‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 4)Chapitre 28 sur 156 · EXPÉRIENCES D 'INFILTRATION · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES D 'INFILTRATION

ûciel comme on l'a prétendu, mais qu'elles sont répandues dans toute la masse du glacier. Il s'agit maintenant de montrer qu'elles sont réellement les canaux naturels par lesquels les liquides sont transmis à toutes les parties du glacier; c'est ce que je prouverai par les expériences suivantes :

Dès 1842 j'emportai avec moi au glacier de l'Aar des substances colorantes de différentes espèces et en assez grande quantité pour pouvoir faire des expériences d'infiltration sur une grande échelle , entre autres du chromate de potasse et im baril de teintui*e (extrait) de bois de campêche très-concentré, préparés exprès pour cet usage par les soins obligeants de M. fleari iHipM^vier.

Les premiers essais furent faits sur l'affluent du Finster-Aarhom,

près de Thôtel des Neuchâtelois, où j'avais fait forer plusieurs trous

de 60 centimètres de profondeur et de 10 centimètres de diamètre.

Je versai dans chaque ti'ou un litre de teinture de campêche. Comme

les trous étaient placés au bord d'un fossé creusé pour l'écoulement

des eaux, je vis au bout d'une demi -heure quelques taches jaunes

apparaître au-dessous de l'un d'eux; bientôt la teinture suinta par

routes les fissures, et après dix heures de temps le trou se trouva

i^omplétement vide. Il est évident que, tout en filtrant de haut en

bas, une partie de la teinture s'était épanchée latéralement par les

fisfiores capillaii*es et avait ainsi occasionné la tache au fond du

fossé. — Le lendemain le second trou était également vide et l'on

apercevait des taches analogues sur les parois du fossé «i plus d'un

inetre de la surface.

Otle première expérience aurait pu suffire au besoin pour démontrer

qu'il y a dans le fait des fissui-es capillaires plus qu'un phénomène

superficiel. Il s'agissait maintenant de la répéter en grand à travers

une épaisseur de glace plus œiisidérable. La difficulté était de trouver

uu emplacement d'où l'on pût observer le passage du liquide. Je

hnié par découvrir , dans la partie la plus crevassée de l'affluent du

Lauier-Aar. au milieu de la bande transversale, un endroit (jui me

parut convenable. C'était une sorte d'isthme de 5 mètres de largeur entre

•ieuz immenses crevasses; je jugeai qu'en se plaçant dans une galerie

•iu»»n creuserait d'une crevasse à l'autie on pourrait non-seulement

'•'iinaltre rigoureusement le temps que la teinture mettrait à tra-

• ^r?er une épaisseur de glace^ donnée, mais encore suivre de près la

uanifre dont elle se propage d'une fissure à Tautre. Je cominenrai

:4r Caire tailler des escaliers sur les parois des crevasses, et après

JOO GLACIKHS EN ACTIVITK.

avoir reœnnu Tétat de la glaœ , je fis ouvrir à 8 mètres au-dessous de la surface la galerie à laquelle je donnai 1",30 de hauteur et 1 mètre de largeur. Quand on Tent poussée jusqu'à 3 mètres , je fis forer à la surface un trou de t",70 de profondeur sur 0'°,10 de diamètre, en sorte que la couche de glace enti-e le fond du trou et le toit de la galerie était de 5 mètres. Je versai dans le trou 5 litres de teinture de campi^che. C'était à midi, par une belle journée du mois de juillet. Deux heures après le versement apparurent à Tangle supérieur du toit de la galerie les premières nuances de coloration sous la forme d'une large tache jaune, qui gagna insensiblement de haut en bas et latéralement. Bientôt la paroi entière du fond de la galerie en fut envahie et ime eau jaime dégouttait de toutes les aspérités du toit. Je mis la plus scmpuleusc attention à obser\'er la manière dont la tache se propageait, et je vis que le liquide cx)loré envahissait successivement toutes les fissures en s'y inti-oduisant par saccades. Quelques endroits étaient plus colorés que d'autres, mais il n'y en avait pas qui restassent épargnés.

J'enlevai avec la hache des fragments de glace dans les endroits où la coloration était la plus intense, et je vis distinctement que la couleur n'occupait que les ftsmres capillaires, tandis que les fragments de glace eux-mêmes étaient entièrement incolores. Au bout de deux heures toute la couleur avait passé outre et continuait de filtrer dans la profondeur. Il ne restait plus que quelques petites taches orangées k l'angle de la galerie. Cette expérience fut répétée à plusieurs reprises ; la teinture mettait moins de deux heures pour atteindre le toit de la galerie.

Maintenant qu'il m'était démontré par une série d'expériences que les liquides filtrent à travei*s la gla(*e la plus compacte, je fus curieux de savoir de quelle manièi*e la température de la nuit agit sur l'infiltration. Ceci m'engagea îi répéter l'expérience de nuit , et le soir du 1*' août je me rendis à cette fin avec mon ami Eaeher (do la Linth) à la galerie. Après nous être assurés qu'il ne restait aucun vestige des expériences précédentes , je versai vers neuf heures 2 litres de teinture de campôche dans le réceptacle supérieiu*. Le ciel était serein et le thermomètre mai^juait en ce moment — 0**,6c dans Pair. Conune cette température régnait déjà depuis le coucher du soleil et que la surface du glacier était complètement gelée , je craignais que l'infiltration ne fût arrêtée par le froid. Je fus d'autant plus surpris lorsque je vis déjà au bout de cinij minutes des taches jaunes de la

EXPERIENCES lï LNFILTllATlON.

