C. 9. Acer»tfl«esteMt 4es ^lAcicrs
Dans la plupart des nuits durant Tété les glar lers augmentent de volume par la congélation de Peau qu'ils ont absorbée pendant le jour, et par Teffet do cette même cungiélatiun il se forme de nouvelles fisMires et de nouvelles bulles d*air propres à conduire et a retenir les eaux qui leur arrivent le lendemain par le retour de b chaleur. Cette alteniative de gelée et de dégel a lieu pendant la belle saison , surtout à Tépoque des jours les plus chauds suivis de nuits fraîches.*
G. 10. CoBserration des placiers.
Les hauts nevés sont stratifiés parce que les neiges annuelles
n'y fondent pas complètement
Le glacier proprement dit n'offre qu'une stratification apparente et nullement réelle provenant des soudures de fentes qui se sont refermées. . .
Le nevé ou la neige n'e^t indispensable que jwur la formation d'un glacier, car une masse d'eau ne peut jamais se changer en glacier. Mais pour se conserver et même jmur acquérir tout le développanent que les conditions de la température lui permettent de prendre , i7 n'a absolument besoin qus d'eau. Peu importe que cette eau provienne de la fonte des neiges ou qu'elle provienne des pluies, cela est tout-à-fait indi/frrent.'>'
DA. * Les obsenations, hypothèses, théories et conchisions imprimées en petits caractères ne sont pas confirmées par nos obsenations de 1844 à 1803.
DA. * Nos obsenations continuent pleinement et positivement que l'eau assimilée par les glaciers les fait progresser. Peu importe Ique cette eau provienne de la fonte des neiges ou nevés qui couvrent leur surface , ou qu'elle provienne des pluies ou de l'ablation de la glace même. — Le glacier couvert de neige ou de nevé, protégé de l'ablatiiin, recevra de l'eau de fusion de cette couverture et progressera. Nous disons plus (et ce n'est pas une théorie préconçue à l'avance sans obsenation) : Si on couvrait de mottes de gazon , de planches ou de matériaux non conducteurs du calorique la surface d'un glacier, elle serait tellement protégée contre toute ablation (fonte) , que l'eau de pluie qui en tombe et passe à travers la couverture le ferait progresser, et son augmentatitm de volume serait bien plus considérable que dans les localités découvertes. — L'aliment que digère le glacier (développement de l'embrAon glaciaire)» c'est l'eau» simplement Peau pure, et cette eau est élaboréee, assimilée par le glacier. — Mais cette eau ne gèle pas dans l'intérieur du glacier comme gèlerait l'eau à zéro que l'on introduirait dans un con^s poreux, spongieux, k une très-basse température.
EXPANSION ÛE8 GLACIBBS. 63
Il y a beaucoup de glaciers , surtout parmi les petits, qui,
dans la belle saison , n^ont point de nevés : comme par exemple ceux des Martinets , de Plan-Nevé , de Pannerosaz (au-dessus de Bex) , de Pétamont (sur le flanc occidental du Mcmt-Velan) , etc.
La pureté remarquable de la glace dans Tintôrieur des glaciers
prouve bien qu'ils ne se maintiennent point par des accumulations ou par des coucbes de neige qui s'ajoutent à la surface, mais bien par la congélation partielle de Teau provenant de la fonte des neiges et absorbées soit par Us filwres ou fissures copiUatref , soit par les bulles cpii existent dans la glace.
— .La fonte des glaciers par leur face inférieiure, laquelle serait produite par la chaleur terrestre , est une supposition qui n'est rien wiains que prouvée. Il est même quelques faits qui tendent à faire penser qu'elle n'a nullement lieu.^ C. 11. BkpmmIos 4es i^laelers.
Lorsque l'eau absorbée par le glacier et répandue dans tout leur Expansion dm giaintérîeur par l^ fêlures ou fissures capillaires vient à se congeler 2, ^'^'^'
elle augmente de volume et communiqiie une sorte d'expansion à toute la masse. Cette dilatation doit agir principalement dans la directioQ où elle rencontre le point de résistance. Ce sera donc dans le sens de la pente et dans celui de sa plm grande épaisseur.
