‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 4)Chapitre 23 sur 156 · C. 29. AlipBllles de glmee. Ai;;u.lles d.* «lac · texte numérisé non relu

C. 29. AlipBllles de glmee. Ai;;u.lles d.* «lac

L'air chaud, le soleil et l'eau, tant de pluie que de fonte , contribuent singulièrement à l'élargissement des crevasses. C'est à ces mêmes agents, combinés avec l'effet de la pente et l'irrégularité du sol, qu'il faut attribuer ces aiguiUcs ou pyramides de glace qu'on observe sur beaucoup de glaciers. C'est surtout sur le glacier des Bossons que ce phénomène excite Tadmiration des voyageurs qui visitent la vallée de Chamoumx. Ces aiguilles ne sont autre chose que les cloisons qui séparent une mvdtitude de larges crevasses ou, pour ainsi dire , les murs mitoyens , rompus et disloqués par la dilatation et le tassement, et ensuite entamés, rongés et façonnés de la manière la plus variée et la plus bizarre par l'action du soleil , ^es pluies, de l'air et des vents chauds.

DA. • Le glacior de Tlnlcr-Aar, do I8i2 h 1861, a dévorsé ses eaux par ia màxW Mui s^ trouvait lanWl au milieu de la >aUéc i»t alteriiativenient prrs de la rive gauche ^•" ^♦" 'a rivp droite.

d'eau.

Le glacier des Bossons n'est pas le seul dans les Alpes qui oflio de ces belles pyramides. On en voit aux glaciers d*Argentière, du Miage, de la Brenva, du Giètroz, du Mont-Durant, du Gorner, du Rhône 1. On en rencontre partout où la pente et les inégalités du sol provoquent la mpture de la glace, et où les agents atmosphériques sont les plus actifs.

Crevasses remplies Q. 30. CreTAMM remplies d'eaa.

Lorsqu'une crevasse n'atteint pas le fond du glacier et qu'elle no communique pas avec beaucoup d'autres fentes qui établissent celte communication, elle finit par se remplir d'eau, et celle-ci doit nécessairement se congeler pendant l'hiver et se convertir en un filon de glace compacte , semblable à celle des lacs et des rivières. Mais de pareils filons n'ont jamais été obsen'és dans les glaciers, et la raison en est t^mte simple • : la glace compacte de la crevasse se trouve sous l'influence^ de la glace grenue qui l'entoure ; par conséquent , au retour de la chaleur, le mouvement inégal que cette dernière éprouve par la dilatation de l'eau absorlx^e, brisera l'autre, la fendillera, et de cette manière la rendra grenue et parfaitement semblable à la glace qui forme le glacier, en sorte qu'il devient impossible de distinguer l'une de l'autre.

Lorsque l'eau remplit une cre\'asso juscju'aux bords, en sorte que le soleil puisse l'atteindre, elle se rôchaufPe, fond la glace autour d'elle et évase ainsi l'ouverture de la crevasse. En effet, le soleil n'élevant la température de l'eau qu'à la surface, la glace ne peut guère se fondre dans la profondeur; l'eau récliauflée portera donc son action sur les bords qui, par ce moyen, s'évaseront et prendront un fort talus. Du reste, ces sortes de petits amas d'eau que nos montagnards appellent des gouilles se rencontrent aussi sans qu'ils aient été occasionnés par quelques crevasses. Il suffit d'une simple dépression dans laquelle l'eau puisse se ramasser pour pi*oduire cet acîcident.3

G. 31. Ijee creTAflsee ne se remplissent fias «le nelf^* w n»nii»iissiiit pns tic II y a des pei*sonnes qui s'imaginent que durant l'hiver les crevasses "^''"'■- se remplissent complètement de neige. Mais c'est là une erreur : la

DA. ' Au glacier suiH>rieur du Grindelwald ces ai^^uilles sont magnifiqui's.

T)A. \ Ces liions se voient fort s<»uv<'nt.

