V . ^l . M^^ ^ <^*wt des autres contrées
à colui des antres '
contrées. H Y a mèmc pour le géologue voyageur un avantage en faveur
des Vosges; c'est qu'ici tous les accidents que nous venons d'énumérer, en prenant une vallée pour type, se trouvent réunis dans un cercle dont le rayon ne s'étend pas au delà d'une dizaine de kilomètres ; il n'est pas nécessaire de parcourir une grande distance pour voir des faits qui sont connexes et qui se lient entre eux; ces faits sont clairs et patents , faciles à saisir et à observer; quelle que soit l'opinion du géologue observateur sur l'origine et la cause du phénomène, en visitant nos vallées, il pourra, sur une petite échelle, à la vérité, faire une étude à peu près complète du teri^iu erratique.
E. C. 29. Contmeiit le pHénomèiie erratique »-t-il d'eiLlMter ? Par une révolution brusque ? Par une lution lente ' ?
Le phénomène Commc documcut pour servir à l'histoire des révolutions que la erreiique a cessé par ^^^^^ ^ sublcs , il cst intércssaut dc savoir si les anciens glaciers dùi
une rérolution lente. ' «^
Vosges ont disparu de la surface du sol par un prompt retour de l'atmosphère à une température plus douce, ou par une fusion lente et graduelle embrassant une longue succession de siècles. Nous disons Yatmosplière, parce que l'élément nutritif des glaciers, leur existence, en un mot, est soumise au milieu dans lequel ils vivent ; ils sont liés intimement aux influences climatériques. Quelques degrés de plus ou de moins dans la température moyenne de l'air qui enveloppe un glacier suflSsent pour modifier son existence d'une manière profonde*, et tous les observateurs s'accordent à
* J'ai traité ce même sujet dans une correspondance avec H. de ClMu^cattor, correspondance qui a été ensuite imprimée dans la Bibliothèque urUvenelU de Genève , décembre 1845.
* Les chutes de neige, les matériaux qui couvrent la surface du glacier et les iem[^ ratures et rayons solaires de juin à septembre ont la plus grande influence sur les glaciers.
dire que la température propre de la terre , la température du sol , est sans influence sensible sur leur état physiologique , si l'on peut s'exprimer ainsi ^
C'est donc dans le milieu ambiant , dans sa température, dans son état hygrométrique, qu'il faut chercher la cause et l'origine (les glaciers. Pour savoir comment ils ont cessé d'exister, nous nous livrerons à un examen scrupuleux des débris qu'ils ont laissés surplace, et c'est particulièrement déconsidérations tirées de la position relative des moraines frontales que nous pourrons arriver à jeter quelque lumière sur cette question. La manière dont les blocs erratiques sotU dispersés sur le terrain nous aidera aussi à la résoudre.
Ainsi, dans la vallée de Saisit- Amarin , nous trouvons à Wesser^ iior«inctécheioim*es. Ung une énorme moraine frontale triple ^ qui barre la vallée dans un i,ipio''Tw7MeriLg. sens transversal, puis dans la même vallée, à 5 kilomètres en amont, à Kriith, une nouvelle moraine frontale disposée dans )e même sens.
Dans la vallée de MassevauXy nous avons vu un premier degré de Mauctinx. Téchelle au village de Kirchberg; sur ce point la moraine s'étend tout au travers d'un bord de la vallée à l'autre. Le second degré est situé au village de DoUereny à 3 kilomètres en amont.
Dans IsivaUée de Giromagny^ même échelonnement des moraines: «oniûetàGiroiMgny moraine frontale à Giromagny et second échelon à quelques kilomètres en amont.
Sur le revers oecidental des Vosges, toutes les vallées explorées «««i»" fromaie.
échelonnées inr lo rc-
par H. Hogard, la vallée de Cleurie, celle de Lispach etc., ont^e» occidental dei une série de moraines frontales échelonnées à quelques kilomètres ^^^*' de distance les unes des autres.