ÏOI

iù. Je l'emai'qiiîLi en même temps que les fissures rL;jiunt Jxsmirtmp plus nettes que de jour sur les parois de la galerie. 11 y on avait même qu'on distinguait justju'à la profondeur d'un inètre. Loin dune de ffinet la circulation, le fmid de la unit seniljlait an contraire la fmroirï^r. Quel pouvait etm la cause de celte accélération inattendue? L*esameD de la glace elle-m(>nie devait noos l'apprendre. On vient de ifïir tjue les fîs&uî*es étaient i>lus distinctes qne de jour, d'où il tant oaBdure, d'après les expériences rapportées ci-dessus, qu'elles étaient «1 fortie lides, du moins les pins ^Tandes. Or, cela étant, d est éviimique la circulation devait s'y faire avec une extrême facilité. De jour les assures sont moins distinctes , parce qu'elles sont remplies d*e3u; aussi la circulation est-elle beaucoup pins lente. La fonte fupéneui^ entretient le glacier dans un état de saturation à peu près complet, qui fait obstacle au prompt écoulement de la teinture aussi ioDgtenips que la fonte diu*e. Supprimez Tobstacle ou, en d'autres lecmes, attendez que la fonte ait cessé et, que Tean se soit en partie tinoulée des parties superficielles du glacier, et vous aurez une circutetkni beaucoup plus prompte. C'est c-e qui arrive dans rinUltration Qocttime.

Cependant toute espèce de glace ne conduit pas les liquides avec la mboe facilité. Nous avons vu plus haut i]u'à la ligne transversale du FaTiIloa au Gi-ûnlierg, oii se trouvait la galerie d'inûllration, la glace a déjà acfpiis une grande liomomméité. C'est pour cette raison qne l'iniUtration se faisait d'une manière irès-unifornie sur les parois de Im galerie. Il n'eu est pas de même dans les régions plus élevées où IcadilBfireiices entre la glace blanche et la glace bleue sont encore plus tmicbées, ainsi qu'on le verra dans rexpcrience suivante, — J'avais ÙÊL kjrer au bord d'une crevasse, et non loin de rbotel des NeucliAleiais, deux trous l'un à côté de rautre; j'y avais introduit une qiian- At égale de teinture de campéclie. Quand apivs une heure je les liatsi pour voir rinfdlratiou , je trouvai Fun des trous enticrenient fîde, taudis que Tautre était encore à peu près plein. Frappi*. de cette f, je m*applii]uai à en rechercher la cause, et je vis que le L qni s'était vidé si promptement était percé dans une bande bleue , que l'autre Tétait dans la tjlaee blanche. Cette prennère expém'engagea à la répéter siir les plans de couches de rafTIiieut iSlrahleck, qni sAm\ tous a peu près vei-licaux près delliolel îles NfKililelcMS. Jt-' choisis h ciHtr (in un allb'uromonl correspondant a œ Imnde de glncc Mme (Func épaisseur de 0"'.15, laquelle otnit

I0'2 GLACIKltS EN ACTIVITÉ.

travei-sée par un large et profond i-uisscau. Je forai dans cette bande, un mètre en amont des parois du ruisseau, un trou de 0'",70 de profondeur, et j'y versai quelques litres de dissolution de chromate de i)Otasse. Au bout de peu d'instants la liqueur colorée se montra au boi*d du lit du iiiisseau sous la forme d'une large tache d'un jaune verdàtre qui allait en augmentant à vue d'œil ; bientôt elle atteignit la surface du ruisseau , et quoique la dissolution fût très- étendue, ce qui s'échappait par les fissures capillaires n'en colorait pas moins le ruisseau en entier. Quelques heures jjlus tard la ta(!he au bord du ruisseau avait complètement disparu. En revanche je fus très-surpris de voir que la bande de glace bleue s'était colorée dans son prolongement sous l'eau du ruisseau sur un espace de 4 mètres , si bien que la bande se présentait comme un grand ruban de couleur orangée au milieu du fond azuré du ruisseau. Sa coloration était exactement limitée à la bande, et pas la plus petite parcelle de couleur ne s'était commmiiquée à la glace blanche à côté.

On peut répéter cette expérience en petit sur des cubes de glace tciillés en des endroits où la stiTicture rubanée est bien distincte. Si l'on verse la teinture sur une face perpendiculaire au plan des couches et des bandes , on voit le liquide traverser les bandes avec la plus grande facihté; leur glace se colore d'une manière beaucoup plus intense que la glace blanche. Si Ton retourne ensuite le cube de manière cl ce que les plans des couches soient à peu près horizontaux, on voit le liquide coloré filtrer bien moins vite et s'étaler horizontalement entre les couches, comme s'il avait de la peine à pénétrer dans la glace blanche.

La cause de cette dilTéreuce réside dans le nombre relatif des fissures ; car, en suivant attentivement le trajet de la teinture et la manière dont la coloration se propage, on ne tarde pas à s'apercevoir que les fissures sont moins nombreuses et moins entrelacées dans la glace blanche que dans la glace bleue. C'est en môme t^mps un moyen de s'assiu'er d'une manière facile que les fissures capillaires sont les voies naturelles de circulation, et que /w liquides ne pmèlrent jamais dans l'intérieur des fragments angulaires. Preuve en est que, lorsqu'on brise un morceau de glace au moment qu'il est au maximum d'infiltration, on ne trouve que des fragments parfaitement purs, la couleur est uniquement entre les joints , c'est-à-dire dans les fissures. J'insiste d'une manière toute pai^timiUhr s^ur ce fait , parce qu'il nous