Lorsqu'un glacier se fond dans la même proportion que son volume augmente, on dit qu'il est stationnaire. Si au contraire la dilatation , son accroissement est plus fort que la diminution par la fonte , on dit ijuil avance (qu'il augmente)
Et enfin lorsque l'effet de la fonte l'emporte sur celui de l'expansion, iHi dit qu'il recule, qu'il se retire (qu'il diminue). — Cette derniônî expression , quoique consacrée par l'usage , est mal choisie , fiarce •juelle fait naître une idée Causse, celle d'une contraction, d'une
DA. * \ la limite des nef es temporaires (persistants) [r700" k peu près), les Ki8rli*rt» «MK wÊbènnts au sol. Au-dessous de eette limite, les roches polies, sld^, sont ta iMurf prane qu'ik ne sont plus adhérente, mais te sol n'a pas, par cette raiMin, a b titt interieure des glaciers, une température qui te fait fondre; toutet» nos observMïMs Bombreuses nous disent que le point de contact h quelques centhnètrea aii-difft- Hm du Ml est h zéro, et l'eau qui sort des roMes glaclaife», et qui nnwtmi parcourt M» te iteter on assez long trajet (ce que l'on peul «eriier m hiver), f irnt au imtr M tfm, eiofptîonnellement ^ 4~ 0^1 ^ + 0^- !>>>» certalnet localitéi» Ktpmktm ftt pteiM «•Ari b roche en place s'échauffe par les nyons solaire* , même a tiiute* U% ultilu^li'* , «i rvent ne action de fusion sur les glacîerk en contact.
b\ * tin assimilée.
retraite, d'un vrai mouvement rétrograde, effet qui n'a nullement lieu ; il vaudrait mieux dire le glacier dimintic.
Toutes choses égales d'ailleurs, les étés chauds et secs précédés d'hivers peu abondants en neige présentent les conditions les plus favorables à la prompte diminution du volume des glaciers.
Les étés froids et pluvieux qui alternèrent avec des hivers trèsabondants en neige depuis 1812 à 1817 inclusivement , firent grandir d'une manière extraoi*dinaire tous les grands glaciers de nos environs. Ils parvinrent en 1818 au maximum de leur accroissement. — Les vieillards les plus Agés ne se souvenaient pas de les avoir vu avancer autant. Les habitants de la vallée de Chamounix furent vivement alannés de voir les glaciers envahir leurs prés et leure champs, et menacer de détruire les hameaux d'Argentière et des Bois. En 1819 les glaciers restèrent à peu près stationnaires ; cependant ceux de Miage et de Brenva , sur le vereant méridional du Mont-Blanc , continuèrent encore leur mouvement progressif. En 1821 ils commencèrent a diminuer sensiblement. Les chaleiu^s qui arrivèrent de fort bonne heure en 1822 et qui durèrent jusque vers le milieu d'octobre, hâtèrent singulièrement la fonte. Ils restèrent stationnaires jus<ju'en 1826, époque où ils commencèrent de rechef «à avancer jusqu'en 1830. Depuis cette époque ils ne firent giière de progrès jusqu'en 1833. Alora ils se mirent de nouveau à grandir un peu. Ils diminuèrent de rechef en 1836 et 1837. En 1838 les glaciers que nous eûmes occasion de visiter : la mer de glace de Chamounix, le glacier de Panerozza, celui des Martinets, au-dessus de Bex, parurent vouloir avancer. Mais en 1839 les glaciers de nos environs et ceux de la vallée de Bagnes et d'Entrcmont sont allés tous en diminuant. Il en a été de même en 1840. Cependant j'ai trouvé en août le glacier de Gorner, près de Zermatt, beaucoup plus grossi qu'il ne l'était même en 1818.
