VUE GENERALE DEB ALPES
b^îl . Si \in observateur poirvnit titi'è traiii^[rf)rlèà une assez grandf* v«t' R^'m^atr ar^ hauleur au-dessus des Alpes, pour enibnisser irmi coop-dVéil celles ^^^'^^' 4ftU Smsse^ de la Savoie et du Dauphiné, il verrait cette cliaine de nttitagne sillorunkî par de iionilj relises \'alléeset composée de plusieurs ibaines çiî^i^allêles , la plus haute au imlieu, et les autres décroissaut indueUemeut , a luesun» fju elles s'en èloigueuL
La chaîne la plus élevét?, que je iiomnie 3a chaîne cenirale, lui paattrait hérissée de rochers escarpés, couverts, même eu été, déneiges il de glaces, partout où lem^s flancs ne sont pas taillés aJjsoluiuenl à ptr. Mais , des deux cétés de œtte chc'urie, il verrait de profondes val- Ifees tapissées d'une belle verdm'e , peuplées de uonibreux villages et nrofièes par des rivières* En détaillant un peu plus ces ol>jets, il remaftjuerait cpie la chaîne centrale est composée de pics élevés et de chaînes pi^irtielles , couvertes de neiges sur leurs sommités; mais que les pentes de ces pics et de ces chaînes, celies du moins qui ne pas excessivement rapides , sont chargées de glaces , et que leurs ôHerralles forment de hautes vallées i^mplies d'amas immenses de glaces, qui vont se verser dans les vallées profondes et habitues qui bordent la grande chaîne.
Les chaînes les plus voisines de celle du centre présenteraient à rattsen'ateur, mais plus en petit, les mêmes phénomènes. Plus loin , il o apercevrait plus de j^laces; il ne détîouvrirait nicrne des neiges que ra et la, sur quelques sommités élevées; et en lin, U verrai I les mony^gnes , en s'ahaissant toujours , perdi'e leur aspect sauvage , revêtir àm formes plus douces et phis arrondies , se couvnr de verdure , venir nmirir au bord des plaines et se confondre avec elles.
S. 521 bis. Diaprés cet aperçu général, je reconnais deuŒ genres de i>îM*irtiMies;ibfim. çtûders hion distincts et auxquels on peut rapporter toutes leurs vafiètês, qiielipie nombreuses qu'elles puissent être.
Le$ uns sont renfermés dans des vallées plus ou moins profondes, qait bien que très-élevées , sont cependant dominées de tous côtés par des mcmlâgnes encore plus hautes.
Les autres ne sont point renfermés dans des vallées, mais sont élSDdiis sur les pentes des hautes sommités.
S, 522, L#es glaciers de la première classe, ceux qui sont renfermés ribfiirs iii» la n"^àUÈS le fond des liantes vallées, sont les plus considérai) les , t^mt pour rèCenduo que [K)ur la profondeur. On en voit dans les A1ïm?s dont la loi^iseur est de plusieui^ heues : celui des Bois, dans la vallée de ChlflEiounix , a prés de cinq lieues, sans aucune interruption , sur une
mwK rlajisr.
Ha octupcnL ordi-
Epaisseur de h glarc.
CreYtsftes «les glaciers.
jrnnnfs affidcntelles
4 GLACIERS EN GÉNÉHAL,
largeur varial)le , mais qui , vers h haut , est fie plus d'une lieue '. La surface du glacier, vue du MontanverL, ressemble à celle d'une nier qui aurait été subitemeut gelée , non pas dans le moment de la tempête, mais a rinstaiit où le vent s'est calmé et où les vagues, quoique très-hautes, sont émoussées et arrondies (S. 01 1),
On dit roême communément que la plupart des glaciers communiquent entr'eux et remplissent de hautes vallées parallèles aux grandes vallées longitudinales des Alpes, Mais , à rexcepLion du grantî glacier de la vallée de Bagnes, que H. Bonrrit visita pour la première fois Tannée dernière (1778) , et que je n'ai point vu encore , il n'en existe point, du moins que je connaisse, qui ait une longueiu^de plusieurs iieues dans cette direction. Ils sont presque tous renfermés dans des vallées transversales qui se versent dans les basses vallées longitudinales et qui se terminent vers le haut par de grands culs-de-sac entourés de rochers inaccessibles. On en voit cependant qui ne se terminent pas ainsi r celui de Griès, par exemple, que j'ai vu en 1777, traverse de part eu pai^t la haute chaîne des Alpes , et sa partie la plus élevée, cpii est une petite plaine de glace, sert de hraiteentrele Vfihiis et le Piémont.
