VOLUME ET TEMPÉRATURE DU RHIN
c'est-à-dire les différents jours de Tannée; sur la verticale de chaque jour de Tannée sont représentés la température de Teau, celle de Tair et le volume du Rhin qui correspondent à ce jour*. En examinant ce tableau synoptique , on est amené aux conclusions suivantes :
lo Les élévations ou abaissements de température de Tair qui se prolongent dans le même sens pendant plus de deux jours, se font généralement sentir dans Teau du Rhin. A quelques exceptions près 9 la courbe des températures de Teau, soit en hiver, soit en été , présente toutes les inflexions de la ligne brisée qui exprime les températures de Tair ; cette correspondance entre l'état thermométrique du fleuve et celui de Tair est bien plus sensible que Ton ne serait porté à le supposer au premier abord , à Tégard d'une grande masse d'eau telle que le Rhin. Cependant, au moment du dégel^ la température du Rhin présente ordinairement une anomalie ; alors le fleuve , refroidi sans cesse par TafQuence d'eau à zéro , ne s'échaufle pas avec la même rapidité que Tair.
Du commencement de février au commencement de novembre, la courbe de température du Rhin , considérée dans son ensemble, est au-dessous de celle de Tair; l'inverse a lieu dans la période d'hiver. Depuis 184Ô, époque à laquelle remonte la série des observations de températures, le thermomètre plongé dans le Rhin n'a jamais été au-dessous de zéro , température à laquelle commence le charriage. Le maximum de température qui correspond au mois de juillet a été, pour la même période de temps , de 23 degrés centigrades.
2o Le volume du Rhin présente, ainsi qu'on le sait depuis longtemps, deux maxima assez réguliers : l'un de printemps, qui correspond à la fonte des neiges de la partie moyenne du bassin, l'autre vers le mois de juillet, qui coïncide avec l'action de la chaleur d'été sur les glaciers et les neiges des Alpes. Celte dernière zruBy quelquefois très-forte, se remarque aussi dans les autres leuves, tels que le Rhône , qui prennent leur source dans les hautes *égions des Alpes. Si , au lieu de se borner à un aperçu d'ensemble, >n examine toutes les inflexions de la courbe des volumes du fleuve,
* D. A. Voy. à la fln du mémoire le tableau des températures et des hauteurs du Rhin.
on reconnaît des rapports frappants entre cette ligne et les courbes de températures de l'air et de l'eau.
Pendant l'hiver, depuis le commencement de décembre jusque la fin de mars, tontes les oscillations de température de l'air entraînent , pour le volume du fleuve , des oscillations dans le même sens que les changements du thermomètre ; l'influence de la température sur le volume se fait sentir au bout de deux jours , et quelquefois au bout d'un seul. Ce fait se conçoit facilement ; en hiver, quand la température baisse , le fleuve perd de son alimentation . puisqu'alors il pleut très-peu ; quant à l'eau qui peut tomber sous forme de neige, elle ne contribue pas immédiatement à le grossir. Mais un réchaufTement de l'air amenant , pendant la saison dont il s'agit, soit des fontes de neige, soit de la pluie, il n'est pas étonnant que les élévations de la courbe des températures et celle de h courbe du volume du Rhin , correspondent à très-peu près aui mêmes ordonnées.
Pendant une grande partie de la période d'été, la température lir l'air se reflète aussi avec assez de netteté dans le volume du fleuve; mais les faits sont précisément inverses de ceux de la période dhiver, c'est-à-dire qu'en général les diminutions de températur: amènent immédiatement l'augmentation du Rhin et inversement. Depuis la seconde partie d'avril jusqu'à la fin d'octobre, cette rêviprocité des deux espèces de courbes est fort sensible. Le fait dont il s'agit est aussi facile à comprendre que la relation hivernale. En effet, d'une part un raffraichissement de l'air est, pendant Yti^. d'ordinaire suivi de pluie qui enfle bientôt le volume du fleuve : d'autre part , de grandes chaleurs correspondent à une absence ii pluie , et par conséquent des chaleurs prolongées déterminent um baisse dans le régime des rivières , comme chacun le sait.
Ainsi , les deux influences qui agissent sur le volume du Rhin pendant la période estivale, savoir la fonte des neiges dans It.hautes régions de la Suisse, et l'état climatérique de la partie moyenne de son cours sont parfaitement mises en évidence par ït: courbes de températures , bien que ces deux influences se superposent l'une à l'autre. On voit, il est vrai, Yensemble de la couil»^ des volumes s'élever vers le mois de juillet sous l'influence de h fonte des neiges et des glaciers qui se fait dans les Alpes ; mais t.»jt
en s'élevant dans son ensemble , cette courbe des volumes présente diverses grandes inflexions , dont les maxima sont verticalement placés , à très-peu près , sous les minima des températures et inveiséraenl. On a eu des exemples très-frappants de celte correspondance le 4 et le 14 juin 1848 (fig. l^e). Les années exceptionnelles pour la hauteur de leurs crues sont donc celles dans lesquelles la fonte des neiges du haut du bassin arrive à la même époque qu'il survient dans la partie moyenne du fleuve un abaissement de température et des pluies; c'est ce qui vient d'avoir lieu en juin 1849.
A. D. 3. Le Rhin , de même que la plupart des cours d'eau à vo- T«vaii de de.toiiclume variable qui coulent entre des matériaux peu cohérents, mo- *!**"/^*** reproduc
* * ' ijon da fleuve,
difie sans cesse les formes de son lit par des érosions sur certains points et par des atterrissements sur d'autres lieux.
Les causes d'où résultent l'instabih'té du lit des rivières de cette catégorie, ont été exposées avec clarté par MNK. Iiegrom et^dhiaperon, dans un mémoire relatif au Rhin^, et il serait superflu d'y revenir, mais je dois ajouter quelques observations sur la structure de^ bancs que le fleuve dépose et sur le transport des cailloux.
Les proéminences de forme très-surbaissée que le fleuve crée Banc»ouUci. clans son lit par suite du déplacement de son thalweg, et auquel on donne le nom de bancs ou d'iles, selon que leur niveau est inférieur ou supérieur aux eaux du fleuve, sont formées de cailloux mélan- ^^^s de 74 > 'A ou ^^ moins */« de leur volume de sable. A l'amont, le banc a des pentes très-douces qui sont le plus souvent inférieures i un degré; à l'aval, au contraire, ils se terminent fréquemment par des talus rapides de 25 à 35 degrés. Les cailloux remontent loucement le plan faiblement incliné pour arriver à Taréle de séparation des deux surfaces qui plongent en sens inverse ; alors ils ombent et sont bientôt recouverts par d'autres cailloux qui suivent a même marche. Les cailloux des bancs et le banc lui-même se léplacent donc suivant le même procédé que le fait au bord de la ner le sable des dunes sous l'impulsion du vent.
Quand le banc ou l'ile est composé de cailloux à sa partie supé- Dispotiuon imbriieure, leur disposition présente un trait frappant, particulière- **"**'**'•***""" **"
* recouvrent une lie.
nent vers 1 amont du banc. Ils sont imbriqués les uns sur les
* Annales de^ ponts et chaussées ^ 1838.