DA. * Trous mêridions, bîiijînoires . trous d*orpio, «tr

f-is crevassis m»

TonnnNTs uns r,LV{nEîi8.

ne les remplit jamais onlièrcnioni; pIïv tip \;ût que fermer ou boudier leur ouverture *. Ce^ mrte^ de ponts ou couvertiiiTs de neige oe sont pas touj<>iirs assez épaisses pour siijijiorter le poids d*tm tBoaunet et c'est poyrtpioi il est si dangei'eiLx de se hasarder sur (les glaciers enœre couverts de neige. — Des crevasses qui, au lieu d'être Terticales, sont fortement inclinées, peuvent fort bien -se fermer psnd^t l'hiver, non par la neipte, mais par un aiîaissemenl de In qtii surplombe, a<Tidenl qui du reste \ym\{ avoir lieu eu toute

lY. TOlIRE.VTfli DES Cil^ACIERK.

C, 32, Tfirreiita d«0 glikclcra.

Lei crevasses ou fentes sont en quelque sorte les nrth^es ou les conducteurs qui distribuent l'eau de pluie et de fonte dans } la masse d'un glacier et la melfent en contact avec Im f/iures ou €€^iiairês qui en retiennent tout ce qu'elles an peuvent La f>ortioTi d'eau qui n'est pas at>sorfMk' ''î arrive au sol, fil ^acier* dont elle suit la pentcî et les sinuosités jusqu'au pied du r, où elle reparait au jour sous la forme d'un ou de plosieui's Le Toliune de ce dernier dépend de retendue du glacier et 4i ans aération ; car il est bien clair que, toutes circonstances égales ftflhlBSf tui petit glacier ne peut fournir autant d'eau qu'un p'and. m. Tma conçoit également bien qu'un glacier situé à une grande élé- \ peut éprouver une font^ aussi fxmsidérable (pi'un autre qui dans des régions plus basses et par conséquent plus ch-'uirles. Cm iiiiiif acHit encore augmentées par les sources qui doivent se la plupart des glaciers.

lâTOTenant de la fonte suiierflcielle sont toujours salies de

Tiim'Mlsiln'^sj^liirinT^.

M. ' Em ffi^Sv fruèrale les neiges i[iii luinlii lU sur tes ^taciiM's Ixiuetieitt li-s oii\«tdes CTeviii».v.s ; i'XO'[>liiniinili'H*i*!U des rrov;isst's [ifiivenl se tmuvi^t

liilèe

8i OLACIKHS EN ACTIVITÉ.

substances terreuses , impali>ables , parmi lesquelles on reconnaît des lamelles extrêmement délices de mica et qui , malgré leur extrême petitesse , sont encore ti*op volumineuses pour s'introduire avec Teau dans les fêlures ou fissures capillaires de la glace. Ces matières proviennent de débris de roches qui , répandus sur le glacier et participant h son mouvement, éprouvent une sorte de broiement par le frottement qu'ils exercent les uns contre les autres et conti-e les rochers avec lesquels ils se trouvent en contact.

Ce fin limon qui caractérise les eaux des glaciers ne peut avoir d'autre origine que celle que nous venons de lui assigner. ^

Origine des eaux C. 33. Orig^lne des eaux qui s'échappent des irl>^t«i^ pendant

qui s'écbappeiil des |,jj|^^,^

lihciers pendant l'hiver. Comme beaucoup de torrents de glaciers , peut-être la phipart , ne

tarissent pas complètement pendant l'hiver , on en a conclu que la chaleur de la terre maintient le lit des glaciers à une température assez élevée pour pouvoir les fondre à leur surface hiférieure.

Cependant divei-ses considérations me donnent la con\'iction qu(» cette conclusion n'est pas juste, quoiqu'elle soit encore admise par la plupart des naturalistes. On conçoit bien que ces torrents doivent considérablement baisser dès que le freid les prive des eaux qui leur arrivent pendant l'été par la fonte' superficielle de la glace. Mais si nous admettons que la chaleur terrestre soit la cause qui , fondant la glace , preduit les eaux liiveraales après la cessation complète de la fonte extérieure , nous ne saurions nous expliquer poui-quoi ces mêmes eaux, au lieu de conserver leur volume , vont constamment en diminuant jusqu'au retour du dégel, de manière qu'elles sont à leur mi-

