objecté ensuite que : a Tous les nagelfluhs connui ^oïii tertiaires, li — J'ai répondu que: « Ne m'occupant pas ici de classement des terrains et ne voulant pas actuellement rechercher s'il y a eu plusieurs apparitions du phénomène glaciaire dans le< derniers temps géologiques, je n'avais eu en vue, dans mon mémoire concernant ce qu'on appelle nagelfluhs ou gompholithes , que ceux de ces dépôts qui sont sur la molasse et en discordance avec elle, faisant ainsi abstraction de ceux qui peuvent se trouver stratifiés dam la molasse, » — A l'appui de cette distinction, j'ai rappelé la coupe de la Perte-du-Rhône et tracé au tableau une coupe que j'avais remarquée le matin même en passant à Boncourt, où l'on voit m mélange de matériaux erratiques jurassiques de toutes grosseiiis {blocs arrondis à stries pâteuses^ cailloux impressionnés^ sables lairs) reposant sur la molasse et recouverts par un diluvium avec cmlloux vosgiefis^ qui se répand sur toute la vallée*. — Ma réponse n'ayant pas été consignée au procès-verbal, après l'objection de m. merlan 9 j'ai dû réclamer à la lecture, ainsi que vous vous le rappelez sans doute.
n. liArdj a cité ensuite, sur le versant orieîital de la Dole, un dépôt de blocs et de cailloux purement jurassiques sous des matériaux alpins, et mis à découvert assez récemment par des travaux de route; son observation ayant été omise au procès-verbal, vous vous rappelez aussi qu'il en a réclamé l'insertion. Mais lorsque celle
* En retournant à MontbcUard, M. Contcjean et moi, nous avons exploré Tautrc côté de la vallée de la Halle, vis-à-vis de Boncourt^ où une certaine cminence arquet qui suit la ligne de la frontière , m'avait fait croire , vue de Délie , à une moraine fntn laie. Nous avons bien reconnu , reposant sur le ptérosérien et sur le virgulien , ul dépôt erratique semblable à celui de boncourt qui est en face ; mais Véminence cmIuk n'en est pas uniquement formée : sa croupe montre bientôt, sous le diluvium vo^tjien, la roc/ie virgulienne en place. Quoi qu'il en soit de ces deux dépôts et de leur modo â« transport , ils ont pour moi tous les caractères erratiques et sont venus par la val^f de la Halle; vous remarquerez l'analogie de la coupe de Boncourt avec ceUe de la pertf du Rhône.
observation s'est produite, j'ai dit que : « Le dépôt en question est évidemment dû à un glacier propre au Jura, ainsi que le pense m. Mjmrdji qu'on pourrait citer beaucoup d'autres faits analogues le long du Jura;}» pour abréger, j'ai tracé au tableau une coupe théorique montrant la disposition relative des matériaux erratiques du Jura et des Alpes le loug des grandes chaînes.
Emile Benoit.
E. C. i *. JLm vallée de SAlnt-Amarin est encaissée entre deux ]^'"^
, de Saint-Àmariii.
ramifications de la chaîne des Vosges ; les points culminants sur la rive gauche sont : le Ballon de Guebwilkr, 1426 mètres altitude, et sur la rive droite : le Rossberg, 4196 mètres; le Drumont, 1226 mètres et le grand Ventron, 1209 mètres. Elle est fermée au fond par le Rothenbachy 1319 mètres , et par le Col du Bramoni.
Elle commence à Wildenstein, 549 mètres, situé au pied de ce col, et vient déboucher à Thann^ 342 mètres, dans la plaine de YOchsenfeld, plaine qui fait elle-même partie du grand bassin du Rhin.
Sa longueur est de 23 kilomètres et sa largeur moyenne de 1 kilomètre , sauf sur quelques points où le pied des montagnes avance dans la vallée comme une décoration de théâtre, et donne lieu à des étranglements qui en rapprochent les bords à la distance de quelques centaines de mètres.
Son niveau au-dessus de la mer est :
A Thann , à la croisière de la route d'Aspach 342 mètres. A Willer, entre Willer et Bitschwiller. ... 377 »
AMoosch, à la filature 400 »
ASaint-Amarin, àHirscherbach 403 i
A Wesserling , au pont 424 »
A Felleringen , au pont Rouge 442 9
A Odem , au moulin 453 >
AKrùth 509 »
A Wildenstein , entre le vieux château et Plaune. 549 >
* D. A. Les paragraphes E. C. (Edouard Collomb) sont extraits des Preuves de Vexistence d'anciens glaciers dans les vallées des Vosges, Du terrain erratique de cette contrée , par iMI«iiard Collomb ^ chimiste à Wesserling (Haut-Rhin), membre de la Société géologique de France et de la Société helvétique des sciences naturelles. Ouvrage accompagné de 12 figures dans le texte et de 4 planches coloriées, 1 vol. in-8o. Paris, Victor Masson; même maison , chez L. Michelsen , à Leipzig, 1847.