E X PÉRIE NCES L) *KN F J LT RATION ,

fmgument lorsque nous discuterofis les cameii du mouremcnt ée$ glaciers,^

Dans la glact? de nevé ^ rinûltratioii se fait d'une manière toute difEéreote. Lors<|u*ûi] y verse de la teinture, celle-ci B*y propage rapidemeal et d'une manière lrès-\ini forme. Mais ce n est plus par Tin- U?Tm^*diaire des fissures capillaires : les llssures n'existent pas dans le oevé ou du moins elles sont irès-rares; le passage du liquide s'effectue iutour des grains eux-m^mes, comme cela a lieu dans un amas de sdde ou de gravier, et toute la masse se colore d'une lUcUiière uiufarme. — Mais du moment que la masse devient compacte et qu'elle acquiert une certaine transparence, Je mode d'inliltratioM change. La tatntare se répand d'une manière plus inégale, elle suit de préférence oeruines voies dans lesquelles on recormalt sans peine des flssui^es oaissantes, et pour peu que l'air soit réuni en bulles, on peut déjà iflKSitrer que ces dernières ne sont pas plus accessibles au liquide que ceDes de la glace compacte.

Ceô au reste n'a rien que de très-naturel : les bulles ne peuvent exister qu% la condition d'être isolées; du moment ipi' elles entrent en corniDUilicatîon avec une fissure, leur existence est compromise ^, puisque l'air qu'elles contiennent est obligé de ûiire place au liquide plus

Où a prétendu qu'en versant <ftvH liquides colores *Jans la jçlactv, les buUes d*air

Ht. 11 fH^nl bien ariiM-r qiK- qmlques bulles se coloreiil par-d par- là lurs-

nre Tient y aboutir comme à un impasse (cul - île - sac ). Dans ce eas , ks

rstent colortes, tandis que la teinture s'éctiapfK- des fissures- Il en est de même

caTîtés de la surface qui sont occasionnées par les grains de sable de gra-

-*!* restent éplement pleines, et comme elles sont ordinairement plus lar,îes

^'en haut , elles prennent la forme de petites b^niteilles ; mais ce n*est jamais

cxccpfclûn : cela ne saurait être la rè|de (AçaitiilB).

• m, ApwMls dit : «Oans la ^Uiee de nevè, le passade du liquide sViïectue été (tnins mêmes. » O n\'S\ donc pas île glae* de ne\c qu*d s'agit dans cette

dinfiltratîon , mais de r»é\é dont le tTraîn tst consent IMus loin nous

î «Mai» du moment que ta iiiiissi* devient compacte ((ju'elle esl aglulinée ; ; » —

rfHDparle, cVst de la place de ne\ï\

14. ' L^niteur dit : «Du roomi^nt que le^ Idylles crair entrent eu communication avec

î, leur eii^tence c^st compromise; ell^ se remplissent d*eau, ■ — Lorsque les

iTair sont en ct»mnîunicalion avec une seulu tissure capillaire , elles peuvent se

i être cnïabie.s par Peau ■ l*air n'étant pas expulsé , elles stront c{>mpri-

•î ces btilles d'air viennent a communiquer avec d'autres tissures , abrs «tk-s

tnt envahies et rempliront les foEiiliMUs de fissures capillaires plus uu-

Ce «cmml de petits ^ese^^'oirs d'eau, qui oui une certaine importance par leur

surtout pendant la pèriiKle ou le ^1 acier rei/oit plus d'eau d'iniltralîon

pria «trfarr; ce M»nl des^rcnters iralMmdame qiit- le ^lacitT se reserve de s'as-.i«iul»r

^Ê^k k» OMOviil» ite ifeiiurtc vt de iliseltr

lOi GLAClEIiS EN ACTIVITÉ.

dense qui circule dans les fissures. Ceci est môme , comme nous Tavons vu plus haut , la cause essentielle de la disparition des bulles dans les régions inférieures du glacier.

Il est démontré par les expériences qui précèdent :

1<» Que la masse du glacier n'est point un corps compacte et homogène , mais qu'elle est traversée par un vaste réseau de fissures capillaires qui pénètrent aussi loin que les recherches ont pu atteindre.

2® Que dans les couches voisines de la siu'face ce réseau est allernativement rempli d'eau et alternativement à sec, ainsi que cela résulte des expériences de nuit comparativement à celles de joiu*.*

3° Que la circulation se fait uniquement entre les jointures des fragments ou, en d'autres termes, par le moyen des fissures capillaires, et qu'elle ne pénètre jamais dans l'intérieur des fragments euxmêmes.

4** Que la glace bleue conduit plus facilement l'eau que la glace blanche , par la raison que les fîssiu'es capillaii^es y sont plus nombreuses. 2 (iuce (le glacier A. 7. Znmsteiii, lors de son asceusiou au Monte-Rosa, passa la fx)mpacie à de grau- nuit dans une crevasse à 13,128 pieds (4264™) ait., et trouva les pai*ois des aiiiiudes. j^ j^ crevasse d'une glace très-compacte et d'un bel azur. Depuis lors

j'ai (Ai^Mis) pu vérifier moi-même l'exactitude du fait dans mon ascension à la Jungfrau. Nous avions traversé toutes les différentes variétés de la glace, depuis la glace bleue et transparente, telle qu'elle se voit sur les escarpements du glacier d'Aletsch, au bord du lac de Maerjelen, jusqu'au nevé grenu* qui recouvre la vaste surface du cirque. — Depuis l'endroit appelé le Repos , qui est de plus de 3000 mètres

DÂ. < Ces expériences de nuit peuvent se faire pendant le jour; — dans de certaines circunstances uiétéorDlugiques le glacier ne reçoit plus d*eau par ablation et les fissures capillaires sont vidées k la surface.

