‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 67 sur 216 · VERSANT OCCIDENTAL DES VOSGES · texte numérisé non relu

VERSANT OCCIDENTAL DES VOSGES

du Puix, et à 1500 mètres plus haut on rencontre une nouvelle ^e poix. moraine frontale multiple; elle est plus facile à étudier que celle qui est à l'entrée de la vallée; elle n'est pas encombrée de constructions, elle est livrée à la culture. Elle coupe transversalement la vallée. Elle a aussi sa série de petits monticules concentriques dis* posés en bandes allongées. Sur quelques points elle est déchirée et démantelée par Faction des eaux , qui en ont emporté des fragments.

Elle ne renferme, du reste, rien de particulier, sauf sa position fort nette entre deux bassins à fond plat, en amont et en aval, ce qui rend son aspect d'ensemble d'autant plus caractéristique. Elle est encore remarquable par l'extrême mobilité des matériaux qui la composent, mobilité qui ne leur permettrait pas de résister au moindre courant d'eau.

A deux kilomètres au-dessus de cette moraine, la vallée est étranglée entre deux massifs de roche cristalline, à pentes rapides. Ces roches sont remarquablement bien arrondies et moutonnées, sur une grande échelle. Toutes les anfractuosités ont disparu ; c'est la véritable roche polie des Alpes,

Après avoir franchi cet étranglement, la vallée s'élargit de nouveau pour reformer un petit bassin à fond plat. La roche polie cour tinue à se montrer sur la rive droite au bord de la route , jusqu'au pied du Ballon. On y remarque des stries parallèles fort bien indiquées sur la roche de siénite, puis aussi ce qui se nomme en Suisse des coups de gouge, c'est-à-dire des sillons profondément creusés.

E. C. (H. H.) 16. Versant iiccidental des Tosges. Nous ve- ^«»«"' nous de décrire rapidement les accidents erratiques des principales vallées qui s'ouvrent au midi et à Test de la chaîne des Vosges. Les anciens glaciers ont laissé des traces tout aussi bien imprimées sur le sol dans les vallées du revers occidental.

Nous trouvons des détails précieux sur ce sujet dans les travaux de M. H€»gapd; déjà en 1840, ce persévérant observateur avait signalé à l'attention des géologues des accumulations de débris, de véritables moraines, dont il attribue la formation à d'anciens glaciers. H. HtHiArdy revenant sur le même sujet dans un travail remarquable' par le nombre et la précision des observations, dé-

* Observations sur les moraines et sur les dépôts de transport et de comblement des Vosges, par Henri Howard. Ëpinal 1842.

Vallons

montre jusqu'à l'évidence que ces mêmes moraines n'ont jamais été le résultat ni des éboulements des montagnes ni des alluvions transportées par les eaux, et que les masses d'eau en mouvement sont complètement étrangères à leur formation. En examinant les plans, les coupes, les croquis dont son travail est accompagné , et qui ne laissent rien à désirer sous le rapport de l'exacte représentation des choses, on demeure convaincu que les accidents erratiques du revers occidental des Vosges , aussi bien que ceux des autres vallées de cette chaîne , sont le produit de l'action des grandes accumulations de glaces qui^ dans les anciens temps ^ ont encombré ces vallées.

Nous allons citer quelques-uns des faits les plus saillants racontés par H. H€»g«rd ^ t

En quittant la plaine d'Eloyes, aussitôt que l'on parvient à la

'^b cZde-cou™ * ^^"^^"^ ^^^ vallons de Rouge-Rupt et de la Grande-Conmie ^ on

s'aperçoit que les amas de sables et de caiUoux s'élèvent de plus en plus au-dessus du fond de la vallée principale, et forment des monticules de bas en haut, jusqu'aux cols d'où partent ces vallons.

Les surfaces de ces amas , loin d'être planes ou coordonnées à un plan général de stratification , sont au contraire très-irréguliéres et mamelonnées; on y chercherait inutilement les traces d'un ancien dépôt divisé et morcelé aujourd'hui, et l'on reconnaît à leur inspection qu'ils sont indépendants les uns des autres , comme des masses de remblais coniques, jetées ça et là sur un terrain que l'on aurait voulu recouvrir, et provenant d'un même point de départ, mais ainsi disposées par un agent qui n'opérait pas à la fois, comme les eaux courantes, le transport et le nivellement des matériaux soumis à son action.

Les sables et les blocs sont mélangés avec confusion, comparativement à ce que l'on observe dans les dépôts de comblement; ils ne sont jamais disposés par ordre de pesanteur spécifique, en couches plus ou moins bien prononcées ; mais cependant on y remarque un caractère constant : c'est que le sable et les menus graviers, plus ou moins mélangés, forment une masse dans laquelle les blocs se trouvent comme suspendus à toutes les hauteurs; ce qui indique

'Ces citations sont précédées des initiales E. C. (H. H.).

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