S. 523, L*épaisseur ou la profondeur de ces amas de glaces est différente eu différents lieux. Dans le glacier des Bois, à Ghamoiniix, je Fai trouvée communément de 80 à 100 pieds (26 û 32"'); miiis on comprend que partout où il se rencontre des creux ou des enfoncements, cette profondeur doit être beaucoup plus grande : on dit avoir trouvé des épaisseurs de glace de plus de 100 toises (200™) » et quoique je ne Taie pas vu, je n'ai cependant point de pehie à le croire.
S. 524. Ces grandes vallées de glace ont communément leur fond plus ou moins incliné; partout où sa pente est rapide, les glaces, entraînées par leur poids et inégalement soutenues par le fond raboteux qui les porte, se divisent en grandes tranches transversales , séparées par de profondes crcvasses.
Ces glaçons ainsi divisés, quelquefois même soidcvés par la pression de c-eux qui les suivent, présentent de grands et beaux accidents » des formes bizarres de pyramides, detoiu*s, de grandes crêtes percées, etc.
Les curieux qui n'ont vu ces singuliers entassements qu'au jjied du glacier des Buissons , croient que ce phénomène est propre a la partie inférieure des glaciers; mais ceux qui ont remonté un grand nombre
1)A. * Lf glacifr ries Alprs qui a la plus j^raririf' éti^inluo psi h tjlarin- d'AHadi.
peate.
■ Mai
L^ oùcetu ^* non i>1l
glissante.
Leur subslaiire esl
GLACE DE GLACIKRS. 5
de Tallées de glace jusqu^à leurs plus hauts termes, savent que ce phénomène se répète , même au haut de ces vallées, partout où l'inclioaisoa du sol* surpasse 30 ou 40 degrés. Ces glaciers hérissés sont même souvent un obstacle au naturaliste et lui barrent le passage, parce gue dans ces endroits ils sont absolument inaccessibles; on ne peut point les traverser, ni, a plus forte raison, gravir contre leur pente.
Mais partout où le fond est horizontal , ou du moins incliné en pente piatnes de giice. , la surface de la glace est aussi à peu près uniforme ; les crey sont rares et jiour Tordinaire assez étroites. Ces parties des gjaders offrent au voyageur une marche sûre et facile ; on y passe à cbeTal, ou y roulerait même en carrosse s'il y avait des routes pour condtiire des voitures ^ à cette élévation.
S. 525. La surface de la glace n*est nulle part glissante comme celle des fossés et des lacs gelés : on ne saurait y faire usage de patins ; eDe est rude et grenue, et Ton ne risque de glisser que dans les endroits où c^lle surface a une pente très-rapide.
La substance même est très-poreuse; on n'en voit nulle part de morceaux transparents et exempts de bulles; on n*y voit pas plus de grosses bulles, comme dans la glace ordinaire; on a peine à eu trouver dont la grandeur surpasse celle d'un pois; souvent ces balles sont aiongées, leurs formes sont tortueuses et bizarres, sem- Ms^ef à celles que prend du ptomb fondu en se figeant au mlliett de fMii. Les parties de cette glace n'ont pas entr'elJes beaucoup de cohélenoe : obhgé bien des fois à taillet' des escaliers dans des murs solides qui en étaient composés , je ne Tai point trouvée aussi dure que la glace oammune; et il est bien naturel que cette nndtitude de pores la rende moins compacte 3. Elle n'est pas non plus, comme on Ta prétendu, plus difficile à fondre que la glace ordinaire,
8. 526, Toutes ces propriétés de la glace qui remplit les hautes vallées cttie «i»ce eni le àm Âlpes prouvent qu'elle n'a été formée ni par la cx)ngélation des p™*"^* ^^ '^ ^^^^
, . « ut . 1* .- * 3 1 lallontruûc neige Im-
grands réservoirs d eau, m par une apphcation successive de lames ^^y^ ^,^^
' Sol inégal, trè&-accidÊnlt\ , * Im ebetaui passent le col àe SaJnt-TtitudyJe , le ^bcîer de Gncs et autres. Idlt qoT! se rendait ît cheval, sans mettre piert a terre, h sa cabane sur le glacier aftfk^r dtî rAar.