DA. ' Toutes nos observations et expériences de 18 ii à 1862 confirment pleinement les infiltrations obscnées et si bien décrites. Les conclusions sont conformes à notre manière de voir et d'avoir vu ; elles jettent un grand jour sur la question glaciaire : ce n'est pas une lumière pâle, c'est le flambeau de ta vérité.

— Un éniinent géologue a dit : « BIM. les glacialistes forgent des théories glaciaires « (lui sont en opposition avec l'Écriture-Sainte et nullement conformes aux théories établies et acquises k la science que nous professons. » Je répondrai : Les hommes persévérants qui séjournent dans les hautes régions, qui parcourent les glaciers et cherchent la vérité, ne reconnaissent pour professeur que la nature, à laquelle ils adressent des demandes et enregistrent les réponses qui leur sont transmise*. — Les glacialistes osent roir et penser. — Ils sont indépendanis»

DA. ' Nevé jîrenu qui rerouvre la glace de glacier dans la \asle surface du cirf|ui'.

GLACES £N HAUTEâ KÉG10N8. 105

de hauteur, jusfjii'au col de Rotthal, qui a 4000 mètres, par conséquent sur uû espace dau moins 700 nièti-es de liauteur, nous ne rencontrions qœ de la neige gelée, et cependant nous avions franchi deux rlmayes [Berjgttkrûndt) et escaladé des pentes très-raidea dont l'inclinaison allait jusqu'à 53*. Nous n'en ftaies que plus surpris en arrivant au col du llûtUial, 4000 mètres ait., de trouver la dernière paroi de la montagne MtfifioiiMrte d$ glace^. Ce n'était pas de la glace de nevé comme on i pD le croire, mais de la véruabk glace cmiipacte^ absolument comme cdie du glacier de TAar; à 20ÛÛ mèlres plus bas elle ne contenait que peu de Inilles et sautait facOemeut en éclats sous la hache. Cette glace formait un revêtement continu qui se prolongeait jiî&qu*au sommet, sans crevasses ni solution quelconque de continuité. — L'auiiee suivante (1842) un. Heftor et fiseher (de la Linth) renconirèreot une paroi de glace semblable» également dépour\^ue de crefitmet el de moraines , tout près du soEimet du Schreckhorn.

1m glace ^ dit M* w^^mor^ était sur cette pente non-seulement beaucoilp plus dure que la glace de nevé, mais aussi plus transparente, el roBPBDiaîtjuaitdans son intérieur de petites bulles d'air sphériquesou alloogées comme dans Ja glace blanche du glacier proprement dit. Soo épaisseur n'était pas considérable , et ce qui mérite surtout d'être remarqué, elle n'était traversée par aucune crevasse, ce qui me cnpfinna dans l'idée que la rareté des crevasses est réellement un caractère des glaces inchnées des hautes régions.

A priori^ il est naturel qu'on se soit élevé contre l'idée iju'il puisse OMler de la glace sur les hauts sommets^. En effet, pour former de la glac» il tSLui de Teau. Or, on n'imaginait pas qu'il pût en exister à

• Cetl0 ottservation est ta ciHiririnatiun de nos rectier<-hes de t8l4 à lSfî3 : que

notes régious coyvrent tciuponirt-nienl les gtackrs 3i de tri-s-hautê!» alti-

d Qoos autûrise à Imprimer en petiUs cïtractères les trois régions des gluciers;

Snt; 9' Clump de neige.

Celle idée entrait dan.s h îhhtrk piéi'onçue des champs de nevé et des ehamps qOÊ se diaogeot en glacier ii des altiludes plus basses. — Nos guides de hautes été île eet avis, et tians n\Thrnt, qui a Tait ses p rem libres armes

de ■• Mn^l 5 disait , quand on hn expliquait la tliéorîe (^l^eiainï du

lie Beige en nc?é (neige ^îi'cuue), qu'il t-tail d':ieciud ; tuais loi-sque ce liévè

€D 0ace iNlUeuse et en glaee di' (.'bcier, et s'ajouter par la surface au

M tUÊÛÎ Qppoéiiiùtt 1 disant : « Partout , riaiis les plus gmndes tiauteurs ,

. de la ^ee de glacier; mais jamais il ne s'ajoute au |i;lacier : it n'en a

San aeeroUâieinefit est le résultat de t'eau rju'i) boit et qui lui profite. » —

i|iii a dit ee,s grande'^ véfite^ ikqvuis ISU jusqu'à sa nnrrt. —

106 GLAGIKRS EN ACTIVITÉ.

cette hauteur; la plupart des observations faîtes sur les hautes montagnes indiquent en effet une température inférieure à 0°. De Savs- •«re avait trouvé au sommet du Mont-Blanc — 2*,3 R ( — 2*,9 c) à l'ombre et — 1*,3 R ( — 1®,6 c) au soleil. Moi-môme j'avais olwervé — 3*,0 c au sommet delà Jungfrau, par un temps serein. L'idée s'était ainsi naturellement accréditée qu'au sommet des pics alpins la température reste constamment au-dessous de 0**. — L'ascension au Schreckhom, exé-

Tcmpérature aa cutéo par MM. Eseher (de la Linth), DeMir et «lr»r4 au mois d'août Est) • ^m-^^aii"^ ^ ^^^ ' devait nous fournir les premiers renseignements sur une tempérombre -\- 2«,5 à rature plus chaude. Pendant une heure et demie (de 2 heures 30 mi- -f-3°c,maiiiiramau nutes à 4 heures du soir) le thermomètre oscilla entre + 2**,5 et -t- soleil 7«c. 4- 30 c à l'ombre. Le maximum fut au soleil + 7»c. L'hygromètre de

de Sm«Miire oscilla entre 41® et 43®.

