VALLÉE DE MASSE VAUX
Sondemach surtout ; les différents plis et les mouvements du terrain dans un sens transversal excluent toute participation des eaux dans rétablissement de ces amas, et la présence des galets rayés est un argument de plus en faveur de la théorie qui admet l'existence dans les temps passés de grandes glaces dans ces vallées.
E. C. 14. ITallée de HaMe^aux. Cette vallée, dont la direc- ""'"*' '" *"""''" lion est nord-ouest à sud-est , est à peu près parallèle à celle de Saint'Amarin; elle n'en est séparée que par une arête de montagnes qui commence au Rossberg et se prolonge jusqu'au Gazon-Rouge. Comme sa voisine y elle s'ouvre dans la grande plaine d'Alsace. La DoUer qui l'arrose est alimentée au nord par les sources qui descendent de cette arête , à l'ouest par les ruisseaux qui se précipitent des pentes du Ballon d'Alsace et du Bàrenkopf.
Son altitude est à ' :
Massevaux 416 mètres
Kirchberg 440 »
Dolleren (entre Dolleren et Sewen) . . . 492 »
Lac de Sewen , en amont 507 >
Ce bassin est presque en entier de roche cristalline y granit, porphyre y sténite...; la roche sédimentaire y est rare. Sur la rive gauche on aperçoit bien quelques roches schisteuses bleues, mais par moment cette roche passe à un état d'agrégation si compacte, et sa stratification est si grossière qu'on pourrait peut-être la classer dans les roches cristallines^. La roche de filon y est riche en beaux échantillons de quartz hyalin.
Le fond de cette vallée forme un petit bassin plat, au milieu duquel se trouve le lac de Sewen. On lui conserve le nom de lac y parce qu'il était probablement plus étendu autrefois ; aujourd'hui c'est plutôt un étaçg marécageux qu'un lac.
Les grandes glaces ont laissé des traces remarquables de leur m»™»* passage dans celte localité. En remontant celle vallée depuis Massevaux y on est frappé, en arrivant à Kirchberg, par la vue d'une moraine frontale qui s'étend d'un bord à l'autre sur une étendue
1 Suivant la carte du dépôt de la g:uerre.
' Ce ftont sans doute des dépôts siluriens qui ont subi une action métamorphique trèsénergique.
de Kirchberg.
Obfrbruek.
ScwPfi.
Sii PHÉNOMÈNES ERRATIQUES DANS LES VOSGES.
(renviron 400 mètres et sur \0 mètres de hauteur. La majeure partie des matérieux qui forment cette moraine^ sont arrondis; cependant quelques gros échantillons de granit de plusieurs mètres cubes sont à angles vifs et empâtés sur les points élevés. Les champs cultivés en amont et en aval sont dépouiTus de blocs; les cultivateurs les ont enlevés de la surface pour les rassembler contre l'arête dorsale de la moraine; ils forment des murs grossièrement établis.
A une centaine de mètres en amont, l'église du village est bâtie sur un monticule, qu'on pourrait prendre pour une seconde moraine ; mais en explorant le terrain, le marteau à la main, on reconnaît que ce petit mont est formé de roche en place, recouvert de quelques détritus, particulièrement sur le côté aval.
Après Kirchberg on arrive à Oberbnick, et à partir de ce dernier endroit jusqu'à Dollei^en, on remarque des accumulations considérables de matériaux de transport, déposés sur les flancs de la montagne jusqu'à une hauteur de 100 mètres ; il ne peut guère y avoir de doutes sur l'origine de ces matériaux : c'est une ancienne moraine latérale qui les a abandonnés sur les pentes où on les retrouve aujourd'hui.
Nous retrouvons dans cette vallée de Massevavx, comme dans les autres vallées des Vosges, cette disposition de moraines frontales h se placer par échelons , à quelques kilomètres de distance , dans le fond des vallées. Ce fait, dont nous aurons plus tard occasion do déduire des conséquences théoriques, est important à constater.
Le second degré de l'échelle se trouve à Dolleren, où une moraine frontale multiple barre de nouveau la vallée; elle est clairement dessinée, et ici comme à Kirchberg les cultivateurs ont fait disparaître de leurs champs la plus grande partie des blocs , pour les accumuler contre la moraine en grands amas soutenus par un mur grossier ; ils ne les ont cependant pas tous enlevés , quelques bloos percent le niveau du terrain cultivé ; leur fort volume, qu'on pt'ut apprécier par la portion découverte , les garantit de tout déplacement ultérieur.
A 2 kilomètres plus haut se trouve le village de Sctven, placé au point où se bifurque la vallée principale. Ce village est sans contredit un des points les plus remarquables des Vosges, sous lerappuil des traces que le phénomène erratique laisse écrites sur le granit.