bh^ • La «urface du glacier «téciiuverle , exposée aux rayons solaires , se désatîri"|ïe a nr pmToiiilenr de plu^reurs r enlimetres ; et dans cetit' èpais^seur la ^lare n'n aueunt^ niJit^ l«trM]u'*>u l'PlOve la nei^it' eu la moraiiiL' qui les c4)UVfenl. on vuil une » tft»'Cuiiipiii'te (\m, rxposéc aux rayons molaires, se flésaiîrège proinptemeni
0 GLAClEftS EN GÉNÉIUL»
d eau tiui se gèlent, comme diuis les stalaelites de glace. Toutee lus t^laues formées de l'une ou de Faiilre de œs deux manières sont tranî?parentes, compactes, et si elles ont quelques espaces tro\iblès par des pores, toute lem' substîince n^en est pas uiiLformémeiit remplie. 11 n*y a que la glace formée par la congélation d'une neige imbibée d'e;m qui ressemble parfaitement à la nôtre; leau ne pouvant pas chasser tout Tair qui est logé dans les interstices des particules de la neige, cet air, joint à celui qui se développe dans le moment même de la CDUgèlalioii, forme les bulles nombreuses dont e^tte glace est remplie. 11 est aisé de se convaincre de la réalité de cette observation, en faisant j^eler à dessein de la neige mouillée. On verra avec surprise le noratre et les formes lortueuses des petites bulles qui troubleront sa transparence ; et si Ton voit ensuite celle de nos glaclei*s, on sera frappé de sa ressemblance avec cette glace factice. J'insiste sur cette observation, parce qu'elle me donna , en 1764 , la solution du problème de la foraiation des glaces, origine (Us gUricrs. ^^ 327- Il cst évidéut qull doit s^accumuler une immense quantité de neige dans le fond des hautes vallées des Alpes; non-seulement parce que, pendant neuf mois de Tannée, toute Peau *pu , dans les régions nitérieuresi tombe sous la forme de pluie, ne tombe dans ces hautes vallées que sous la forme de neige, mais encore parc« que les pentes l'apides des montagnes qui les entom-ent versent dans leur sein toutes celles qu'elles reçoivent : car les rochers nus et escarpés ne pouvant pas retenii^ les neiges qui s'entassent sous lem^s flancs, elles glissejit et forment ces avalanches terribles dont nous parlerons ailleurs.
Les neiges accumulées ' par ces deiLx causes dans le fond des hautes vallées, condensées par leur chute et par la pression de leur gravité, demeurent là presque sans aucun changement, jusqu'à ce que la chaleur du soleil et les vents chauds de Tété tempèrent le froid naturel à ces hautes régions et résolvent une partie de ces neiges. Je dis nue partie, car, puisque les avalanches qui tombent dans des vallées assez basses et assez chaudes pour être cultivées, ont quekpiefois de la peine â se fondre pendant tout le cours de Tété, on juge bien que celles qui tombent dans les hautes vallées,
DA. ' Le!i neiges, dans les hauleitsri'ifiîuns, tomWnl yeiït^rakménl mus rorrae jumriivuse , fanrieusr , et » chassies par le veivl , elles sV ïvl:isî>ent à «le jirandes hiiuleurîh dans les eirques
I ■^^H OBiaiNE DE& (.LVCIEUS. i M
ïuhaààl^Àes et iuculles, à cause du froid qui y règno, ne peuvent jamais se fondre entièn^mont. Il reste donc dans ces vallées , même à la fin de letè, de grands amas de neiges que les chaleurs n'ont pu dissoudre ; et ce sont ces mêmes neiges qui , abreuvées des e^iux despJuies et des neiges fondues , se gèlent pendant Thiver et forment I ces glaces poreuses dont les glaciers sont composés.
J'ai vu souvent, a la fin de Tété, ces amas de neiges condensées par leur poids et par Teau qu'elles ont imbibée, couvrir les glaces ancieDiies, eonlracter connue elJes de larges et profondes crevasses, et n'en différer que par ini degré d'opax^ité et d'ijicohéreuce que les froids de l'hiver ne manquent [»oint de leur enlever.
C^sX un fait connu dans ks ÀIpcs i toiiles les fois q«c vous ivnpontre^ une grande mliBcbe qiU a résisté aux chaleurs di? VvU* el qui esl renfermée dans un fond au Veau peut s*ftiTéter^ tos guides vuus disent : n Ces neiges seront des glaces au printemps
S* 528. Cette explicaliofl de la founation (tes glaciers * paraît si simple et si natu- AairclivpodiCscsur reOe. que l'un nimutanerait ïuis qu'il pût en exisler une luitre. On sera donc bien ^^ formation des glj- €lQfmè qu'un auteui- moderne (voyez le Journal tk Physique , mai !779) ''''^^^■ en ail proposé une qui lui est diamétralement opposée. II croit cpie les gboera se forment, non point pendant l'iiiver, mais pendant Tété, et même dans les plus grandes chaleurs > Cet observateur, d'ailleurs trèsliafatie, a vu quelques couches de glace, formées accidentellement à la mite de quelques nuits fraîches , au haut d'un des glaciers de ChaiPOtmîx, et il en a conclu qin^ tous ces énormes amas de glaces sont produits par la congélation qui se fait, pendant les nuits d'été, des eam de» neiges fondues pendant le jour.
