VALLÉE DE SAINT-CLAUDE
bles qui les recouvrent et qui les préservent de Taclion corrosive (les agents almosphériques.
E. B. 4. ITniiée de Saint-Claude. La vallée de Saint-Claude v.iié« est encore une de ces excavations profondes formées d'une suite de cluses se réunissant en un point où est située la ville, et formant une figure qui ressemble assez à un X, dont une des branches sert d'écoulement à toutes les autres. Les glaciers suivaient ces chtses et se réunissaient comme le font habituellement les torrents. Aussi la vallée est-elle encombrée d'immenses entassements de matériaux glaciaires. Comme dans la vallée de la Semine, on voit qu'un puissant affluent descendait par la vallée des Bouchoiix, et a repoussé sur la rive droite du Tacon les débris de roches qui composaient plusieurs moraines latérales réunies un peu plus haut. Le dépôt de ces matériaux glaciaires du fond de la vallée ne date pas de Vépoque (le la plus grande extension des glaciers , mats d'une époque postérimre* , car on trouve plus bas sur les rives escarpées de la Bienne des restes de moraines frontales reposant sur des roches moutonnées et remontant assez haut sur les parois de la gorge étroite qui sert d'écoulement général. Ces matériaux glaciaires qui encombrent le fond de la vallée de Saint-Claude proviennent évidemment du Iravail des glaciers, après le retrait qui a reporté leur front dans les vallées élevées où ils ont séjourné longtemps; car les moraines en place qu'ils y ont laissées sont plus considérables et plus nombreuses que celles que l'on peut rattacher à l'époque de la plus grande extension. Ils ont d'ailleurs, et comme dans toutes les vallées analogues, été remaniés par les eaux pendant l'activité des glaciers et offrent une stratification apparente, mais confuse; et puis, chose remarquable, ils n'ont généralement plus cette boue glaciaire qu'on retrouve cependant sur quelques-uns de leurs talus, lesquels présentent alors tous les caractères de lambeaux d'anciennes moraines en place. Évidemment, à une époque moyenne de la période glaciaire, le niveau des eaux montait assez haut dans les vallées les plus profondes du Jura, On en a une preuve bien évidente dans la structure des moraiiies frontales qui barrent les vallées voisines un peu élevées. Ainsi, près de Saint-Claude, dans l'étroite et profonde
' D. A. Conclusions très-justes.
Vallée do Villart-d'Réria.
Pltteaa
de Saint-Laoronl ou
du Grandraos.
vallée des Foules, on voit plusieurs moraines frontales sucressify^ qui remontent très-haut sur les pentes et dont la partie ba^se ou centrale est lavée, c'est-à-dire privée de la boue glaciaire qui fonnr un ciment solide dans les parties plus élevées que ne baignaient paN les eaux. Bien plus^ on voit nettement la ligne de démarcation ou l'ancien niveau des eaux quand la moraine a été ravinée et présenle un talus très-incliné privé de végétation , ce qui est un cas fréquent. La fig. 2 représente un exemple de ce fait ; au pied de la moraint\ les matériaux les plm fins ne sont que du sable lavé ne troublant presque pas Veau, tandis que si Von prend dans la partie supérieure du talus, au milieu des blocs et cailloux, une poignée des matériaux dr la moraine , et qu'on V agite dans Veau, cette eau reste longtemps laiteuse et tient en suspension des molécules excessivement ténues *. On peut estimer à 470 mètres au-dessus des rivières actuelles la hauteur de cet ancien niveau des eaux.
E. B. 5. VaUée de ViUarM-d'Héria. C'est un val longitudinal étroit^. dans un ploiement portlandien. Elle offre plusieurs barrages ou-moraines frontales bien dessinées; les villages de YiHars-éCHèrni et Petit'Villars sont assis sur deux de ces moraines. Une autre moraine $e trouve près de Jeure, à l'embouchure de la vallée dans celle de la Bienne; mais ce dernier dépôt erratique est plus ou mohi^ remanié et privé de boue glaciaire, La petite vallée en question est dirigée à peu près nord-sud, elle est peu inclinée et n'a que 600 mèlres d'altitude moyenne au-dessus de la mer. Elle servait d'écoulement à un glacier de plateau assez vaste, ce qui explique pourquoi les dépôts erratiques qu'elle contient sont plus abondants que dans certaines vallées plus grandes et plus élevées de niveau , mais moins alimentées; car la longueur des glaciers était dans le Jura, comme dam les Alpes, proportionnelle aux bassins d'alimentation^.
E. B. 6. Plateau de Saint-I^aurent ou du QraudTan.
Le plateau Aq Saint-Laurent est très-élendu, irrégulièrement ondulé et formait un vaste bassin d'alimentation. Son altitude est en moyenne de 950 mètres. 11 offre, sur une foule de points, des traces A'anciei^s glaciers. En 1847, nuOL. Pldancet et I«ery y
* D. A. Parfaitement observé ! Boue de glacier à Tétat très-divisé sous forme de poudre fine.
' D. A. Parfaitement conclu.