I)A. ' M. de Charpentier îgoutc : «Car «lès que l'arrivée du froid arrête la fonte • et par conséquent le mouvement des jilaciers, les eaux se clarifient tout de suite et «n»stent limpides jusqu'au retour du déjîel.» ~ Nous savons positivement par des observations directes faites pendant rhi>er de 1845 h 184G au glacier de PAar par un guide intelligent, Ilans Juxtn de Meiringen , et vérifiées sur le glacier en janvier I84(> par Tami E. Denor et moi, que la maR'he du glacier n'est pas interrompue ni arrêtée en hiver. Nous savons de plus que le limon fin que nous appelons houe de glacier provient principalement du frottement du glacier sur les parois latérales et sur le fond. Et de plus nous avons enlevé la neige au talus terminal et nous n'avons pas vu d*eau sortir dû glacier inférieur de l'Aar. — Je dois encore ajouter que nous connaissons la quantité et le poids de cette boue charriée par le glacier de l'Aar, et que des observations directes nous ont permis de faire assez exactement le jeaugeage du torrent et de recueillir les matériaux en suspension («|ui lui donnent cet aspect laiteux) dans un volume d'eau déterminé.

TOJlIlENTS DES GLACIERS.

clans letî

les pli]

r ou

nds, mais seulemenl d la i de Iliiver.»

Pbur se rendre c-ompt<? de la cause de cefte diminution , vondrailon supposer qne le fTOid [K^nèrm peu h p<?u jusqu'au fond des glaciers y afikiblit Taction do la chaleur terrestm? Nous objectons à cette explication Tépaisseur des glacière, hiip considérable pour (pie dans courant de Fliiver le froid du dehors, qiitdqiie intense que nous le iuppodons, puisse le pénétrer jusqu'au fond; d'ailleurs, durant cette $aÎMD, à l'exception peut-(^lre de Pissue du torrent, toutes les autres cmvertiires commuru(]iiant avec le lit ou le fond du glacier sont coude neige et i-endues innaccessibles à Tair oxténeur. En outre , icoup de nos glaciers et de nos hauts nevés se trouvent à une éléfaliGe où la température de la terre est à zérn^. h. BUchof, dans son ouvrage classique sur la température de la teiTe , évalue cette hanletir dans les Alpes à 6165 pieds (2002™, 60). Mais nous ferons funnaltre plus loin quelques faits qui engagent à cmire que les glaricf» peuvent descendre bien au-dessous de cette limite sans que le I ma qu'ils recouvrent se dégt^Ie entièrement. Or, si dans Ijeaucoup de

^^.C * Chargé depui.s jioyf ans ili* h ilirerticm iIch travaux qiio k* |îouvi'rneiiH*nt du

^^■■ttl de Vaud fait t'Xtryter ponikmr Hiiver ûms h bul de itiiïwr 1i^ HtiMtie, j'nî ilù

^^^tSt psirljcnïit'reaienl mun ntteiHiisri sur les criiis et sur les hiiisscs de eelte ri\lèrp ,

ftt ot k d^'forpetjîr de Iiitis les ghiciers du Vidu is , ii l'eKCeptierï du pellt nombre de

ràBL «lut »e trouvent dans le voisinage du revers liierMiional du Sîmpîon. J*ai loujdurs

r»'flarqtié «lue les plus bas^en eaux n'arrivenl jamais pi^ndant ks mois les fdus (rnih, m;iiï*

I dans la premii^re semaine de mars, qur!i|uefois même nu peu plus tard, et

rwteut ensuite dans un état à peu près statinnuaire justiiCà la prenui're senKiine

, ou elles commi'ncent insensiblement u itrossir par la Tonte des neîtïes «les ka*ses

zma r<KMr" d*élêvatton V i,e dégel n'arrive ^uère d;ius la ret^lon des tîlaeiers

U fia d*a%ril . et d y est même encore frt't|nemntent inlerrompn par des if tours de

u • Le 1 olome dVuu qui sort des i^laeiers est i^n raison de Caldatton (de la fojUe , I) et liHr suifaee et ties neisjes an nevès rjui les eonvreul tempiiniîrernenl* el Dt df» eaux de neiges et de ploies qui se déversent dans le bassin que les oerapeiil. — l>ans les jimnds iflaciers le vulurne d*eau influencé par ces cir- Q*(^t pas spontané p«oir raii(^mentatinn , ni pour la iliujinutimi de la ((uautité fM. Ht une rhute de ncipe de n'",m de h an leur eu vinKl-qnatre heures et par un ftiH ée — Tt toute ablation est suppiimèe , et si ce manque d'ablation piTsiste , le âtdÊf éeterter^ moins d*cau sans doute . mais cette diminution ne se fera sentir fm ÏÊ êtmiètiit ou te troisième pmr et ira en diminuaur L'an lamentation se fera de * fmt à péu ef m»n instuntanénii'nt Generalenieut a l;i lin d'octobre toute ablatien y Ir glaeier ».urc liarn*' <reiiu en déversera , el ee deverM-ment tajurni eoutirmiimimmnt, rt ;Mteimîr;i le miniiinnu Iré^ tant {wm'i |i;na}ir:<plk's UV , f.7^mfT.s