H est bieu vrai que, dans les nuits claires de Tété, il -gèle sur ces nèfoiaiion iJe muy fÊgbn& élevées, mais à rexceptiou de quelcpies ertflroits très-singu- iiypi»tiifcse. Bifeiiient situés ou de quelques nuits d'une fraîcheur extraordinaire; « qui se fond en été, même au plus haut point des glaciers , pendant que le soleil est sm- riiorizoïi , surpasse de beaucoup ce qui se gèle en SQQ absence. J'ai si souvent passé les nuits au pied el au bord même
ÛLi, • L» guides de roberland bernois n'ont jamais été de cet avis; et il me souviect ot que ffana Wmhren me dit eu 1K4f> : • La neige se change en nevé partout, M se change pas en glacier partout. > tlUL * L» Dêige fte change en nevé , le nevè se trânsrurrtie en ^lace , et l'^^xplicalmii éf b itmatiOD des glaciers est établie. — l.e ^htkr, par son poids » glisse ou coule ^i^ 4f li ïxye sur les fwfileî* » et la théorie dti mouvement démon Iree: nos ottservnta» ar amfirmenf naUement ces théories, — el rn I8(*2 nous sommes assez n^é pm f« hMiiiief une autre.
K GLACIERS EN GÉNÉAAL,
des glaciers , je les ai tant de fois visités avant le lever du soleil , que j'ai bien en la facilité d'observer tpiel pouvait être sur eux Felfet de la fraîcheur de la nuit. En arrivant à Faube du jour sur les glaciers , j'ai trouvé des couches minces de glace , formées à la surface des réservoirs d'eau que Ton rencontre fré<|ueminent dans les crevasses des vallées glacées; mais jamais cette glace n'avait plus d'un travers de doigt d'épaisseur» et par conséquent la congélation était bien éloignée de parvenir jusqu'au fond des crevasses et de souder entr'eux de grands glaçons, comme le dit cet auteur : cette glace était claire, transparente, exempte de bidles, absolument ditTéreote de celle du glacier même , et la chaleur du soleil, pendant le reste de la journée, fondait en entier, nou-seidement cette glace nouvelle, mais encore une quantité de rancienne.
Uavioes, Les eaux des neiges fondues qui coulent ^ur les plaines de glace que Ton trouve au haut des grands glaciers , bien loin de les augmenter, creusent au contraire sur ces mêmes glaciers de profondes rmines , et forment, au milieu des grandes vallées de glace , ces canaux transparents remplis d'une eau vive, claire , dont la fraîcheiu* égale la pureté, et qui répare si promptement les forces du naturaliste épuisé qui vient se désaltérer sur leui^ bords.
D'ailleui's , les vents chauds qui régnent en été fondent les glaces et les neiges pendant la nuit * conune pendant le jour, même sm' les cimes les plus élevées, en sorte que, par le concours de toutes ces causes , la masse des glaces , comme celle des neiges , diminue considérablement dans toute l'étendue des Alpes pendant le cours de la belle saisom
VMu, tli! niéracHre d*faoiHme, ou n*a vu naître un glacier au milieu de l*èté. comme aVIîi (lt!vr.iit arriver, suivant cette supposition, qui sûremenl paraîtrait bien étrange ï un habitant des Aipe*, Ce n'est pas qu'on ne voie quelquefois naître de nouveaux glaciers, nous en parlerons plus bas; mais c'est îuiuours en hiver qu'ils se furment par la congéhilion des neiges tombées pendaul le précédent hiver et imbibées d*eau dans le courant de Vné.
Si Ton voit sur les glaciers des amas de glace un peu considérables, dans lesquels on distingue des couches , cela vient ou des couches de neiges successivement enliissées d'ime aimée à Fautre, ou de quelques sources qui, sortant pendant l'hiver de Tintérieur des montagnes, ou de dessous de grandes épaisseurs de glaces , coulent ensuite au grand air, et s'y gèlent successivement , comme cela se loit , même dans les
nA ' Très-exceplirinnc llement m bmiie n^pm h nuit
Gbcicrs dti s<xotMl genre.
OBIGINE DES GLACIEBS. 9
celle glace diffère toujours» par sa consistance et par la ; 525 et 526), de la glace générale des glaciei^s. D'ailleurs les effets de cette cause sont très-bornés; et comme elle n'agit que peodant lliiver*, elle u*a rien de commun avec rh^-pothèse que je ▼ieos de discuter.
S. 529. Les glaciers du second genre, ceux gui ne sont pas ren- \ dans des vallées , mais étendus sur le penchant des hautes som- I, ont à peu près la même origine. Souvent leiu* cause première une avalanche de neige tpii s'est arrêtée sur des rocailles et des bris entassés au pied d'un rocher escarpé. D'autres fois la neige î, telle cxu'eJle est tombée du ciel, s'accimiule à la longue, lorsr la pente de la montagne n'est pas assez rapide [>our la faire glisseii la forme d'avalanche.
