‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 3)Chapitre 85 sur 216 · BALLON D' ALSACE · texte numérisé non relu

BALLON D' ALSACE

1^ Comme courant puissant^ Teau est intervenue dans les terrains cooram erratiques des Vosges , en coupant les moraines, en les démante- «•»?«»»«»»• lant, en dispersant leurs débris^ en les étalant sous forme de nappe, et donnant naissance aux terrains de comblement qu'on rencontre dans toutes les vallées. Celte action de l'eau comme courant rapide peut encore se concevoir de deux manières : Tune de grande éner- ^ky ayant eu lieu à une époque correspondant à une fusion partielle et accidentelle des glaciers, époque où des courants d'eau d'une puissance considérable ont entraîné les débris arrachés primitivement aux Vosges par les forces erratiques , les ont conduits au delà des limites du système et répandus dans les plaines de la Moselle, de la Meurthe, du Rhin. L'autre action est celle qui s'exerce encore de nos jours, dans des limites infiniment plus restreintes ; les cours d'eau, réduits aux proportions que nous leur connaissons, n'exercent plus sur les terrains de transport qu'une action considérablement réduite.

2** Comme torrent ^ ruisseau ou ruisselet. L'eau est intervenue Ruu«eiiu ou rui».eiei. pendant l'époque même où les glaciers existaient dans les Vosges. Les glaciers , par leur mouvement de progression , transportaient des débris de roches sur un point donné, et en même temps des ruisseaux et ruisselets sillonnant leur surface entraînaient les graviers et les sables ; ils les réunissaient sur le même point et donnaient lieu à des accumulations frontales stratifiées. Cette action des petits cours d'eau circulant à la surface des glaciers a été peu observée jusqu'à présent; l'effet qu'ils produisent de nos jours sur les glaciers en activité estpeu sensible. Mais si l'on considère que, dans les anciens temps, le grand glacier de la Moselle, par exemple, avait 36 kilomètres de longueur, qu'il était appelé à frotter des masses où le grès vosgien et le grès bigarré entraient pour une bonne part, on comprendra que ces ruisseaux aient pu entraîner une très-grande quantité de sable. Comm^ torrent y l'eau a marqué son action pendant Yépoque glaciaire; lorsqu'elle descendait des valions latéraux et venait butter contre un grand glacier, elle donnait lieu à Je petits lacs et à des accumulations latérales remaniées *.

* D. A. Dans le texte des observations on a imprimé moraines frontales; ce sont des accumulations qui n'ont nullement ni la forme ni le caractère des moraines déposées par le glacier et non remaniées par les eaux.

uc. étang, manu*. 3« Comme loc y éiung y marais. L'eau renfermée dans renceinie

d'un bassin tranquille n'a donné lieu qu'à des effets peu sensibles sur le relief du sol. La Société a remarqué que la plupart des lacs des Vosges sont le résultat d'un barrage produit par les moram> terminales ; ils subsistent comme effet, mais ils n'entrent que pour une faible part dans le nombre des causes agissantes. Disparition j^^ f^ disparitiofi des anciens glaciers.

des ancien* glaciers.

Parmi les faits relatifs à l'existence des anciens glaciers , la société a remarqué dans toutes les vallées qu'elle a explorées , que les moraines frontales sont toutes placées dans le fond des vallées, à une certaine distance les unes des autres, p^r échelons pardlii^s, quelquefois tiès-rapprochés , d'autres fois à plusieurs kilomètres «fc distance, dans la même vallée, sur le terrain qui a porté le même glacier*. D'un autre côté, on sait que les glaciers en activité, ^'il? ont plusieurs moraines superficielles, n'ont jamais qu'une a^ule moraine frontale, et l'on peut conclure avec toute certitude de ce fait de l'échelonnement des moraines, que les anciens glaciers des Vosges ont disparu de la surface du sol par une révolution ladc et intermittente qui doit avoir embrassé un nombre considérable de siècles, caiotie de glace. De la calotte de glace. L'hypothèse d'une calotte de glace recouvrant tous les sommets des Vosges n'est pas encore arrivée à 1 eut de démonstration scientifique. Toutefois , les faits recueillis jus«iu à présent sur cette singulière époque , et qui ont passé sous les yeui de la Société, semblent justifier cette opinion. La forme arrondie et moutonnée de tout le système, la présence, dans le voisinage des sommets élevés, de champs de blocs déplacés, et l'absence, dans les moraines les plus inférieures , de matériaux provenant de ce> mômes points , sont autant de faits difficiles à expliquer si l'on rejette cette hypothèse".

* D. A. Ces moraines échelonnées plus ou moins espacées les unes des autres se vo e dans les Alpes, près des glaciers, en aval dans les vallées et dans les plaines. J'ai ^^•• serve des moraines semblables en Espagne, en Ecosse, dans les Pyrénées, dansUFcM- Koire , dans le Jura etc.

* D. A. L'absence de blocs erratiques et la présence seule de moraines profonde» ^-fi'» la preuve de la calotte de glace.

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