cas leur lit ne se dégèle pas pendant Tété , comment pouiTait-on raisonnablement admettre qu'il dégelât pendant l'hiver et qu'il y eût un exwdant de calorique capable de fondre les glaciers par leur face inférieure? Enûn M. Bischof a déjà démontré de la manière la plus évidente que la température sous un glacier diffère très-peu pendant l'été de celle qui règne pendant l'hiver. En effet, s'il existe quelque différence, elle ne peut être sensible que dans les endroits où les eaux et les courants d'air ont accès; mais elle doit éti-e nulle i)artout où la glace est en contact immédiat avec le sol et à l'abri de ces agents calorifères.^

Il suit de ce qui vient d'ôtre dit qu'il n'est nullement probable que ces eaux liivemales soient le résultat de la fusion des glaciers par leur face inférieure. Il paraît au contraire plus naturel de les attribuer à des sources qui débouchent sous les glaciei^s et qui , venant d'une certaine pix)fondeur , y arrivent dans un état plus ou moins thermal, c'est-à-dire ayant une température plus élevée que la localité où elles ont leur issue. Par conséquent, s'il y a quelquefois fusion dans cette saison, elle ne peut être occasionnée que par le contact de la glace avec ces eaux ou avec leurs vapeui-s. Ces sources , provenant des eaux qui dui*ant la saison chaude s'infiltrent dans les fentes et les fissures des montagnes environnantes, doivent donc diminuer dès que le froid arrête les pluies et la fonte des neiges et aller toujours en baissant 2 jusqu'au moment où le retour du dégel rétablit les infiltrations.

De cette manière nous pouvons nous rendre compte de l'origine des eaux hivcnialcs des glaciei^s sans avoir recours à la chaleur de la terre et comprendre facilement pourquoi ces torrents vont constanuncnt en diminuant jus(iu'à la lin de l'hiver, et poui^quoi plusieurs d'entre eux tarissent mémo avant cette époque. Enfin l'existence de sources dans la région des glaciei^s est un fait que quiconque a visité les Alpes aviM» un peu d'attention ne révoquera Jamais on (l(nit4\'*

C. ' On a vu (les grutlcs ou excavutions , creusées par le torrent dans la glace, dégoutter de IVau de la face inrérieure du glacier, et on n'a pas manqué de Tattribuer k Puction de la chaleur terrestre , tandis qu'elle provenait tout bonnement tant de la Tonte opérée par Tair ambiant que des tiltrations de Peau extérieure au travers de la glace fêlée et fissurée.

1)A. ' Elles finissent par devenir nulles.

C. * 11 y a encore un fait qui prouve l'existence de sources dans la région des iH'iiîcs permanentes, mais «pie je n'ai renconln* (pic dans les Pyrcm'cs. Je veux parler