Ces neiges, comme celles qui forment les glaciers du premier genre, m ioodeot en partie durant les chaleurs de Tété; Teau qui est le pro-
Ede cette foote pénètre et imbibe ceOes qui n'ont pas eu le temps ! résoudre ; et les froids de l'hiviif les surprenant dans cet état , les eonver- I, Eus les glaciers de ce genre . Teau qui détrempe les neiges et qui qsï h cause W çMivcr^îoQ CD gbee, n't'lânt pîis retenue conuiie iJaus le Tond de.s vallées, il muDêmeui [Atn po i0aft*Dt que les ueigc^ ne MUit qu'impurfaitenjcnl abreuvées d'eau , et que , par rtii»e. cEttr nlMit, U glac« qui en résulte est encore plu^ poreuse et moins liée que celle des ghao» ^ pKinîer genre. On en lroii\e même diuit rincûliérence est telle, qu'il est f&WÊÊ ÛÊ ëooler sî l'on doit leur dnnner le nom de (^lace im relui de neige.
CkiTcil^Mre que vers k bas de ces glaciers, un la pente de la uumla^ne entraîne mÊ ^^ÊÊÊÊè d'eau suiî&anle paur abreuver CLmipli-temcnt li's neiges, que Ton trouve ém 0ÊÊm mêê^ denset que dans tes glaciers du plumier genre : la solidité de la glace ten^fardcfrés, à mesure que Tun renninte vers le haul^ et sur les sommités mémeâr é êê aaia» cBes sont isolées, on ne trouve jamais que des neiges."
n pasnii rester encore quelque doute sur l'origine des glaciers, ces dégradations flttt le» seips {proprement dites et les vraies glaces achèveraient de démontrer celïe f»^ lar m illribiiéeï car on voit h t'ceilt en suivant ces nuances, que c'est toujours k «lir fil InnDé la hase de ces glaces : on reconnatt dans les plus denses comme dans ÉKflveve» Il mi'me structure, des pnres de la même forme, et on voit clainment ^ Iht fiv ifl moins de detisîtè ne vient qui^ de la plus ou moins grande quantité IfA lo itoeitfait dAns te temps de leur congélation.
LeurglMceestcom-
hautes régions on doH comprendre neuf moii de Tannée.
• Gr m'tM pas ainsi que se rinment les glaciers.
• iv les mirnîtès les glaciers sont ordinairement et temporairement couverts de fdtts ou gros grains. Kn 1861 et I8«2p années exception neîlen , celle
avail dispani, et sur un très-grand nombre de pif^, coin et eré!e>> li fteee découverte
to
fiLACIEttS EN r.ÉNÉHAL.
tie iicigiv
Les «Imei i^tées S, 530. J'ii» tlit plus haut qm stir les clraes des moiïlagnes isolées ' on ne Iruuvf iw: soriU'uaviTiesqucî j^imais ijue tlt's iieiBcsî cependant qii(îli|nes naturalistes croient giie œlles qui sont très-èlevèes , le Mont-Blanc, par exemple, sont c^^uvertes de glaces vives- Deux apparences trompeut^es ont été cause de cette erreur.
En observant le Mont-Blanc avec des lunettes , ou de la plaine ou du sommet du Mont-Bréven, on a vu des surfaces respleutlissantes comme de la j^lace polie- Mais ces surfaces ne sont autre cliose qu'une croûte mince, produite par de la oeige, que les rayons du soleil ou un vent chaud ont ramollie à sa surface et qui s'est ensmte regelôe. J'ai trouvé cent fois les hautes cîmes couvertes de ces croûtes dures et brillantes; souvent inènic elles rendent périlleux des |>assages *jin sont sûrs et faciles <|nand les neiges sont tendres ou douces , connne disent nos montagnards. J'ai vu raêhie, de Genève, la cîme du Duet briîler comme une glace polie ^ et par cette même raison ; car il ijsi bien certain que le sommet de celle nKiiitiii^^ti n^esl couvert que de neige.
Une autre apparence rp.u a fait croire que la cîme du Mont-Blanc était couverte de glace, c'est que les lunettes d'approche y démontrent de larges et profondes crevasses, semblables à celles qiu divisent les vrais glaciers. Mais j'ai déjà dit (S. 527), fpie les neiges, en s^afTaissant, s'éclatent, se fendent et contractent des crevasses tout aussi bien , et sans doute plus facilement que les glaces mêmes.