Maintenant, si nous remontons à l'origine du fait, nous remarquerons que les glaciers en activité peuvent être pourvus de plusieurs moraines médianes et de plusieurs moraines latérales, mais ils n'ont jamais qu'une seule moraine frontale. Qu'arriverait-il si un glacier en activité venait à mourir subitement par une cause quelconque? Le cadavre qu'il laisserait sur place se composerait de
< D. A. La température du sol a une influence sur les glaciers. Voy. les paragraphes D. A. Glaciers en activité.
tous les matériaux dont son dos était chargé , des moraines laieraUs et médianes , mais on ne trouverait à coup sûr qu'une seule moraine frontale comme monument de son passage sur la terre *.
Si donc nous trouvons une série de moraines frontales écheloonées sur le même terrain, dans la même vallée, sur le sol quia porté le même glacier, nous sommes en droit de conclure que la fusion de ce glacier s'est opérée d'une manière lente et interrailtente , qui exclut toute idée de grande débâcle el surtout de révolution subite dans les éléments géologiques ou climatériques.
Reportons-nous par la pensée à l'époque où la vallée de Saint- Amarinj par exemple, était encombrée de glaces. Le glacier descendait sur un plan incliné de 0™,01 jusqu'à WesserUng^ ; il avait une longueur totale de 42 kilomètres; son activité a été d'une bien longue durée, puisqu'il a eu le temps d'accumuler sur ce point 18 millions de mètres cubes de matériaux. Puis un adoucissement dans la température étant survenu , le glacier s'est fondu en partie; il s'est retiré à 5 kilomètres plus haut^ à KriUh. Ensuite an retour de froid ayant surgi, il a été arrêté dans sa marche rétrograde, il y a eu un temps d'arrêt et même mouvement locomotif en avant. Pendant ce travail, la moraine supérieure de KriUh s'est formée, et l'établissement de cet amas a dû exiger, en temps absolu, une longue succession de siècles, à en juger par le nombre et le volume des matériaux restés en place. Ensuite un retour définitif à une température plus douce étant survenu, le glacier a tout à fait disparu de la vallée.
t^énodes E. C. 29. Périodes pendant lesquelleii les ^Ineicn «■!
^•"'**"* ie«iacue. le. ^^isté daiis le0 Vosges.
glaciers ont
ciisté dans les voi^ef. Période (de froid) , qui correspond à l'établissement des moraine?
inférieures.
Période {moins froide) , fusion partielle des glaces.
Seconde période (de froid) ^ établissement des moraines supérieures.
Période actuelle y fusion complète'.
* D. A. Nous trouverons de plus la moraine profonde,
* D. A. A une certaine époque, qui était postérieure à celle des glaàert 010115/ res a fnaximum.
* D. A. Moraines profondes et latérales.
Les petites moraines qui barrent les vallées latérales d'Urbès^ de MoUau, de Schliffels^ peuvent nous donner aussi quelques indications sur la manière dont le phénomène a cessé d'exister. La moraim de Schliffels en particulier est à 150 mètres plus élevée que celle de WesserUng. La température moyenne de cette localité est certainement de quelques degrés plus basse ; on ne possède pas d'observations directes à cet égard ; néanmoins on peut voir par la flore de ce petit bassin qu'il participe déjà du climat de la montagne. Cette moraine devait former la tête d'un petit glacier , quand les points de la vallée de Saint- Amarin, situés à 150 mètres plus bas, ne devaient plus être encombrés de glace.
La moraine de MoUaUy par sa position, peut aussi nous donner un argument en faveur de la lente disparition des glaces. Elle est fort reculée, elle est perdue au fond d'une petite vallée ; quand elle s est formée, le glacier de MoUaUy qui s'étendait primitivement^ sur une ligne de 4 kilomètres de longueur , ligne où Ton en retrouve partout des traces , était réduit par la fusion à tout au plus 1000 mètres. Un retour de grand froid l'a arrêté dans sa retraite, il lui a fait prendre une allure agressive, et la moraine s'est formée dans un endroit resserré , exposé au nord. C'est peut-être , relativement à l'époque de formation, la dernière en date de toutes les moraines voisines.
Si une prompte débâcle était arrivée à cette époque , cette moraine n'existerait pas ; les matériaux dont elle est formée sont si mobiles qu'ils eussent été entraînés par les eaux.