UTS DES GL.\iJËrtS, 87

C 34. Fait» qui Icnileiit à prouver q«e le Ht de» cli^i^tv^rM m*

Maintenant nous allons faire comiaître les faits qui, tpjoiîjue en

petit nombre, tendent néanmoins a prouver, comme nous Ta vous

idH (C. 33), que, lors même que les glaciei^ descendent au-dessous

bJigiie où la température de la ten-e est à zéro , leur lit ne dé-

Klatk'rsiji!cliYcli'|i3ii<,

L^im de ces faits est tiré du glacier inférieur de Gièti'oz * , dans la

ffarilée de Bagnes, le m»^me qui, t\vjà en 1595 et plus lard en 1818,

la vallée, en arrêta le tondent appelé la Drance, le lit refluer

dVau dunt h surface reste geli'e ttiute ran»iH\ Le plus reniîirquîîUie tst le YOty, AU pieil du Pi*r1 * (OU) du mêni** nom, au fond de ïa vallée de Lar* , à 1 heures âc m:irt1je au-dessus de EniîntTeS'de-Luchon. Ce lar tvsl a HWAi pieds ^i3523*j iti'desiiu» de b filer; il occupe le fimd d'au biissiu lUi idutfd d*uue S4Ule d*eriinaair emoitré èe hautes monUi^nei» de grunit et de t^ueisâs; les penk's ritpidei^ de leh teaièfcs sont cooverles de i^laders et de liauts ne\é& qui , du t'6té de l'Est , du Sud d et IX)iic&l, df!$eeiident jusqu'iiux bonis du lac et piv.sentent Fa^pei I le plus imposaut. Li fbfUkï de ee lae e?*l a peu près ovak et le grand axe est diri^ié E il 0. Sa Ujuj^ueur 4ll feu près 2tKï mètres et sii largeur 120 autres. J'ai trouve sa surface eutièft-ment §âbt le 19 septenilire JïïlO et le 4 lïiiahre IBll. Les gens du pays urnnt assuré qu'il M ééndait jamais. La |çla(!e était parfaitement unie , d'un t^ris Meuàtre partout où die iTélitt pas couverte d'une minée eoucbe de neige ou plulAt de ghre. On y remarijuait ^fÊâ^Êe» crrrasse* irinplfes de ^hvQ, ividemment pruduiles par un tliangement du iiilM te eaux (|ui se Iruuvent dessous. Celleà-ei S4* dègorjîcrit au traders des ruelicrs lePMCeiotc »eptcotrbnaIê par uneanaJ souterrain dont Tissue se trouve au bas de la ■■■■aile de la Ik-gue , et elles donnent lieu à uue forte et belle source. La iîlace u*a iiotnt Il itnieliire grenue de celle des glaciers, elle est parfaitement semblable a la i^lace Un lac un peu plus [lelit et ne dégelant pas uori plus de toute rannée se à peu de distance à rEsl de celui d'tu» et n'en est séparé que [VAr la monta lîrie ^fdie la Penna-de-Montarque. Lnlm le iae du Mout-lHrdu et ceux d'Esinu - S^jubiran, ■ tai de lat rallee de (lauterez, eorisenenl leur lîlace jusqu'à la lin tVnml <:es der- Btiakiit aucune Lnice de dégel lorsiiue je les visitai le 25 judlel ÏHO!»; mim d'iî»anls de f^iutere/., m'assura quv dans les année> fmides ils ne se Bl pa» du tout

C ' Cr gkiejer est runné par les ebciulemenl* de ^ïîace quï pendawl la belk- saison «r dgtaehtnl tous» les jours d'un v;isie glaner sup^-rieur. (À's glaces atteignent ilans km ^ÈÊtÊÊ UB couîijir profoeil et rapide qui les vt-rse liiules brisées au (>ied de la mattâfnf» ou en s'aecu mutant elles l>:irrenl la vallée. La pluie el la (mk ne lardent ft» ^ etneoter res frapncub el â changer le tout en une masse !><dide, ayant tous H tanelkns des vrais glaciers. Il n*est pa^ rare dans les Alj>es de r*?m outrer de fcttll glaei^ri^ qui oe sont autre rlvose «jue les ebutdemgits accumulés de ipi^dque dwier mpèrietir. Ainsi, par exempte, le petit glacier de Bàmr-BPTTv, au-desHU» éf la AADtaiçne de Vuï*ey , est formé par Je> avalanches de ginre qui se ditachcnt dans «dit Ivailé do parier i^ tliablerels

IMl * UsAn it% Pyr^n^es on .tppidle Pftrt fe que nou<« deA|gn«»:ii« danN le^ \\pf% \m IfW

HH GL.\ClEIiS EN ACTIVITÉ.

et. le Iransfoi-ma en un lac de 4 kilomètres de longueur qui, le 16 juin à 4 heures du soir , par une rupture du glacier , s'écoula tout à coup et dévasta le fond de la vallée jusqu'à la rencontre du Rhône au-dessous de Martigny. Poui* prévenir le retour d'un événement aussi désastreux pour la conti'ée, le gouvernement du canton de Valais y fait faire toutes les années, depuis 1821 , des travaux dans le hut de maintenir ouvert le canal ou plutôt la galerie par laquelle le torrent passe sous cette harre de glace. Pour obtenir ce résultat on enlève une iX)rtion du glacier jusqu'à son lit, formé de gra\ier entremêlé de quelques gros hlocs de roche.