Ce n'est pas en regardant le Mont-Blanc du cûté du Nord que Ton peut juger de la nature des matières glacées qui le couvrent; il faul le voir du cûté du Sud, de F Allée- Blanche , dn Glacier on de la Ruize-de-Miage ^ et du haut du Cramont. De ce côté, il est taillé à pic tout auprès de sa cîme , et Fou voit sous cette chne, au-dessus des rocs nns et escarpés qui couvrent cette face méridionale, les coupes verticales de Fépaisse calotte de neige dont cette même cime est couverte. Des yeux exercés reconnaissent , même sans le secours des lunettes , que cette calotte est de la neige, et non point de la glace , ou que dt moins c'est ime congélation qui se rapproche beaucoup plus de Fêtai de neige que de celui de glac*- Le blanc mat de ces tranches, leui peu de transparence, leur coupe plus nette et plus mnforme que celle des glaces, les caractérisent et les font distinguer. Et cximmc
DA. * A. lie 1res -grandes altitudes les neiges ou iievés temporaires qui eouviviil Ic! glaciei's persistent longtemps; ussiper le tem[»s de (-ette persiiilanec esl inipiïssible. MaÎ! sous ces f ouvertures on tnuivera toujours des iîUieiert* en In-s-hautes régions : telles sniii mes conjoflure.^ en 18fi2-
CHAL£tJR âOUTEHilAtNC . i 1
tti a iOQs ses veux en même temps et presque à la même distance 4e Ynié glaciers , reiifermé^ dans les gorges et couches sur les pentes qm mni au pied des rocs escarpés de cette même montiigiie, la dOEparaison que ron peut faire entre ces glaces et ces neiges ne Inné aucun doute sur leur différence. Le raisonnement confirme en cela le témoignage des yeux ; car il impossible que, dans une région aussi élevée, et par consécjuent froide, il se fonde une i^iantité de neige suffisante fiour tibreuver toute la masse des neiges qui ne peuvent point se fondre. Ce . ciu'â une certaine distance, au-dessous de la cîme, qu'il se rasassez d'eau pour lier les molérulos de la neige et pour leur une consistance qui approche de celle de la glace. M ce» obsenatlon^ cl ces r;iisfiTiiiemcnts ont hc&iân d*(Mre continués par une l« /àDéguerai celle de M. druner t » Sur les hautes montagnes (clit-itK et »iUF IMA iMUHls rsOQVprts di! neiges oit ne trunve aucune ^lace proprement dite ■, mais une WB^ lidDe et durcie.» (DescripHon des glaciers de la Suisse, p. 3I4.)
S. 531. D'après tout ce qu'on lient de lire sur la formation des gbôers, on serait tenlô de croire que ces neiges qui s'accumulent toigoiirs, qui ne diminuent jamais en été autant qu'elles augmentent ÇA bnrer, et rpii se convertissent en glaces plus solides encore et plus danhles, de\Taienl croître, et même très-rapidement, eo épaisseur 8& CD étendue. Heureusement la nature a mis des bonies à leur czwsemeDt.
Le soleil « les pluies, les vents chauds travaillent pendant Tété A i.v^iU^ivm^Avï'm. letdèlnure ; et Tévaporation , dont Faction sur la glace , et plus encore t/nuiJinunuii, fur la neige, est très-considérabie, principalement dans un air raréfié, 5, même dans les plus grands froids, mie quantité considérable ces matières. 2
Ibis ces causes ne retarderaient que faiblement les accroissements neiges et des glaces, s'il n*en existait pas deux antres • Je n^ai point encore parlé, et qu'il faut dévelopficr pour eonï- C0Ue esquisse de la théorie des glaciers.
raccriilHîM.ioeïil iii>
Mk. * A Iviile» les altitudes on tmiive sous les nev«^ p^ri^istanU de h gtuc(5 do glu- H&^ X*c9 li tramrè au Gateiutock ^ au Rasenhom (un des trois pkiii tk^ Wett^harmerj t 1 itf és Lamter-Âur^ im cul de VDiier-Aar, au cul du Saint - T hèodule , au cul de In
M^ • LÎHaponliun des matières gelées esl en partie compeiiiiée par la timde»Halluri r te ^^iftm d*cau de Tatmcisplierc, nous lie rtpétoiu i on ne Mtirait ahhex te dire l'uiiit r nMor ér f^r aiubtant au-dessuiis de la teapérature de IVaii dan« Ihum m*^ H\i\ht N
^K» eij^or»lioii. Paint de rosée audefisus de celb* température « abr^ rundeuMlit»ri i^ |p pmBkr ta»* diminuiton de vrilume el de \mAh, diAs k accond cai». au^mi'OtuIJun
GLACIEHS EN GÉNÉRAL.