Prèseocede la glace Du moment qu'uue pareille température peut exister et se maintenir

u» hanieure^ ^"^^ pendant plusieurs heures à une hauteur de plus de 4000 mètres, il n'en

faut pas davantage pour expliquer la présence de la glace à toutes les

hauteurs,

Eaadausiagiacede ■• i^«M»r mentionne expressément la quantité d'eau dont il trouva

glacier i 3500- ail., la glace imprégnée en traversant la paroi de glace qui revôt le flanc ïïîe^r"'^ **" méridional du Schreckhom à 3500 mètres de hauteur. — C'était, dit-il, entre 10 heures et midi, le soleil n'était pas encore très-chaud et cependant la quantité d'eau était telle que les degrés que l'on taillait pour monter se remplissaient presque instantanément; l'eau jaillissait de tous les pores et môme de dessous la glace. Cette humidité se maintint pendant toute la journée, puisqu'à quatre heures et demie, c'est-à-dire au moment de la descente, une pierre lancée sur la môme pente de glace laissa derrière elle un sillon dans la neige, qui se transforma presque instantanément en un ruisseau abondant.

Résumé de la strac- A. 8. Bémuté de 1» stnietwe des i^lmelere*

lare des glaciers. jo l^ matière première des glaciers c'est la neige qui tombe dans les hautes régions des Alpes. Cette neige n'a aucun caractère propre ; elle est polymorphe comme la neige de la plaine.

2** Toute espèce de neige peut se transformer en nevé.

3® Le nevé est une seconde cristallisation qui s'opère de haut en bas par TefTet de la fonte superficielle et qui est accompagnée d'un tassement de toute la masse. Il n'est pas plus que les formes de la neige propre aux hautes régions.

4** En se congelant, le nevé donne lieu à une glace opaque et gi-e-

«THUCTUllE DES GXMClKItS. 107

K I» gUc6 de nevp, cjai n'exi&te qu% h surface, s^e iransfoniie en gbfi> il«

5* La glaœ eonipacte (glacier) a pour caractère essentiel d'ôti^e tmfersé par un réseau de fisî^ures capillaires. L'air n'y est plus disseiBtQéeoire les grains, mais réuni en buliei^ distinctes.

fr Les bulles ^ut trùs-iionobreuses dans le voisinai;e du ur>vé, niais dki dijninuent insensiblement à mesure que les fissures augmentent.

7* Les fissures capilIaLies sont les camaiix essentiels de rinfiltrorêm; elles domienl lieu a des bandes d'une glace bleue et transparente qui acnompagne les gi'andes fêlures et les plans de couche.

8* Il «e faut pas confonilre les fissures capillaires avec les fêlures «nperlkiclles qui se ff muent avec crépitation dans les régions ou la ^aœ est trè*-bulleuse.

9* Lft ilensité de la glace est iVautant plus grande, que les bulles d'airsoDl mains nombreuses; en d'autres termes, rpie la glace est plus compacte^ La deusiu^ de la glace de nevè est à [jeu prés d*un tiei-s moiDdre fjue celJe de la glace bleue,

10* La cause des lissui^s capillaii'es réside dans la pression et dans 1» rariatkfus de la temp<5 rature. '^

11* Les expériences d'infiltration démontrent que les fissures capil* lan» forment un réseau qui s'étend pmbablement à la masse entière.^

12* La glace d'eau , dont il existe des exemples (spécimens) dam ma U$ giiiciers , diflere de la j^dace des glaciers, même la plus translareole, en ce que ces fragments angulaires suivent une certaine diipogition irrégulièi'e qu'on ne trouve pas dans la ^dace de glacier. Us baignoires refermés (et antres) sont de la glace d'eau.

13* La présence de la glace de glacier sur les plus hauts sommets (àloiltes les altitudes) n'est plus une diliiculti d<3puis que Ton sait pKUJrement que la température sV élève cpLielqucfois au-dessus de léfo» de manière à founiir suffisamment d'eau pour cimenter la neige êi b tnmsformer en glacier. Le fait que cette glace est compacte et

IML < V<«f. ehaivfttrK Ndge* Nevés» Embryon glaciaire, dans nus Matériamt pour fwtmdt éM §l0eêen,

UA. • Ce» iitores rapillnlréîi sont les espai'cs qtji w- purent les mslaux de h glace éi ^ader. Cm ttinUàtïx ti'nia pas ht Uirmi* rvç^iûUirt dt;^ crist^iux propreincnl dits , leur» Ègmm taot antiiMU«% et iiuimieniiH^s thms ImiR les sens.

■yL • Lei ÈamrtA capjllaiivh sont les artères des glaciers ; par ees llssiires le jilac ier MQrtI terni df foole de* iicigfs nu iiev^'s rpii couvrent sa surf:ice i»t rcaii d'nblatiofi de «i pr^tt idwe i'rilr e*m esl eltilMiréc* Ji.ssiraiïec

108 OLACIEliS EN ACTIVITÉ.

transparente est une conséquence de sa faible épaisseur , qui lui permet de s'imbiber plus vite et plus promptement que ne le peuvent les masses plus épaisses des régions moins élevées et de se maintenir sur des pentes très-raides sans se crevasser. Leur mouvement de translation est par les mômes raisons très-faible , « même il n'est pas complètement nul. C'est en quoi elles diffèrent des glaciers latéraux.* Ainuenu du glacier A. 9. Stratification en général. — Zones d'affleurement. — Stratide TAar. fication dos glaciers composés. — Affluents du glacier de TAar. — Grand affluent du Col du Lauter-Aar. — Affluent du Schreckhom, — du Lauter-Àarhom , — de TAbschwung, — de la Strahleck, — du Mittelgrat, — du Finster-Aar, — du Studerhom, — de TAltmann, — du Grunerhom. — Affluent des Scheuchzerhœmer.