L'opinion que les glaciers augmentent pendant sept ans et qu'ils vont en diminuant les sept années suivantes est assez généralement répandue parmi les habitants des montagnes. — Quoique je n'approuve pas ceux qui d'emblée rejettent toute observation faite par des montagnards sur quelque objet de physique ou d'histoire naturelle, si de premier abord elle présente quelque invraisemblance ou bizarrerie, je ne saurai cependant admettre (*ette opinion qui paraît n'être fondée que sur une vénération pour le nombre sept.^
C. ' Les montagnards , on général , sont de meilleurs obsenateurs qu'on ne le pense ronimunément ; et s*iis se trompent, oVst moins dans robservation du fait que dans Tex-
MurvE^BNT DKs (;L.u:iEns.
C. !?. Mj^ clmti^eiiteiit de Tolame ûem i^lB^rierfl ii*a pmm lien à de* fjt^tnjït-nkciit tic m~ , ^ Iiimo lies glarirrs.
C. 13. C««»r pour Inqnrlle dnnit la, mêtni^ aiiiié« des |çlacli>rB CaastHlt'snufUiaUûiiît gnsAlMeat el d'autres diiutimciit. de!^g!«dm.
Gbtle anomalie n*a li^m ûe surpreiKinl gnaiid on l'observe sur des
^aciers peu éloignés les uns des autres. — On sait que? la quantité de
neige loinl>èe pendîmt un luver n'est pas la mémo partout, mais
qu'elle varie beaucoup drms des localités nu peu distantes, inioique
fie trou^-aut d'ailleurs sous la même latitude et la même hauteur au-
4tMWBH^ de la mer. Mais ce qui paraît au premier abord J)ien extranr-
fioaire, c'est qu'il n*est pas rare de remai-quer cette anomalie sur des
^aciers de la même vallée gui souveut ne sont séparés l'un de Fautre
que par un seul chaînon de montngne ; il arrive souvent qu'une arête
de lochers peut diviser nu glacier en deux branches, et que la même
l'une d'elles va en augmentant, tantlis tjue Tantre va en dimi-
. — Ce fait qui, au premier abord, paraît bien extraordinaire,
S*(apfique cependant facilement par la direction dc^ vents qui ont régné
pOldbuit riiiver. On conçoit aisément ijue les deux glaciers reçoivent à
peu pires une égale quantité de neige si le vent change souvent de
£fQctieOt ou ce qui revient au même, si diuvauL Tinver il souille
1 de jours dans une direction (|uo dans Fautre. Mais si au con-
vmil<*nt fO lUnintir. O sont nj\, H rniHt*iii(-nt les tuituralîsles quî, It's ! obstiné cffif* les t'urps ùlraiï^^ers qui son! arrivrs par uno cause qiit^ki^ntuie » nalèrietsr des i^hiricrs, revironent tiui^ a h suifiuv mi huut (riin Icriip^ plus m moiriiv L. Cif Ikit nui, nu premi?r alwrd, pai*nil tiicn dimtoiix al nit'iiic invnihcmhialilc, est > ^timtUmeni i*x:irt. Mais si rolt^i^nutiiiri «'si jiisUs un ne p4<ul p:is dire antnrit I nu*ils en iloiniTit : ainsi, lorsque nous dem an il L'un es Ih liiiiso de ce sink hrjve uit>ntagiiard ck Va vallée de Itajtnes ipii, en IKIf», unus uelilirk glaner de Brcuney, otnjs répiFHdit f^mv^nient : « Vovc^-VfHis . Miknsinir, , fvifil^nt tout et qui tombe dedans^ pait'e qu*ils n';iini(*t»l point la salifé, » ^ 0^ HH ^sr dans Imis les pays les lialtîtujits des montagnes sont v^éoiTaleiuenl plus ^mSam wm rmiaorps sufN^rstiticusi's que ceux des plaines , vu que c4MJx-ei . par le \mm^t éc»vdlr«H imr leur rouLut plus rréqiUTil avec les V4)y»gfur> iHrani;ers, reçoivent m $m fin» d'^nanictiuii. Il n*v » ()as plus di> huit joul^ i|ue je rencontrai un payei»n 4a» Il x^^ à€ F crret ; M in'ïissura tri's-si'^rièijscmenl que la rmi^ qui empêche lc«t ^MMift ém m oMmiune de reprendre le develoi^pomi'tit ip/Hs avaient en 18IH, c'élait # â 1^ mitÊe ftie l^ h.it>itauLs di' la valli-e fotil relehrer inioyennanl |iaiemenL) uiit^ lâi pm wm^ éêM te tKit même de prévenir raecroisseiiienl des glaciers. En (>uln\ j';il le !«'« inmitatînards oui peu de mémoire des dates; ils ho nqipelletU it^ènemfût, mais il est rate r|n'ils sarlient indiffuer d^une manière priTine i bfttrltf il a eu lieu. J'ajouterai w l'appui ûi* cette remarque qull > i» t>eaU' ««f et m^Êm» k La Vaux, dans le canton ili' V^iid , qui croient a ime altern;it4ve ilc nffL amÊa lÉdw» rt »rpt années hinnidcs.