Lu Lhatcur si^ukr- S. 532. L*une ûe ces causes «-st b chiikur inU-rkure de la terre, qui fait fuiidn f aliii\ les neiges et les glaces . uiôîue pendant ks froids l€s plus rit;our*;ux . lors<iue Jeiir C'paîs-
M!iir est assez grande )>our préâ^rver du fmid extérieur les fonds sur lesquels elles repose^it. Notre terre a reçu *îu soleil, et peut-être <raiitres causes qui ne nous sont pas bien coumies, uii certain degré de chaleur qui pass^ pour être rniifornie à la profondeur diî 60 ou 80 pieds (20 à 25*^ dans les parties solides de ce globe, cl qui, dans ces mêmes parties e( à cette même protbndeur, ii est pas sensiblement affecté par les variations des saisons. Cette chalem' est ce que j'appelle la chaleur intérieure de la terre; elle se fait sentir, malgré les froids de Thiven à tou$ les corps qui , etifoncès dans la terre ou posés sur sa surfacd sont suffisamment garantis des impressions du froid extérieur, ^
Or, la neige et la glace sont peut-être, de tous les corps connus, les plus impénétrables à Taction du froid; aucun abri ne préserve plus sûrement les plantes des rigueurs de Thiver que la neige entassée au-dessus d'elles. Dans les pays où les froids ne sont pas excessifs, on voit souvent la terre, gelée avant la cMte de la neige, ressentir sous cette neige les effets de la chaleur intérieure et se dégeler, lors même que le froid continue de régner dans Tair et tju€ les corps qui n'ont pas joui de cet abri ont été conlinuellemenl dans im état de congélation. Les plantes ainsi garanties du froid font pendant Thiver des provisions pour leur accroissement futur; ensortt qu'au moment où les neiges sont fondues, elles font des progrès étonnants» préparés pendant leur séjour sous cet abri salutaire. Nouî voyons dans nos Alpes la soldanelh et le ctocils fleurir au printemps à mesure que les neiges se retirent ; leurs fleurs brillent aujourdliu dans la même place que la neige couvrait hier. Celte fbîdrur pro- S, 533. La crlialiur stjuterruim' apit duncconïinuelleiiirnt syr lesœuehes inférieure
doit nîèJiit' en liiuT des glaciers et des unia^ de netitiîs diMit rèiiaisseur est un peu considérable, C'est clli
des fuiir-ints dVnu ^^y entretient les torrents qui, même pendanf tes plus ttrands froids, ne discon^nuen
*ons les gbccî*. jamais de sortir de tuus les grands glaciers."
L'examen de ce fait fut un des motifs qui m'engagèrent à faire ei liiver le voyage des glaciers de Chaniounix. Je trouvai toute la valléi couverte dHme neige si fortement gelée, <|uc les mulets chargés pas^ saient par-dessus sans laisser plus de traces que sur un me solide et en telle quantité, que les palissades qui limitent les possession en étaient cachées, et que Ton se dirigeait droit où Ton voulait aller sans distinguer les chemins et sans chercher ;i les suivre.
DA ^ Ces oltserv niions ne sont pà;» rontirmiVès
la nOèe, moins aboodanlssans doale <|u'ea efè^sa»
0r« dte ftmÉâWÊ wav ces «an . si tt wTtM êm wmtm et é» tfvc^ iM*
J'examinai m^me les Ibods de cesoounuits;
point gelés, el il ne sV formait aucime ^hœ nouvelle;
desoeodaient dans TArre; et celle-ii» petite a la v^
ais toajoors liquide, v^iail, eoBvie 4ass la Mfe sals^. porter au
le tribut de ses eaux,*
S. 334. La fosicm des neiges et des glaces paw la dMkoriaiéfîrafrd^bti^
de DauTeUes preuves dans la coiisîdèraiion des auias de
qui Sûut disposés par couches parallèles à la surface du terrain.
de ces couches est le produit d'une année ^; el c^esl sur-
Im glaciers du second genre <ju'ûn jieiit les observer ; car
\ eontposès prfstru'entièfipiiieot de gnndes avalanehes eonÛJsi^iiiic'nt
piésentent que rarement des vestiges r^iUers de leui-s
Ou observe que les couches de neige sont daulaiU
qu'elles sont plus voisines du sol sur lequel elles repo-
qaantités inhales qui tombent en diffèreiiles aiuitvs, les
degrés de chaleur des étés et d'autres causes acciden telles
un peu la régularité de œtte progression , mais n'eniprrhent
^HL ne soit vrai, qu'en général les couches les plus profoiules
;«avi les plus minces. Le poids des couches supérieunîs qui rour-
ks inférieures contribue sans doute à les amincir; cepiu»ilflnt
tflei point tsa raison inverse de leur (épaisseur : cellfs riu fond roiiHiTim'nt
mÊOn^f soins de matîêiv que celle rie la Hiirrace. Or, retle illinhiulinri uf
m ^^t^m éê iDOr fonte, produite par raclion de h elialinir sotil* iraiiti*/
â. 93S* Die aUrv! eau^ qui .s*(ippo!k> avec beaucoup d'eîlicucîle a un lu^rubMiuent
€l des |:Iaces, c'a»t leur [wsâriteur ^ qui le^i eiitnilru! uvin: nno rtq»t-
CHlr«f(
li*ii iniiruhu* lUm* If^
» finod^ dans les basses vaJlées , no Ut chaleur dt" VHà esl îism'K fiirle tiw^wn vnll^et,
Ladiftle des neiges sous la forme d'avaLiiirhusesl un ptiéuniuêiir ŒÊÊm el auquel nous aurons occasion de revenir ailleurs, (](*ll<» den fllfllU, qui ie fait aTcc plu^ de Unleur eU (lour rordlrpirt', u\tT tmiiJiii d« rrticud, 1 0t WÊàns^ bien observée.