La plupart de ces affluents sont séparés par des moraines.

Mais celles-ci ne sont pas toujours très-visibles; souvent les matériaux en sont peu abondants, quelquefois môme ils se réduisent à quelques blocs éparpillés qu'il faut chercher loin de l'emplacement qu'on étudie. C'est alors une difficulté de plus à surmonter. Cependant, quelque insignifiants que soient ces débris, il ne faut pas les négliger, et ime fois qu'on s'est habitué a les obseiTcr, on en retrouve facilement les traces partout où deux systèmes de couches se touchent .... Quelques blocs épars suffisent pour mettre sur la voie, et l'on peut poser en thèse générale que : partout où l'on rencontre un bloc au milieu d'une mer de glace, fùt-il seul, on se trouve à la limite de deux affluents. 2

De la forme et des contours des couches. — Influence de la

pression. — Influence de la forme des vallées. — Stratification de

DA. ' La progression, le mouvement des glaciers (de tous les glaciers grands ou petits, ils ont tous les mêmes allures), est en raison de leur masse locale et générale. Ils marchent, ils progressent tous; ils ne sont pas un instant stationnaircs , c'est dans leurs mœurs: habitude devient seconde nature, dit un vieil adage; chez eux cette habitude est de fondation, ils ne sauraient faire autrement. Mais le glacier, comme toute création, est limité dans son extension : ses progrès sont arrêtés par les mêmes rayons solaires auxquels il doit son existence.

DA. * Les blocs d'un certain volume, surtout ceux k surfaces planes et larges, sont sujets k tabler (c*est-k-dire, en protégeant contre Tablation la surface du glacier qui les supporte, U former des tables de glaciers), k tomber de leur piédestal, siiuvent k une grande distance , dans une direction transversale k l'axe du glacier, et a se trouver au bout d'un grand nombre d'années k des distances très-grandes (100" et beaucoup plus), généralement plus au Midi que l'emplacement qu'ils devraient occuper suivant la marche normale du ^tlacier.

GL.\GIËliS REMANIÉS. 109

l'affluent de la Strahleck. — Chevrons du Lauter-Aar. — Stratification du glacier du Rhône.

AlO. Dans les glaciers remaniés il y a solution complète de continuité. Glaciers remaniés Les masses supérieures, rencontrant sur leur chemin des parois ver- (régénères), licales d'une grande hauteur et se trouvant ainsi tout d'un coup privées de leur assiette, se détachent et tombent à mesure que le .mouvement les porte en avant. Arrivé au bas de Tescarpement, Tébouli, que la chute a réduit en très-petits fragments, se cimente de nouveau, el il se forme de nouvelles couches dont l'épaisseur est en rapport avec la quantité de glace tombée dans une chute

.... Le glacier de Schwartz wald , sur la grande Scheideck, entre Mejiingen et Grindelwald, est de tous les glaciers remaniés le plus instractif. ... Il est reconnu de tous les montagnards que les chutes de glace qui alimentent le glacier remanié de Schwartzwald, et dont le bruit se fait entendre au loin , n'ont lieu qu'en été ou du moins sont fort rares en hiver.'

A. 11. Couches contouniées. — Inclinaisons des couches. — Les stratiflcaUon des couches sont identiques dans toutes les parties du glacier. — 11 ne faut pas non plus %\kcs.

perdre de vue que les couches sont d'épaisseur inégale, ce qui est une conséquence de

Dâ. • Ces chutes de glace sont bien plus fk*équcntes et plus importantes ( sous le rapport de la masse de glace qui se détache) en hiver. Ce n'est nullement une supposition ^luiie. — Mon guide en chef, Melchior Blatier, et son frère Knspar, tous deux chas- ^urs par métier , explorent pendant la saison de chasse les localités du glacier du ^iiwartzwald ; ils établissent souvent pendant plusieurs jours et à différentes époques ''(i l'année leur quartier-général aux bains de Rosenlain. Le maftre d'hôtel, ». Branner, ^ joint à eux. — Ces trois chasseurs m'ont assuré qu'eu hiver les chutes de glace sont P^iis fréquentes et la masse plus forte qu'en été. Sur ma demande : Pourquoi T mon guide ^Q cher n'a pas hésité im moment de répondre : « En été le glacier fond à sa partie ter- Diiusile et n'avance pas sur les roches , tandis qu'à la fin de l'automne et en hiver cette fonte cesse ; il marche toujours , et ce qui dépasse la roche tombe avec fracas.» Je suis complètement de son avis, et ces conclusiuns de la part d'un simple montagnard m'ont ^t plaisir. La meilleure preuve que les chutes de glace sont peu fréquentes en été , c'est Que nous voyons à la fin de l'été , eu août et septembre , la surface de ces glaciers re- ■i^niés couverte de saletés, parcelles de roches, et même de blocs; et si les chutes de ^ce s'étaient faites principalement en été, leurs surfaces seraient pares. On voit bien quelques faibles flaques de glace ou de ncvé fraîchement tombées, mais elles ont peu de ^P<^rficie. On peut alléguer sans doute que ces chutes de l'été se fondent et laissent la ^i^face ancienne à nu. C^fait arrive pour de certaines chutes; mais, pour opérer cette f'i^iun, il faut la chaleur et les rayons solaires pendant quelque temps, et à la fin de ^ saison d'été l'ablation est généralement faible. — Le fait positif est que me« guides, ^Qî souvent passent en été la Scheideck, voient rarement dans cette saison des ava- ^î'nchfs de glace d'une certaine importance tomber sur le glacier régénéré du Schwartz- ^^M. - Ces obsenalions positives sont importantes, parce qu'elles prouvent que les g^nriers à toufrs frx aUHvdrs progressent dons (ouf es les snisoius.