On commence ordinairement ce déblaiement vei's le iniheu de juin et on le continue jusque vei-s la mi-octobre. Eh bien, toutes les aimées, depuis le commencement du travail jusqu'au moment où on l'arrête à cause du retour de la mauvaise saison , on a trouvé le lit du glacier gelé, à l'exception d'une bande d'envii'on 3 mètres de largeur qui longe le torrent et où le teiTain a été dégelé par les infiltrations de la Drance et pi'obablement aussi par le courant d'air (]iii doit exister entre la surface de l'eau et la voûte du glacier.

Nous avons donc ici l'exemple d'un Ut de glacier qui ne dégèle pas toute Tannée, quoiqu'il ne soit qu'à 5538 pieds (1799") au-dessus de la mer, et par consi^quent à 627 pieds (203", 66) au-dessous de la ligne où la température moyenne de la siu'face de la terre est à zéro. C'est du reste le seul exemple à moi connu où ime portion d'un lit de glacier soit mise à nu toutes les années par des travaux réguliei's.

Un second fait que nous allons indiquer n'a pas été fourni comme l'autre par l'observation directe de la congélation d'un lit de glacier, mais par une circonstance relative à la végétation et qui sans cette congélalion n'aurait pu avoir lieu. Voici de quoi il s'agit :

Lorsque les glaciei^ peuvent s'élargir sans obstacle et qu'ils rencontrent un terrain graveleux donnant facilement passage à l'eau, ils l'envahissent sans le boulevei-ser (C. 16) et recouvrent ainsi les végétaux qui peuvent s'y trouver. En 1818, année où les glaciers avaient pris un développement extraordinaire, le glacier du Tour (vallée de Chamounix) atteignit les prairies du hameau qui lui a donné son nom et y bouleverea les terres et le gazon. Mais avant d'y arriver il avait déjà recouvert un de ces terrains graveleux et incultes, sorte d'atterrissements qu'on désigne dans la Suisse franraise par ]o nom de f/fariers , et qui sont presque toujoui's le résultat

UT8 1>KS GLAcmns. 89

dt^Loniemenl des ton^ents. En août 1823 je iRïUvîd le glacier •lemenl diminue. Il aviiit akindonné rioii-sinilerneiU les mais aussi en grande partie le ylarier dDuL je viens de ptrler* Sur ce terrain nous Irouvannes plusieui's j^Tosses touffes de THfidium aipinum, de Trifolium cs^pitosum, de Geum nwnkinum et Je CttasiûMt laiifolium. Lu place où étaient ces plantes ne pouvait

Ë*™"' été abandonnée par le glacier qne depuis une année tout au Elles n'avaient pu y cmîti'e depuis sa fonte, parce qu'elles nvaces et exigent toutes un temps tres-long pour acquérir un oiipemeut tant soit j>eu considcrable L Elles devaient donc s'y trouver déjà avant l'envahissement du terrain par le placier et avoir firécédemnient le rléveloppement qu'elles présentaient en 1823. avaient été ensevelies sous la glace au plus taid en 1817 et n'en avaient été débarrassées qu'en 1 822. Ces plantes étaient donc niées pour le moins quatre ans eotièrement recouvertes pai- le ffcieier et privées de lumière- Mais pour qu'elles aient pu se eonsuû&^ï longtemps dans Tobscurité sans périr ^ il faut nécessaiadmettre que le terrain a été gelé pendant tout le ti*mps le glacier le recouvi-ait; car sans celte condition riumiidité et de lumière auraient fait inuiiaut|oablemenl ponmr ces 1, Noufi ajouterons que la localité où nous les trouvâmes est à pmm A 4700 pieds (1526"*) au-dessus de la mer, 2

WBÊm V«uîte et Tlionim» ont fait des observations tout-à-fait seni- WiM«n , reialivement aux glaciei's des vallées dllérens, de Vîège éL de Soas. U existe chez les haliitants de Zeimatt des traditions Au noiis ne voulons pas garantir l'exactitude , mais d'après lesifodkii le glacier de Gorner, ayant envahi prés du hameau d'jVrokic des champB fraîchement ensemencés d'orge, y aurait séjourné