! far k chaleur souterraine n'esl psj» confirma
i irnmèt pour les neips €a trèi-hnilet rigloiÉ*. ou 1» Mil P<«t \m im^§éà^ i^ «Demie artiou p^jur fondre lei ouiUèKi filéift i|iil U' vmitml lil. * Lr faii* B>M fias b eau<^e priucift^ile de la pfû^rmtÊAm i 11 i>ii>rf« itrif Tulldi*
rflACIEHS? EN GENEÏIAL.
Presque tous les glaciers, tant du premier giie du second genre, reposent sur des fonds inclinés , et tons œiix d*iuie grandeur un jien considérai)!*^ nni aiink'issnus ilVnx» luritir en hiver, (S. 533) des rourants dVaii qui foulrnl entre la ^ha* ei le fond (|ni la [wrti*.'
On compn^nd dmr que ces niasses glacées, eulralriées par lu [wiile du r^nd sur Icqjii^l elles te|Hïsenl, ^ié^çagèe!^ par les eaux de la liaison qu'elles puurraieut conliacler avec ee iiu-niè loud, soulevées même qurlquefois par ces eaux, dûîvenf peu à peu glisser et descendre en suivant la penle des \;dlces ou des croupes f^u'elles cou\rent-
CVsl ce gUssemenl lent, mais continu, des jîlaees sur leurs hases inelinées qui les entraîne jusque dajis les basses vnllèt^s, et qui entrelieut coniinuelleraent di*s amas de gliœs dans des vallons assez chauds pour produire de grands arbres, et m*^me de riches moissons. Dans le fond de la vallée de Chamonnix^ par exemple, i! ne se forme auciui glacier^, les neiges mêmes y disparaissent dès le mois de mai ou de juin, et ponrtaiit ît* glacier des Buissons, celui des Bois, celui d'Argentiére descendent jusque dans le fond de cette vallée. Mais les glaces inférieures de ces glaciers n*ont point été formées dans c^tte place, et elles apportent, pour iunsi dire , Fattestation du lieu de leur naissance , pmsquVlles descendent chargées des débris des rochers cjiu bordent rextrémitè la plus élevée de la vallée de glace, et que œ& rochers sont composés de pierres dont les espèces ne se trouvent point dans les montagnes qiu bordent la partie inférieure de cette même vallée.
S. 1975. On donne le nom de sérac, dans nos montagnes, à inie espèce de fromage blanc et compacte que Ton retire du petit lait et que Ton conqirime dans des esf»èces de caisses rectangulaires, où il prend la forme de cubes, ou plutôt de pu'aUélipipèdes rectangles,-- Les neiges , à une grande hauteur, prennent fréquemment cette forme loi'squ'elles se gèlent après avoir été en partie imbibées d*eau. Elles deviennent alors extrêmement compactes; dans cet élat , si une couche épaisse de cette neige durcie se trouve sur ime pente , qu'elle vienne , comme cela arrive toujours, à glisser en masse sur cett^ pente, et
l)A. ' Le petit placier du ffittlféora, adhérant an sol dans ttiutes les saisons» et t*Mis les glaciei^ a la ménn* altilude ne jiauraient avoir de feau qui coule entre la ^hr^ et le fond qui les pnrtc. iKins les busses altitudes les places ue sont pins adliérenles au sol, et en hiver, daiîs de ecHains iiionients, il peut sortir des tdet,s âVau de la pente lerminale.
I)A. ' Dans les Allies Vfmbtijmi tjkwifthT ne peut se former au-dessous de ïRtHi"; au-dessus de eette altitude» toujours rouvert de neige et de nevc\ il ^îraudira, se développera* projrressera. Privé de eette rouverlurc, t>ar nhlation . il sera réduit au néant et piiurra se fiM^nu'r de uouveau.