110 r.I^GIERS EX VCTIVITK.

leur origine. Les f4)uches, avons-nou8 dit. représentent la somme des neiges toral»ées dans un temps donné.

Or, la quantité qui tombe n'est pas la même toutes les années. Il règne au contraire la plus grande inégalité entre les années et les saisons. Un hiver humide, par exemple, donnera lieu à des couches plus épaisses qu'un hiver froid et serein. Du moment où l'inégalité existe, il n*y a pas déraison pour qu'elle ne se maintienne à travers toutes les métamorphoses de la glace jusqu'à l'extrémité des glaciers. <

— Examen des autres théories sur la stratification. — Des causes de rinclinaison des couches de glacier. — Du rôle des couches dans le mécanisme du glacier. — Conclusions. — Bandes bleues (stnicture

DA. ' Ces hypothèses imprimées en petits caractères ont pour base : Glaciers — Champs de nevés — Champs de neige échelonnés de pentes terminales jusqu'aux pics à pente primordiale. — La neige se change en nevé, le nevé on glace huileuse, la glace huileuse se convertit eu glac« de glacier. Ces métamorphoses commencent aux plus hautes altitudes et se succèdent a fur et à mesure que d'autres sont atteintes. — La matière première qui donne naissance à l'embrjon glaciaire , c'est la neige : personne ne le uiel en doute. Que cet embryon se développe, grandit, progresse, au point de fonner le glacier d'Aletsch , le plus grand des Alpes , est un fait sans réplique. — Comment cet embryon arrive-t*il à l'âge adulte, îi grand glacier, qui envahit la civilisation : ihat is ihe question, Et cette questFon imi>ortante, capit<ale, fondamentale, celle qui prime toutes les autres, n'est pas encore résolue. La vérité, rien que la vérité et toute la vérité, est encore elle-même h l'état d'embryon. C'est le cas de dire avec Schiller t 8anf)e fc^opfen toit fc^on in ta* €ieb

Unb Brûten ben @tein au<; Vbrr ba< €iieb iDirb niâft wU, Sber bfT €tcin mirb ni^t toaxm.

Nous sommes encore occupés h déchiffrer la vie glaciaire, et sous ce rapport la conclusion du professeur urilser. citée par «raner en 17G0 (il y a un siècle et deux ans depuis cette époque), nous est certes applicable. — Otte citation, je ne la traduis pas en (hinçais : tous mes amis glacialistes et tous les hommes de science qui s'occupent de glaciers (qui parcourent les hautes régions), parlent, lisent et comprennent parfaitement la langue allemande ; et comme je n'écris |»as pour les naturalistes de cabinet , je transcris la citation telle quelle , pour lui consener toute sa valeur :

Obci a<f<tt : S)ic 1lrfa(|e ber a^ofalft^en ^tut^ unb tet auf ber (ïrbe «orflenommenen SBerAnbemno fetcn iDÎrlCic^ giofie dxthtbtn gemefen (ober SBctdnbcrung ber ftd^fe brr dttt) , ttnb burct biefc allrin frte unfcr Sanb )u ber ^o^e erl^obeii loorben . btc ti nunme^r inné ^at, fo gttt t% \i\tx gteic^virt. 9or ctner brittrn Urfac^e aber, bte oermdqenb getoefen kodre . bie Chntl^etlung auf brr qanjen Srbe auf einmal aifo su ocrdnbern, fann man f(:b»ct(i(t einen Segriff iKiben. fki ftnD jioar ^terûber Steinnnqen o^ne Cnbe auf^^Mt, f»ne aber prcbr^alttg gefunben norten. ^r. Ilrpfcffpr Artiicr , in fcinrr Oefilbic^tc ber Grbe in bcn ullerdlteflen 3<iten, bur((gc^t bie vorne^mften berfelbrn . unb i(((te6t enbltc^ :

u(Die 9laturfunbigen erTIdren bie €iinbf{ut^ auf me^r a(« breigigerlei Vlrt, unb vieflci^t iil bic u etnunbbrciiiigfle bie ma^re, unb btefe ift su aDein QfiiM qerâte bie, auf bie fie mà^x «lefaOen ftnb. «(SoIIten aber teftoeçien aile ûbrii^en verworfrn werben? Jteine^wegl ! a)Un be^âtt bie brei§tgfie . u menn fie wabrf4(inli(^er a« bie neununbiroaiijtqile tfl , fo lanqe bi« bie einunbbrei§tgf)c befannt «( »irb. >»

nibanée). — Direction des bandes. — De l'origine des liandes bleues m d'infiltration. — Résumé.

A. 12. CremmÊmm.

On peut distinguer au moins sept types de crevasses, dont cinq sont propres aux régions de la glace compacte et deux aux glaces et aux oevés de hautes régions. Ce sont :

l*" Crevasses marginales, elles sont limitées aux régions riveraines ou du moins ne s'étendent qu'à ime petite distance des boi*ds.

f Crefoasses en zigzag, ne sont qu'une modification des crevasses marginales provoquées comme ces dernières par les saillies du rivage. 3* Crevasses médianes. Longues fissures étroites et profondes qu'on rencontre dans les rayons moyens et supérieurs des grands glaciers à faible pente, et qui s'étendent ordinairement sur de grands espaces.