C * V'û §éeA 4e TrifnHum ufpmum exi)Ee au mùtns une cfiiarantaine d^anrtécs pour ér 25 a 30 trnljiiiètres dt? lun^ieur . v.e. qu'on peut lust-menï ret'ou- ^ fw Itt iti|Nilv6 des feuiltes nulii »k'^ dont le^ vejjtii^t'!^ se curisorvcnl fori tung-

I. * Lr Kil dirrrl^iDent sous ce gbcier élait rertes a kito; k's n)rtui'[> dc!s piaule!»

'uirrtst êÊMB flMDUBklItè k zéru, mim eeUe tiumklilè do terriiïji ptnif parrailoiurrit

i ftm tt^riWe mm §âé ^ n*m , i*t k ci^tte leiupcr^nure \ù dix i>ui|n)>ition des

i» â^ fM Kiro, Zèm de Icmpcnilyre est le ck-i^rè de lt'ui[ii^rî*li)rt* tli^ Umh" nialiiT*»

rà rdm nn cclli* nialim* se fond i maliéros ^i'\vçs fouduutes u Muts ilrs observa-

itm*fil que IVau (tciH onist-ncir suu êlat ïii|uîde à VvUl de repos,

tir* dtvr**^ an - dessous de zéro | Vf»yp7 fîtaviers m nef /vit*', para-

deux ans, au bout desquels il se serait retiré; la graine alors, n'ayant rien perdu de sa faculté germinale, aurait levé et mûri.

Enfin nous citerons un troisième fait qui serait inexplicable si la température du sol qui se trouve en contact inunédiat avec la glace était au-dessus de zéro. Nous voulons parler de ces franges de neige ou de glace qu'on voit fréquenunent attachées en forme de corniche aux parois des rochers qui bordent les glaciers ou les hauts nevés et qui en sont séparées par une crevasse.

Quand cet accident, très-commun dans les Alpes, se rencontre à de grandes élévations, on trouve fréquemment une frange de nevé ou de glace attachée en forme de corniche à la paroi du rocher qui constitue Tun des côtés de la crevasse. Certes cette frange ne pourrait adhérer au rocher et se maintenir si elle n'était collée à la paroi par la gelée. Mais cette adhérence par congélation ne pourrait avoir lieu si la température de la paroi, contre laquelle la corniche est fixée, était audessus de zéro.i

Nous sonunes cependant bien éloignés de conclui*e de ces faits que la température du ht d'un glacier soit à zéro sur toute son étendue. Nous croyons au contraire qu'elle est au-dessus partout où le Ut est en contact avec l'eau, opinion confirmée par l'observation rapportée plus haut, de la bande de terrain dégelé le long de la Drance sous le glacier de Giètroz.

Il doit en être de môme dans les endroits où l'air extérieur peut avoir accès, ainsi que le long des bords, surtout au pied des glaciers. Mais partout où il y a contact immédiat entre le sol et la glace, nous pensons que la température ne peut jamais s'élever au-dessus de zéro et que par conséquent il ne peut y avoir de dégel dans aucune saison. 2

C. ' J*ai appris qu'il existe des localités dans les tourbières de la Urévine, dans le Jura neuchàteluis, où h quelques pieds de profondeur le sol ne dégèle pas de toute Tannée. Ce fait, qui ura été rapporté par le fondateur même de la géologie actuelle, prouve jusqu'à l'évidence, à ce qu'il me semble, que la chaleur terrestre n'exerce pas à la surface de la terre dans nos climats une action aussi puissante que le sup|H>sent ceux qui lui attribuent la fonte des glaciers par leur face inférieure.

C. * Voyez sur la température des lits de glacier le chapitre IX de l'ouvrage de M. Bl«cii«ff, où ce savant physicien a traité ce sujet avec autant de profondeur que de lucidité et ou il est conduit à ce résultat, que la température moyenne d'un lit de glacier est k zéro. Nous admettons bien cette température moyenne pour toutes les portions du lit où l'air et l'eau ont accès. Mais là où ces agents calorifères ne peuvent pas parvenir, c'est-à-dire partout où il y a contact immédiat entre le lit et la glac^î, la températtiiv doit être au-dessi»us de zéro pour s'accorder avec les faits que nous venons

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