traire le vent a suivi plus frôquemment et plus loiigtt?mps la mômo direction , le glacier le plus abritô doit se charger de heaucîoup plus de neige que son voisin et augmenter en proportion Tété suivant.»
Dans la course que j\ii faite à Zermatt au mois d'août 1840, j'ai trouvé le glacier de Gomer tellement grandi qu'il envahissait les prés d'Aixjleit, où il îivait déjà détruit une douzaine do granges. J'ai .ippiîs des gens de la vallée que depuis cinq à six ans ce glacier allait toujours en augmentant. Par contre j'ai trouvé le glacier de Finelen considérablement diminué depuis la dernière fois que je l'ai vu , en 1823; cei)endant il n'est séparé de celui de Gomer que parim chahion de montagne qui s'élève peu au-dessus de la surface de ces deux glaciers. Le glacier de Finelen est abrité par les hautes montagnes contre les vents du Sud et Sud-Ouest, qui depuis cinq ou six ans ont fréquemment régné et ont rendu les hivers passablement doux , du moins dans nos contrées.
Les glaciers ne se G. 14. Etem g^laclers ne se meuTent pas par l'efTet de leur propre meovent pas par leor poids.
propre po s. Nous devons réfuter l'opinion encore aujourd'hui ^ généralement
reçue que le mouvement des glaciers est occasionné par le propre poids des glaciers, et qu'il constitue un véritable glissement tel qu'éprouverait un corps quelconque placé sur un plan incHné et obéissant aux lois de la pesanteur.
Si les glaciers n'étaient soumis qu'aux lois de la pesanteur et qu'ils vinssent à glisser sur leur base, quelle serait la force ou le frein qui pourrait en régler le mouvement et empêcher l'accélération de celuici ? Il y en a beaucoup qui reposent sur un plan incliné de 45",' et dont
DA. ' Le glacier qui a plus de neige sera protégé de la fusion plus longtemps, et la surface de glace subira une plus faible ablation ; mais cette neige ne s'î^oulera pas k la surface du glacier. — Le petit glacier du Faulborn , (lui se trouve en aval de l*hAtel, doit sa C4)nsen'ation aux neiges accumulées h sa surface par le vent. Depuis 18tO ii 1802 il n'a été h déxK>uvert que trois ou quatre fois à la fin de la saison cbaudc, soit en septembre , et quelques jours seulement. En 1861 il était partiellement h découvert; en mars 1862 il était couvert de (>•■ de neige tassée, et en août même année je Tai trouvé couvert encore de 0",50 à 1" de nevé tassé. — J*obsene ce glacier depuis un grand nombre d'années.
DA. • Aujourd'hui (en 1802), cette opinion est encore persistante, et certes il faut encore bien des années pour en faire Tablalion.
DA. » Ce plan incliné de i5" nVst nullement un maximum de pente, même pour des glaciers d'une certaine importance; dans toutes les ascensions décrites on parle de pentes de glaces bien plus fortes — Dans les tri's-hautes régions, par exemple au Fin-