4* Crevasses d'escarpements. Elles n'existent que sur les fortes pentes, * -est-à-dire là où il y aurait des cascades et des rapides, si le glacier êiait liquide (remplacé par de l'eau). Les aiguilles ne sont qu'une modification des crevasses, et particulièrement des crevasses d'escarpements, ou plutôt elles en sont le dernier terme.

Direction des crevasses. Les quatre espèces de crevasses citées (marginales , en zigzag, médianes et d'escarpements), à moins qu'elles ne sc^ient trop bouleversées, sont toujours plus ou moins obliques, et ye>X dans les crevasses marginales que cette direction apparaît de la manière la plus constante.

5* Crevasses longitudinales. Ces crevasses se produisent dans les glaciers qui peuvent s'étendre librement Du moment qu'un glacier

.>st encaissé entre des rives escarpées et qu'aucun déversement latéral rs*^ peut avoir lieu, toutes les causes de tension et de crevassement i-a jtudinal se trouvent écartées , où s'il se forme par hazard quelques rrevasses longitudinales , elles n'ont aucune chance de devenir ^J^rantes. — C'est pour cette raison que le glacier inférieur de l'Aar l'n'er-Aar) et tous ceux qui se trouvent dans les mômes conditions n'ont pas de crevasses longitudinales.

6» Caveaux. Larges et profondes crevasses qu'on rencontre à Tori- ;:ine de tous les grands glaciers , lorsqu'on s'élève au-dessus des i-irquos de nevé, ordinairement entre 3000 et 3500 mètres ait. . . Leur i' rme est ordinairement eUiptique comme celle des baignoires , et au îj*»u d»* se terminer en pointe effilée , comme les (M-evasses ordinaires , A\*^ sont souvent arrondies à leur extrémité.

Crevasses.

112 r,i:«\CIER8 EN ACTIVITÉ.

Séracs. Masses de nevés gui se séparent en grands cubes ou fragments angulaires.

7" Rimayes {Bergschriinde)^ se trouvent à Torigine des pentes de neige (des glaciers) : ouvertures qui s'étendent sur de grandes étendues et se dessinent au loin conune des rubans sombres au milieu des surfaces étincelantes de la neige. Ce sont ces crevasses, appelées par les montagnards Bergschriinde (crevasses de la montagne) , que M. Oesor désigne sous le nom de rimayes.

Profondeur des ci^evasses. — Comment les crevasses se referment.

Résamé.

l*' Toutes les crevasses, quelles que soient les particularités de forme, de position ou de fréquence qui les distinguent, sont en dernière analyse TefTet d'une même cause , d'une tension vaincue.

2® Toute crevasse est formée perpendiculaii*ement au plan de tension. De ce que la courbe des affleurements des couches coïncide ordinairement avec la ligne des plus fortes tensions , il en résulte que les crevasses , au moment de leur naissance » sont perpendiculaires aux couches. Ainsi se trouve confirmée Tobservatiou faite pour U première fois par n. «nyot, savoir, que les couches et les crevasses sont entre elles à angles droits.

3** Les circonstances qui déterminent la tension , cause première de toutes les crevasses , sont de différentes espèces : pour les crevasses d'escarpements , les crevasses médianes , les caveaux et les rimayes , c'est l'accélération ou le ralentissement local ou momentané d'une portion du glacier; pour les crevasses longitudinales , le déversement, l'extension de la masse sur les côtés loi'sque le glacier se déploie dans un fond plat (peu incliné) ; pour les crevasses marginales et en zigzag, les obstacles du rivage qui tiennent une portion du glacier en arrôt (influencent sa marche).

4® Toutes les crevasses se referment , à l'exception des crevasses longitudinales , lorsqu'elles naissent près de l'issue des glaciers.

Tr(ms de cascade, puits ou moulins. Ils sont intimement liés aux crevasses. Ce sont des trous circulaires ou elliptiques d'une grande profondeur et à parois verticales, auxquels viennent aboutir des iiiisseaux.

Cavités intérieures. La présence des cavités dans l'intérieur des glaciers est aujourd'hui démontrée.

Du rôle de rcaa dans A. 13. PreuTes de la ciFcnlatlon de P eau . . . Lorsque le ciel est les glaciers. serein la température tombe presque toutes les nuits au-dessous de

BÔLE DE l'eau DANS LES GLACIERS.

a^ro dans les environs de l'hôtel des Neuchâtelois. Le soleil n'a pas plutôt quitté rhorizon que les baignoires et les trous méridiens se couvrent d'aiguilles de glace , et souvent au bout d'une demi-heure ou d'une heure elles sont complètement prises. Tous les matins on trouire le niveau de l'eau à plusieurs centimètres avr-dessous de la couche de glace , preuve qu'une partie de l'eau s'est perdue pendant la nuit , et ce ne peut être que par infiltration.

Expértefice sur la filtration par suintemenL Les expériences ont été ExptTicnccs sur la faites dans des trous de sonde de 10 centimètres et de 15 centimètres de !î!?.^*^" ^^' *"*"^*' diamètre, et de la^profondeur de 9»,75 — 15"— 30"— 45™ — 60°».

Trois tableaux. — Quantité d'eau accumulée par suintement, 1841.

Premier tableau. — 1" septembre au 5 septembre 1841, 9",75 — 45' de profondeur.

Deuxième tableau. — 17 ao A t au 4 septembre 1841, 15" — 30" — ffl" de profondeur.

Troisième Tableau. — Quantité d'eau accumulée par suintement.

ment.

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