Une autre preuve de la lente disparition et de l'intermittence du phénomène peut encore se déduire de la disposition des blocs erratiques en plusieurs lignes horizontales et parallèles sur le flanc des montagnes. Si la fusion des glaces eût été prompte et continue, les blocs n'auraient pas pu se déposer sous forme d'amas horizontaux : ils seraient uniformément disséminés sur les pentes encaissantes. Si l'on réfléchit à la lenteur extrême du moyen de transport mis en activité par les glaces, on ne peut se refuser à croire que ces lignes qui se remarquent k une certaine hauteur, et qui forment pour ainsi dire un bourrelet de blocs , annoncent que la mer de glace a séjourné
^ A une certaine époque.
pendant un laps de temps fort long au même niveau , temps pendant lequel elle a déposé tous ces matériaux sur son littoral. El >i nous apercevons plusiexirs bourrelets de blocs échelonnés les uns audessus des autres sur les pentes des montagnes , il est bien clair que le phénomène n'a point cessé d'exister par une révoluliun brusque, mais par un retour lent et intermittent à une température plus douce*.
GaJeurayé.. £. C. 30. «AleUi TujéM. Qu'cst-cc quc Ics galcts rayés ? Pour
répondre à celte question, nous n'avons qu'à consulter notre c rrespondance, et nous y trouverons une lettre de qui nous en donne un définition fort claire.
€ Partout où j'ai vencoïiivèXQ^ dépôts glaciaires, -è dit
«j'y ai trouvé un grand nombre At galets arrondis ^ polis et raij-s
«comme les rochers polies en place ^ avec cette seule différence que
« les galets qui étaient mobiles entre le glacier et la roche en plao:.
On ne irooTe jamais « offrcut dcs raics croisécs dans tous les sens. On en trouve de sembla-
de gaieu rayés dans ^yAqs SOUS tous Ics olociers actucls, mais jamais dans les torrentb, ni
les lacs on dans les dé- if ^ J
pdu de cauioQx trtns- €sur Us rivttgcs de nos lacs, où le galet est battu par la vague. Ce caportés par des cou- ^ ractèrc est, à mes yeux, le guide le plus sûr pour distinguer Ics
rants d'eaux. • • • . i i r * i «n » j
« terrains glaciaires des dépôts de cailloux transportes par des cou-
c rants d'eau.
Lesgaieurayéstrani- « Un fait curicux à l'appui dc cette distinction , c'est que les fpiportés parles lomnu ^ ^^^ ^^^^ ^^^ ^^^ eutrainés par les torrents des glaciers^ pcrdtui
lelïr bnrinage. « Icur burinogc à peu de distance de leur origine , pour prendre l'tu-
^pect mat et uni des galets de transport aqueux^Jt
* D. A. Les circonstances météorologiques ont une influence très-grande sur Veuytence des glaciers. Mais nous savons parfaitement que les circonstances météorologique'^ ne se traduisent pas uniquement par la température (de saison ou d'années) : il faut tem' compte des vents , de l'hygrométrie, des chutes d*eau et de neige, grésil , grêle etc., <>.? condensations et évaporations. Les glaciers pourront rester stationnaires , aup^i'.-ri'? (croître, s'étendre), diminuer (décroître, se retirer) par des périodes froides, m-ir? froides, ou chaudes. Les chutes de neige de l'automne, de l'hiver et du printemps, et nvîDf les chutes de neige de l'été (à 2000 mètres d'altitude , il tombe de la neige en été ; m mois d'août 1846, au Pavillon de l'Aar, il est tombé 60 centimètres de hauteur do nr>.-t en 24 heures) ont une très-grande influence. Les glaciers couverts de neige ne subisse:: pas d'ablation. Les matériaux (moraines en activité) qui se trouvent sur le dos de gUcier préservèrent en grande partie la surface d'ablation. On peut même admettre q^ a des époques données les glaciers des Vosges mêmes pouvaient avoir été couvert* fl'-u" quantité de neiges telle que le glacier n'a pas subi d'ablation pendant un graiid ncai-e d'années. Yoy. Glaciers en activité. D. A.